Marcel Loeffler & Domi Emorine font la fête au Sunset

Publié le par Guillaume Lagrée

Marcel Loeffler & Domi Emorine

Le Sunset

Paris, Ile de France, France

Mardi 4 avril 2017. 20h30

Marcel Loeffler: accordéon, maître de cérémonie

Domi Emorine: accordéon

Gilbert Coquard: contrebasse, guitare basse électrique

Cédric Loeffler: guitare acoustique

Concert de sortie de l'album " Domi Emorine & Marcel Loeffler ".

Dès les premières notes, je reconnais ce qui fait le charme de l'album, ce son à la fois manouche et funky. Pas de batterie. Cela ancrerait cette musique d'enfants du vent. Solo de basse funky. Les accordéons montent en flèche. Belle envolée pour commencer. C'était " September song " de Michel Petrucciani.

" Délicatesse " (Marcel Azzola). Ca commence comme une ballade puis ça passe à la valse musette, avec classe. Nous voilà à gambiller sur les bords de Marne au soleil sans quitter notre cave à Paris. C'est Marcel qui mène le bal. Contrebasse. Pour le musette, c'est mieux.

Basse électrique. Solo plaintif de Marcel pour commencer. Cela sonne espagnol, un peu flamenco même. Je bats la mesure du pied, mon voisin des mains. C'est bien plus surprenant que cela. Dès qu'ils veulent, ils emballent sec. Ca ne s'entend pas mais le guitariste est gaucher.

" Since we met " (Bill Evans). Le piano du pauvre joue une composition de pianiste. Personne ne joue ça à l'accordéon dit Marcel Loeffler. Je le crois sur parole. Contrebasse. Très belle ballade. Finement joué, avec du sentiment mais sans sentimentalisme. Subtil mélange entre musette et jazz moderne. Marcel et Domi renouvellent l'accordéon par la diversité de leur répertoire. De plus, ils ne récitent pas la musique, ils l'interprètent.

" Valse des crayons " (Patrice Caratini). Un morceau écrit pour un album de Marcel Azzola (1982) qui a relancé l'accordéon, en mauvais point à l'époque, selon Marcel Loeffler.Léger, enfantin, colorié comme les crayons. Contrebasse. La classe.

" Cette pièce, je n'aurais pas pu me le permettre avec un autre accordéoniste mais, avec Domi, je peux " (Marcle Loeffler). " Si c'est pas une déclaration en mariage, ça! " commente un musicien. " Ah oui, au moins! " répond Marcel. Il s'agit du Prélude, écrit pour piano seul, de Maurice Ravel. Avec l'accordéon, ça sonne bien plus chaud qu'au piano. Maurice Ravel aimait le Jazz. S'il l'a entendu, espérons qu'il l'ait apprécié.

Sans transition, une très belle valse de Gus Viseur, le premier accordéoniste de Jazz en France,  qui joua avec Django Reinhardt. Ca sent bon le musette et les promenades ensoleillées au bord de l'eau.

" Take Bach " composition du pianiste Philippe Duchemin inspirée de JS Bach. Un canon entre accordéons. Guitare et contrebasse assurent la pulsation. Marcel Loeffler ne joue pas de la musique pour accordéon. Il joue la musique qu'il aime à l'accordéon, d'où qu'elle vienne. Avec Domi Emorine, il a trouvé une complice à sa démesure. Marcel est aveugle mais cela ne s'entend pas. Son fils est son guide mais, sur scène, le Patron c'est Papa.

PAUSE

Pour reprendre, Marcel joue en duo avec le bassiste. Basse électrique donc. Une ballade qui balance bien.

Duo père & fils, accordéon & guitare. Un standard de la ballade. " Like someone in love ".

Duo homme & femme, accordéon & accordéon. Une mazurka de Gabriel Weiss. Entre Domi et Marcel, ça envoie. Des Américains bavardent au lieu d'écouter. Heureusement ils s'en vont nous laissant profiter de la musique.

Retour du quartet pour deux classiques de Serge Gainsbourg: " Ces petits riens " et " La saison des pluies ".  Contrebasse; Domi chante. Ca swingue avec délicatesse. Une ballade qui s'égrène comme un jour d'ennui sous la pluie. Ces deux chansons ne sont pas sous la pluie.

Domi reprend l'accordéon. Retour au musette. Contrebasse toujours. Marcel commence lentement et majestueusement. Domi reprend la main. Valse chaloupée. Un mélomane distingué a du mal avec les bruits du bar en fond de salle. C'est un club de Jazz, pas le Concertgebouw.

Un morceau d'un cousin de Marcel, Bireli Lagrène, " Mouvements ". Ca file et fuse. C'est du Bireli. Il faut des doigts de feu pour jouer cela. Ils les ont. Ce tourbillon de notes nous emporte dans une spirale ascensionnelle vers le ciel et au delà.

Basse électrique. Un morceau de Weather Report à l'accordéon! " Birdland " après vérification chez moi. Les accordéons reprennent les claviers de Jo Zawinul et le sax de Wayne Shorter. Epatant!  Enchaînement logique puisque Biréli Lagrène fut le guitariste du dernier trio de Jaco Pastorius dans les années 1980.

RAPPEL

Retour au premier morceau du concert " September song  " de Michel Petrucciani. La boucle est bouclée.

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