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Radical Jewish Culture

Publié le par Guillaume Lagrée

 

 


Paris 3e arrondissement. 71 rue du Temple. Métro Hôtel de Ville.

Musée d’Art et d’Histoire du Judaïsme.

Radical Jewish Culture

Exposition visible jusqu’au dimanche 18 juillet 2010.

 

 

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La photographie de Marc Ribot est l'oeuvre du Charnel Juan Carlos HERNANDEZ.

 

 

 

Voici mes notes suite à la visite du dimanche 27 juin 2010 sous la conduite savante et éclairée d’un commissaire de l’exposition.

 

Le Klezmer Swing était à la mode dans les années 1930-1940 pour les fêtes de la communauté juive américaine (bar mitzvah, mariages etc.). A partir des années 1950, cette musique devient ringarde. C’est la musique du ghetto, des parents. Les orchestres ne jouent plus que dans les hôtels de la Côte Est pour la bourgeoisie juive en vacances. Dan Taras, star du Klezmer Swing, a vécu jusqu’à la fin des années 1980. Il a eu le temps de voir sa musique redécouverte à partir des années 70. En 1979 sort l’album « Jewish Klezmer Music » d’Andy Statman et Zev Feldman avec clarinette, contrebasse, cymbalum. Volonté de retour aux sources mais il faut préciser que cette musique est juive car ce n’est plus évident.

 

Au New England Conservatory de Boston (Massachussets) naît le Klezmer Conservatory Band dans les années 70. Parmi ces étudiants,  Don Byron , clarinettiste qui n’est ni Blanc, ni Juif et déclare jouer cette musique en visiteur et Frank Mundel (trompette) . Frank London crée lui les Klezmatics mélangeant klezmer et punk. Le klemzer s’actualise avec le punk, le funk, le rock, le free jazz. Frank London a suivi les cours de Lester Bowie, membre de l’Art Ensemble of Chicago et l’Association for the Advancement of Creative Musicians (AACM). La conscience juive renaît en même temps que la conscience noire. et la conscience gay . C’est le minority factor cher aux Américains. Comme les Noirs venus d’Afrique, les Juifs venus d’Europe centrale et orientale ne peuvent faire demi tour. Contrairement aux Italiens et aux Irlandais, le retour au pays d’origine est impensable.

 

David Krakauer, clarinettiste classique, se lance dans le klemer à la fin des années 80 avec Klezmer Madness. Il crée un groupe avec le pianiste Anthony Coleman. Tous les deux sont fascinés par le Jazz des années 20 ( Sidney Bechet et Jelly Roll Morton). Ils invitent à jouer avec eux Michael Alpert, chanteur et accordéoniste klezmer traditionnel.

 

Septembre 1992, premier festival « Radical Jewish Culture » à Munich, Bavière, Allemagne, ville de naissance du parti national socialiste allemand, où Adolf Hitler tenta un premier coup d’Etat en 1923. John Zorn (saxophone) et Marc Ribot (guitare, Français installé aux USA) sont les deux figures marquantes du mouvement. Ils n’ont pas besoin de jouer klezmer pour s’affirmer comme Juifs.

 

Pour l’occasion, John Zorn crée « Kristall Nacht » avec David Krakauer, Anthony Coleman, Marc Feldman (violon). Ce spectacle marque le souvenir de la Nuit de Cristal du 9 novembre 1938 (20 ans jour pour jour après la chute du IIe Reich allemand). Avant le spectacle, les portes se ferment. Pendant 15 mn, des bruits de train passent en boucle très fort. Si vous ne comprenez pas ce que signifient ces trains, voyez les 9h du film « Shoah » de Claude Lanzmann. Les musiciens portaient une étoile jaune avec écrit dessus « Jude ». Le premier morceau s’intitule « Shtetl (Ghetto Life) ». Le klezmer est mêlé de discours d’Adolf Hitler. Ce morceau signifie la fin du monde yiddish et l’imminence de la catastrophe.

