Tony Bennett & Count Basie " Complete recordings "

Publié le par Guillaume Lagrée

Tony Bennett & Count Basie

" Complete recordings "

Columbia & Roulette. 1958-1959.

Réédition 2013 par Masterworks.

Tony Bennett: chant

Count Basie: direction de l'orchestre

Ralph Sharon: piano, arrangements

Personnel détaillé dans l'album.

Lectrices séductrices, lecteurs tombeurs, voici une nouvelle arme fatale mise à votre disposition. Les enregistrements complets de Anthony Dominick Benedetto dit Tony Bennett (1926) avec l'orchestre de William Bill Basie dit The Count (1904-1984).

Plus précisément, il s'agit de " In person - Tony Bennett/Count Basie and His Orchestra " (Comumbia CS8104) enregistré à New York les 22 et 30 décembre 1958 et de " Basie/Bennett - Count Basie and His Orchestra Swings/Tony Bennett Sings " (Roulette SR27072) enregistré à New York les 3 et 5 janvier 1959.

Si Tony Bennett, considéré comme un chanteur de variétés, figure dans le Nouveau Dictionnaire du Jazz, c'est notamment à cause de ces deux albums.

Si l'orchestre de Basie était surnommé la Machine à Swing, il était aussi capable d'incarner le moelleux ( Smooth in english). Par exemple, les deux versions d'After Supper, sur le 2e album, l'une avec, l'autre sans Tony Bennett, donnent envie, pour un homme, de desserrer la cravate, tomber la veste et autres faits et gestes que l'ordre public et les bonnes moeurs m'interdisent de nommer ici.

La confiance entre les deux leaders est telle que le Count cède sa place au piano au pianiste de Tony Bennett à l'époque, Ralph Sharon, auteur des arrangements.

Les morceaux ne font pas partie du répertoire habituel de l'orchestre mais celui-ci sonne toujours comme celui de Count Basie puisque le Count le dirige. En club, il le faisait depuis le bar. En studio, je l'ignore.

La confiance règne. La preuve, ils étaient tellement contents du premier album qu'ils en enregistrèrent un deuxième, une semaine après. Bing: 2e chef d'oeuvre. Ces gars là ont tellement la classe qu'ils ne peuvent pas s'empêcher de réussir.

Le grand Candido Camero ajoute ses congas sur " Fascinating rhythm " de Gerswhin et " Ol' Man River " de Kern et Hammerstein sur le premier album.

Avec un tel soutien rythmique, Tony Bennett s'abandonne joyeusement à l'ivresse de la musique. Il est viril, chaud, en fusion avec l'orchestre. Je recommande à ce sujet la sublime version de " Lullaby of broadway " sur le 1er album.

Les deux albums réunis nous donnent plus de 74mn de bonheur et de sensualité. Sans exclure l'humour comme ce " Poor litlle rich girl " , 2e album, à qui Tony et le Count apprennent la vie.

Ceux qui, comme moi, aiment les crooners Ritals, compareront ces enregistrements avec ceux de Frank " The Voice " Sinatra avec le même orchestre. Il manque certes le contact avec le public qu'offre " Live at the Sand's " (Frank Sinatra avec l'orchestre de Count Basie dirigé par Quincy Jones en concert au Sand's à Las Vegas en 1966. Limousine avec chauffeur!) mais, ces albums studios de Tony Bennett, supportent aisément la comparaison avec ceux d'Ol Blue Eyes avec le Count (album studio de 1962).

A 88 ans, le charme de Tony Bennett fonctionne toujours auprès des Dames. Sa dernière victime en date, Lady Gaga, avec qui il chante en duo, superbement, les standards du Jazz.

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