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Le Blues au piano par Antoine Hervé

Publié le par Guillaume Lagrée

Le Blues au piano

Leçon de Jazz d’Antoine Hervé

 

Mardi 16 mars 2010. 19h30. Auditorium Saint Germain des Prés. Paris.

 

 

 

Antoine Hervé

La photographie d'Antoine Hervé est l'oeuvre du Bluesy Juan Carlos HERNANDEZ.

 

 

Le professeur Hervé nous explique le rôle du piano pneumatique dans l’apprentissage des pianistes de Jazz. Thelonious Sphere Monk a appris le piano en regardant le piano pneumatique. En regardant, en restituant, en se trompant, les musiciens ont créé. Pour jouer le Blues au piano, Antoine Hervé porte un beau chapeau que le mélomane averti retrouve sur certaines de ses pochettes d’albums. En bref, cet homme travaille avec chapeau, pas du chapeau.

 

Au début, la musique est très simple. Démonstration avec un Blues basique et une petite pulsation. La Blue Note  : les degrés 3, 5 et 7 sont abaissés d’un demi ton. C’est une complainte car cela vient de la voix humaine. Effectivement, cela sonne bluesy. «  Pendant longtemps j’ai cherché à jouer les blue notes et je n’y arrivais pas. Et puis je me suis dit que j’étais Blanc, Juif et que je devais jouer ma musique : Gershwin, Kern, Hammerstein, Irving Berlin. J’ai laissé tomber les blue notes » (Lee Konitz).

 

La musique de la Nouvelle Orléans est faite pour danser, jouer dehors. Le Blues est monté en ville, avec la nostalgie du Sud. « Do You know what it means to miss New Orleans  ? ». Certains esthètes raffinés comparent le thème de cette chanson avec la célèbre prière juive " Si je t'oublie, O Jérusalem ". C’est le Blues du campagnard émerveillé par la grande ville, la démarche hésitante du péquenot sur le trottoir goudronné.

 

« Blue Monk » le morceau par lequel Thelonious Sphere Monk introduisait tous ses concerts. Le Blues urbain et extra terrestre de Thelonious Monk (1917 – 1982).

 

Dans les années 1930 apparaît le boogie woogie qui fait valser les fauteuils. Mon premier concert de Jazz,  ce fut du boogie woogie à l’âge de 6 ans, sous la conduite paternelle. Beau souvenir. C'est là que j'ai attapaé le virus du Jazz. Pinetop Smith, auteur de « Pinetop Boogie Woogie ». basée sur la grille du Blues, cette musique vient du rythme des trains (les bogies sur lesquels les vagabonds voyageaient cachés sous les trains). Le piano romantique vient du rythme du cheval (démonstration par Antoine), le boogie woogie du rythme des trains à vapeur (démonstration). Quant au TGV, il  a inspiré un morceau à Eric Le Lann.

 

Dans le boogie woogie, des duels d’improvisation avaient lieu entre musiciens, after hours (Voir le film de Martin Scorsese ou  écouter Dizzy Gillespie avec les deux Sonny, Rollins et Stitt). Les musiciens jouaient jusqu’au bout de la nuit, jusqu’à ce que l’adversaire craque et cesse de jouer. Démonstration du shuffle avec Just a gigolo.

 

Après la démonstration, Antoine joue sur du velours avec « Learning the Blues ». A ma montre, il est 20h10, au feeling, il est 3h10 du matin. Petite citation de « Smoke gets into your eyes » (Cole Porter), la chanson préférée d’Eva Braun.

 

Meade Lux Lewis et ses tremolos d’accords, un Maître du Boogie Woogie. Démonstration par l’exemple de trémolos, pas mollos. Le Chicago breakdown de Big Maceo. La main gauche est lourde et rapide à la fois. Menphis Slim, pianiste et chanteur, pilier des clubs de Jazz parisiens des années 1950 aux années 1980.

 

La pulsation peut être binaire ou ternaire. Style Fast and Furious dont le nom révèle l’essence.

 

Autre genre, le style lazy de La Nouvelle Orléans et le « Blueberry Hill » de Fats Domino qui a fait le tour du monde.

 

Le Blues peut avoir un rythme latin. 3 notes dans une mesure. 2 longues puis une courte. Démonstration de habanera avec Bizet « L’amour est enfant de Bohême » dans « Carmen ». Petit à petit, en accélérant le rythme, Antoine Hervé traverse l’Atlantique pour arriver de l’Espagne à l’Amérique.

 

Le Blues peut aussi se jouer en binaire. Comme le chantait Muddy Waters : «  The Blues had a baby and they named it Rock’n roll ». A la main droite, les appoggiatures comme on dit rue de Madrid (Paris, 8e arrondissement, siège du Conservatoire supérieur de Paris, conservatoire national de région pour l’Ile de France), la rue où vous pouvez entendre répéter des clarinettistes à 8h30 le matin. Dans le chant classique européen, le chanteur doit sonner comme un instrument, le plus propre et le plus net possible. Au contraire, dans le Jazz, ce sont les instrumentistes qui doivent sonner comme les chanteurs qui eux imitent des bombardiers, des mitraillettes, des loups, des camions, des locomotives, des chevaux…

 

Autre école, le trumpet piano style d’Earl Hines, ancien trompettiste qui fut le meilleur pianiste de Louis Armstrong, transposant au piano les innovations de Louis à la trompette. Les trémolos d’Eral Hines imitent la trompette, l’harmonica. Earl « Father » Hines, le père des pianistes de Jazz.

