Le Bounce Trio pétille à la Guinness Tavern de Paris

Publié le par Guillaume Lagrée

Bounce Trio

Paris. Guinness Tavern

Festival Jazz sur Seine

Mardi 13 octobre 2015. 20h30.

Matthieu Marthouret : claviers électriques, compositions.

Gautier Garrigue : batterie

Romain Cuoq : saxophone ténor

La Guinness Tavern est un bar pour étudiants, qui accueille des concerts de rock depuis 35 ans à Paris. Entrée libre. Il y a assez de consommateurs pour payer les musiciens. Une exception Jazz ce soir. Le trio de Matthieu Marthouret fait le métier. Ca groove tranquille. « Innervisions » (Stevie Wonder). Vous ne pouvez pas vous tromper avec un tel morceau. Le clavier ronronne chaudement, la batterie nous masse le creux des reins, le sax ténor est sensuel à souhait. Ca marche. Un jeune couple s’enlace. Ca swingue bien entre clavier et batterie. Ces deux là jouent ensemble depuis des années. S’ils osaient , ces jeunes gens trouveraient la place de danser sur la musique. Comme Francis Lagneau (Lino Ventura) l’explique à Amaranthe (Mireille Darc) dans « Les Barbouzes » de Georges Lautner. Le trio revient à « Innervisions ». Le thème s’étire. Pour le jeune couple, ça va toujours bien, manifestement.

« Joe » (Matthieu Marthouret). Il y a deux esthètes dans la salle. Ils trouvent que le saxophoniste n’est pas synchrone avec les deux autres musiciens. C’est vrai que c’est son premier concert dans ce trio où il remplace au pied levé Toine Thys mais je trouve ces jeunes gens bien sévères. Ca sonne plus jazz, hard bop même. Ca swingue bien. Un spectateur mime joyeusement le batteur. C’est vrai que le duo batterie/clavier sonne rodé. Matthieu Marthouret et Gautier Garrigue ont l’habitude de jouer ensemble. Ca s’entend mais il n’y a pas de cliché. Ca envoie bien. Solo du batteur aux baguettes, en douceur, puissance retenue mais en accélérant progressivement. Il n’en met pas plein partout comme les batteurs de rock qui ont souvent l’air de manger comme des malpropres.

Je n’ai pas capté le titre suivant. Une ballade. Ce gros son chaud du clavier me rappelle Eddy Louiss. Le batteur stimule les cymbales à coups de baguettes. Le sax ténor gémit langoureusement, sensuel à souhait. Un petit air funky maintenant. Parfait pour une promenade en amoureux. Sur le jeune couple, la musique marche toujours. Le duo batteur/claviériste assure à 100%. Tiens, le sax trouve sa place. Son intégration républicaine est en bonne voie. Ca balance comme un bateau mais sans donner le mal de mer.

« Bounce weather » (Matthieu Marthouret). Il fait beau. Sons mouillés du clavier électrique. Echanges funky entre clavier et batterie auquel le sax ténor vient ajouter sa gravité. Je maintiens mes propos. Comme pour David Krakauer, la musique du Bounce Trio de Matthieu Marthouret est faite pour la scène. Cette chaleur disparaît en studio, sans public. C’est très ludique, ce chant de canard électronique comme un Donald Duck de 2015. En bon cousin, le jars ne peut qu’apprécier. Le batteur chauffe la marmite. Attention aux projections de groove brûlant ! Le saxophoniste fait comme nous. Il écoute et savoure. La tension retombe un peu pour accompagner le sax. Ca groove toujours mais avec un son de clavier plus classique. Beaux échanges virils avec breaks de batterie.

Voilà, c’est fini. Il y avait un autre concert ensuite mais j’étais venu vérifier que le référentiel bondissant du Bounce Trio était toujours en mouvement. Rassuré, je me suis arrêté là.

La photographie de Matthieu Marthouret est l'oeuvre du vibrant Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

Matthieu Marthouret par Juan Carlos HERNANDEZ

Matthieu Marthouret par Juan Carlos HERNANDEZ

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