Omer Avital Quintet au New Morning

Publié le par Guillaume Lagrée

Omer Avital Quintet

Paris. Le New Morning

Mercredi 4 novembre 2015. 20h30.

Omer Avital: contrebasse

Ofri Nehemya : batterie

Yonathan Avishai : piano

Asaf Yuria : manzello, saxophone tenor

Alexander Levin : saxophone ténor

Le manzello fait forcément penser à Rahsaan Roland Kirk. C’est entraînant mais pas encore chaud. Ils démarrent. C’est du hard bop orientaliste, une curiosité. Omer Avital danse avec sa contrebasse tant il la malaxe.

Une ballade. Ce son oriental vient t-il d’Europe de l’Est ou du Proche Orient ? Subtil mélange des deux. Le sax ténor s’approche le plus possible du son de la clarinette. C’est majestueux. Gros solo de contrebasse pour relancer la machine. Ca tourne. Il faudrait dégager un espace pour danser. La transe arrive au milieu du deuxième morceau. Et hop ! Ils attaquent en bloc pour plus d’effet. Solo de ténor avec un gros son velu. Ils enchaînent entre piano et fort, calmo et agitato. Maintenant, ça devient funky, sans trombone, ni trompette. Les saxophonistes sont excellents. Ils soufflent si puissamment que je cherche toujours le troisième, caché entre les deux.

C’était « Mohamed’s market » dédié au batteur Mohamed Ali Jackson suivi de « New Yemenite ».

Morceau dédié à la ville israélienne où naquit sa mère. Beau solo de contrebasse. Son méditatif qui impose le silence. Il va chercher loin dans nos âmes. Le groupe reprend avec un solo de ténor oriental, comme des flûtes plaintives. Duo de ténors maintenant. Ca décrasse. Ca y est, la danse orientale repart. Ca sonne aussi un peu espagnol (7 siècles de présence arabe en Espagne ont laissé des traces). Moment plus calme, joué par la rythmique avant que les saxs ne reprennent à l’unisson.

Le pianiste repart en hard bop. Le groupe suit, souple, chaud, new yorkais en diable. Ca glisse comme les pas de Fred Astaire sur la piste. Ils ont décidé de rester sages alors qu’ils pourraient nous mettre en transe s’ils le voulaient. Après un solo de ténor agité, un solo de ténor calme soutenu par la basse et la batterie. Montée en puissance tranquille avec le retour du piano. Un beat digne des Jazz Messengers. Le glissando final du quintet est super pro. Ca marche. Une belle brune tape des mains et claque des doigts.

PAUSE

Je discute avec une Vietnamienne en couple avec un Néo Zélandais. Ils terminent 15 jours de vacances en France par ce concert. Manifestement, ils finissent en beauté.

Ca swingue tranquille. Les sax ténors se succèdent.

Le pianiste enchaîne sur un air entraînant., plus oriental. Les tambours dansent sous les baguettes du batteur. Ca balance magnifiquement. Là encore, ça manque de piste de danse. Le jeu se calme pour un solo de contrebasse au milieu de l’orchestre. Omer Avital a un gros son et le sens de la couleur. La comparaison avec Charles Mingus s’impose mais le message d'Omer Avital est plus joyeux. Après tout, il n'est pas persécuté pour son apparence comme l'était Mingus.

Petit solo de piano dans l’aigu pour commencer. S’ensuit un air entraînant, dansant au piano. C’est délicieux. Long préliminaire seul avant la jouissance en groupe. Les saxs contre attaquent droit devant bien portés par la rythmique. Retour au manzello. Ca change le son du duo de souffleurs, forcément. Enfin, le public se lâche un peu et tape dans ses mains. Bon dialogue percutant entre pianiste et batteur. Ca réveille. Les gens devraient danser sur cette musique mais ils n’osent pas sans autorisation expresse comme pour Le Bal de Patrice Caratini.

C’était « Africa ». Le groupe enregistrera un nouvel album dans une semaine.

*Zohar’s smile » dédié à son fils. Une ballade jouée par la rythmique, batteur aux balais. Ce garçon ne doit pas manquer d’amour a priori. Beau solo de contrebasse au milieu de la rythmique. Cela sonne comme les pas d’un enfant confiant vers son père. Ca monte en puissance car un enfant n’est pas toujours calme. Ca marche. Le jeune couple à mon côté s’enlace.

Redémarrage hard bop de la rythmique. Les sax ténors enchaînent. Ces deux ténors ne font pas la retape comme Placido Domingo et Luciano Pavarotti. Le jeune couple NZ-Vitenam s’en va. La demoiselle me dit au revoir en souriant. Sur scène, ça tourne toujours. Un chase de ténor pas comme Dexter Gordon/Wardell Gray ou Johnny Griffin/Eddie Lockjaw Davis mais pas mal quand même. La rythmique enchaîne sur un air dansant, oriental. Ca balance de plus en plus mais le public reste sage.

Solo vrombissant de contrebasse. Elle est slappée comme il faut. Des spectateurs audacieux claquent des doigts en mesure. Funkissimo. Puis le quintet attaque à fons les manettes. Jeu salsa du pianiste alors que les saxs se déchaînent. Retour au calme avec la rythmique mais toujours sur un air dansant. Beau final groupé salsa jazz oriental.

Il y avait école le lendemain. Je suis parti avant la pause. Il faut qu’Omer Avital dise aux spectateurs qu’ils ont le droit de danser. Ils n’osent pas et c’est bien dommage tant cette musique est entraînante.

La photographie d'Omer Avital est l'oeuvre de l'Essentiel Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

Omer Avital par Juan Carlos HERNANDEZ

Omer Avital par Juan Carlos HERNANDEZ

Commenter cet article