Mercredi 14 mars 2012 3 14 /03 /Mars /2012 21:32

 

Lectrices Superfunkycalifragisexy, lecteurs Hyperbolicsysquadellimystic, c'est le 14 mars  1933 qu'est né Mister Quincy Jones alias Q comme Quintessence, le titre d'un de ses albums. 79 vies, c'est un peu court pour un homme de cette dimension. Q is larger than life comme disent les Américains.

Prenons, par exemple, le morceau Soul Boss Nova (1962) qui illustre cet article: il a été repris par de nombreux Jazzmen, par des rappers canadiens, les Dream Warriors, en 1991, sous le titre " My definition of a boombastic Jazz style ", par Nike pour sa publicité de la Coupe du monde de balle au pied 1998, par Austin Powers comme générique des trois films de ce super zhéros britannique.

A part ça, à 18 ans, il jouait dans un groupe d'ados avec un ami d'enfance nommé Ray Charles. A 23 ans, il dirigeait le grand orchestre de  Dizzy Gillespie en tournée mondiale sous l'égide du Département d'Etat. A 29, il dirigeait son orchestre jouant " Soul Bossa Nova " tube immortel. A 33, il dirigeait l'orchestre de Count Basie accompagnant Frank Sinatra au Sand's à Las Vegas (l'album existe. Il n'est pas trop tard pour l'écouter). De 1977 à 1987, il fit de Michael Jackson le plus grand vendeur de disques de l'histoire en 3 albums ( " Off the wall ", " Thriller ", " Bad "). En 1991, il ramenait Miles Davis au Jazz sur la scène du Montreux Jazz Festival. En 1990 sortait le film " Listen Up! The lives of Quincy Jones " qui résumait ses 40 ans de carrière du be bop au hip hop. 

Plus de vingt ans plus tard, Quincy Jones déborde toujours d'idées, de projets, de vie. N'oublions pas aussi que ce trompettiste de formation apprit la composition, l'arrangement à Paris au début des années 1950 dans les cours des soeurs Nadia et Lili Boulanger, pianistes. Il travailla d'ailleurs pour Eddie Barclay et est toujours ami du seul Français qui lui soit comparable, Monsieur Michel Legrand.

Je ne parle pas non plus de son rôle politique comme militant des droits de l'homme qu'il soit Noir aux Etats Unis d'Amérique ou de toute couleur d'ailleurs, de militant pacifiste aussi.

Un jour, Charles Mingus lui demanda: " Pourquoi fais-tu toujours des accords si faciles, Quincy? "

" Parce que ça marche, Charles! " lui répondit Quincy.

Quincy Jones, ça fait bien 79 ans que ça marche et ça marchera encore après sa mort.

Un seul regret, qu'il n'ait pu travailler avec Prince. Question d'egos certainement et puis Quincy Jones est si lié à Michael Jackson...

Séduisants lecteurs, si vous voulez charmer une belle fille noire, vous pouvez toujours essayer la recette de Mr Q: " Beautiful Black Girl "  sur l'album " Mellow Madness " (1975). Attention, c'est chaud! 

 

Par Guillaume Lagrée
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Mercredi 14 mars 2012 3 14 /03 /Mars /2012 21:04


Paris. Le Sunside.

Mardi 13 mars 2012. 21h.

 

Elisabeth Kontomanou : chant

James Weidman : piano

 

La photographie d'Elisabeth Kontomanou et Geri Allen est l'oeuvre de l'Emouvant Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette photographie sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales. Pour cette tournée, James Weidman a pris la place de Geri Allen au piano avec brio.

 

kontomanou geri allen

Lectrices exigeantes, lecteurs difficiles, je n’étais pas à New York pour le concert de lancement d’album de Scott Tixier mais à Paris pour celui d’Elisabeth Kontomanou. C’est donc celui-ci que je vais vous raconter.

