Mathieu Donarier 3 & Caratini Jazz ensemble reçoivent à la Maison de la Radio

Publié le par Guillaume Lagrée

Mathieu Donarier Trio

&

Caratini Jazz Ensemble

Paris. Maison de la Radio

Samedi 30 septembre 2017. 20h30.

Concert diffusé dans l'émission Jazz sur le Vif sur France Musique

 

Mathieu Donarier 3 " Papier Jungle " est composé de:

Mathieu Donarier: saxophones ténor et soprano

Manu Codjia: guitare électrique 

Joe Quitzke: batterie

Le Caratini Jazz Ensemble est composé de:

Patrice Caratini: contrebasse, composition, orchestration, direction, animation

Alain Jean-Marie & Manuel Rocheman: piano

Thomas Grimonprez: batterie

Sebastian Quesada: percussions

André Villéger: saxophones alto et soprano, clarinette

Mathieu Donarier: saxophones ténor et soprano, clarinettes

Rémi Sciuto: saxophones alto et baryton

Claude Egéa: trompette

Pierre Drevet: trompette

Denis Leloup: trombone

François Bonhomme: cor

François Thuillier: tuba

David Chevallier: guitares et banjo

Sara Lazarus: chant

Première partie: Mathieu Donarier 3 " Papier Jungle "

Son étiré du ténor en résonance avec les cordes de la guitare. Ca plane. La batterie vient ancrer la musique à la Terre. Main gauche sur le tambour, baguette à la main droite, Joe Quitzke crée des sons neufs. Manu Codjia donne toujours cette impression de dispenser en même temps le chaud et le froid. Comme le remarque Mathieu Donarier, le studio 104 de la Maison de la Radio est une belle salle avec une belle acoustique. Par contre, au delà  de 180cm de haut, vous êtes coincés dans le siège. Joe a repris les baguettes et ponctue élégamment le dialogue entre guitare et saxophone.

Solo de guitare pour commencer. Batteur aux maillets pour un son à l'étouffée. Le ténor susurre. Morceau court mais dense. 

Démarrage en trio. Manu Codjia maîtrise toujours ses effets de manche. Batteur aux baguettes. Le trio monte en puissance mais toujours bien coordonné.

J'ai retenu le titre du 3e morceau, " The hunt " qui avait bien un rythme de chasse à courre. 

" La lugubre gondola " composée par Franz Liszt en mémoire de son infâme gendre Richard Wagner mort à Venise, bien avant la nouvelle de Thomas Mann. Le gendre impécunieux, bien content de faire un beau mariage et qui osa écrire dans la presse que la musique de beau papa était celle d'un malade mental, est mort avant lui. Comme quoi, le crime ne paie pas toujours. L'œuvre originale a été composée pour piano et violoncelle. Batteur aux maillets. Une musique triste et mélancolique comme il se doit. Lizst prend un coup de jeune qui ne le dénature pas. 

" Fleur céleste " composé par Alban Darche pour le trio. Claquements de langue sur le sax. Petits gémissements de la guitare. Joe joue tranquille. Ca balance bien. 

PAUSE

Deuxième partie: Caratini Jazz Ensemble

Patrice Caratini joua son premier concert à la Maison de la Radio il y a 50 ans. Je n'y étais pas mais j'ai une excuse valable. Je n'étais pas né. Le Caratini Jazz Ensemble a 20 ans et là j'y suis. Pour commencer, Alain Jean-Marie est au piano. Le concert commence avec la diffusion d'un chef d'œuvre immortel de Louis Armstrong " West End Blues " (1928). L'orchestre arrive petit à petit sur scène et enchaîne sur une composition clin d'œil " East End Blues ". 

Avec vingt ans de carrière, l'orchestre a du matériau à disposition et mes notes sont illisibles.

Qu'ai je retenu de cet orchestre?

Qu'il tourne du feu de Zeus. Ca s'entend que c'est pro. Les musiciens sont pros, le chef est pro, l'orchestre a répété et tourné. Un grand orchestre ne souffre pas l'approximation et, ici, il n'y en a pas. " Sans travail, le talent n'est qu'une sale manie ' (Georges Brassens). 

Des intermèdes musicaux composés avec goût par le chef Patrice Caratini.

Deux standards de Cole Porter superbement chantés par Sara Lazarus portée par l'orchestre: " What is this thing called love? " et " My heart belongs to daddy " qui se conclue par la voix de Marilyn Monroe chantant cette même chanson. 

Du luxe inouï d'un orchestre qui dispose de 2 pianistes, une équipe de jour, une équipe de nuit, comme dit Patrice Caratini. Et quels pianistes, lectrices piano, lecteurs forte! Alain Jean-Marie et Manuel Rocheman. Des vrais chatouilleurs d'ivoire. 

De l'unité dans la diversité de cet orchestre, bien plus efficace que l'Union européenne avec la même devise. De La Nouvelle Orléans des années 1920 au Paris des années 2010 en passant par le Cuba des années 1950, les Antilles des années 1970, tout est Jazz, grâce, humour, légèreté.

D'un beau mélange entre jeunes et vieux musiciens dans l'orchestre même si ça manque de femmes. Sur ce point, le Caratini Jazz Ensemble est traditionnel. La seule femme dans l'orchestre, c'est la chanteuse, Sara Lazarus, qui n'en fait pas partie. 

Bref, qu'il joue pour être écouté ou pour être dansé, le Caratini Jazz Ensemble est un spectacle à ne manquer sous aucun prétexte, lectrices piano, lecteurs forte. 

Madame A, qui m'accompagnait à ce concert, est désormais une nouvelle fan du Mathieu Donarier Trio et du Caratini Jazz Ensemble. Elle m'a fait confiance n'ayant jamais entendu une note de ces groupes avant ce concert. Comme elle, faites moi confiance et écoutez avec attention ces groupes, lectrices piano, lecteurs forte. Vous en serez récompensé par la Beauté.

Le Caratini Jazz Ensemble sera en concert à Sceaux (92) sur la scène nationale Les Gémeaux  le mercredi 8 novembre 2017 à 20h45.

La photographie de Joe Quitzke est l'œuvre de l'Invisible Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette œuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

Joe Quitzke par Juan Carlos HERNANDEZ

Joe Quitzke par Juan Carlos HERNANDEZ

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