Le Sunside dit Oui au Yes Trio

Publié le par Guillaume Lagrée

Yes Trio

Festival Jazz sur Seine

Le Sunside. Paris

Lundi 22 octobre 2018. 21h30.

Le Yes Trio est composé de:

Aaron Goldberg: piano

Omer Avital: contrebasse

Ali Jackson: batterie, tambourin

Ali Jackson commence tout en douceur en installant une vibration aux baguettes sur les cymbales. Omer Avital grave sa pulsation. Aaron Goldberg lance le trio en douceur. C'est pro et c'est frais. Des Américains sont venus encourager leurs compatriotes. Omer Avital, Israélien, vit à New York alors que l'Américain Ali Jackson vit à Toulouse où son fils est apprenti footballeur au TFC. Belles prises d'appui, relances du pianiste. Ce trio a plus de 25 ans d'existence et ces gars dégagent toujours la joie de jouer, de créer ensemble. 

Aaron Goldberg semble tester son piano. Quelques notes graves. Un silence. Quelques notes dans le registre médian. Un silence. Le batteur se met à malaxer les peaux aux balais. C'est vif comme un vieux Be Bop. Passage aux baguettes pour mieux hacher le tempo. Pulsation souple et ferme de la contrebasse. Le trio accélère sans monter le son. Grande maîtrise. Solo de contrebasse soutenu en continu par les baguettes sur les bords de caisses et en discontinu par le piano. Breaks de batterie aux balais. " Oh Yeah " comme dit mon voisin Américain en applaudissant. 

Le batteur installe le beat en douceur aux baguettes. Un pas de cheval. La contrebasse est au centre de l'attention. Ca devient une caravane de dromadaires dans le désert. Rien à voir avec l'immortelle " Caravan " de Duke Ellington mais cette image s'impose fortement dans mon cerveau. Le batteur passe au tambourin. Ca devient de plus en plus Jazz, Swing. Ca pulse, nom de Zeus! La contrebasse tient la ligne par dessus laquelle piano et batterie dialoguent. Comme beaucoup, je bats du pied et hoche la tête. Beau decrescendo final du batteur.

Une ballade tranquille. Ali Jackson malaxe aux balais. Il joue le thème plus énergiquement aux baguettes puis au tambourin.

Un petit air léger, swinguant. Un standard. " How Deep is the Ocean ". Version suspendue dans l'air. La mélodie se lance, s'arrête, repart. La contrebasse joue le thème le plus clairement. Le batteur tapote délicatement les bords de caisses. Les trois musiciens ont la grâce. Même le solo de batterie ne comporte pas de bruit. Seulement de la musique.

Mes voisins Américains, père et fils, se régalent. Moi aussi. Le trio repart sur un morceau qui balance sévère. Toujours mezzo voce. Le batteur nous martèle tranquillement, le contrebassiste tient la pulsation et le pianiste ornemente avec goût. Par Apollon, ça danse! 

Mon carnet de notes finit ici. La chronique aussi.

La photographie d'Omer Avital est l'œuvre de l'Inévitable Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette œuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales. 

Omer Avital par Juan Carlos HERNANDEZ

Omer Avital par Juan Carlos HERNANDEZ

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