Nuzut Trio en escale à la Péniche Marcounet

Publié le par Guillaume Lagrée

Nuzut Trio

Péniche Marcounet

Paris, France

Dimanche 15 décembre 2019. 18h.

Concert de sortie de l'album " The Bowhopper "

Le Nuzut Trio est composé de

Flavio Perrella: contrebasse, compositions

Simon Martineau: guitare électrique

Thomas Delor: batterie

Lectrices curieuses, lecteurs fureteurs, sachez que j'ignorais tout du Nuzut Trio avant ce concert. Le guitariste  Simon Martineau m'avait écrit & envoyé un lien. Quelques secondes d'écoute suffirent à me convaincre de me déplacer un dimanche de grève à Paris. Ni remords, ni regret. Une chronique de l'album " The Bowhopper " suivra. 

Belle pulsation de la contrebasse pour commencer. Le batteur ajoute du volume aux baguettes. La guitare vibre en fusion avec les tambours. C'est puissant, doux et lent. La péniche Marcounet se balance au rythme de la Seine. La musique est en phase. C'est hypnotique. La guitare tourne en boucle, la contrebasse et la batterie assurant les variations. Puis le guitariste se lance. Tout en maintenant le thème en arrière-plan, il attaque et la rythmique suit. Vibration de la contrebasse en solo sous l'archet. Une ambiance méditative s'installe. Le bruit de fond de la climatisation nuit à l'écoute mais mon cerveau finit par en faire abstraction. 

La guitare enchaîne sur un autre thème. Pas d'applaudissement. C'est une suite. Ballade. Batteur aux balais. Douce montée en tension. Le public écoute religieusement. Pas même un chuchotement. Une belle musique inspire un silence respectueux à ceux qui en sont capables. La pulsion se fait plus forte puis redescend calmement. Dehors coule la Seine éclairée par les projecteurs. Je la vois par les hublots de la péniche. La musique, art liquide, est en phase avec le décor. 

Il me semble que le guitariste, en solo, introduit un nouveau thème. Toujours dans le silence attentif de la salle. Le trio va t-il jouer son concert d'une traite? Il repart sur un morceau bien secoué. Batteur aux baguettes. Rythme haché, saccadé. Breaks de batterie très secs, très vifs aux baguettes pendant que les cordes maintiennent la pulsation. Intéressant. 

3 morceaux enchaînés en 30 mn. Tout s'est bien passé. Flavio Perrella nous remercie d'être venus si nombreux, malgré les problèmes logistiques. Ils ont joué " Zoldog " suivi de " Povero spirito " & " Clacsong ". 

Un morceau qui ne figure pas sur l'album " The Bowhopper ". " Lettre à Poussin " ou " Poussin 2, 3 " . Est-ce un hommage au peintre classique français Nicolas Poussin (1594-1665) qui passa l'essentiel de sa vie à Rome où il mourut et est enterré? Batteur aux balais. A pas lents. C'est équilibré, posé comme un tableau de Poussin mêlant réel et idéal. Une certaine idée du classicisme. Solo de contrebasse calme et tranquille conforté par le jeu des balais sur les tambours et les ponctuations raffinées de la guitare. Thomas Delor bat ses tambours à mains nues. Cela ajoute de la chaleur au jeu. La pulsion remonte en trio. Glissendo final très élégant.

Je n'ai pas compris le titre. Solo de contrebasse pour commencer. Le batteur ajoute une pulsation vive et douce aux baguettes sur les cymbales et les bords de caisse. Guitare au son liquide. Ca roule pour nous. La péniche Marcounet est amarrée mais nous partons en voyage. Belle impression de grands espaces. Comme si la grand route s'ouvrait devant nous. Y a une route. Tu la prends, qu'est-ce que ça te coûte? Ca avance vraiment. D'un pas rapide. Et s'arrête d'un coup comme s'ils étaient arrivés.

Un nouveau morceau, sans titre pour l'instant. Ne figure pas dans l'album " The Bowhopper " évidemment. Un air étrange, inquiétant. Grosse pulsation de la contrebasse. Le batteur décompose le temps aux baguettes. Coups tranchants de la guitare. Thomas Delor nous reproduit même les coups des fantômes sur les portes avec des baguettes. Nous sommes plongés dans un château hanté. Ca repart avec un solo de contrebasse à l'archet. Rapide. La guitare reprend le thème. Le batteur tapote de ses mains. Nous quittons le château pour chevaucher dans la lande et la brume. Solo de contrebasse à l'archet. Flavio Perrella utilise beaucoup l'archet sur sa contrebasse, d'où le titre de l'album " The Bowhopper ". Peut-être vient-il de la musique classique comme le contrebassiste français Jean-Philippe Viret, lui aussi grand manieur d'archet. 

Le premier titre de l'album, " The  Grasshopper ". Cf extrait audio au dessus de cet article. Est-ce un hommage aux sauterelles, au club de football de Zürich ou à JJ Cale? Flavio Perrella parle français avec un charmant accent italien et un humour délicieux. Batteur aux baguettes qui reproduit une boite à rythmes. Sec, répétitif mais pas mécanique. Le morceau pulse bien. Là encore, les défricheurs avancent. Le son de guitare est plus mordant. Ils envoient dans le final comme un coureur de 1500m dans la dernière ligne droite. Finish irrésistible. Pas besoin de photo. Energie du Rock, liberté du Jazz. Bref, de la bonne musique. Ils restent sur le thème en jouant mezzo voce, en ralentissant progressivement vers le final. Ca, c'est bon!

RAPPEL

Puisqu'ils sont tristes de nous quitter, un morceau triste, " X Time ", annonce Flavio Perrella. Je ne suis pas triste car je sors d'un bon concert et que je vais pouvoir désormais savourer l'album " The Bowhopper " en espérant que le Nuzut Trio joue en concert en France, en Italie et partout où des esprits comme les vôtres sauront l'accueillir, lectrices curieuses, lecteurs fureteurs. 

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