Cabu Swing. Souvenirs et carnets d'un fou de Jazz.

Publié le par Guillaume Lagrée

 

Cabu Swing

Souvenirs et carnets d’un fou de Jazz

 

Les Echappés. Charlie Hebdo. Paris. 2013. 224p.

 

Chapitre I : Le Jazz qui déménage

Chapitre II : De Hara Kiri à Jazz Hot

Chapitre III : La mélodie de la révolte et du bonheur

Chapitre IV : Le Jazz, spectacle vivant

Chapitre V : Et le Jazz devint classique

Chapitre VI : Mon Jazz aujourd’hui

 

Cet article est dédié à Philippe Lançon, journaliste et écrivain, survivant de la tuerie de Charlie Hebdo le 7 janvier 2015 à Paris en France. J'ai rencontré Philippe lors d'un concert de Jazz avant ce massacre. Depuis, je ne le vois plus dans les concerts de Jazz mais Philippe Lançon continue d'écrire. 

Bienvenue au 36e abonné de ce blog. Que les dieux et les muses le protègent!

Les assassins de Cabu (1938-2015) n’aimaient pas le Jazz. Cette évidence n’a nul besoin d’être démontrée. Le Jazz, c’est le triomphe d’Eros sur Thanatos aurait pu dire Sigmund Freud qui lui réussit à échapper à d’autres assassins qui n’aimaient pas le Jazz, les nazis.

Cabu aimait le Jazz depuis son enfance à Chalons sur Marne, aujourd’hui Chalons en Champagne (Marne, en Champagne, aujourd'hui région Grand Est) parce que ça fait plus chic, comme il disait.

Son premier choc musical sur scène, ce fut l’orchestre de Cab Calloway dès son arrivée à Paris en 1954. Il ne s’en est jamais remis assistant aux concerts de l’orchestre jusqu’à la mort de son leader en 1994. De Cab à Cabu, il n’y avait qu’une voyelle de plus. 

Cabu aimait les machines à Swing et les Big Bands : Armstrong, Duke Ellington, Cab Calloway comme le chantait Henri Salvador.

Il préférait la musique solaire à la musique lunaire. Pour la trompette, par exemple, plutôt Louis Armstrong et Dizzy Gillespie que Miles Davis et Chet Baker.

Cabu dessinait le Jazz partout, debout ou assis, dans l’obscurité des clubs parisiens ou sous le plein soleil des festivals estivaux de la Côte d’Azur.

Ses reportages sur le vif à Nice et Antibes-Juan-les-Pins sont d’un Balzac du dessin, d'un Daumier moderne. Rien ne lui échappait : les paysages, la rue, les musiciens, les techniciens, le public et les politiques. Pendant la grande Parade du Jazz à Nice, il allait croquer Jacques Médecin au conseil municipal, ce maire qui jumelait sa ville avec Le Cap (Afrique du Sud) en plein apartheid alors qu’il accueillait chaque été à bras ouverts des musiciens noirs américains.

Cabu, c’était la révolte par la joie, le Jazz qui permet au grand Duduche d’emballer la fille du proviseur, ce rythme ternaire opposé au rythme binaire du rock’n roll et des marches militaires (27 mois de service en Algérie l’avaient vacciné à vie contre l’Armée).

Le Jazz faisait partie des élixirs de jouvence de Cabu qui gardait sa bouille et sa tignasse d’adolescent à 76 ans.

RIP Brother Cabu.

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