Gato Barbieri a cloué son bec (1932-2016)

Publié le par Guillaume Lagrée

Leandro " Gato " Barbieri

(1932-2016)

" La musique est un loisir pour les femmes divorcées et les hommes dandys " (Napoleone Buonaparte).

Voilà une définition qui collait parfaitement à Gato Barbieri.

Cet homme n'était pas enregistré à l'INPI (Institut National de la Propriété Industrielle) mais il aurait pu.


identité visuelle: le chapeau, les lunettes, l'écharpe rouge et il portait l'ensemble avec bien plus de prestance que François Miterrand.

Identité sonore: un son de saxophone ténor si puissant que je cherche toujours le 2e saxophoniste quand je l'entends jouer. Il n'y en a pas.

Griffe: son surnom El Gato qui a éclipsé celui d'une composition de Duke Ellington, " El Gato ", créée pour un trompettiste, Cat Anderson.

Gato Barbieri était né à Rosario, en Argentine, en 1932. Personne ne savait jouer le tango au saxophone ténor comme lui.C'était sa musique natale. Il en fit une mine d'or inépuisable avec sa musique du film de Bernardo Bertolucci " Last tango in Paris " (1972) avec Marlon Brando et Maria Schneider.

En bon paresseux, j'ai le plus grand respect pour le travail bien fait. C'est pourquoi je vous renvoie, splendides lectrices, superbes lecteurs, à la lecture de l'excellent article de Francis Marmande dans le quotidien français Le Monde, " Le dernier tango de Gato Barbieri ". Pour les anglophones, voyez l'article du New York Times car Gato Barbieri vivait à New York depuis 1972. Pour les hispanophones, je conseille l'article du quotidien argentin La Nacion.

Pour ma part, je ne comprends toujours pas pourquoi un artiste qui avait enflammé la musique mondiale de 1966 à 1976, s'est contenté ensuite de vendre de la soupe dénommée " Smooth Jazz ". Inspiration tarie? Neurones grillés par l'abus de substances nocives, illicites ou non? Adoration du Dieu $? Le mystère demeure.

A celui qui a beaucoup donné, il sera beaucoup pardonné.

De 1966 à 1976, du Free Jazz au Latin Jazz, en passant par la Pop Music, Gato Barbieri a vraiment mis le feu, au point d'intituler un album " Fenix ". Il a même enflammé le Lac Léman avec un concert mémorable au Montreux Jazz Festival de 1971 paru sous le titre " El Pampero ". Puis il livra pour le label Impulse une série d'albums mémorables comme les chapitres d'une oeuvre intitulés tout simplement Chapter one, two, three, four (un live en club à New York injustement méconnu).

Ecoutez les, montez le son, entraînez voisins, parents, amis, amants, dans la danse du Chat.

Ciao, Gato.

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