Jean-Philippe Scali Quintet chauffe le Duc des Lombards

Publié le par Guillaume Lagrée

Jean-Philippe Scali Quintet

Paris. Le Duc des Lombards.

Jeudi 21 janvier 2016. 19h30

Jean-Philippe Scali : saxophone baryton

Glenn Ferris : trombone

Frédéric Nardin : piano, orgue Hammond

Simon Tailleur : contrebasse

Donald Kontomanou : batterie

Ca swingue plutôt bien. Les cuivres cognent. La rythmique tourne. Ca balance élégamment. Le son Blue Note des 60 »s revivifié, ça fait du bien par où ça passe. Le groupe entrera en studio le 28 janvier. C’était « The John’ touch » (JP Scali) dédié à John Ellis et John Scofield.

« Reflections » (JP Scali). 1ère mondiale sur scène pour ce morceau. C’est réfléchi en effet. Duo contrebasse/batterie aux balais bien souple pour introduire. Les souffleurs ronronnent virilement. Parfait pour un 21 janvier, journée mondiale des câlins et des bisous. Solo de trombone bien soutenu par la rythmique. Ma jambe droite marque le tempo, signe tangible que cela swingue. Glenn Ferris, c’est une assurance tout risque pour le rythme. Au tour du leader de swinguer joyeusement au baryton. Musique anti dépressive mais non remboursée par la Sécurité sociale. Au tour de la rythmique de partir à travers champs. C’est du gai savoir. Tout à fait réjouissant.

Le trombone part seule en ballade avec de beaux effets de glissando. Sacrée maîtrise du souffle. Ca grogne, couine, bref ça cause. Le baryton le rejoint pour un beau dialogue. Ca sonne à la Mingus. La rythmique arrive à pas de loup. Gros son de la contrebasse, ponctuation sèche de la batterie, grognements et gémissements des cuivres, bref de l’expressionnisme musical. 1er solo de contrebasse. Le pianiste est passé à l’orgue Hammond pour renforcer la pulsation. Glenn Ferris fait du wah wah. Le baryton barrit. C’est la complainte des éléphants la nuit dans la jungle urbaine. Doucement, nous passons de l’éléphant au tigre qui avance, tapi dans les hautes herbes. « Purge » (Glenn Ferris), Superbe blues.

Une nouvelle première mondiale. « Sisyphe » (JP Scali) inspiré par le mythe de Sisyphe et Thelonious Monk. Il y a de l’humour dans le jeu, comme il convient dans un hommage à Monk.Solo de Glenn Ferris. La classe évidemment. Parfaitement en phase avec la rythmique, avec des couac et des coin coin maîtrisés à la perfection.

« Memories of member 77 » (JP Scali). Une musique de film imaginaire. Ca sonne plutôt polar. Joueurs de Blues, ce sont des joueurs de Blues comme le chante Michel Jonasz. Le pianiste nous fait du charme ave un toucher de cristal. Batteur aux balais. La contrebasse, au milieu, pose tranquillement le tempo.

Ils attaquent un Blues rapide genre poursuite en voiture dans les rues de New York. Ca se calme, devient plus tranquille, accélère, ralentit. Bref, tout en souplesse. Ca monte en puissance avec le solo de Glenn Ferris porté par la rythmique. Quels joyeux grognements !Beau dialogue percutant entre piano et batterie. Retour groupé au calme. C’était « Corean folk song » (JP Scali), inspiré par un voyage en Corée, du Sud, je suppose.

« Jamie’s Day » composé par JP Scali pour l’anniversaire de sa sœur. Du bayrton sort un souffle continu. Le piano s’immisce doucement. La musique monte lentement et chaleureusement en puissance. Auditivement, cet homme a de l’affection pour sa sœur. Cela est juste et bon. Solo très tendre du trombone. Cela sonne comme un murmure chaud à l’oreille. Le batteur relance bien aux baguettes. Le baryton enchaîne tout aussi tendrement. Ca balance bien.

L’envol final. Jean-Philippe Scali a un excellent contact avec le public. Il dialogue avec nous, explique sa musique sans nous ennuyer. Un air funky. Ca groove groupé. Fredéric Nardin joue main gauche au piano, main droite sur l’orgue. Bonne vibration finale. Le leader fait applaudit en rythme quelques spectateurs groovy sur le solo de trombone. Le sax baryton assure lui aussi. Ils prolongent le plaisir et c’est bon.

Splendides lectrices, superbes lecteurs, vous pouvez écouter le 2e concert du quintet de Jean-Philippe Scali au Duc des Lombards le jeudi 21 janvier 2016 à 21h30 sur TSF Jazz.

La photographie de Glenn Ferris est l'oeuvre de l'Incomparable Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

Glenn Ferris par Juan Carlos HERNANDEZ

Glenn Ferris par Juan Carlos HERNANDEZ

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