 

Le pianiste commence une ballade. C’est « Nature Boy ». Elle chante a capella. Quelle voix profonde ! Le piano la rejoint discrètement. La gestuelle est belle. Ses mains attirent le public en même temps que sa voix. Jeu ultra sensible du pianiste, très à l’écoute. Il sait fondre le piano avec la voix, démarrer, arrêter en même temps qu’elle.

 

Une autre ballade, une autre chanson d’amour. Il me semble avoir vu quelque part que 95% des chansons répertoriées dans le monde sont des chansons d’amour. Le reste : des chants patriotiques, religieux, révolutionnaires moins à leur place dans un club de Jazz. Elisabeth Kontomanou porte une robe blanche avec un gilet noir confectionnés par une admiratrice. Elle le vaut bien. Elle quitte la scène, laissant le pianiste jouer à son aise. Elle revient. Pourquoi cette sortie ? Vous le saurez plus tard, lectrices impatientes, lecteurs pressés. Il me semble que son micro a été réglé moins fort. En a-t-elle vraiment besoin dans une salle de cette taille, d’ailleurs ?

 

Belles vocalises pour commencer, de l’aigu au grave. « Sometimes I feel like a motherless child », un gospel célébrissime. Version classique, fidèle, émouvante, bref comme il faut. Ils nous emmènent au “ heavenly land “ comme dit la chanson.

 

Attaque plus ferme, plus grave du piano. « Trouble of the world », un autre gospel. Madame F chante à côté de moi car elle a chanté ce gospel en chorale. La voix décolle et nous avec. Le piano fournit l’appui nécessaire à la propulsion de la voix. Quelle autorité dans le geste tant pour conduire sa voix que le pianiste.

 

Elisabeth avait oublié les paroles de ses chansons à l’hôtel. D’où sa sortie de scène tout à l’heure pour les demander. Un autre talent de cette femme, c’est de passer en un instant de la gravité d’un gospel à une plaisanterie avec le public.

 

«  Sack full of dreams ». Le pianiste joue classiquement, avec toute l’émotion nécessaire pour accompagner cette Grande Dame de la chanson. Ici, une chanson de paix et d’amour mais pas gnangnan.

 

« People get ready » (Curtis Mayfield).  Un classique de la Soul Music qui ressemble à un gospel traditionnel tant par la musique que par les paroles. Superbe version épurée avec la voix et le piano. Elisabeth Kontomanou ne scatte pas mais elle hulule très bien.

 

«  What a life » (Elisabeth Kontomanou). Une chanson vive, joyeuse. Ca pousse bien entre piano et voix. Tiens, un peu de scat. Elle encourage le public, un peu mou ce soir, à participer, chanter, taper des mains. Elle reprend la main pour finir.

 

«  I wish I knew how it would feel to be free ». Un nouveau gospel. C’est vraiment le style dominant de cet album et de ce concert mais sans prêchi prêcha. Le pianiste joue comme sur des orgues d’église. La chanson soulève nos âmes. Elle nous fait battre la mesure des mains. Un club de jazz parisien devient une église noire américaine.

 

PAUSE

 

Madame F et moi sommes enchantés de notre soirée mais des raisons personnelles nous obligent à la quitter à regret. Madame F prend toutefois soin d’acheter l’album et de se le faire dédicacer par l’artiste. La « The Nana », c’est dans la voix et dans le geste (Léo Ferré). Elisabeth Kontomanou est tout cela et bien plus encore.

 

Par Guillaume Lagrée
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Dimanche 11 mars 2012 7 11 /03 /Mars /2012 18:01

 

Joyeuses Bellifontaines, Heureux Bellifontains, voici que se profile à l'horizon le premier Festival Jazz au Théâtre à Fontainebleau, Seine et Marne, Ile de France, France du jeudi 12 au samedi 14 avril 2012.

Si vous n'êtes pas Bellifontains, rien ne vous interdit de vous y rendre aussi, lectrices curieuses, lecteurs voyageurs.