 

Antoine Hervé ne tient pas parole. Il chante. Toutefois il ne pleut pas dans la salle. Dans le cadre des 12 mesures, les accords de passage passent très bien. Les doigts sont écartés au maximum pour couvrir une palette plus large sur le clavier. Démonstration de walking bass : la basse marche, même au piano. Des pianistes comme Count Basie, Duke Ellington ont emprunté des solutions harmoniques à Debussy, Satie, Ravel, Stravinsky.

 

Exemple de Blues en mode mineur avec Expressions de John Coltrane. Puis d’un Blues à 6 temps avec Footprints de Wayne Shorter. John Coltrane est allé vers l’Afrique, le modal avec un son énorme. Antoine Hervé nous imite Mac Coy Tyner le pianiste de John Coltrane. En ré majeur, c’est un Blues classique. En ré mineur, c’est un Blues à la Mac Coy Tyner.

 

Un autre Blues en mode mineur, rapide, « Steps » de Chick Corea (album « Now he sings, now he sobs » avec Miroslav Vitous et Roy Haynes. Attention, chef d’œuvre !).

 

« Rambling » d’Ornette Coleman, un Blues inspiré par la Nouvelle Orléans.

 

Après ce panorama de l’influence du Blues sur le Jazz, le Professeur Hervé aborde celle du Blues sur le Rock’n roll. 

 

Muddy Waters, Howlin’ Wolf, Chuck Berry, autant d’influences majeures pour les rockers anglais des 60’s. Les Rolling Stones firent passer Howlin Wolf et Muddy Waters à la télévision américaine, les sortant des studios de Chess Records où ils les avaient trouvé employés à repeindre les murs. « Si vous deviez donner un autre nom au Rock’n Roll, vous devriez l’appeler le Chuck Berry « (John Lennon). «  Je me demandais pourquoi Chuck Berry parlait toujours de son putain de pognon et jamais de sa putain de guitare. La première fois que j’ai joué sur scène avec lui, j’ai compris pourquoi il ne parlait jamais de sa putain de guitare »  (Keith Richards). « Seuls ces crétins de Blancs Américains croient qu’Elvis Presley est le Roi du Rock’n Roll. Le reste du monde sait que c’est Chuck Berry »  (Miles Davis). Exemples de Blues des Rolling Stones avec « Love in vain » et « Back street girl ».

 

Le Blues est devenu classique. Il est imité, joué. Chez Baudelaire, c’est le spleen. Le bleu est la plus profonde des couleurs. En breton, glaz signifie à la fois bleu et vert car la Mer passe sans cesse de l’un à l’autre.

 

En rappel, « Satisfaction » des Rolling Stones. Jolie improvisation dans l’esprit du Blues traditionnel sur un standard du Rock’n roll. Le public, lui, est satisfait.

 

Un regret tout de même: le professeur Hervé n'a pas évoqué le plus flamboyant des pianistes de la Nouvelle Orléans, Mr Jelly Roll Morton bien connu des lecteurs de Jazz et Erotisme.

 

Voici les dates et les thèmes des prochaines leçons de Jazz à l’Auditorium Saint Germain des Prés, toujours à 19h30 :

Jeudi 1er avril « Richard Clayderman et le complexe du chandelier » (Richard Clayderman est un Premier prix du Conservatoire de Paris comme Michel Legrand et Jean Luc Ponty. Respect.). Je ne serai pas à Paris ce soir là.

Lundi 28 juin : « Les rythmes africains » avec Mokhtar Samba, batteur et percussionniste sénégalais. Je veillerai à y être.

 

 


 

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Des Belges à Paris: Jozef Dumoulin&Lidlboj au Sunset

Publié le par Guillaume Lagrée

 

 

Jozef Dumoulin & Lidlboj.

Paris. Le Sunset. Samedi 20 mars 2010. 22h.

 

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Jozef Dumoulin : Fender Rhodes, claviers

Eric Thielemans : batterie

Bo Dewerf : saxophone baryton, ordinateur personnel

Linn Cassiers : chant, jouets, effets

 

La photographie de Jozef Dumoulin est l'oeuvre de l'Explosif Juan Carlos HERNANDEZ.

 

L’ambiance s’installe doucement. Jozef sort une étrange ballade de son clavier. Linn Cassiers chante assise. Le saxophoniste joue de l’ordinateur pour l’instant. Le batteur pétrit aux balais. Je reconnais les sonorités étranges et familières de l’album «  trees are always right ». A part le batteur, tout le monde bidouille de l’électronique dans ce groupe. La salle est presque vide. Les Parisiens manquent de curiosité. Les instruments, la voix glissent sur une lame de son enregistré. Une sorte de descente harmonique en boucle vient conclure le morceau. Je n’ai pas capté le nom du premier morceau. Le deuxième s’appelait « Upside down ».

