" My one and only love " Martial Solal. Live at Theater Gütersloh

Publié le par Guillaume Lagrée

" My one and only love "

Martial Solal

Live at Theater Gütersloh

Challenge Records. 2018.

Enregistré en concert au théâtre de Gütersloh

Rhénanie du Nord Westphalie, République fédérale d'Allemagne,

le 17 novembre 2017.

 

Martial Solal: piano

Un octogénaire plantait.
Passe encor de bâtir ; mais planter à cet âge !
Disaient trois Jouvenceaux, enfants du voisinage ;
               Assurément il radotait.

Jean de la Fontaine, Le vieillard et les trois jeunes hommes.

Lectrices adorées, lecteurs adorables, il n'a pu vous échapper que ce blog a fait récemment mention d'un album solo enregistré à Los Angeles, en studio, en 1966 par Martial Solal (1927). Un mois après, voici que Martial Solal nous revient, en solo et en concert, plus de 50 ans après, en concert en Allemagne. Martial Solal n'est plus octogénaire mais nonagénaire. A cet âge, non seulement il bâtit et plante mais en plus il défriche et récolte. 

Il jouait déjà certains morceaux de ce nouvel album en 1966. Mais pas de la même manière. Cf extraits audio et vidéo sous cet article. Non pas parce qu'il a vieilli mais parce qu'il a mûri.

" Martial Solal possède en abondance tout ce qui est nécessaire à un musicien: la sensibilité, la créativité et une prodigieuse technique. Avant tout, il est rafraîchissant " (Duke Ellington). Lorsque Duke Ellington écrivit ces lignes, Martial Solal venait d'éblouir le Newport Jazz festival de 1963 en trio avec Teddy Kotick (contrebasse) et Paul Motian (batterie) soit les 2/3 du trio de Bill Evans.

A l'époque, son abondance de moyens pouvait nuire à Martial Solal. Capable de raconter plusieurs histoires en même temps, sans jamais se perdre, il pouvait perdre ses auditeurs mais pas ses musiciens, car il choisissait les meilleurs (en France, Jean-François Jenny Clarke, Guy Pedersen ou Gilbert Rovère à la contrebasse, Daniel Humair à la batterie pendant plus de 30 ans). 

Avec l'âge, Martial Solal a appris à élaguer. Son interprétation est désormais plus concentrée, même en solo, où il a toute la place pour s'exprimer, se relançant et se dérangeant lui même.

Outre les grands standards qu'il rend inusables sans jamais radoter, il a encore le goût de découvrir de nouveaux morceaux et de transformer le saucisson en caviar comme disait Barney Wilen avec qui Martial Solal jouait au premier et unique festival de Jazz de Cannes en 1958.

C'est ainsi qu'il transforme en du Martial Solal " La marche turque " (n°9) que Mozart avait lui même emprunté à  la Sublime Porte et une chanson française traditionnelle " Frère Jacques " laïcisée en " Sir Jack " (n°3 pour la version courte, n°13 pour la version longue).

" Les bons mûrissent. Les mauvais pourrissent " (Victor Hugo). Martial Solal fait partie des bons, des très bons même. Grâce aux Dieux et aux Muses, il est encore en activité, créant sans cesse, compositeur de l'instant, selon le titre de son livre d'entretiens avec Xavier Prévost. 

Les fables de Jean de La Fontaine sont toujours belles et bonnes pour l'esprit, la musique de Martial Solal aussi. J'ai dit.

La photographie de Martial Solal est l'œuvre du Soliste Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette œuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales

Martial Solal par Juan Carlos HERNANDEZ

Martial Solal par Juan Carlos HERNANDEZ

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