Le deuxième morceau s’intitule « Never again ». 11 minutes de bruits de bris de vitres entrecoupés de chants de synagogues et de musique «  Noise ». 35mn d’extraits du spectacle sont diffusés en film dans une salle de l’exposition. J’ai tenu 15mn. C’est une expérience éprouvante pour les nerfs, si éprouvante que John Zorn ne l’a joué que 3 fois depuis 1992, y compris la création.

 

John Zorn s’est tourné vers son identité juive suite à des événements personnels notamment des injures subies lors d’un mariage au Japon. Rentré à New York, il s’installe dans le Lower East Side, quartier de ghetto, aux loyers bas où se trouvait la Knitting Factory , ancienne usine transformée en scène d’avant-garde. Cet ancien quartier de Juifs russes est devenu un quartier noir. Rudolf Giulani, maire de New York City, a expulsé les sans abri du cœur de New York dans les années 1990. Aujourd’hui le Lower East Side, l’East Village se sont embourgeoisés.

 

Dans les années 1980, Anthony Coleman s’est promené en Yougoslavie en touriste. Il y découvre les traces d’une vie juive disparue comme au port de Dubrovnik en Croatie (lire «  Un pont sur la Drina  » d’Ivo Andric, prix Nobel de littérature, pour saisir cette ambiance multiculturelle des Balkans à l’époque ottomane). Dans les années 1990, Anthony Coleman se tourne vers la musique des Blakans (sépharade et non plus ashkénaze comme le klezmer). Il joue avec le « sepharadic tinge » en allusion au « spanish tinge » de Jelly Roll Morton.

 

Anthony Coleman a mené un deuxième projet « Self Haters », ceux qui se haïssent eux-mêmes, en référence aux écrits de Philip Roth (« Portnoy et son complexe », « La tache »). Il fait allusion à ses parents qui ont tout fait pour s’américaniser, ont changé de nom pour ne plus apparaître visiblement Juifs. Coleman reprend l’image du flâneur chère à Walter Benjamin ( lire « Paris, capitale du XIX° siècle ») qui rencontre le passé par accident dans la ville moderne.

 

Dans la « Old Knitting Factory » (remplacée aujourd’hui par la « New Knitting Factory »), le mouvement « Radical Jewish Culture » organisait des fêtes pour Pessah, la Pâque juive qui célèbre la sortie des  Hébreux d’Egypte sous la conduite de Moïse (« Moïse a fait errer les Hébreux quarante ans dans le désert pour les emmener dans le seul pays du Proche Orient où il n’y a pas de pétrole » Golda Meir). La Hagadah , récit de ce voyage, est reliée à l’actualité politique du moment.

 

Poussant plus loin encore la recherche des racines, ce mouvement radical a plongé dans la tradition ésotérique, mystique juive. Cela se voit dans certaines pochettes d’albums de la collection « Radical Jewish Culture » de John Zorn sur le label Tzadik. Ce lien avait déjà été fait par des artistes de la Beat Generation comme le poète Allen Ginsberg dont le poème « Kaddish » est dédié à sa mère.

 

Radical signifie une esthétique radicale pour John Zorn, une politique radicale ( des Américains libéraux donc de gauche) pour Marc Ribot, un retour aux racines comme Frank London dont les pochettes d’albums sont illustrées par des photographies de cérémonies prises dans des familles juives.

 

En conclusion, « Masada » de John Zorn ou le projet d’une nouvelle musique juive du XX° siècle. Puisque le Jazz est passé en 40 ans de Jelly Roll Morton à Cecil Taylor (rien que pour les pianistes), pourquoi la musique juive ne pourrait-elle en faire autant ? L’iconographie des albums reprend celle des manuscrits de la Mer Morte (les plus anciennes versions de la Bible qui nous soient parvenus). Masada, c’est le nom d’une forteresse en Judée où, en 70 ap. JC, les derniers soldats Juifs préfèrèrent se suicider plutôt que de se rendre aux centurions romains. Ce récit nous est parvenu par Flavius Josèphe, Juif pieux qui se mit au service de Rome et écrivit en latin. Aujourd’hui, Masada est un symbole de la droite nationaliste israélienne. L’usage de Masada en musique fait débat chez des musiciens, plutôt marqués à gauche. Pour John Zorn, c’est un combat culturel, pas politique.