 

Frappe très sèche sur les tambours. Le son grave du batteur vient ajouter une touche grave à l’ensemble. Linn s’amuse à jouer avec des jouets sonores. La climatisation est glaciale, trop forte par rapport au nombre de spectateurs présents. La musique est parsemée d’éclairs sonores, tendre, douce. Dialogue voix/claviers. De l’ordinateur sortent des grincements de gonds qui manquent d’huile. La voix et les claviers viennent fluidifier l’ensemble. Rythme planant, ambiance éthérée. Ca me donne un frisson à la racine des cheveux. Très rares sont les musiques qui me font cet effet là. Bessie Smith chantant « Saint Louis Blues » accompagnée par Louis Armstrong par exemple. Le saxophoniste joue vraiment de l’ordinateur personnel, étant donné ce qu’il sort des entrailles de la machine. Ils nous emmènent dans des pays imaginaires. Au fond de la salle, des fâcheux viennent perturber ce bel agencement sonore par la rumeur de leur conversation. Plusieurs ambiances se croisent et se mêlent. En montant le volume sonore, ils couvrent les conversations. Malheureusement, ils tombent dans le bizarre et le bruyant. Cela devient désagréable. Ils finissent pourtant par arriver à une mélodie que j’aime sur l’album mais après trop de détours et de trafic à mon goût. Ils feraient bien de régler la circulation des sons. Pour la première fois, saxophone baryton et voix chantent ensemble. Ah, enfin une mélodie de l’album, sombre, planante.  Ca redevient beau, envoûtant.

 

PAUSE

 

Je ne suis pas le seul à souffrir de la climatisation. La chanteuse a mis un gilet avant de monter sur scène. Ils jouent « Roger et ses gâteaux » puis « Lips ». Ils ne contentent pas de jouer le nouvel album. Sont ce des morceaux anciens ou nouveaux ? Je l’ignore. Le saxophone baryton a repris un son habituel. Le batteur martèle bien. Morceau ludique, bien structuré avec des hachures, des surprises et toujours ce sens du mystère propre à ce groupe. Ca progresse par zigzags et à coups comme une équipe de rugby mais ça progresse.

 

Diffusion du discours enregistré et incompréhensible d’une femme. Bo a repris sa place devant le clavier d’ordinateur. Le batteur entame une marche. Son trafiqué du baryton. Jeu de batterie léger et puissant qui fait monter la sauce. Claviers scintillant dans un aigu métallique. Dans le deuxième set, saxophoniste et chanteuse jouent bien plus souvent ensemble que dans la première. Jolie montée harmonique entre voix et sax. Jozef joue sa comptine alors que les tambours roulent. Un vieux monsieur que je vois régulièrement au Sunset/Sunside se lève et s’en va. Décidément il n’aime pas. Le chant devient murmure, le sax pur souffle, la batterie frappe et malaxe, le clavier distille les ambiances entre lent et grave, rapide et aigu.

 

«  I loves You, Porgy » (George Gerswhin). Un duo voix/claviers qui sonne étrange et familier à la fois. Linn est fidèle au texte et à la mélodie. Jozef brode joliment autour. Ils prolongent le plaisir, Linn  chantant plusieurs fois la même chanson.

 

Retour du son enregistré avec une voix de femme étrange dans une langue étrangère. Le clavier brode autour. Jozef Dumoulin est un amateur de sons froids. Un héritage du climat belge ? Le quartet est parti. Grosse ligne de basse. Le batteur martèle.

 

Ma compagne ne supporte plus ces bruitages et s’en va. Moi-même je fatigue et je la suis peu de temps après.

 

Autant je suis émerveillé par l’album « trees are always right » de Jozef Dumoulon & Lidlboj, autant ce concert m’a  le plus souvent déçu, malgré quelques instants de grâce. Ce qui était étonnant est devenu énervant, ce qui était surprenant agaçant. Trop de dissonances, pas assez de repères pour l’auditeur à mon sens. Je continuerai d’écouter l’album et je pense que je reviendrai à un prochain concert de ce groupe pour vérifier s’il est mieux structuré sur scène.

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Stan Getz&Kenny Barron People Time

Publié le par Guillaume Lagrée

 

 

 

People Time. The Complete Recordings. 7 CD.

Emarcy
. Universal Music France. 2009.

Stan Getz: saxophone ténor
Kenny Barron: piano

Enregistré en concert au Café Montmartre, Copenhague, Danemark, les 3, 4, 5 et 6 mars 1991.

" En fait, nous aimerions tous sonner comme cela. La vérité est que nous ne le pouvons pas " (John Coltrane parlant de Stan Getz au nom de la confrérie des saxophonistes ténors).

Amateurs de bruit et de fureur, fuyez cette musique. Elle n'est pas pour vous. Plus que d'une musique, d'un concert, il s'agit ici d'une leçon de vie. Trois mois avant de mourir du cancer, Stan Getz nous livre son chant du cygne en compagnie de son dernier accompagnateur, le dernier pianiste selon lui, Kenny Barron. La souffrance est là. Stan Getz a du mal sur les tempos rapides. Son son n'est plus si pur, si aérien. En échange, jamais il ne s'est autant livré, mis à nu.

