" Petites histoires du violon " Laurent Zakowski

Publié le par Guillaume Lagrée

" Petites histoires du violon "

Laurent Zakowski

Editions Aedam Musicae.

Château Gontier (53). 248p. 2018. 23€.

 

Lectrices au piano, lecteurs au violon, je vous ai déjà narré " La facture du piano et ses métamorphoses " par Ziad Kreidy, pianiste et musicologue. L'auteur nous raconte la transformation du piano suite à l'industrialisation de sa fabrication, les avantages en termes de puissance et d'homogénéité du son et les inconvénients en termes de standardisation qui en découlent.

Voici que le même éditeur mayennais, Aedem Musicae, nous livre les " Petites histoires du violon " par Laurent Zakowski, luthier. Après l'analyse d'un artiste, celle d'un artisan. Formé à Mirecourt (88) puis dans les ateliers de la rue de Rome près de l'ancien siège du Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris. 

Ce sont d'anciens articles de son blog que nous livre sous format papier Laurent Zakowski, aujourd'hui installé à Orléans (45). Il y réfléchit, au fil des pages, sur l'histoire du violon comme objet, sur les grandeurs et servitudes du métier de luthier, sur la symbolique sexuelle et spirituelle de l'instrument, sur l'importance du violon chez les Juifs et les Tziganes. Le violon est le seul instrument qui ait une âme. L'auteur explique pourquoi. ll explique aussi pourquoi l'alto n'est pas un violon en plus grand mais un autre instrument. 

Je connaissais l'histoire juive. " Pourquoi tant de Juifs chez les grands violonistes? Tu te vois traverser l'Europe avec un piano? ". Comme le fait remarquer Laurent Zakowski, la flûte prend encore moins de place mais elle est beaucoup plus compliquée à fabriquer (du moins pour la flûte traversière en métal) que le violon. Avis de luthier donc de professionnel de la profession.

Chaque chapitre est court puisqu'il correspond à un article de blog. Un beau dessin de violon avec tous ses éléments détaillés permet à l'ignorant comme moi de s'y retrouver. Vous pouvez lire le livre dans l'ordre comme je l'ai fait ou en piochant au hasard, comme pour un livre de contes. Ce sont des dizaines de belles histoires sur cet instrument magique, diabolique à sa naissance, divin aujourd'hui (l'auteur explique les raisons de cette évolution).

Que manque t-il dans ce livre? L'explication de l'expression " au violon " bien connue des forces de l'ordre et des délinquants. Le violon en plastique, matériaux composites et branché sur l'électricité. Le Jazz alors que la France est le seul pays au monde à posséder une école de violon Jazz, le Centre des Musiques Didier Lockwood à Dammarie-les-Lys (77). Et tous ces musiciens noirs américains qui jouèrent du Jazz parce que la musique classique leur était interdite: Ray Nance et Stuff Smith pour le violon, Charles Mingus qui passa du violoncelle à la contrebasse parce que tu ne peux pas slapper un violoncelle, mec et que la contrebasse, c'est noir. Le classique y perdit peut-être mais le Jazz y gagna beaucoup. Peu importe puisque la réflexion de l'auteur se poursuit sur son blog.

Pour agrémenter ce livre de Jazz, rien qu'en restant sur ce blog, lectrices au piano, lecteurs au violon, vous pourrez écouter Stéphane Grappelli (cf vidéo sous cet article), Didier Lockwoood, Dominique Pifarély (cf photo de cet article), Jean-Luc Ponty (cf extrait audio sous cet article) et Scott Tixier, tous Français et violonistes de Jazz. 

La photographie de Dominique Pifarély est l'œuvre de l'Exceptionnel Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette œuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales

Dominique Pifarély vu par Juan Carlos HERNANDEZ

Dominique Pifarély vu par Juan Carlos HERNANDEZ

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