Pierrick Pédron Quartet un R d'inconnu au Duc des Lombards

Publié le par Guillaume Lagrée

Pierrick Pédron par Juan Carlos HERNANDEZ

Pierrick Pédron par Juan Carlos HERNANDEZ

Pierrick Pédron Quartet

Le Duc des Lombards

Paris, Ile de France, France

Mercredi 28 août 2019. 21h30.

Pierrick Pédron: saxophone alto

Carl-Henri Morisset: piano

Thomas Bramerie: contrebasse

Elie Martin-Charrière: batterie

Invitée:

Estelle Perrault: chant

Le quartet joue le répertoire de l'album " Unknown " (2017) applaudi sur ce blog. 

Le quartet attaque d'emblée. Ca sonne très hard bop. Le tempo se calme, s'étire. Batteur aux baguettes. Tout brille. Des notes cristallines du piano au souffle de l'alto en passant par la pulsation de la contrebasse et le fin hachis du batteur. Nom de Zeus, ça joue! Le sax s'efface. Dialogue tout en douceur entre les trois membres virils et actifs de la rythmique. Trois solos se répondent. Très belle interaction. Ca monte doucement en puissance. Ca swingue, sapristi!. Retour du sax pour lancer le thème vers le final. C'était le titre album " Unknown ". Cf vidéo sous cet article. 

Solo de sax pour commencer. Une ballade semble t-il. Le piano vient en soutien, fluide, aérien. Contrebassiste et batteur aux balais rendent le tapis sonore plus moelleux encore. Duo chantant entre piano et alto. Le temps suspend son vol. C'était " Mum's Eyes " écrit par Pierrick pour sa maman.

Après la mère, la mer. " Val André " version acoustique d'un morceau qui figure en version électrique sur l'album " Omry " (2009) lui aussi célébré sur ce blog. Inspiré par la station balnéaire de Pléneuf Val André (Côtes d'Armor, Bretagne, France) sur les côtes de la Manche. Cf extrait audio au dessus de cet article. Un morceau dynamique, vivifiant comme la Manche, ses vagues, ses vents, ses oiseaux, ses marins pêcheurs. Ca nous secoue en tout sens,comme la mer. Belle vague de la rythmique qui nous emporte. Solo méditatif de la contrebasse prolongé par quelques notes de piano et quelques vibrations de cymbales. Ca repart et accélère. La préfecture maritime de Cherbourg (Manche et Mer du Nord) nous recommande de ne pas sortir en mer mais, à Paris, au Duc des Lombards, nous sommes à couvert. 

Le quartet repart à fond les manettes; Esprit Hard Bop. Le batteur décortique le temps aux baguettes. Jeu en montagnes russes. Ca accélère, ralentit, monte, descend. Course éperdue du sax alto poussé par la rythmique. Solo du batteur aux baguettes axé sur les tambours. Ca roule bien. La rythmique repart propulsée par le pianiste aux doigts enflammés. Elle joue vite sans jouer fort, signe de grande maîtrise. " Mr Miller " hommage de Pierrick Pédron à Mulgrew Miller (1955-2013), pianiste US avec qui il eut l'honneur de jouer et d'enregistrer. 

" Un morceau de Pop anglaise des années 80 " annonce Pierrick. Solo de piano mélancolique à souhait d'où se dégage immédiatement le thème de Dépêche Mode, " Enjoy the Silence ".  Cf extrait audio sous cet article. Contrebasse et batterie ajoutent leur pulsation, le sax sa variatio. Les cymbales chantent sous les balais. C'est le fameux chant des cymbales qui dérange les touristes en Provence l'été. Le pianiste emmène la rythmique dans une autre dimension, plus lyrique, plus vibrante. Ca suit derrière. De la British Pop nous passons sans coup férir au Soul Jazz. Le sax revient au thème alors que la rythmique continue de pousser. Batteur aux baguettes. Retour au calme et au thème en quartet. Profitons du silence en musique.

Solo de sax pour commencer. Ca chante et chuinte. La contrebasse vient dialoguer. Léger tapotis des baguettes sur les tambours. Le pianiste entre dans la danse. Le sax descend de la scène. Le pianiste prend les commandes. Jeu volontairement heurté entre les 3 hommes. Une beauté plus âpre, plus difficile que le morceau précédent. Ils varient les plaisirs. Pierrick remonte sur scène en soufflant une mélopée constante malgré le chahut de la rythmique derrière. C'était " Trolls ". 

" A broken reed ". Une invitée surprise monte sur scène. Estelle Perraud, chanteuse, inconnue de nos services. Une ballade. Estelle a écrit une chanson en anglais sur cette composition de Pierrick Pédron. Batteur aux balais. Le sax enchaîne alors que la chanteuse s'est tue. L'anche n'est brisée que dans le titre du morceau. Cela s'entend. Le public n'a pas applaudi le passage de la chanteuse au saxophoniste. Il reste concentré. Maintenant, voix et saxophone se répondent élégamment. La rythmique les porte en souplesse. 

Le pianiste attaque. Le batteur hache vite et sec. La contrebasse impulse. Jolie plainte de la chanteuse. Le sax s'y met aussi. La musique monte en spirale. La voix se fait instrument. Estelle chante en résonance avec le saxophone. C'est planant. La rythmique propulse comme un moteur de fusée Ariane au décollage. 

Mon précédent concert de ce quartet remontait à février 2018 à Paris au Bal Blomet. " Les bons mûrissent. Les mauvais pourrissent. " (Victor Hugo). Assurément, Pierrick Pédron fait partie des bons. 

 

La photographie de Pierrick Pédron est l'oeuvre de l'Inénarrable Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales

 

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