Pierrick Pédron Quartet en verve au Bal Blomet

Publié le par Guillaume Lagrée

Pierrick Pédron Quartet

Le Bal Blomet

Jeudi Jazz Magazine

Paris. Jeudi 22 février 2018. 20h30.

Pierrick Pédron: saxophone alto, compositions, direction

Carl-Henri Morisset: piano

Thomas Bramerie: contrebasse

Elie Martin-Charrière: batterie

Un jeudi par mois, le Bal Blomet, à Paris, accueille un concert organisé par le mensuel Jazz Magazine. Après Julie Saury le jeudi 23 novembre 2017, me voici de retour trois mois après, dans la même salle, pour Pierrick Pédron. Par rapport à l'album " Unknown " et à un précédent concert de ce quartette au Duc des Lombards, le 23 octobre 2017, Gregory Hutchinson a été remplacé par Elie Martin-Charrière à la batterie. 

Le quartette attaque directement par le morceau le plus acide de l'album, celui que j'apprécie le moins, le titre album d'ailleurs, " Unknown ". 

Pierrick enchaîne direct sur une ballade en duo avec le pianiste. Très pro. Le piano se déploie, le sax dévale. Contrebassiste et batteur aux maillets arrivent doucement. Personne n'applaudit. La salle est comble et comblée, écoutant religieusement. C'était " Mum's eyes " dédié par Pierrick Pédron aux yeux de sa mère qui n'ont rien à voir avec ceux de la mère d'Arno (le chanteur belge). 

" Val André " joué en version électrique sur l'album " Omry " (2009), célébré en son temps sur ce blog. Morceau inspiré par la station balnéaire de Bretagne Nord, dans les Côtes d'Armor, Pléneuf Val André. Joué ici en version acoustique mais toujours aussi énergique et vivifiant. La rythmique envoie du bois. Le batteur pousse fort aux baguettes. Tout se calme pour le premier solo de contrebasse. 

Un morceau sec, avec des virages sur l'aile. Batteur aux baguettes. Premier solo du batteur, aux baguettes. Les tambours roulent, les cymbales tintent, sans forcer ni presser. La rythmique reprend sous les doigts en acier trempé de Carl-Henri Morrisset. C'était " Mr Miller " en hommage au pianiste Mulgrew Miller avec qui Pierrick Pédron eut l'honneur de jouer. 

" Broken reed " (anche cassée car l'anche du saxophone s'est cassée en plein enregistrement du morceau et que Pierrick a continué à jouer et gardé ce son). Une ballade. Batteur aux balais. Le batteur a l'âge d'être le fils de Pierrick et cela se voit aussi dans leur relation. Le pianiste est jeune aussi mais sa personnalité est déjà bien affirmée. Solo de sax sans accompagnateur. Méditatif, plaintif, ravissant. Retour vertigineux de la rythmique dans la même onde que le saxophone alto. Une séquence répétée, accélérée, jusqu'au final. Sauf que Pierrick repart seul dessus. Donc, ce n'est pas fini. La musique dégage un effet de vertige inspiré du second quintette de Miles Davis. Vous croyez savoir où vous êtes et l'instant suivant, vous êtes perdu. La rythmique se déchaîne, emportée par le pianiste, secouée par le bassiste, remuée par le batteur. Ils accélèrent, décélèrent jusqu'au stop. C'était " Trolls ". 

" Enjoy the silence " (Dépêche Mode). De la Pop anglaise pour changer. Le morceau se reconnaît dès les premières notes de piano. Sur un tempo plus lent que la chanson. Batteur aux balais. La rythmique prend la main. Une bonne onde nous enlève. Le sax revient au thème. L'onde change avec le batteur aux baguettes. Ca monte en puissance avec le thème. Retour au calme. Toujours fidèle au thème.

" With the 2 B's ". Un souvenir de vacances chez les époux Bramerie. Pierrick Pédron dédie ce concert à Didier Lockwood dont le dernier concert eut lieu, la veille de sa mort, au Bal Blomet, le samedi 17 février 2018. Un morceau énergique, rapide. Le batteur est aux baguettes. Le bassiste impulse. Ces vacances furent joyeuses et festives. Cela s'entend. Carl-Henri Morisset est vertigineux de puissance, d'énergie, de feeling. Suivez ce pianiste. Le groupe envoie pour le final. Le batteur matraque sèchement les tambours et fait tinter les cymbales. Ca claque. Une dernière note de piano se prolonge et s'efface. Voila, c'est fini.

RAPPEL

" Petit Jean " composé par Pierrick pour son fils. Une berceuse. Solo de piano en intro. En douceur et en finesse, ça aussi, il sait faire. Le décor est posé. L'acteur principal peut entrer en scène, le saxophoniste. Piano et contrebasse posent les notes. Une pause scintillante en douceur aux balais. Une dernière note déposée par la contrebasse sur la scène et c'est fini.

De nouveau, j'ai été déçu en bien par Pierrick Pédron. Le chef, c'est lui. Il pratique avec aisance l'échange entre générations, avec Thomas Bramerie, son complice de longue date et deux jeunes gens, Carl-Henri Morisset et Elie Martin-Charrière.

Madame M-H poursuit son initiation au Jazz actuel. Si elle a une longue histoire d'amour avec les batteurs, cette fois, c'est pour le pianiste que son cœur penche. Elle fut impressionnée par Carl-Henri Morisset. Moi aussi. Suivons ce pianiste. Des virtuoses, il en sort tous les jours des conservatoires mais, avec autant de choses à dire, c'est bien plus rare. 

La photographie de Pierrick Pédron est l'œuvre de l'Impétueux Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette œuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales

Pierrick Pédron par Juan Carlos HERNANDEZ

Pierrick Pédron par Juan Carlos HERNANDEZ

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article