Il s'appelle Jazz au théâtre car il se jouera au théâtre municipal de Fontainebleau. Un titre logique donc.

Vous n'y verrez pas Napoleone Buonaparte faire ses adieux à la garde impériale (ça, c'était au château de Fontainebleau) mais du Jazz manouche avec le trio Rosenberg et Bireli Lagrène qui, lui, dépasse largement les cadres du genre, une star montante américaine, le trompettiste Ambrose Akinmusire et de jeunes talents français que j'avoue ignorer comme Christophe Ginaux.

Quand Biréli Lagrène retrouvait sur scène son complice guitariste Sylvain Luc, ils jouaient par exemple " Isn't she lovely " écrit par Stevie Wonder pour sa fille Aicha. Comme Django Reinhardt, Biréli Lagrène dépasse de très loin le genre du Jazz manouche. La preuve ci-dessous.

 

 

Par Guillaume Lagrée
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Samedi 10 mars 2012 6 10 /03 /Mars /2012 20:25

 


LAGRIMA LATINA
CREATION // CONCERTS  
De son enfance à Tanger et Casablanca, bercée par les sonorités de nombreuses langues, Machado a hérité d'une affinité particulière pour les métissages.
Sa nouvelle création nous emporte, à fleur de vie, là où naissent les larmes latines, entre saudade et alegria.
Avec l'orchestre Danzas et de magifiques voix de femmes de Sardaigne, de France et du Portugal.


13.03 CdbM - Le Perreux sur Marne (94)
15.03 L'Arc - Rezé (44)

Jean-Marie MACHADO piano, compositions, arrangements,
Simonetta SORO, Claudia SOLAL & Sofia RIBEIRO voix,
Didier ITHURSARRY accordéon,
Jean-Charles RICHARD saxophones,

Joce MIENNIEL flûte,
François THUILLIER tuba,
Claus STOTTER trompette,
Cécile GRENIER violon alto, 
Stracho TEMELKOVSKI percussions orientales,
Antonio PLACER, livret poétique
Francine VIDAL, oeil extérieur
Guillaume TESSON, création lumière
Nicolas BAILLARD et Mohn PINCEMIN, son
Une coproduction CdbM du Perreux sur Marne, scène publique conventionnée, Carré Magique de Lannion, pôle national des arts du cirque en Bretagne, l'Estran                                         de Guidel, scène de territoire pour le jazz et les musiques improvisées, Cantabile, cie conventionnée par le Drac Ile de France et soutenue par la région                                         Ile de France, le Conseil général du Val de Marne, la Spedidam, la Sacem et l'Adami.
CONTACT ET INFOS  

Par Guillaume Lagrée
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Samedi 10 mars 2012 6 10 /03 /Mars /2012 18:03

 So Now

Péniche l'Improviste. Paris.

Vendredi 9 mars 2012; 20h30.

Bruno Angelini: piano

Mauro Gargano: contrebasse

Fabrice Moreau: batterie

 

 

Bruno Angelini

 

La photographie de  Bruno Angelini est l'oeuvre de l'Essentiel  Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette photographie sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

Lectrices limpides, lecteurs clairs, après vous avoir chanté les louanges de l'album " So Now " du trio Bruno Angelini/Mauro Gargano/Fabrice Moreau, voici venu le moment de vous donner mes impressions de cette musique donnée en concert à Paris, dans le cadre confortable d'une péniche aménagée avec soin, à quai près des bassins de la Villette, dans le 19e arrondissement de Paris.

