Olivier Robin Quartet en fête au Café Laurent

Publié le par Guillaume Lagrée

Olivier Robin Quartet

Le Café Laurent

Paris, Ile de France, France

Samedi 17 septembre 2022, 20h30

 

Olivier Robin : batterie

Maxime Fougères : guitare électrique

Duylinh Nguyen : contrebasse

Albert Bover : piano

 

« All or nothing at all ». Un standard au feeling Latin Jazz pour commencer. Aux baguettes, Olivier Robin tricote bien. Ca swingue haut et clair. Ca marche. Je bats la mesure du pied droit. Mon voisin d’en face des deux pieds. Son volontairement assourdi de la guitare. Le batteur tricote toujours joyeusement aux baguettes. Passage aux balais pour accompagner le solo de contrebasse.

« How deep is the Ocean ». Une ballade. Pardon. Une chanson d’amour sur tempo rapide qu’affectionnait Chet Baker. Batteur aux baguettes. Fulgurances de Maxime Fougères bien stimulé par la rythmique. Solo de piano bien charpenté dans le medium solidement poussé par contrebasse et batterie. Breaks de batterie.

« Let’s cool one » (TS Monk). Ils passent du Jazz des années 30 au Be Bop. Un Blues étrange à la Monk, Maître dans l’art de décaler les sons. Le pianiste joue des notes « chinoises » comme disait Louis Armstrong des boppers. Dissonantes dans le Jazz classique mais harmonieuses dans le Jazz moderne.  Solo de contrebasse bien grave, bien profond. Le quartet repart avec la guitare qui remplace le sax ténor de Charlie Rouse, le complice habituel de Monk.

« On le joue en latin » annonce Olivier Robin à ses musiciens. Batteur aux baguettes sur un tempo Latin Jazz. Je ne reconnais pas le thème. Batteur aux balais. Tip, tap, tip, tap. Régulier et souple. Il repart aux baguettes derrière le guitariste. Une spectatrice se lève pour photographier les musiciens. Même en photographiant, elle danse sur place. Une fan.

Un standard dont le titre m’échappe. Joué sur un tempo rapide. Un spectateur tapote sur son téléphone portable aussi vite que la musique. Tout en battant la mesure du pied gauche. Belle coordination. Respect. Le pianiste mène la rythmique de main ferme. Dialogue des cordes entre contrebasse et guitare. Tout en finesse. Pulsation de la contrebasse, tension de la guitare. Ca repart avec le batteur aux balais. Le quartet est plus dynamique avec le batteur aux baguettes. C’était « Speak Low »

Une ballade. Batteur aux balais. Je reconnais le thème mais pas le titre. C’était « Isfahan » (Billy Strayhorn) extrait de la « Far East Suite », album de Duke Ellington composé suite à une tournée du Proche à l’Extrême Orient.

PAUSE

Un Blues. Batteur aux balais. Un tempo assez rapide. Je reconnais le thème mais pas le tite. Ca sonne comme du Wes Montgomery, « l’homme au pouce d’or ». Idée confirmée par mes voisins. Des experts manifestement. Solo porté par la rythmique avec le batteur aux baguettes. Ca groove bien. Solo de contrebasse soutenu par le batteur aux balais et ponctué par le pianiste. C’est très bon. Des spectatrices battent la mesure des mains. « Sky Blue » (Lionel Hampton & Wes Montgomery).

« Star Eyes ». Un standard. Joué sur un tempo latino. Batteur aux baguettes. Ca balance tranquille. Le spectateur au téléphone portable bat la mesure des pieds et des mains sans lâcher son téléphone. Numéro maîtrisé. C’est énergique. Trio guitare, contrebasse, batterie aux balais, en souplesse. Retour aux baguettes avec le quartet.

Un autre standard dont le titre m’échappe. Rapide. Batteur aux balais. Ca joue vite et pas fort, signe de maîtrise. Solo rapide et clair du pianiste bien poussé par la contrebasse et le batteur aux balais. Le spectateur au téléphone portable filme debout tout en battant la mesure de sa main droite sur son torse. Si je trouve un film illégal de ce concert sur Internet, il en sera l’auteur. Joli solo du batteur aux balais. Rapide, léger. C’était « Cherokee ».

Le même spectateur au téléphone a demandé au groupe de jouer « Here is that rainy day ». Un morceau de circonstance en cette période de sécheresse. Son voeu est exaucé. Joué sur un tempo Latin Jazz alors qu’il fait sec dehors. Le spectateur ravi se remet debout pour filmer. Je m’endors bercé par la musique. Rien de tel que le son de la pluie qui fait des claquettes sur le trottoir à minuit pour me faire bien dormir. Même en musique, ça marche. Le spectateur passionné pense à la version de Brad Meldhau. Je pense à celle de Martial Solal en trio avec NHOP & Daniel Humair (« Suite for trio », MPS, 1978). A chacun sa référence.

Une ballade. Batteur aux balais. Touchant solo de piano avec des incursions dans l’aigu. Soutenu par la contrebasse et le batteur aux balais. Il me dit combien elle me manque. « Soul Eyes ». Stan Getz jouait si bien ce thème de Mal Waldron. Cf l’album « Soul Eyes » de Stan Getz.

« Jeannine » extrait d’un album fétiche des guitaristes. « So much guitar » de Wes Montgomery. La guitare sonne bien funky. Batteur aux balais. Breaks bien énergiques du batteur aux balais. Une composition de Duke Pearson rendue célèbre par la version des frères Adderley (Nat à la trompette, Julian « Canonball » au sax alto).

« Con Alma » (Dizzy Gillespie). Une ballade afro cubaine.  Olivier Robin tapote ses tambours à mains nues, faute de congas. Ce thème est toujours aussi beau. « Avec âme ». C’est le titre et c’est ainsi qu’il est joué. Le batteur passe aux balais. La guitare remplace la trompette de Dizzy. Je m’endors de nouveau grâce à cette splendide berceuse latine composée par Dizzy Gillespie.

 

En extrait audio au dessus de cet article, le Switch trio de Maxime Fougères (guitare électrique).

Dans la vidéo au dessous de cet article, Olivier Robin en concert avec son quintette à Paris au Sunset le 20 mai 2022.

 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article