Eric Le Lann Quartet au Sunside

Publié le par Guillaume Lagrée

Eric Le Lann Quartet

Paris . Le Sunside.

Samedi 21 novembre 2015. 21h30.

Eric Le Lann : trompette

Paul Lay : piano

Sylvain Romano : contrebasse

André Cecarelli : batterie

Concert de sortie de l’album « Life on Mars » d’Eric Le Lann.

« The man I love ». Belle intro d’Eric en solo. Le quartet est parti sur un rythme rapide. Avec André Cecarelli aux manettes, ça swingue. Eric attaque fort. Il y a de la rage de vivre dans ce son là. Paris est dans le contexte post 13 novembre comme New York était dans le contexte post 11 décembre en 2001.

Une ballade menée énergiquement aux baguettes par André Cecarelli. Le son de la trompette s’étire, tortueux et râpeux. A plus de 70 ans, Dédé Cecarelli a toujours deux batteurs en lui, au moins, tant il pulse. Avec lui, pas besoin de boite à rythme.

Ce sont bien des Français. Ils discutent entre les morceaux comme s’ils ne savaient pas ce qu’ils allaient jouer. Les Américains enchaînent. C’était « Nostalgeek du futur » composition d’Eric Le Lann pour son dernier album.

« Retrato em branco e preto » (Antonio Carlos Jobim). Belle intro au piano pour une bossa nova paresseuse qui se balance au rythme d’un hamac. L’ambiance se réchauffe. La preuve : la jeune femme devant moi enlève son manteau. Paul Lay prouve qu’il n’est pas seulement un bon élève au piano. Avec Sylvain Romano et André Cecarelli derrière, le rythme est tenu. Pas de souci là-dessus. Beau solo de contrebasse bondissante.

Retour à l’album. La salle est pleine. La bonne musique attire toujours et c’est tant mieux. La rythmique swingue terrible. J’en bats du pied droit de joie. Le tempo s’accélère, se latinise vers le final. C’st charmant et inattendu.

« Milestones » (Miles Davis). Le groupe alterne l’album et les standards favoris d’Eric Le Lann. Il manque un saxophone pour le répondant, l’alto de Pierrick Pédron ou le ténor de Rick Margitza. Eric est en forme. Il joue plusieurs cuivres à lui seul et la rythmique le porte à incandescence.

Pour finir le set, la coda qu’affectionnait Miles dans sa période acoustique (1945-1968). Sur ses albums « Live in concert », cherchez « Ending with the Theme » ou « The Theme » tout simplement.

PAUSE

Dédé reprend les balais, toujours énergique. La rythmique balance comme un beau navire sur l’Océan. La trompette prend la mer et le navire fend les flots. Eric a aussi joué ce morceau en version bretonne sur son album « Origines ». Où en est d’ailleurs son autre projet breton, « Le cheval d’orgueil » d’après Per Jakez Helias.

Morceau tiré de l’album. Un Blues introduit par la trompette. « Al got the Blues ». Hommage à Al Foster ? Dédé aux baguettes. La rythmique colle au sol. La trompette sort d’une gangue de boue. Solo de contrebasse gémissant à souhait porté par les baguettes sur les cymbales. Yeah,baby ! Eric les encourage de la voix. Puis le groupe repart peinard.

« Danse profane » (Claude Debussy). Balais. Eric a mis ses lunettes car il lui faut lire la partition. A Manuel de Falla qui lui demandait comment interpréter sa Danse profane, Claude Debussy répondit qu’il y fallait de la grâce et qu’il lui faisait confiance. Ce soir, il y a des grands mouvements aériens, des envolées comme dans la danse classique. Rien ne pèse. On ne sent pas les appuis. Dédé aux baguettes. La musique avance bien. C’est bien du Jazz. Le pianiste ne joue pas en faisant oublier que le piano est un instrument composé de marteaux qui frappent des cordes, comme le conseillait Debussy. Ca pourrait continuer longtemps à nous bercer mais stop.

« I fall in love too easily », un standard. Duo piano/trompette. Les ombres de Miles Davis et de Chet Baker traversent la salle. La rythmique brode de la dentelle fine. Solo final de trompette qui vous gratte l’âme à vof.

« C’est la nuit, Lola », morceau écrit par Eric pour sa fille Lola Le Lann, aujourd’hui actrice. La demoiselle est présente dans la salle. Il en existe aussi une version bretonne sur « Origines ». Ca marche à un rythme celtique. André Cecareli le fait très bien quoique Niçois comme Barney Wilen.

Jolie intro au piano. Batteur aux balais. Une ballade. C’est bien ce que je pensais. Ils arrivent à « Body and Soul » de façon très détendue. Cette ballade fort agréable arrive en même temps qu’un sérieux coup de barre. Je m’endors bercé.

Une coda finale très rapide et sèche avec un break de batterie pour relancer la machine.

Fin du concert. Ils n’ont pas joué « Life on Mars », le titre album, très belle reprise d’une chanson de David Bowie.Ils l'avaient joué la veille pour conclure le concert.

Peut-être la joueront-ils lors du prochain concert du quartet à Paris, au Petit Journal Montparnasse, le jeudi 10 décembre 2015 à 20h30.

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