Bruno Angelini a présenté cette musique comme créée à trois, de concert. Cela s'entend dès les premières notes du concert, justement. Nous sommes en promenade au bord de l'eau sans que la pénicje ait quitté le quai de l'Oise. Ca scintille, ça brille mais ce n'est pas clinquant. Ca se calme avec la contrebasse bien centrée et quelques notes distillées au piano pour, non pas conclure, mais enchaîner sur le morceau suivant. Un tempo plus lent. Une sorte de ballade étrange. C'est comme un concerto. On n'applaudit pas entre les parties. Mauro gratte sa contrebasse d'un gest vif. Fabrice fait chanter les tambours sous les maillets. Bruno est cristallin, aqueux, insaisissable. Dehors, le courant glisse doucement à la surface de l'eau. Ils jouent à ce rythme là. Ca commence à pulser doucement avec la batterie aux baguettes et la contrebasse qui tient sa partie. C'est bien une oeuvre trinitaire. Le fluide sympathique circule librement d'un bout à l'autre de la scène. Face au public, le piano à gauche, la batterie à droite et la contrebasse au milieu, bien sûr. Ils ont joué " Caroline " (clin d'oeil à Sarah Murcia?) puis " Two lonely people " (Bill Evans). 

" Song equals " (Steve Swallow). Mauro Gargano prend son archet. C'est tout en vibration. Celle des cordes de la contrebasse sous l'archet, des cordes du piano actionnées par les touches du clavier, celles des tambours malaxés par les balais de Fabrice Moreau. Cela monte en puissance avec les baguettes mais la beauté de la mélodie demeure. Tout se calme pour une autre mélodie qui descend sur nous au compe gouttes. La batterie ronronne sous les balais, la contrebasse fait entendre sa voix souple et chaude. Le piano, lui, a décollé. En descend une mélodie qui nous fait décoller à notre tour. Ca se termine sur une dernière vibration de la contrebasse. 

Bruno Angelini attaque seul, dans le grave, comme s'il cherchait la mélodie. Ca swingue vite mais léger, gracieux. Avec une énegrie maîtrisée. J'en hoche la tête de joie. C'est dansant à condition de pouvoir suivre le rythme. Le piano chante et enchante. Je reconnais que l'allitération est facile mais, en l'espèce, elle est inévitable. C'est devenu plus rapide, plus viril mais toujours chantant et superbement coordonné. Je bats, mal, la mesure des deux pieds. C'est dire ma joie. 

Mauro commence seul. La contrebasse vibre de mille éclats de voix. Piano et batteur aux balais le rejoignent pour une ballade. Le ton devient plus passionné, plus lyrique, plus fougueux. D'ailleurs, le batteur est passé aux baguettes. Puis ils décomposent la mélodie, le pianiste l'accélérant alors que le batteur et le contrebassiste la ralentissent. Effet saisissant. C'est monté en puissance puis ça descend. La contrebasse donne le ton. C'était " 1903 " (Mauro Gargano) précédé de " Adrien danse ' (Bruno Angelini). 

" Ida Lupino ' (Carla Bley) arrangé par Bruno Angelini. Bruno commence seul au piano cette ballade. Ce thème chante tant qu'il nous hante. Chante et hante, ça change de chante et enchante, n'est ce pas, généreuses lectrices, bienveillants lecteurs? Contrebassiste et batteur aux balais le rejoignent faisant eux aussi onduler cette musique par vagues douces. Ca s'agite, la mer se creuse. Le batteur est aux baguettes, la tempête n'est pas loin. D'ailleurs, la contrebasse sous l'archet grince comme une coque de navire. Le piano joue à plein coffre alors que la batterie claque, rugit sous les assauts de Fabrice Moreau qui la mène aux baguettes. Bel envoi final pour mettre le public ko avant de lui laisser la pause pour se remettre de ses émotions. Le temps suspend son vol pour le final.

PAUSE

Le concert tient les promesses de l'album. Je me régale mais je suis fatigué. Je débarque donc de la péniche l'Improviste et je laisse les lecteurs qui ont écouté la deuxième partie du concert la raconter.

Voici ce que donne " Caroline " sur l'album " So now " du trio angelini/gagrgano/moreau. A découvrir sur scène lors du prochain concert de ce trio.

 

 

 

 

 

Par Guillaume Lagrée
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