Le Sunside en pince pour Bach plucked/unplucked

Publié le par Guillaume Lagrée

Bach plucked/unplucked

Paris. Le Sunside.

Lundi 30 novembre 2015. 20h.

Showcase

Edouard Ferlet: piano

Violaine Cochard: clavecin

Le clavecin masque le piano. La tête du pianiste dépasse.

Ils démarrent synchrones. Ca ressemble bien à du Bach. La preuve, ça swingue. Ils sont synchrones qu’ils jouent ensemble ou tour à tour. C’est bien un concert de Jazz. Nous applaudissons à la fin du premier morceau.

Arièle Butaux a eu l’idée de cette rencontre musicale en 2012.

Edouard Ferlet a arrangé des pièces pour clavecin de Bach avec des plages d’improvisation à l’intérieur.

Elle entame une sorte de ballade. Il lui répond. En piano solo, ça sonne plus Jazz, forcément. John Lewis avait épousé une claveciniste croate, Mirjana, mais il jouait du piano.

Un air plus rapide où clavecin et piano se questionnent et se répondent alternativement.

Amener un clavecin dans un club de Jazz, c’est unique, en tout cas ici annonce Edouard Ferlet. Utopia d’après la BWV 797 ( BWV= Bach Werke Verzeichnis : Catalogue des Œuvres de Bach). Tiens, le clavecin sonne comme une guitare. La BWV 1690 fut composée pour violoncelle ou alors j'ai mal noté le numéro. Un tempo léger, aérien, fluide mais le pas de danse est toujours là. C’est plus intéressant, plus innovant que l’album « Think Bach » d’Edouard Ferlet en piano solo. Cela devient ultramoderne tant cette alliance de son est neuve. Musique utopique mais accessible.

Plus d’opposition dans ce morceau entre le son Jazz du piano et le son menuet du clavecin. C’était la Variation Goldberg n°20. Toutes les dissonances sont écrites d’après Edouard Ferlet.

Un petit air chantant. Chant/contrechant entre piano et clavecin. Superbe. Le clavecin titille, le piano apaise. La musique déploie ses ailes et s’envole. Ils agrandissent notre espace vital. Ca marche très bien. Deux jeunes filles se font des câlins et des bisous. C’est attendrissant. Les notes descendent lentement en tourbillonnant comme des feuilles mortes. C’est de saison. Retour à ce petit air entêtant du départ. Diabolique. Envoûté, je chantonne. Je hoche aussi la tête comme mon voisin de devant.

Violaine commence seul. Cela pourrait faire une musique de western spaghetti. Le piano bat la mesure du souvenir. Edouard Ferlet est passé à une deuxième étape de sa lecture de Bach, à un stade supérieur de la Force, avec l’appui sans faille de Violaine Cochard. C’était « Magnetic Tango » d’Edouard Ferlet. Rien à voir avec Bach. Le chroniqueur innocent s'y perd.

Aparté d’après Bach. Intro au piano. Romantique pas baroque. Ca s’accélère, courant comme l’eau vive de Guy Béart. C’est à la fois ancien et moderne, répétitif et dansant. Bref, cela swingue de façon unique. Une sorte de chase comme disent les Jazzmen. De nouveau, ça décolle, très vite, très haut, très fort. En pleine apogée, STOP.

Violaine Cochard a préparé des cakes pour les partager avec le public après le concert. J’avais déjà dîné mais j’en ai goûté un. Il était délicieux. Une soirée parfaite.

La photographie d'Edouard Ferlet est l'oeuvre du Baroque Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

Edouard Ferlet par Juan Carlos HERNANDEZ

Edouard Ferlet par Juan Carlos HERNANDEZ

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