Quel courage pour commencer ces concerts par " I am all right, I am okay " alors que le crabe le ronge! Quelle élégance pour cette dernière version des "Feuilles mortes " ('" Autumn leaves " pour les Américains). Ils jouent aussi une autre chanson française " Que reste t-il de nos amours?" de Charles Trénet ( " I wish You love " pour les Américains). Pour cette version de " First song (for Ruth) ", Charlie Haden écrit un mot de remerciement dans la pochette de l'album. C'est bien le moins. Enfin, il y a " People Time " de Benny Carter, le temps des gens, de s'aimer, de se retrouver, de dire adieu comme Clément Marot.
" Adieu la cour, adieu les dames
Adieu les filles et les femmes
Adieu la vie, adieu la danse
Adieu mesure, adieu cadence
"

L'accompagnement de Kenny Barron est au delà des superlatifs. Il soutient, il supplée, il emmène Stan Getz au delà de la souffrance, jusqu'au bout du voyage.

Merci au producteur français Jean Philippe Allard pour avoir produit cette musique.

Elle peut se déguster de deux manières: soit avec le double CD People Time qui contient les meilleurs moments des concerts sélectionnés par Stan Getz lui même avant son décès, soit l'intégrale en 7 CD à déguster à petites gorgées comme les heureux spectateurs de ces concerts au café Montmartre à Copenhague.

" Stan Getz, quel cadeau pour le monde! " ( Joe Henderson)

 


 

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PEDRON OMRY

Publié le par Guillaume Lagrée

 

PEDRON OMRY

Album produit par le label rennais Plus Loin Music. 2009. Avec le soutien du Conseil général des Côtes d'Armor.


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La photographie de Pierrick Pédron est l'oeuvre du Savant JUAN CARLOS HERNANDEZ.


Pierrick Pédron
: saxophone alto
Laurent Coq: piano, Fender Rhodes et Wurlitzer
Chris de Pauw: guitares
Vincent Artaud: basse électrique et programmation
Franck Agulhon: batterie
Fabrice Moreau: batterie
Eric Legnini: claviers additionnels



Ce groupe est une TUERIE! Aussi bien en concert où je l'ai apprécié plusieurs fois qu'en studio car cet album fait mes délices renouvelées à chaque écoute.

Pierrick Pédron semblait un saxophoniste alto, digne épigone de Charlie Parker, vissé sur le be bop, genre musical qui révolutionna le Jazz dans les années 1940. Pierrick n'était pas né à l'époque. Certains Jazzmen s'en tiennent au principe de Leconte de Lisle: " Sur des pensers nouveaux, faisons des vers antiques ". Pierrick Pédron, en bon Breton, est curieux et voyageur. Son horizon culturel ne se limite pas au New York des années 40, si rugissantes furent elles. Il est aussi fasciné par Charlie Parker, Jimi Hendrix qu'Oum Kalsoum. Comment concilier les trois et créer du neuf à partir de cela? Avec OMRY, pardi!

Cette musique nous emporte dans un tourbillon qui ne nous lâche qu'au morceau final. Tout le long de l'album, l'auditeur passe du maelstrom au jacuzzi, secoué par les deux batteurs, remué par la basse, enveloppé par les claviers, cinglé par les guitares et emporté par les volutes ventées du saxophone alto de notre " Petit Géant " , le citoyen Pierrick Pédron.

Ni les contribuables costarmoricains, ni la chambre régionale des comptes de Bretagne ne sauraient reprocher au conseil général des Côtes d'Armor d'avoir contribué à produire une telle merveille. L'été prochain, lorsque vous bronzerez sur la plage du Val André, c'est le deuxième morceau de cet album que vous aurez dans la tête, les oreilles et le coeur.


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Laurent Robin and the sky riders project. Ode to the Doodooda

Publié le par Guillaume Lagrée

 

Après quelques secondes de réclame, vous pouvez écouter ci-dessus " Monica in London ".

Laurent Robin and the sky riders project

Ode to the Doodooda

Laborie Records. 2010.

Laurent Robin
: batterie
Benjamin Moussay: orgue Hammond, claviers, synthétiseurs
Vincent Laffont: Fender Rhodes, synthétiseur
Xiao Li: voix


J'avais déjà apprécié ce groupe, sans chanteuse, en première partie du concert de Pierrick Pédron à l'Alhambra de Paris.
Le voici enregistré en studio, dans un château du Limousin. Pourtant, pour déguster cette musique, il faut être à Paris, le soir, recevoir des amis chez soi et, pour que jolies filles et beaux garçons se mélangent joyeusement, lancer Ode to the Doodooda en boucle.

Ensuite, laissez le charme agir. Le groove impeccable et implacable de Laurent Robin à la batterie. Les chevaliers des touches, Benjamin Moussay et Vincent Laffont, en pleine fantaisie cosmicomique. Le chant asiatique et érotique de Xiao Li.