 

Après ces notes, éclairantes, je l’espère, allez découvrir cette exposition, prenez votre casque à l’entrée et gorgez vous d’images et de sons de cette avant-garde new yorkaise qui marque encore aujourd’hui la musique d’improvisation. Après les Noirs, les Juifs forment la communauté qui a le plus apporté au Jazz. Le mouvement Radical Jewish Culture est le premier à revendiquer fièrement cette identité tout en l'ouvrant au maximum. Savoir d'où l'on vient pour ne pas se perdre en chemin.

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Wayne Shorter Roi de la Défense

Publié le par Guillaume Lagrée

 

 

Paris. Esplanade de la Défense.

Festival de Jazz de la Défense.

Samedi 26 juin 2010. 20h.

 

 

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La photographie de Brian Blade est l'oeuvre du Romantique Juan Carlos HERNANDEZ.

 

 

 

Les noms des lauréats du Concours de Jazz de la Défense ont été annoncés en début de soirée.Ce concours récompense les jeunes espoirs du Jazz français depuis 1977. Le trompettiste Eric Le Lann fit partie des premiers lauréats.

 

 

Voici ceux de 2010:

 

 

 

Composition

2e prix:

Sébastien Palisse, accordéoniste du groupe " Papanosh "pour le titre " Papanosh ".

1er prix:

Yoann Durand, saxophoniste du groupe " Irène "pour le titre " S "

 

Instruments

3e prix:

Adrien Daoud, saxophoniste ténor

2e prix:

Thibault Dufoy, pianiste

1er prix:

Benoît Lavollée, vibraphoniste, marimbiste

 

Groupes

3e prix:

Lunatic Toys

2e prix:

Papanosh

1er prix:

Irène

 

Il faudra suivre les heureux lauréats pour s'assurer qu'ils sont dignes de la confiance placée en eux.

 

Première partie

 

Rabih Abou Khalil: oud

Joachim Kuhn: piano, saxophone alto

?: batterie

 

Ce concert m'a tellement ennuyé voire agacé qu'à partir du troisème morceau je me suis replongé dans la lecture du " Journal inutile . 1968 - 1972 " de Paul Morand. C'est très méchant, comme livre.

 

Deuxième partie

 

Wayne Shorter: saxophones ténor, soprano

Danilo Perez: piano

John Patitucci: contrebasse

Brian Blade: batterie

 

Après le Purgatoire, le Paradis. Le quartet de Wayne Shorter entre en action. La magie du son est là dès les premières notes. La rythmique pulse et Wayne plane rendant le temps élastique. Une expérience de physique musicale. Il fait très chaud et sec ce soir à Paris. Pas de problème pour un concert en plein air à 22h. Quel doux balancement. L'art de vous emmener dans des pays où l'on n'arrive jamais. Une mère tient sa fille de 5 ans (à vue d'oeil) entre se sjambes; même coupe de cheveux, mêmes lunettes, même nez, même attention à la musique. La musique s'agite, devient plus libre. C'est un désordre organisé, ressenti et millimétré. Le quartet monte en puissance. Attention au décollage! Ca redescend en vagues par courants et contre courants. " C'est un peu expérimental " dit une jeune fille qui découvre cette musique manifestement. Nous sommes assis, debout sur l'esplanade Charles de Gaulle à la Défense. Il y a du peuple et de la joie. Au tour de la rythmique de partir. Piano aérien, gros son souple de la contrebasse qui vibre dans le ventre; Le batteur place ses hachures avec délice. Wayne nous surprend dans ses boucles de mage. 77 ans et il envoie toujours. Le groupe sait faire vibrer la foule. Il y a du métier.

