Marc Benham Trio en vie au Sunside

Publié le par Guillaume Lagrée

Marc Benham Trio

Paris, Ile de France, France

Le Sunside

Festival Pianissimo, 15e édition

Mardi 11 août 2020, 21h

Marc Benham: piano

Etienne Renard: contrebasse

Guilhem Flouzat: batterie

Répertoire basé sur l'album " Biotope " de Marc Benham célébré sur ce blog. 

Solo de contrebasse pour commencer. Le batteur tapote avec une baguette dans la main droite, la main gauche nue. Le pianiste plaque quelques accords. Ca groove bien. Un morceau de TS Monk surgit. Avec ses décalages subtils. La musique, c'est l'art de décaler les sons, ne l'oublions jamais. Solo de contrebasse bien centré. Piano et batterie complètent le massage cérébral. Monk, sujet du précédent concert chroniqué sur ce blog, celui du trio de Simon Martineau (guitare). Marc joue du stride à sa façon. Le trio me semble avoir enchaîné, sans coup férir, sur un autre morceau. C'était " Bye Ya " jeu de mots de Monk sur Bahia (Salvador de Bahia, Brasil) puis " Pablo " (Marc Benham). Cf vidéo sous cet article.

Nouveau morceau à propos d'un homme qui essaie d'éliminer les punaises de son lit. Une invasion animale de plus en plus répandue à Paris. La punaise, animal démocratique, sévit aussi bien dans les quartiers riches que dans les quartiers pauvres. Les punaises courent librement et cela s'entend. Elles dansent même le boogie woogie, ces coquines. La chasse paraît vaine tant les punaises courent en tout sens. Le morceau s'apaise. Les punaises dansent de façon chaotique. Il est très difficile de s'en débarrasser mais elles finissent écrasées.

Intro en piano solo. Une ballade semble t-il. Le contrebassiste sort quelques notes, qui font écho, pétries du bout de ses doigts. Le batteur tapote très légèrement les cymbales aux baguettes. Le piano enflamme le tout et le trio se relance énergiquement. Bonne vague qui nous entraîne. C'était " La suite de Fibonacci " (Marc Benham), un piège pour mathématiciens. Ne l'étant pas, je n'y chus point.

" Maraba Blue " (Abdullah Ibrahim). La main gauche installe une ambiance dans les graves. Avec des top ang go alors que le batteur installe une pulsation continue que prolonge la contrebasse. Ca balance. Les dames devant moi ondulent joyeusement de la tête. Il y a de l'âme là dedans (soul in english). Un son venu des églises noires, des chorales baptistes. Je bats la mesure du pied droit tout comme mon épouse à mon côté. 

Le trio attaque direct un air très rapide. Ne serait-ce point la " Samurai Sauce " de Marc Benham? Cf extrait audio au dessus de cet article. Tempo haché vite et fin avec le batteur aux baguettes. 1er solo de batterie. Les baguettes roulent vite, surtout sur les tambours.  Solo de piano qui introduit un standard dont le titre m'échappe. Une ballade. Batteur aux balais pour la 1ère fois du concert. C'était " You do something to me " (Cole Porter). 

Marc attaque! Contrebassiste et batteur aux balais le rejoignent pour un morceau particulièrement swinguant. Marc s'amuse à moderniser le style piano jazz des années 1930 tout en respectant l'énergie d'origine. Solo de contrebasse bien tricoté. Le batteur fait bondir doucement ses tambours. Marc attaque encore. Beau dialogue piano-batteur avec des stop and go (arrêt départ en français).

PAUSE

Mon épouse aime beaucoup la musique qui lui donne envie de danser et de dessiner mais elle a beaucoup de travail demain. Le concert est donc fini pour elle. Je poursuis sans elle.

" Beau Blaise " composition de Marc Benham dédiée à un ami assureur. Cette fois, le morceau m'est dédié. Merci Marc pour cette attention. Démarrage énergique du trio. Ca se calme mais avec des accents toniques marqués. Le stride préparé à la sauce Marc Benham. 

Intro en piano solo. Ambiance limpide. Le batteur ponctue doucement aux baguettes sur les cymbales. Swing léger et efficace. Sur un claquement de doigts, le trio accélère. Solo de batterie. Bonne vibration des tambours sous les baguettes. Ca masse bien le ventre. Un standard. " Airegin " (Sonny Rollins). L'anagramme de Nigeria pour ceux qui ne l'ont pas remarqué. Après " Love, Your spell is everywhere ". 

Une ballade lancée en trio. Batteur aux balais. Tendre, nostalgique. Impulsion de la contrebasse. Notes cristallines du piano. Massage du batteur aux balais. Doux frottements pour le cerveau. " Year of the monkey " (Marc Benham). 

Solo du batteur en intro. Ca roule tranquille avec une bonne pulsation continue parsemée d'éclairs. Le trio est parti sur un air qui balance bien. Solo chaud, souple bondissant du contrebassiste qui chantonne sa mélodie. Comme quoi , Maître Renard, lui aussi, sait chanter! Pianiste et batteur ponctuent finement. 

" Solitude " (Duke Ellington). Un des grands classiques du Maestro E.K comme disait John Lewis, le pianiste et directeur musical du Modern Jazz Quartet. Intro en piano solo. Marc arrive au thème. Batteur aux balais. Bon, là, honnêtement, Marc Benham ne peut rivaliser avec le toucher d'Edward Kennedy Ellington. Il s'en sort honorablement. Après un interlude de piano, le trio arrive à un Blues. Batteur aux balais puis aux baguettes mais c'est toujours le Blues. Solo de contrebasse à pas lents ponctué par le pianiste et le batteur. Maître Renard chante de nouveau avec sa contrebasse. Le trio chauffe la braise pour le final. " Ahmad's Blues " (Ahmad Jamal). 

A la demande d'une personne arrivée en retard, le trio rejoue le morceau dédié aux punaises de lit, joué dans la première partie de ce concert.

Pour finir, tout en douceur, " What a wonderful world ", chanson qui permit, en 1968, à Louis Armstrong d'être numéro 1 des ventes de disques aux USA devant les Beatles. 

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