Faites passer les coquetèles, n'oubliez pas les glaçons et les amuse gueule. Même les amours tumultueuses de Monica in London(6) passeront comme du velours. Pour les amateurs d'heroic fantasy, Tamac Molock (3) deviendra l'hymne de leurs nuits. Cerise sur le gâteau, pour le final, un hommage à l'Angleterre avec un air composé par un Français, God save the Queen.

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jozef dumoulin&lidlboj " trees are always right "

Publié le par Guillaume Lagrée

 

JOZEF DUMOULIN AND LIDBLEBOJ

trees are always right

Bee Jazz Records. 2009.

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Lynn Cassiers
: voix, jouets et effets
Bo Van der Werf: saxophone baryon, ewi et effets
Eric Thielemans: batterie, jouets et effets
Jozef Dumoulin: claviers, guitare, effets et programmation

La photographie de Jozef Dumoulin est l'oeuvre du Funky JUAN CARLOS HERNANDEZ.


Les arbres ont toujours raison. Raison d'exister, de nous offrir gratuitement leur beauté, leur ombre, leur oxygène, leur parfum, leurs fleurs, leurs fruits. Sur cette Terre, il n'y a pas assez d'arbres et il n'y a pas assez de musiciens comme Jozef Dumoulin.

Comment peut-on produire autant de musique, de sons, d'émotion à quatre?

Tout y passe: le jazz, l'électronique, la pop music, le romantisme, l'érotisme, le mystère (n°4), le démon de la danse (n°2), l'allusion à un chevalier teutonique casseur de prix qui nous procure le grand frisson (n°5), le bizarre, le dérangeant.

Cette musique est faite pour hanter vos nuits solitaires, pour danser sur la piste, pour lire au coin du feu. Le morceau final sonne comme un adieu aux larmes, la promesse de matins enchantés après des nuits troublées, la venue du printemps après l'hiver.

Après de si grandes délices, il ne reste plus qu'à s'incliner et à remercier M. Jozef Dumoulin et ses amis. Vive la Belgique!

Pour les Parisiens, ce quartet sera en concert au Sunset le samedi 20 mars 2010 à 22h. J'y serai. Et vous?

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Ricky Ford secoue le Duc des Lombards

Publié le par Guillaume Lagrée

Paris. Le Duc des Lombards. Vendredi 5 mars 2010. 20h

 

Ricky Ford

 

Ricky Ford: saxophone ténor

Kirk Lightsey : piano

Daryl Hall : contrebasse

John Betsch : batterie

 

 

La photographie de Ricky Ford est l'oeuvre du Spectaculaire Juan Carlos HERNANDEZ.

 

Un extrait filmé de ce concert se trouve ici.

 

« Maiden Voyage » (Herbie Hancock). Rythmique somptueuse. Gros son de sax ténor. C n’est tout de même pas Sonny Rollins, n’exagérons rien. Son un peu sale du ténor avec du vibrato. Ricky joue face aux musiciens ou face au public selon ses envies. Un son, un style à l’opposé de Stan Getz : noir, dense,  massif, lourd même, avec beaucoup de notes. Son attitude sur scène rappelle Rollins mais il n’a pas la place de danser sur scène en jouant comme Sonny. Le sax s’arrête, la rythmique repart légère par le piano, dense par la contrebasse, puissante par la frappe de John Betsch. La dame devant moi ondule des hanches, assise sur son tabouret. C’est charmant. Solo de John Betsch sur les tambours aux baguettes. Belle scansion rythmique et énergique. Le saxo reprend son chant de grand et gros oiseau. Un quartet de Jazz avec quatre Noirs Américains, c’est rare à Paris.

 

« Hosgeldin » ( « Bienvenue » en turc), morceau que Ricky Ford composa lors d’un séjour à Istanbul. C’est le bazar. Un désordre apparent mais tout est à sa place. Ce serait bien d’entendre Sonny Rollins avec une rythmique de ce calibre plutôt qu’avec ses zozos actuels. Encore faudrait-il qu’il le veuille. La rythmique repart, voguant de la Mer Noire à la Mer Méditerranée. Ricky Ford a quitté la scène. Va t-il revenir pour manger ses spaghetti sur le piano comme John Coltrane avec Mac Coy Tyner ? Non, il reprend sa place et salue le détroit du Bosphore avec un son ample, viril et majestueux. Le final au sax ténor est du pur Sonny Rollins.

 

  Une ballade. Un standard. « Somewhere over the rainbow ». Dans la ballade, Ricky Ford est aussi rollinsien. Décidément, c’est un disciple du Colosse du Saxophone. La rythmique ronronne comme un gros chat. Le fluide sympathique circule bien entre ces 3 là. Beau final groupé amené par le saxophone.

