Wayne Escoffery de passage au Sunside

Publié le par Guillaume Lagrée

Wayne Escoffery par Juan Carlos HERNANDEZ

Wayne Escoffery par Juan Carlos HERNANDEZ

Wayne Escoffery Quartet

Le Sunside

Paris, Ile de France, France

Mercredi 29 mai 2019, 20h30

Wayne Escoffery: saxophone ténor

Fred Nardin: piano

Joe Sanders: contrebasse

Jason Brown: batterie

Bienvenue au 48e abonné de ce blog. Que les Dieux et les Muses le protègent!

Le concert commence avec 1h de retard sans un mot d'explication, de demande de pardon. Quel mépris pour le public!

Pour compenser, le quartet attaque tout de suite. Le bassiste imprime sa marque. Le batteur roule tranquille aux baguettes. Gros son de sax ténor. Wayne Escoffery a beaucoup écouté John Coltrane. Cela s'entend. Méditatif et puissant. Fred Nardin vient ajouter son propre roulis au piano. Tant sa saxophonistes s'évertuent à jouer comme Coltrane comme tant de guitaristes électriques collent à Jimi Hendrix, acoustiques à Django Reinhardt. Autant essayer de jouer au tennis comme Roger Federer., de nager comme Michael Phelps. Fred Nardin s'adapte bien au style de Mac Coy Tyner qui, lui, selon Eric Le Lann n'aurait qu'un seul Maître, Martial Solal (information à recouper).

Pour cette tournée européenne, Wayne Escoffery joue avec des musiciens locaux, Français et Américains de Paris. Cette rythmique a été constituée pour ce soir à Paris. Peu de répétitions mais du jeu, du risque comme me l'a dit Fred Nardin à la pause. 

" Dubai " (Billy Drummond) puis " Vortex " (Wayne Escoffery). Le chef nous explique que c'est la première fois qu'il joue avec cette rythmique et que, si ça sonne mal, c'est de leur faute, pas de la sienne. Ni responsable ni coupable. Pas sympa, le chef. Disons que c'est de l'humour. Vortex est un titre adapté à ce morceau qui monte en puissance, en spirale ascendante. Le sax s'efface. La rythmique envoie sous la commande du pianiste. Fred Nardin, sous un air de jeune homme sage, cache un démon du piano. Le tempo se ralentit, se décompose. Les effets sont plus subtils. 

Un morceau de ses héros. " Brown town ", l'hommage de Joe Henderson (sax ténor) à Clifford Brown (trompette). La patte de Joe Henderson s'entend tout de suite. Aussi élégant qu'énergique. Le batteur reste aux baguettes mais joue moins fort hachant menu les cymbales. Le pianiste part en ballade. Solo de contrebasse au milieu du dialogue piano&batterie. Classe. 

Wayne Escoffery rend hommage à Tom Harrell (trompette) avec qui il a beaucoup joué. Il explique que Tom Harrell écrit tant de belles mélodies qu'il n'a pas toujours la chance de les jouer. N'étant pas dans le groupe de Tom Harrell ce soir, il  en profite pour jouer un morceau qu'il n'a joué qu'une seule fois avec lui. " February ". Faux départ. Le batteur n'était pas prêt pour la ballade. C'est février en Amérique du Nord. Il fait froid, les maisons sont ensevelies sous la neige. La musique avance comme des hommes en raquettes. Le feu de bois crépite dans la cheminée du chalet. Le bassiste chante  avec son solo. Batteur au tambourin. Tout est calme, tranquille. La musique orne le silence. Le pianiste reprend la main et emballe le tout. Retour du sax ténor, velouté à souhait. 

Un standard joué en duo sax ténor & contrebasse. Gros son pensif. Une ballade. Ca ronronne comme il faut. Bon massage cérébral. Un solo de contrebasse joué en chantant. Joe Sanders a une voix moins grave que son aîné Major Holley. Plus proche du Maître du genre, Slam Stewart. Le contrebassiste ne cesse pas de danser avec son instrument mais il cesse de chantonner. Ca balance bien. Le quartet est reparti dans l'élan, le mouvement. Puis ça se calme. Tranquille jusqu'au final

PAUSE

Je suis encore trop enrhumé pour profiter plus longtemps de la musique.  La chronique finit donc ici.

La photographie de Wayne Escoffery est l'oeuvre de l'Epatant Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales. 

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