Ray Lema transcende le Studio de l'Ermitage

Publié le par Guillaume Lagrée

Ray Lema

Studio de l'Ermitage.

Paris. Jeudi 18 avril 2019. 21h

Un concert FIP

Sortie de l'album " Transcendance "

 

Ray Lema: piano, chant, compositions, direction

Irving Acao: saxophone ténor & soprano

Sylvain Gontard: trompette

Michel Alibo: guitare basse électrique

Rodrigo Viana: guitare électrique

Nicolas Vaccaro: batterie

 

Ca commence par un solo de piano. Une ballade gentillette. Le bassiste arrive sur scène et ajoute sa fondation. Le batteur s'y met aussi. Le guitariste s'installe. Sax soprano et trompette bouchée. Ca s'anime enfin, commence à balancer. C'était le morceau d'échauffement. 

Bassiste et batteur installent une autre pulsation tranquille. Sax ténor. Pour de l'Afro Jazz, ça manque de percussions à mon goût. Ca roule tranquille. Un peu trop même. Ray Lema chante. En lingala, je suppose. 

" Transcendance ", le titre album. Ca sonne plus afro beat. Grosse basse. Rythme sec. Ponctuations du sax ténor et de la trompette. dialogue énergique sax ténor & batterie qui chauffe le public. La salle est archi comble.

Sur chaque album, je joue quelque chose pour le Kivu, annonce le Congolais Ray Lema. " Kivu Blues ". " Je ne vais pas vous prendre la tête ici mais sachez qu'il y a beaucoup de Blues là bas ". La guerre civile en République démocratique du Congo dure depuis 1997 et est considérée comme le conflit le plus meurtrier dans le monde depuis 1945. Ca balance, souple et puissant. Les cuivres chantent la plainte du peuple du Kivu. Solo de guitare au Blues pâle, blanchi. 

Une autre ballade gentille.

Un Blues lent. Ca marche paisiblement. Travail en finesse de la rythmique. Là, ça balance mieux. Pas autant que le trio  Biguine Reflections  d'Alain Jean-Marie tout de même. 

" C'est très difficile de se débarrasser du Rock " annonce Ray Lema avant d'en jouer un " mâtiné de reggae et de je ne sais plus quoi ". Grosse basse funky pour commencer. Puissant son de guitare. Le batteur martèle. Le pianiste reprend sur un rythme reggae. Ray Lema chante en anglais. Solo de trompette bouchée bien travaillé, bien poussé par la rythmique. Le sax reprend à son tour. Enfin un peu de feu, de flamme. 

Ca reprend avec un air qui sonne congolais. Venu de la rumba comme ils la jouent là bas. Solo de basse bien groovy poussé par la batterie. Ce n'est pas Stanley Clarke mais ça assure. Le bassiste tapote ses cordes. Ca chauffe bien. Le piano revient ajouter de la souplesse. Les cuivres viennent ajouter leur chaleu. Chaud, chaud, Acao!

Une ballade nostalgique pour calmer le jeu. Sax soprano. Tranquille, tranquille.

Ray Lema enchaîne directement sur un air entraînant. Retour du sax ténor. Bon gros son de basse. Les cuivres pètent. Phases plus calmes quand Ray Lema chante, plus énergiques et funky en instrumental. Solo de trompette porté en souplesse par la rythmique. Le sax ténor reprend sur le même ton. Final extatique du sextet avec la rythmique qui pousse les cuivres à chauffer dans la noirceur.

Mon premier concert de Ray Lema, c'était lors de la Fête de la Musique, édition 1998 à Paris en France. Dans la cour d'un hôtel particulier du Marais, il était au piano et au micro en compagnie des Gnawas (Maroc) qui jouaient des percussions et dansaient. Décollage immédiat pour l'Afrique du désert du Sahara à la forêt vierge du Congo, sans quitter Paris. Un moment inoubliable. 

Pour ce deuxième concert, toujours à Paris, mais au Studio de l'Ermitage, le moment était agréable mais pas impérissable. C'est pourquoi cette chronique s'arrête avant la fin.

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