Florian Pellissier Quintet fait tanguer le New Morning

Publié le par Guillaume Lagrée

Florian Pellissier Quintet

Le New Morning

Paris. Mercredi 20 juin 2018. 20h30

Concert de sortie de l'album " Bijou, Voyou, Caillou "

 

Florian Pellissier: piano, compositions, direction

Yoni Zelnik: contrebasse

David Georgelet: batterie

Christophe Panzani: saxophone ténor

Yoann Loustalot: trompette, bugle

Invités

Erwan Loeffel: percussions

Arthur H: chant 

Anthony Joseph: chant 

Soirée chaude à Paris. Le New Morning est resté fidèle aux ventilateurs chers à Serge Gainsbourg. " J'ai cru entendre les hélices d'un quadrimoteur mais hélas ce n'est qu'un ventilateur qui passe au ciel du poste de police " (L'Anamour). C'est obsolète, inefficace mais plus écologique que la climatisation. Le groupe groove chaud, tranquille, dès les premières notes. Ca balance calmement sous les alizés. Joli pont. Je reconnais bien le feeling de l'album. Le public, jeune, reste sagement assis alors qu'il pourrait danser. Des Jazzmen français qui donnent envie de danser en 2018, c'est assez rare pour être signalé. Rythme lourd de la batterie allégé par les percussions et la contrebasse. Le piano ponctue. Sax et trompette surfent sur la crête d'écume. La musique s'anime, monte en puissance, bien groupée. 

Une ballade tranquille. Ca masse encore le cerveau. Elégant solo de bugle. 

Un boogaloo bien sympathique. Ca balance pas mal à Paris. Une autre belle évocation des Caraïbes tout à fait adaptée par cette chaleur. Ces petits gars ont retrouvé la magie du feeling Blue Note, à l'époque des grands crus, dans les années 50-60. Sans copier. Grâces leur en soient rendues. 

Le piano enchaîne aussitôt, sans temps mort. Ils ne s'arrêtent pas entre deux morceaux, pour regarder leurs partitions, savoir ce qu'ils vont jouer et comment, défaut partagé par tant de Jazzmen français. Ici, ça enchaîne. Très pro. A l'américaine. Ils bâtissent le mur du son et c'est du solide. Tout se calme pour un solo de contrebasse légèrement ponctué par les percussions. Le quintet repart, vent debout. Beau final groupé.

Arthur H est invité sur scène. Sa chanson " Bijou, Voyou, Caillou " (cf extrait audio sous l'article) est dédiée à Kim Kardashian et à son aventure parisienne lorsqu'elle avait été agressée, ligotée et délestée de ses bijoux. C'est le titre album. Chanson satirique placée du point de vue du voleur qui veut quitter " l'enfer légal pour le paradis fiscal " (je cite). Ballade qui swingue cool derrière. Jolie chanson.

Furent joués 3 morceaux du nouvel album, puis un morceau du précédent " Cap de Bonne Espérance " lui aussi célébré sur ce blog, avant la chanson d'Arthur H.

" I have a dream " (Herbie Hancock). Elégant solo de contrebasse en introduction. Des bavards sévissent au bar malgré les Chut de quelques spectateurs venus pour écouter la musique. La douceur et la puissance de la patte d'Herbie Hancock se reconnait immédiatement. C'est évidemment l'inspirateur principal de Florian Pellissier, leader du groupe et pianiste. Solo de piano bien swinguant poussé fermement par la contrebasse, la batterie et les percussions. Le saxophone ténor décolle porté par la rythmique.

Arrivée du 2e chanteur invité, Anthony Joseph, natif de Trinidad et Tobago et domicilié à Londres. " La Boca " chanson sur les Caraïbes, pas cool du tout (cf vidéo sous l'article). La voix d'Anthony Joseph est en résonance avec les percussions. C'est un poète qui slamme. Les cuivres sonnent diablement funky. Chanson qui décrit une fuite éperdue. La tension monte sans cesse que le rythme accélère ou ralentisse. Petite citation de classique jouée par les cuivres. Cette Boca là n'a rien à voir avec Cannes mais il faut des cannes pour en sortir. 

Pour finir, le morceau final de l'album " Jazz Carnival " du groupe brésilien Azimuth. " C'est le moment où vous pouvez vous lever pour danser " annonce Florian Pellissier. C'est ce que j'ai fait. Après une telle orgie de rythmes, il n'y a plus rien à ajouter. 

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