Festival Jazz et images au cinéma Le Balzac: Stan Getz en majesté

Publié le par Guillaume Lagrée

Festival Jazz et Images

Cinéma Le Balzac

Paris, Ile de France, France

Vendredi 18 mars 2016. 20h30.

Concert du quartet de Vincent Le Quang

Vincent Le Quang: saxophones ténor et soprano

Bruno Ruder: piano

Matias Szandai: contrebasse

Joe Quitzke: batterie

suivi du Stan Getz Quartet à la Grande Parade du Jazz de Nice en 1978

Stan Getz: saxophone ténor

Mary Lou Williams: piano

Ronnie Boykins: contrebasse

JC Heard: batterie

Concert du quartet de Vincent Le Quang, programmateur du festival Jazz et Images.

Sax soprano. " If I should lose You ", un standard joué sur un rythme de bossa nova. Ca roule tranquille.

" Le rêve d'une île " (Vincent Le Quang). Toujours au soprano. Cela vient de Claude Debussy. Cela évoque plutôt les îles Borromées que Ouessant ou Sein. Un petit vent de temps en temps fait frissonner l'onde.

Sax ténor. Stan Getz ne jouait pas de soprano. Beau démarrage piano/ténor. Là, l'ombre immense du duo Stan Getz/Kenny Barron plane toujours, 25 ans après. Contrebasse et batteur aux balais arrivent doucement. " I've got You under my skin ". Frank " The voice " Sinatra le jouait et Stan " The sound " Getz le jouait. Le quartet le joue dans l'esprit, classique et flamboyant. Batteur aux baguettes pour le solo de piano. Ca swingue, sapristi! Belle articulation du pianiste. Solo de contrebasse avec le batteur qui fait mijoter la marmite aux balais.Le sax joue les paroles de la chanson comme Stan Getz et Sonny Rollins.

Retour au soprano pour une composition personnelle " Everlasting ". La rythmique démarre en douceur et le soprano vient ajouter sa douce plainte. Une belle mélodie s'élève qui, en effet, pourrait durer toujours.

Retour au ténor pour " Fleur " inspiré du film nippon " Nuages flottants " (Mikio Naruse, 1955) . " Courte est la vie d'une fleur mais grande est sa souffrance " dit un haïku. Ce morceau m'ennuie.

Heureusement, ils enchaînent sur un standard getzien, joyeux, viril, dynamique, bref comme il doit être joué. 1er solo de batterie du concert, aux baguettes, bien construit, sans forcer ni démontrer.

RAPPEL

" How deep is the ocean ", une ballade que jouait Stan Getz. Joué sur un rythme de bossa nova avec le batteur aux balais. Le sax ténor part en croisière.

Stan Getz Quartet. Le Jazz à Nice dans son décor historique, les arènes de Cimiez sous un superbe soleil d'été.

" We all wish to sound like that. The truth is that we can't " (John Coltrane, à propos de Stan Getz). Nous sommes passés de la Pro A à la NBA, pour les amateurs de basket ball.

Mary Lou Williams (1910-1982), grande Dame du Jazz, pianiste, compositrice, chef d'orchestre, arrangeuse, enseignante, créatrice d'associations, se retrouve à accompagner Stan Getz (1927-1991). Il y avait un risque de conflit d'egos d'autant qu'elle commence sur un Blues de sa composition. " My blue heaven " un titre qui lui correspond bien puisque Mary Lou Williams, sincèrement croyante, jouait et composait aussi bien du Blues que du Gospel. La rythmique mène le jeu puis Stan Getz s'impose d'un énorme " couac " volontaire. Sur le final, il y a une tension entre piano et sax mais Stan impose sa volonté. C'est lui le leader du groupe.

S'ensuit une version de " Lush life " de Billy Strayhorn qui a la perfection d'une statue grecque. Stan joue fidèlement le thème, comme un interprète classique. Derrière lui, la rythmique est un tapis volant chatoyant. C'est absolument parfait. " Stan Getz, what a gift to the world ! " (Joe Henderson).

" Love for sale ". La rythmique le joue sur un tempo latino. Ca fuse d'intelligence et de pulsation. Stan Getz arrive et emballe le morceau.

Billy Hart: Qu'attends tu d'un batteur?

Stan Getz: Qu'il ondule

JC Heard savait onduler comme toute cette rythmique d'ailleurs.

Nous sommes en 2016. Tous les membres de ce quartet sont morts mais, grâce à ce film, ils sont toujours vivants. Nous les avons d'ailleurs applaudi comme ils le méritaient.

La prochaine séance du Festival Jazz et Images aura lieu au cinéma Le Balzac, 1 rue Balzac, 75008 Paris, France, le vendredi 8 avril à 20h30. Au programme, un film de 30mn: Duke Ellington et son orchestre en concert à Paris, salle Pleyel, en 1958 puis une interprétation en 2016 des compositions de Duke Ellington d'avant 1930 par un orchestre composé d'élèves du Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris. Ces jeunes gens ont relevé, en écoutant des disques crachotants, les partitions inexistantes du premier orchestre du Duke. Une soirée historique donc.

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