Le quatuor à cordes des frères Ferré comble le Sunside

Publié le par Guillaume Lagrée

Quatuor des frères Ferré

Paris. Le Sunside

Samedi 6 avril 2019. 21h30.

 

Boulou Ferré: guitare, voix

Elios Ferré: guitare

Alain Jean-Marie: piano

Pierre Boussaguet: contrebasse

 

Les frères Ferré ont plus de quarante ans de carrière commune. Leur synchronisation relève de l'indicible. Ca commence vite et en douceur sans effort apparent. La contrebasse ajoute sa pulsation, le piano son tempo. Nous sommes sur un tapis volant. Une batterie serait de trop. Son absence ne se fait pas sentir. Solo chaud de contrebasse. La musique file sur les cordes. Pierre Boussaguet a accompagné pendant des années Lalo Schifrin et Michel Legrand. C'est dire s'il est respecté. Pour commencer le concert, un titre qui s'imposait. " Bienvenue à bord " (Elios Ferré).

" Satin Doll " (Duke Ellington). Après une introduction en solo de Boulou Ferré, le quatuor enchaîne sur le thème. C'est joué en souplesse, avec chaleur et sensualité, comme il convient. Beau duo piano & contrebasse, ponctué par la guitare d'Elios. Le public est aussi concentré que les musiciens mais une rumeur nous vient du dehors. C'est la vie de club. Citation de " Quand on s'aime " de Michel Legrand à la guitare. Puis de " Que reste t-il de nos amours? " (Charles Trénet). Un peu de chanson française mêlée à Duke Ellington. Bon esprit. 

Bonne pulsation pour un standard de Jazz. Boulou écoute le solo de son frère Elios.

Du be bop en guitare manouche. Ca marche. Cf vidéo sous cet article. Ca file  comme le vent. Un morceau de TS Monk.

" Troublant boléro " (Django Reinhardt).Démarrage en douceur aux guitares. Du Swing et du mystère, un troublant boléro, en effet. Léger, fluide, le thème apparaît. La magie gitane s'envole. Avec Alain Jean-Marie et Pierre Boussaguet en soutien, c'est une assurance tout risque illimitée, en toute franchise. Comme Nelson Veras sur la musique brésilienne, les frères Ferré sont chez eux quand ils jouent Django Reinhardt.

" Blues for Ike " (Django Reinhardt) pour conclure le premier set. Ike pour Dwight Einsehower, 34e président des Etats-Unis d'Amérique (1953-1961) et général en chef de l'opération Overlord en 1944, grâce à qui Django Reinhardt put enfin rejouer librement du Jazz avec les Américains à Paris. Beau solo bluesy de contrebasse. 

PAUSE

" Kiki " (Elios Ferré), un hommage à Kiki de Montparnasse, muse du Paris des années folles, la Jazz Era de Francis Scott Fitzgerald. Un swing élégant et nostalgique. Une curieuse citation du " Chant des partisans " d'Anna Marly, Joseph Kessel et Maurice Druon (hymne de la Résistance française sous l'occupation allemande). 

" Tribute to Gipsy " (Boulou Ferré). Beau duo de guitares pour commencer. Rêveur, léger. Ils commencent à attaquer, en finesse. Les guitares accélèrent, montent en puissance mais sans jamais forcer. Un morceau rien que pour les deux frères, sans soutien de la rythmique.

Boulou Ferré nous raconte son amitié avec Serge Gainsbourg avec qui il discutait en russe. Les parents de Sergueï Ginzburg étaient Russes, la mère de Boulou Ferré aussi. Boulou se met à jouer et  à chanter, en français, " La Javanaise ".  

Mon carnet de notes finit ici. La chronique du concert aussi.

 

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