 

« Blues work » composition de Ricky Ford. Rick nous explique qu’il fut l’élève de George Russell en 1974. 30 ans après, en 2004, Ricky rencontre George Russell, lui parle de sa nouvelle composition et lui demande ce qu’il en pense. «  Et bien Ricky, on dirait que tu as lu le chapitre 25 de mon dernier livre » lui répondit George. « Ai je passé l’examen ? » conclut Ricky en riant. Blues rapide, très dense avec des gammes qui montent et descendent sans cesse. Ca sonne dans la lignée d’Eric Dolphy et John Coltrane. George Russell a écrit pour le grand orchestre de Dizzy Gillespie en 1946-48. 60 ans après, il écrivait encore. Sa méthode a inspiré Miles Davis, John Coltrane, Eric Dolphy. Pour les savants musicologues, ses travaux sont disponibles chez les éditeurs spécialisés. Les musiciens sont sages aujourd’hui. Ricky vient demander une bouteille d’eau au bar alors que, sur scène, la rythmique tourne comme un seul homme guidée par les doigts de magicien de Kirk Lightsey. C’est comme la Sainte Trinité : trois qui n’en font qu’un. Premier solo de Darryl Hall : chaud, grave, profond, bondissant relayé par le jeu de balais de John Betsch et ponctué par quelques notes de piano. Ca fait hurler de joie mon voisin de derrière. Le jeu de Darryl s’accélère, ses doigts virevoltent sur les cordes. Tchik, tchik, tchik des cymbales sous les baguettes. Breaks énergiques de batterie aux baguettes pour pousser le sax ténor qui ne demande pas mieux. John Betsch sait faire parler, chanter les tambours.

 

« Evidence » (TS Monk). Attaque en duo  piano/ténor. La rythmique reprend. Ils décalent du Monk qui est déjà décalé. C’est fort. Du Monk en éruption volcanique. Basse et batterie soutiennent alors que le ténor déploie ses ailes. Le piano vient alléger la sauce. La rythmique repart seule. Ca tourne mais pas en rond. Ca roule plutôt. Redémarrage du sax en douceur, en velouté, reprenant peu à peu de l’énergie. Ricky s’interrompt pour présenter les musiciens, repart avec le groupe, avec des fausses fins. Le Jazz ou l’art de la surprise. Il s’amusent bien mais, tout en rigolant, jouent sérieusement. Ils tournent autour du thème, le malaxent, le renversent, le redressent, le chiffonnent, l’exploitent jusqu’à le battre.

 

Enchaînement sur « Mood Indigo » (Duke Ellington). Un morceau que Charles Mingus adorait, sucré et velouté à souhait. John Betsch a pris les balais, presque les patins, tant ça va doucement. Doucement mais le jeu de ténor reste viril et puissant. Ma voisine de devant danse encore plus langoureusement sur son tabouret. Duke Ellington, ça marche toujours avec les dames. Version courte et bien menée.

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Hugo Lippi reçoit Christian Escoudé au Duc des Lombards

Publié le par Guillaume Lagrée

Paris. Le Duc des Lombards. Lundi 1er mars 2010. 20h.

 

Hugo Lippi : guitare électrique

Christian Escoudé : guitare électro acoustique

Florent Gac : orgue

Mourad Benhamou : batterie

 

Pour voir et écouter des extraits du concert, c'est ici.

 

 Jeu très classique, genre Blue Note des 60’s. Logique vu la formation. Christian Escoudé n’est pas encore là. L’âme de Grant Green plane au dessus du trio. Hugo Lippi  a une bien belle guitare et il sait s’en servir. Florent Gac a une tête à sortir d’une prépa scientifique, sérieux et appliqué dans le jeu. Mourad Benhamou souriant, tranquille, envoie la sauce.

 

Une ballade. C’est mieux. Le jeu de guitare est plus touchant, plus émouvant, plus personnel. Jeu classique. Pas de pédale pour le guitariste. Toujours tranquille, Mourad tient le tempo. C’est un bon cavalier sur son cheval. Ca avance tranquillement comme un lent bateau vers la Chine. C’était « Sunday in New York » puis «  Grooveyard » (Carl Perkins).

 

Christian Escoudé monte sur scène et prend une guitare sèche branchée sur le secteur. Hugo Lippi l’invite en le présentant comme une de ses influences majeures. La différence, outre l’instrument, c’est que Christian Escoudé est un Manouche et que cela s’entend. Christian a pris la main et, de temps en temps, Hugo ose placer une note. Tout juste s’il ne demande pas la permission avant. Ca swingue beaucoup plus. Pas de doute là dessus. Hugo reprend la main avec un accompagnateur de luxe, Christian Escoudé. Il hausse son niveau de jeu. La différence est visible. Je bats la mesure du pied droit ce que je ne faisais pas aux morceaux précédents.

 

Un air au feeling latin. « Touc touc tac tac tac » dit Escoudé pour lancer le morceau. « It might as wll be spring » qu’Astrud Gilberto chanta accompagnée par Stan Getz. Une version rapide, vive. C’est plutôt Hugo qui mène le bal mais Christian ne s’en laisse pas compter. L’organiste s’est effacé . Il semble jouer. Derrière, Mourad soutient d’une main d’acier et d’un poignet de caoutchouc. Christian reprend la main grattant et tenant fermement les cordes. Nom de Zeus, ça swingue ! Heureusement qu’Astrud Gilberto n’est pas là pour chanter ce soir. Elle n’aurait pu tenir ce rythme. Quand Christian Escoudé joue « It might as well be spring » le 1er mars, pas de doute, c’est le printemps.