 

Intro du batteur. Le piano dialogue avec lui. Cela fait chute d'eau. Au tour du contrebassiste de dialoguer avec le batteur en douceur. Le chant du saxophone ténor s'élève au milieu des tours de la Défense. Cette musique si urbaine, sophistiquées coule de source. Ca swingue grave, viril et actif. Puis ça se décale, devient du beau bizarre, bref du Wayne Shorter. Ils alternent des airs d'apparence simple, presque sifflables et des moments d'évasion hors des sentiers battus. Nous ne sommes ni perdus ni en terrain connu. Wayne est passé au chant d'oiseau du soprano. C'est magique, mystique, érotique, rythmique, mélodique bref du Grand Jazz. Tiens, une petite citation d'un standard " There will never be another You " au soprano. Il le hache menu, le reviste de fond en comble, l'abandonne. Ils nous emmènent loin mais le public suit. Très beau dialogue entre les cordes sous l'archet et le tapotis des tambours sous les maillets. Ca part en vrille entre le soprano qui perce et le batteur qui frappe. Certains spectateurs s'enfuient, effrayés par tant de liberté. Retour à un air plus simple du moins en apparence. Les apparences sont trompeuses. Wayne Shorter a le visage bleu sous les projecteurs. C'est dire si cet homme respire le Blues et expire des Blue Notes.

 

De ses 8 années chez Miles Davis (1963-1970), Wayne a retenu divers trucs dont celui d'enchaîner les morceaux sans attendre la fin des applaudissements pour ne jamais relâcher la pression et assurer la mise en place du groupe à l'abri des mains des spectateurs. Une sorte de ballade aérienne s'élève. Les Dieux se mettent au rythme de la musique et un vent doux se lève sur la Défense. Le batteur, barman de sons (Jean Cocteau), est aux balais. Il distille ses effets. Retour au soprano. Quelles volutes! Ca devient sautillant, swinguant, joyeux mais toujours avec cet art du décalage propre aux grands boxeurs et aux grands jazzmen. La frappe vous surprend toujours. Derrière le chef qui s'envole, la rythmique pousse fort. Ca devient vite énorme. Des jeunes gens de 20 ans restent debouts scotchés par l'énergie d'un homme de 77 ans. Wayne Shorter ne joue pas de la musique de grand-père, c'est clair. Après une brève phase calme, ça repart sur une grosse impulsion de la contrebasse ponctuée par la batterie et les cris du soprano. Il me semble reconnaître " Joy Rider " un album qui figurait dans la discothèque de mon père quand j'ai eu l'âge de découvrir le Jazz.

 

Rappel

 

Une ballade pour calmer le public un peu chaud. Au soprano. Je déguste, je savoure et je vous laisse là, lecteurs attentifs, lectrices curieuses.

 

Au festival de Jazz de la Défense, tous les concerts sont gratuits. Merci au Conseil général des Hauts de Seine de faire si bon usage des deniers publics.

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A bout de souffle reprend le large

Publié le par Guillaume Lagrée

 

 

 

 

" A bout de souffle " du cinéaste suisse Jean Luc Godard est de retour dans les cinémas français, en version restaurée.

 

Un film culte pour les amateurs de Jazz au même titre que " Shadows " de John Cassavetes sorti lui aussi en 1960 (B.O de Charles Mingus).

 

D'abord la mise en scène et le jeu des acteurs sont dignes du Free Jazz qui naît lui aussi en 1960: tournage en lumière naturelle, caméra sur l'épaule, dialogues dans une langue brute, vivante (Godard a renoncé à tourner une adaptation du " Voyage au bout de la nuit " de Louis Ferdinand Céline), scenario écrit jour après jour, découverte de Jean Paul Belmondo à qui ses professeurs du Conservatoire prédisaient un avenir de hallebardier dans les théâtres de province et de Jean Seberg, une blonde américaine à l'opposé des starlettes d'Hollywood.

 

Ensuite il y a la musique de Martial Solal.  Jean Luc Godard voulait du banjo en fond sonore. Martial Solal amena un orchestre et créa une musique en parfaite fusion avec les images.

 

A voir et à revoir sur grand écran en ce moment.

 

  " Dans l'histoire du cinéma, seuls quelques rares films peuvent véritablement être qualifiés de " révolutionnaires " et A bout de souffle de Godard en fait partie. "

Martin Scorsese.

