Nik Bärtsch's Mobile captive le Festival Jazz à Saint Germain des Prés

Publié le par Guillaume Lagrée

Festival Jazz à Saint Germain des Prés

Paris. Maison des Océans

Samedi 21 mai 2016. 21h.

Nik Bärtsch’s Mobile

Nik Bärtsch : piano

Sha: clarinette basse et contrebasse

Nicolas Stocker: percussions

Kaspar Rast : batterie

Lectrices éveillées, lecteurs guetteurs, mes notes, prises sur le vif, étant illisibles, je vais résumer les impressions qu’a suscité ce concert en moi.

Après avoir été émerveillé par l’album du Nik Bärtsch’s Mobile, je découvre ce quartet helvète sur scène dans le cadre du Festival Jazz à Saint Germain des Prés.

Le prince Albert 1er de Monaco a créé la Maison des Océans vouée à l’étude et à l’amour de la mer. Cela se voit. Nous sommes dans un grand amphithéâtre 1900 tout en bois avec des fresques murales et morales à la gloire des marins et des capitaines partis joyeux pour des courses lointaines. La Science Belle Epoque dans toute sa majesté.

Je reconnais le style si particulier de cette musique dès les premières notes. Le quartet joue sur l’obsession et la répétition mais sans l’ennui et l’emphase que dégagent Keith Jarrett. Scéniquement, il semble qu’un rite religieux se déroule tant les gestes sont lents et mesurés. La salle est comble ce qui est réjouissant pour une musique aussi exigeante.

Sans électronique, les musiciens jouent des boucles rythmiques, des plages sonores qui produisent une musique abstraite et pourtant sensuelle. Le silence est total dans la salle. Même pas une toux. C’est dire l’effet de ce rite esthétique.

Il n’y a pas de morceau, pas de pause, pas d’applaudissements. Tout est à prendre d’un bloc.

Ca marche. Je n’ai vu à la fin du concert que 3 têtes blanches partir déçues. La salle était comble et le public comblé a réclamé un rappel. Nik Bärtsch en a profité pour expliquer en français, avec l’accent suisse alémanique, sa démarche artistique, celle que les 3 Anciens n’avaient pas comprise manifestement. La musique se joue en modules, comme un jeu mathématique, où la liberté naît de la contrainte que les musiciens s’imposent. Moi qui n’ai pas du tout l’esprit mathématique, j’aime cette musique. Elle n’est donc pas inaccessible.

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