 

« Limehouse Blues ». « Vite mais tranquille » demande Christian. Allegro tranquillo. Cest bien ça pour ce vieux standard des années 1920 « Le Blues de la maison close ».  Christian Escoudé a pris la parole pour présenter les musiciens, la jeune génération et conclut : « Faut s’accrocher mais ça c’est normal. » Certes mais ce sont encore les jeunes qui s’accrochent pour suivre M. Christian Escoudé. Quelle claque il vient encore de mettre pour lancer le morceau. ! Il s’amuse vraiment à jouer avec ces jeunes gens, à les écouter aussi. Il bat la mesure du pied, sourit, disciple. Hugo Lippi, comme Marcello, mène sa troupe. L’organiste a pris la main soutenu par la batterie et la guitare de Christian. Hugo a fait un peu de finger tapping. Il aurait pu continuer plus longtemps à mon goût. Solo mitraillette de batterie. Le tempo est haché menu, à vif sur les tambours.

 

« Tears » de Django Reinhardt en duo de guitares. Comme le di Hugo, c’est un morceau magnifique même si ce n’est pas le plus connu de Django dont on fête les cents ans en 2010. Django est donc né pour les 100 ans de Frédéric Chopin. Ca joue. Un pur moment de grâce. Même le bruit de l’eau qui coule au bar pour la vaisselle accompagne. Après l’exposé du thème, Christian prend les devants. Comment décrire l’ineffable ? Les absents ont eu tort. Christian place avec goût une citation de « Saint Thomas » (Sonny Rollins), de « Je me suis fait tout petit devant une poupée » (Georges Brassens) dans son solo. Du grand art vous dis je. Solo d’Hugo qui fait sonner sa guitare électrique comme une acoustique, ronde et souple. Il joue avec le pouce, sans mediator. Comme nous, batteur et organiste savourent. Je me surprends à chantonner, presque à siffler, pris par la musique. Après le morceau, Christian tend la main à Hugo. Un si beau boulot méritait bien une poignée de mains.

 

Le quartet repart sur « Just one of those things ». Ah le Swing de Christian Escoudé ! Profitons en. Belle leçon pour des jeunes guitaristes en mal d’expression. Quele chance a l’organiste d’avoir pour accompagnateur un musicien du calibre de Christian Escoudé.

 

M. Escoudé entame seul une ballade « Smoke gets into your eyes » (Cole Porter) la chanson préférée d’Eva Braün. J’espère qu’il y a des guitaristes dans la salle venus réviser leurs classiques interprétés par le Maître Christian Escoudé. Je me souviens d’avoir vu au Duc des Lombards, Tété, assister avec moi à un concert de Christian Escoudé.  Avant de prétendre créer, innover, il faut connaître les classiques. Sinon on refait ce que d’autres ont déjà fait, sans le savoir. Le quartet enchaîne sur « Nuages » de Django Reinhardt dans la même ambiance. Après la fumée de cigarette, les nuages. Logique puisque Dieu est un fumeur de havanes. Hugo passe devant accompagné par Christian qui lui fait signe et lui dit : « Vas y ! ». Jeu de batterie chaud et souple, orgue chaud et velouté et les nuages s’échappent de la guitare d’Hugo. Au tour de Christian. Ca joue, saperlipopette ! Il existe des gens assez vulgaires pour parler sur cette musique. Dommage pour eux.

 

Les guitares repartent à l’attaque. Un standard joyeux dont le titre m’échappe. Mon pied droit bat à nouveau la mesure. Ca swingue terrible comme disait Claude Nougaro.

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Abraham Pfeiffer de retour au Duc des Lombards

Publié le par Guillaume Lagrée

Paris. Le Duc des Lombards. Vendredi 26 février 2010. 20h.

 

 

 

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La photographie de Bobby Few est l'oeuvre du Colossal Juan Carlos HERNANDEZ.




Abraham Pfeiffer : saxophones ténor, alto

Bobby Few : piano

Peter Giron : contrebasse

John Betsch : batterie

 

 

Abraham Pfeiffer a vécu à Paris au milieu des années 1990. C'est là qu'il a acheté les saxophones dont il joue toujours. Il vit aujourd'hui à New York, parle toujours français et avait plaisir à revenir 15 ans après à Paris, au Duc des Lombards.

 

Pour commencer, le saxophoniste serre la main de chacun des membres de la rythmique. Bonne ambiance. Abraham nous explique qu’il a déjà beaucoup joué avec Bobby et John alors que c’est on premier concert avec Peter. Ca commence tranquille au sax ténor. Le mood s’installe. Son à la Stan Getz. C’est chaud, velouté, tranquille et ça swingue. La rythmique est rodée. Bobby Few fait chanter le piano de toute son âme. Même en portant sur scène une écharpe, des lunettes noires et une casquette, Peter Giron assure à la contrebasse. John Betsch, père tranquille à la batterie, sait doser son effort et régler la pression au bon niveau. C’est lyrique, ça chante. Pas étonnant que Bobby Few ait joué avec Albert Ayler. Série de breaks chauds, puissants de batterie. C’était « Beatrice » de Sam Rivers pour son épouse.

