Stéphane Kerecki Quartet au Sunset

Publié le par Guillaume Lagrée

Stéphane Kerecki Quartet

Paris. Le Sunset.

Mardi 10 novembre 2015. 21h30.

Stéphane Kerecki : contrebasse

Daniel Humair : batterie

Santiago Quintans : guitare électrique

Tony Malaby : saxophones ténor et soprano

Daniel Humair fait scintiller ses cymbales. La batterie lui répond par des bruitages. Ca démarre . Humair chauffe la forge. Tony Malaby souffle dessus. La guitare électrique est spasmodique. Derrière, un repère, la contrebasse. Le sax se tait pour faire place à la guitare. Ca zizague bizarrement. La route est escarpée et les virages serrés.Tony Malaby joue toujours d’attaque. Trop brutal pour être du Jazz, trop audacieux pour être du Rock’n Roll. C’est du Free Jazz Roll dans la descendance du « Dear Prof Leary » de Barney Wilen. Joli duo guitare/sax. Ca se calme un peu mais basse et batterie repartent. Ces hommes ne sont pas tranquilles.

Solo de contrebasse. Les notes éclatent comme des bulles de savon. Daniel Humair ponctue tout en finesse. Il y a un vrai travail de la pâte sonore. Ca fait du bien. Le sax soprano repart sur ce scintillement. Ponctuations sèches d’une guitare funky mais avec Stéphane Kerecki et Daniel Humair derrière, le funk glisse comme un terrain en pente sous la pluie. Tiens, maintenant, c’est devenu planant. Ils sont partis pour jouer le premier set d’une traite.

Il reste des places assises mais un fan reste debout pour tout voir et tout entendre.

Concours de grognements entre sax et guitare. Curieusement, basse et batterie installent une pulsation régulière sur laquelle la guitare vient dérouler des nappes de sons.Ca plane pour nous. Le soprano vient ajouter sa plainte. Enfin, un peu de repos pour l’auditeur ! Solo de contrebasse sur lequel vient se lover la guitare. Humair ponctue à petits coups de baguettes sur les cymbales. Malaby a repris le ténor et le groupe enchaîne sur un air tellement cool qu’il paraît antillais. Il plane comme un, souvenir de Sonny Rollins.

Solo de guitare en style rock tex mex. Ca sent bon la viande grillée surtout avec Kerecki et Humair qui chauffent derrière.

Une ligne de basse qui rappelle Dave Holland chez Miles Davis en 1969, année érotique. Les tambours travaillés au corps et la guitare qui mord. Ca gite dur dans cette cale de navire qu’est le Sunset. Finalement, ça balance calmement de nouveau avec ce feeling antillais.

C’étaient des improvisations puis « Secret d’oreille », composé par Stéphane Kerecki pour son fils en 2008.

Improvisation suivante. Daniel Humair malaxe les tambours aux balais. La musique est épileptique. Ca tremble de partout.

PAUSE

Ces beautés convulsives ne sont pas faites pour moi. Ma chronique s’arrête donc là.

Pour calmer le jeu, cet article est volontairement illustré par un autre quartet de Stéphane Kerecki, celui consacré à la musique des films de la Nouvelle Vague.

La photographie de Daniel Humair est l'oeuvre du Genevois Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

Daniel Humair par Juan Carlos HERNANDEZ

Daniel Humair par Juan Carlos HERNANDEZ

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