François Bernat Quartet rend hommage à Miles Davis au 38 Riv

Publié le par Guillaume Lagrée

François Bernat Quartet

Paris. Le 38 Riv

Samedi 18 août 2018. 21h.

 

Le François Bernat Quartet est composé de

François Bernat: contrebasse

Antonino Pino: guitare électrique

Baptiste Castets: batterie

Frédéric Borey: saxophone ténor

Vénérées lectrices, vénérables lecteurs, ce blog vous a déjà signalé l'album hommage à Miles Davis du quartet de François Bernat avec, en invité, Yoann Loustalot (trompette & bugle).

Voici qu'enfin je vais écouter ce quartet sur scène, à Paris, au 38 Riv (38 rue de Rivoli, 75004 Paris, France). Dans une cave médiévale en pierres apparentes. Aucun problème d'insonorisation. De toute façon, ça joue en douceur. Le répertoire choisi est celui de la période acoustique de Miles Davis (1945-1967). Afin d'être certain de jouer sans copier, le quartet ne compte pas de trompettiste et le piano est remplacé par une guitare électrique. 

Pour commencer, " Miles Ahead ", titre album (1957), en grand orchestre, dirigé par Gil Evans. A ne pas confondre avec " Miles Ahead " (2015) le film biographique de Don Cheadle. Il m'a suffi de donner mon avis sur la bande annonce à l'attachée de presse pour ne pas être invité à la projection du film. 

" Milestones ". Pas plus que sur l'album, je ne reconnais ce thème iconique de Miles Davis. C'est dire s'ils le jouent de manière originale. En fait, non. Ils reprennent simplement un morceau éponyme joué avec Charlie Parker en 1947. J'ignorais l'existence de cette version. Ca swingue avec fraîcheur. La salle est archi comble. Il y a des spectateurs debout contre les murs. 

Une ballade. Son velouté du ténor. La guitare égrène les notes. Batteur aux balais. La contrebasse marche doucement. Tout comme il faut. Bon massage cérébral. Le batteur est repassé aux baguettes et pousse un peu plus fermement. " Circle " du second quintet, le meilleur petit groupe de l'histoire du Jazz selon le pianiste, compositeur, chef d'orchestre et pédagogue Antoine Hervé (avis que je partage). Tiré de l'album " Miles Smiles " (1966)

" But not for me ". Une chanson d'amour triste sur un air gai, tel est le principe de ce standard. " Ils écrivent des chansons d'amour Mais pas pour moi. Avec des étoiles heureuses au dessus Mais pas pour moi ". Batteur aux balais. Belle intensité du sax ténor. Le guitariste revient avec le batteur aux baguettes. Joli dialogue contrebasse/batterie aux baguettes: souple, bondissant à souhait. 

Solo de contrebasse pour commencer. Chaud, grave comme il sied. Le batteur enchaîne aux baguettes. La guitare me donne l'illusion du piano. Le titre m'échappe mais je reconnais cet air. " Joshua " annonce François Bernat. Remixé par le DJ Nujabes sous le titre " Samurai Champloo ". 

PAUSE

Je profite de la pause pour renseigner sur les clubs de Jazz parisiens une touriste espagnole, Teresa. Le son de Frédéric Borey (sax ténor) lui plaît beaucoup. Rassurez vous, lectrices vénérées, lecteurs vénérables, le compagnon de Teresa a assisté à notre entretien. Le patron du club présente le lieu avec humour. " Ne dites pas que ce club est trop petit. C'est vous qui êtes trop grands ". Heureusement qu'il est interdit de fumer dans les clubs de Jazz en 2018. 

Ca repart, format cool Jazz avec " Boplicity " tiré du premier album culte de Miles Davis, " Birth of the Cool ". 

L'époque Hard Bop avec " Swing Spring ". C'est rapide, technique, viril, bref Hard Bop. Le sax ténor envoie du bois. Tic tac rapide du solo de contrebasse. 

Solo de guitare pour commencer. Une ballade semble t-il. En effet, le batteur est aux balais. Son velouté du ténor. C'est bien une ballade. Bon feeling du sax. Belle densité émotionnelle. " Ouais, le saxo " s'exclame un spectateur admiratif. " Blue in Green " que je n'ai pas reconnu, tiré d'un autre album culte de Miles Davis, un des plus vendus de l'histoire du Jazz, " Kind of Blue " (1959). Si vous n'aimez pas cet album, laissez tomber le Jazz. Cette musique n'est pas pour vous. 

" Eighty-One " du second quintette. Tiré de l'album " E.S.P " (Extra Sensorial Perceptions), 1965. Le mouvement en spirale propre au second quintette. Un air apparemment simple et qui vous fait perdre tous vos repères. Beau solo du guitariste, inspiré lui aussi.

Un air connu dont le titre m'échappe encore. Cool Jazz. Fluide, léger, vif. Ma voisine de devant bat la mesure de la tête, du buste, des bras, des jambes tout en sirotant sa flûte de champagne. Bref, elle est ravie. " Deception " tiré de " Birth of the Cool ".  

Le concert finit avec du Be Bop. " Tadd's Delight ", écrit par le magnifique pianiste Tadd Dameron (1917-1965). Premier solo de batterie aux baguettes. Sans forcer. Ca roule.

Voilà, c'est fini. Les prochains concerts en hommage à Miles Davis du quartet de François Bernat sont les suivants:

- Samedi 25 août 2018 à Goussainville (95) au festival Jazz au Village.

- Vendredi 7 septembre 2018 à 18h, à Paris, sur la Péniche le Marcounet

- Mardi 11 décembre 2018 à 20h, à Paris, sur la Péniche le Marcounet. Concert de sortie d'album.

- Lundi 17 juin 2019 à 20h30, au théâtre de Fontenay-le-Fleury (78).

La photographie de Frédéric Borey est l'œuvre de l'Indéchiffrable Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette œuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

Frédéric Borey par Juan Carlos HERNANDEZ

Frédéric Borey par Juan Carlos HERNANDEZ

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