 

Bobby Few prend le temps de poser ses partitions. « Ask me now » (TS Monk). John Betsch est aux balais. Qui ne connaît pas cette somptueuse ballade a la chance de pouvoir la découvrir. Pour qui la connaît, le plaisir se renouvelle à chaque écoute. Le sax passe à un son plus noir, plus épais, plus velu. Ce saxophoniste a un gros bagage technique, de l’expression, de l’invention et pourtant il me manque quelque chose. Peut-être est ce parce que j’ai eu la chance d’entendre, dans ce même club, Johny Griffin jouer Monk. Un Monk léger, aérien, bluesy, sort des doigts de Bobby Few. Pas de doute, cette rythmique tient la route. La contrebasse ronronne sous les doigts de Peter Giron en solo. Les deux autres rythmiciens le secondent à merveille.

 

« Reincarnation of a love bird » (Charles Mingus). Morceau écrit par Mingus en hommage posthume à Charlie « Bird » Parker. Abraham et Bobby l’ont enregistré en duo. Début plutôt free. Puis le morceau commence. Même mort, même ne jouant plus sa musique, l’énergie de Charles Mingus se sent lorsqu’un de ses morceaux est interprété. Un long silence, le temps qu’un spectateur lâche « Ouah ! » et ça repart en bloc. Un solo de Peter Giron accompagné par John Betsch, ponctué par Bobby Few, c’est une des formes du bonheur en ce bas monde.

 

Pour jouer sa composition  « Club Foot » Abraham Pfeiffer passe au saxophone alto. Attaque par un solo de sax franc et direct. Abraham joue face au piano ouvert pour produire un écho. Bonne idée. Ca résonne bien. Le quartet part ensuite sur un morceau au swing un peu latin. Solo du saxophoniste qui travaille le son avec l’anche, les clefs entre souffle et percussion. Le quartet repart comme un seul  homme. Ca chauffe, Marcel ! Solo de piano où les mains parcourent le piano dévoilant puis recouvrant le thème. En termes sportifs, Bobby Few joue sur toute la largeur du terrain.  Silence pour le solo de contrebasse. Les cordes vibrent, élastiques. Le son fait onduler nos âmes. Bobby Few s’est levé pour écouter religieusement, les mains croisées derrière son dos. On amène un gâteau d’anniversaire au 1er rang. Peter Giron joue le morceau de circonstance puis le groupe repart. John Betsch, en digne disciple de Max Roach et de Papa Jo Jones, travaille sa cymbale hi hat aux baguettes puis fait chanter les tambours des pieds et des mains. Son oriental du sax. D’ailleurs, John Betsch fait sonner une grande cymbale de bronze avec un maillet.

 

Retour au sax ténor pour « Green Chimneys » une composition de TS Monk inconnue de mes services. Peter Giron attaque, John Betsch ponctue aux baguettes. Ca swingue terrible. Le piano entre dans la danse, puis le sax. Des cheminées vertes. Déjà écologiste, Thelonious ? Abraham a fait signe à Bobby. « Strawl ». Le pianiste s’arrête. Contrebasse et batterie tiennent le rythme derrière le sax. Le pianiste ponctue ponctuellement. Ca pulse. Le son du sax est bien plus viril, plus chaud, plus puissant qu’au début du concert. Superbe montée en puissance de la rythmique. Je me répète mais ça swingue, nom de Zeus ! Le saxophoniste n’a plus qu’à surfer sur la vague créée par la rythmique. Que du bonheur !

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Jazz à l'Etage à Rennes les 5 et 6 mars 2010

Publié le par Guillaume Lagrée

Le label rennais Plus Loin Music fête son 100e album, celui du clarinettiste Thomas Savy " French Suite ", avec deux soirées multicolores le vendredi 5 et le samedi 6 mars 2010 à L'Etage à Rennes.

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La photographie de Pierrick Pédron est l'oeuvre du Charmant Juan Carlos HERNANDEZ.





Demandez le programme!





Vendredi 5 mars à partir de 20h30.

Kellylee Evans dont j'ignore tout sauf qu'elle chante.

Pierrick Pédron , le régional de l'étape, Breton et saxophoniste alto, avec son projet OMRY mêlant Jazz, Rock, Pop, Funk, musique arabe dont je ne cesse de chanter les louanges.




Samedi 6 mars à partir de 20h30

Thomas Savy
avec sa " French Suite " dont les quelques extraits écoutés m'ont charmé.

Tigran Hamasyan, pianiste arménien né en 1987, que je suis depuis 2003 et qui m'émerveille de plus en plus à chaque concert. LE Musicien du XXI° siècle, pour moi, c'est Lui. Un véritable melting pot musical à lui tout seul mêlant la virtuosité classique au Swing, l'Arménie à l'Amérique, l'ancien à l'ultra moderne, l'acoustique à l'électrique et un phénomène scénque comme on n'en a plus vu depuis les décès de John Coltrane et Jimi Hendrix.

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