Christian Brenner 4tet: retour triomphal au Café Laurent

Publié le par Guillaume Lagrée

Frédéric Borey par Juan Carlos HERNANDEZ

Frédéric Borey par Juan Carlos HERNANDEZ

Christian Brenner Quartet

Le Café Laurent

Paris, Ile de France, France

Samedi 18 février 2023, 20h30

 

Christian Brenner: piano

Blaise Chevallier: contrebasse

Pier Paolo Pozzi: batterie

Frédéric Borey: saxophone ténor

 

Lectrices attentives, lecteurs exhaustifs, je vous ai déjà chanté les louanges du quartette de Christian Brenner avec Frédéric Borey en concert au Café Laurent, à Paris. C'était le samedi 25 septembre 2021. 17 mois après il est temps pour moi de vérifier que cette musique n'a rien perdu de son attrait.

Blaise Chevallier remplace Bruno Schorp à la contrebasse. Le reste du groupe est inchangé. Christian Brenner est le directeur musical du Café Laurent mais, dans ce quartette, c'est Frédéric Borey qui amène les morceaux et les arrangements.

Un standard connu dont le titre m'échappe. Le batteur hache finement aux baguettes. Frédéric Borey joue avec des accents à la Stan Getz des années 40. Le sax se tait. Le pianiste prend la main. Ca swingue joyeusement. Court solo de contrebasse, Relance du sax. Relance de la batterie. Schéma classique mais toujours efficace. Retour du thème au sax ténor. Il me semble que Sonny Rollins, un des Maîtres de Frédéric Borey, a joué ce thème. 

« April Showers » (Scott Robinson). Morceau et compositeur inconnus de mes services. Gros son bien chaud du sax ténor. Nous sommes en février et il fait sec dehors. Ces douches d’avril sont rafraîchissantes. Belles envolées lyriques du sax ténor poussé par la rythmique. Batteur aux baguettes. Le piano scintille joyeusement sous les doigts de Christian Brenner. Solo bondissant du bassiste finement ponctué par les baguettes sur les cymbales et le piano mezzo voce.

En intro, solo de sax ténor sur un thème de Thelonious Monk, « In walked Bud », écrit en hommage à son ami Bud Powell. Le quartette enchaîne. Batteur aux baguettes. Ca swingue bien. Jeu moins heurté que Monk, forcément. A écouter chanté par Carmen Mac Rae. Le sax ténor envoie. Toujours sans microphone selon les principes en vigueur au Café Laurent. Cela n’empêche pas de bien sentir la contrebasse sur laquelle les 3 autres instruments se calent. Le jeu de Christian Brenner vient manifestement de Bud Powell. Ca file.

« Blue Orchids ». Une ballade chantée notamment par Sarah Vaughan. Son bien chaud et viril du sax ténor massé en souplesse par la rythmique. Batteur aux balais. Beau solo de contrebasse vif et grave. Finement ponctué par le piano et brassé par les balais sur la caisse claire.

« But not for me ». Le batteur a repris les baguettes et un tempo plus rapide même s’il s’agit d’une chanson d’amour. Frédéric Borey réussit même à me faire oublier la voix de Chet Baker sur cette chanson. Belle performance. Solo bien swinguant de la contrebasse. Il tricote en duo avec le batteur qui tape en discontinu sur les bords de caisse. Pianiste et saxophoniste écoutent et savourent comme nous. Le batteur relance la machine en alternance avec le sax ténor. Ca enchaîne direct.

Du Be Bop. Joué vite & bien comme il convient. Le titre m’échappe mais je connais cet air. Nouveau dialogue entre la contrebasse & le batteur aux baguettes. Un pur régal. Le quartet repart avec quelques breaks de batterie. De quoi éveiller notre appétit de sons sans jamais le rassasier.

 

PAUSE

« I remember You ». Le quartet attaque direct ; Un standard selon la doctrine en vigueur au Café Laurent. J’ai la voix de Chet Baker en tête, évidemment. Batteur aux baguettes. La pause n’a pas refroidi Frédéric Borey. Le piano se fait entendre bien soutenu par la contrebasse et la batterie. Les notes filent joyeusement. Beau solo de contrebasse boisé à souhait. Le pianiste ponctue. Le batteur soutient. Tout flotte délicieusement dans l’air. Bel envoi final groupé.

« Candy » (Lee Morgan). Batteur aux balais. Jeu énergique. Il passe aux baguettes. Solo de contrebasse puis le quartette repart plus énergique encore. Retour aux balais pour des breaks énergiques et souples.

« Almost like being in love ». Batteur aux baguettes. Thème énergique. Ca tricote entre contrebasse et batterie. Cliquetis ultra précis. De la mécanique de précision avec de l’émotion.

Un standard dynamique dont le titre m’échappe. Le sax ténor est chaud patate. Il envoie. La rythmique le pousse sans cesse. Batteur aux baguettes. Beau solo de piano. Ca roule, flamboie. Christian Brenner est bien poussé par ses partenaires. Nouveau dialogue entre contrebasse et batteur aux baguettes. Un régal. J’adore. Pier Paolo Pozzi relance en faisant rouler tambours et claquer cymbales.

Un air un peu latin jazz. Batteur aux baguettes. Le public a changé à la pause. Celui de la première partie était bien plus attentif et silencieux que celui de la deuxième.

La rythmique installe une bonne tension. Le sax ténor enchaîne. Groovy, baby ! Frédéric Borey trouve des accents de Johnny Griffin. Comme c’est le morceau final, Pier Paolo Pozzi a droit à son premier vrai solo de batterie. Aux baguettes. Energique mais sans forcer ni démontrer.

 

J'espère que Daniel, mon sympathique voisin de gauche, reconnaît la musique dans cette chronique. Rien à ajouter.

 

La photographie de Frédéric Borey est l'oeuvre de l'Incontournable Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales

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