La preuve Patrois au Sunset

Publié le par Guillaume Lagrée

David Patrois Trio

Paris. Le Sunset

Samedi 31 octobre 2015. 21h30

David Patrois : vibraphone, marimbas

Luc Isenmann : batterie

Jean-Charles Richard : saxophones baryton et soprano

Le trio a douze ans d’existence. Il joue ici la musique de son dernier album « Flux tendu ».

Sax soprano pour « Hélophonie ». Son lumineux, solaire du vibraphone. Jean-Charles Richard vient du saxophone classique. Il en a gardé un son d’une pureté cristalline et une mise en place au micron près. Le trio écarte les nuages et fait paraître le soleil. Le batteur est passé aux balais. Le sax s’amuse à jouer assis à l’écart de la scène. Je l’entends de loin mais bien, en contrepoint. Il revient en gardant un son doux. Le trio monte en puissance. Travail du son entre les baguettes du vibraphoniste et celles du batteur. Superbe final.

« Petit bout » écrit par David Patrois pour sa fille qui a aujourd’hui 19 ans. Le temps passe, la musique reste. Saxophone baryton. Morceau agité comme une petite fille qui court partout, attrape tout. Le batteur sonne la charge aux baguettes. Les baguettes courent sur le vibraphone. Ce petit bout ne devait pas être facile tous les jours. La musique devient plus douce, plus affectueuse, comme un père qui prend sa fille dans ses bras. Le tempo s’accélère, cela revient au jeu, au mouvement.

« Seven for reggae », à comparer avec la version en quintette. C’est un rythme en 7/4 comme l’indique le titre (7/4 reggae). Le baryton barrit joyeusement. Ca balance bien. Passage au soprano qui perce le ciel. Retout à ce petit air entraînant qui fait mes grandes délices depuis que je l’entends.

« Le cri de Rahan », héros préhistorique de la BD française. Le cri de victoire que le héros pousse à la fin de chacune de ses aventures. En bon héros, il gagne toujours. C’est ce cri qu’ils jouent. Bel agitato final. Fortissimo con brio.

Sax baryton. Nous devons reconnaître le morceau. C’est une ballade. Joli solo de vibraphone tout en douceur. Je n’ai pas reconnu « Something sweet, something tender » (Eric Dolphy).

« Flux tendu ». Solo de batterie bien sec pour introduire. Retour au baryton et à un peu plus de douceur. La musique jaillit à flux tendu.

PAUSE

Démarrage aux marimbas. Ca donne un son plus africain, plus percussif. La musique chante joyeusement. Jean-Charles Richard s’assied pour siffler dans son anche puis revient au soprano. Joli dialogue percutant entre marimbas et batterie. Ca s’agite avec le chant acide du soprano. C’était « Freedom Jazz Dance ». A comparer avec la version jouée sur l’album « Miles Smiles » (1966) par le Miles Davis Quintet.

« Something You miss ». Solo de vibraphone que le batteur ponctue légèrement aux baguettes. Sax baryton de velours. Ca balance joyeusement.

« Capitaine Achab ». Sax soprano. Puis sax baryton qui apporte quelques ponctuations. La tempête se lève au fur et à mesure du morceau. Ca finit au niveau 12 sur l’échelle de Beaufort au moins.

Le sax baryton démarre. Bel effet de souffle. C’est une très belle version d’un standard « In walked Bud « (TS Monk). Le Be Bop prend un coup de fraîcheur même si la musique de Monk est intemporelle.

Soprano. Il me semble que le vibraphone joue toujours du Monk mais pas le sax. Batteur aux maillets. Il y a là un mélange très subtil de thèmes. Le son du soprano s’étaire jusqu’à la fin. C’était « Il sogno di Diego » pour le fils de David Patrois qui a 10 ans.

« Wrong and strong ». Soprano. Morceau agité, puissant. Le titre est clair : « Erroné et fort ». Ce qui ne les empêche pas de produire un duo batterie/vibraphone, tout en finesse, virevoltant. Le soprano vient ajouter du piquant à la sauce. Solo de batterie, travaillé au corps sur les tambours. Retour groupé du trio pour le final.

RAPPEL

Marimbas rejoints par la batterie sous les balais. Le saxophoniste revient sur scène, jouer du soprano. L’air est très bien masqué mais , en y prêtant attention, c’est bien « La Javanaise » de Serge Gainsbourg qu’ils jouent.

Mon ami, Monsieur C, était venu de Lille pour ce concert. Moi de Paris. Ni lui ni moi n’avons regretté le déplacement. La preuve, nous sommes restés jusqu’au bout du concert car tel était notre bon plaisir.

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