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Un CD à gagner

Publié le par Guillaume Lagrée

 

 

Lecteurs avisés, lectrices perspicaces, aucun(e) d'entre vous n'a encore trouvé à quel Grand Jazzman fait allusion le titre de ce blog:

 

le Jars Jase Jazz

 

Le jeu se poursuit donc.

 

Le premier, la première à trouver gagnera un CD parmi ceux chroniqués sur ce blog.

 

Soit l'objet sera remis en mains propres à Paris soit il sera envoyé à l'heureux gagnant ou l'heureuse gagnante par courrier postal.

 

A vous de jouer.

 

Bonne chance!

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Fête de la Musique à Paris: de Genève à New York via Bobo Dioulasso

Publié le par Guillaume Lagrée

Paris. Lundi 21 juin 2010. Fête de la Musique.

 

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La photographie de la Tour Eiffel est l'oeuvre de l'Helvétique Juan Carlos HERNANDEZ.

 

 

Ambassade de Suisse

. 19h30 – 20h30.

 

L’O de Lune

 

Nathalie Jeannet : chant

Nicolas Teuscher : guitare basse électrique, paroles, musique

Gilles Biard : guitare électrique

 

J’ai pris ce concert en cours de route. Je sortais du travail et j’étais venu pour le concert suivant, celui du quartet de Pascal Schaer.

 

« Cœur de pierres ponces ». Je n’ai pas compris les paroles, en français pourtant, mais la musique est charmante.

 

« La femme des uns sous le corps des autres » (Serge Gainsbourg). Cette chanson figure sur le premier album de Serge Gainsbourg « Du chant à la une » (1958). Un petit bijou qui dure, dans une version bien enlevée. Ce trio rappelle celui de l’album « Confidentiel » de Serge Gainsbourg en 1962 avec Michel Gaudry à la contrebasse et Elek Bacsik à la guitare pour la phase la plus Jazz de sa carrière.

 

Coup de chance. Le soleil est revenu sur Paris. La soirée est douce, propice à la musique. « Martin », jolie musique jazzy mais je ne comprends pas les paroles. Ca doit être de la poésie hermétique suisse.

 

Alternant compositions personnelles et grands classiques de la chanson française, le trio enchaîne sur « Les bancs publics » de Georges Brassens. Le public, lui, ne quitte pas ses chaises.

 

« Mon voisin m’a dit ». Une histoire de séduction entre une demoiselle et son voisin. C’est charmant, délicieux même.

 

Pascal Schaer Quartet.

 

Pascal Schaer : cor des Alpes, trombone

Yann Gordon Lennox : cor des Alpes, trompette

Cyril Moulas : guitare électrique

Baba Konaté : percussions

 

Un microphone sur une petite scène pour un cor des Alpes, est-ce bien raisonnable ? Deux cors des Alpes, un blanc et un noir, ça intrigue les enfants. 3 filles et un garçon de 6 ans environ se mettent au premier rang pour ne rien manquer du spectacle.

 

Le premier morceau est un air traditionnel suisse joué à deux cors des Alpes. Ca parle d’un alpage. Pascal Schaer joue du cor blanc, son complice du cor noir. Pas de doute, bien qu’il soit en bois (sapin de montagne évidemment), que sa forme soit étrange, le cor des Alpes est un cor. Le son est nostalgique, ce son qui disait-on en France sous l’Ancien Régime suffisait à faire déserter les mercenaires suisses sur le champ de bataille, pris par la nostalgie du pays natal. Ca sonne vraiment ancien et alpin. Un souffle d’air pur descend des montagnes de Suisse sur Paris.

 

« Techno cor », un morceau plus moderne a priori. Démarrage aux percus. Le cor sonne comme un trombone, haché, swinguant. La guitare vient s’ajouter dessus et ça balance. Décidément, le métissage du Jazz n’a pas fini de me surprendre entre Suisse, Afrique et Amérique ce soir. D’ailleurs, ça marche. Dans le public, un vieux Monsieur moustachu sourit et dodeline du chef. Après le petit tambour entre les jambes, le percussionniste cale un autre petit tambour sous son aisselle gauche. Solo de cor qui grogne, crache, vibre, pétarade. Le groupe repart avec les deux cors se répondant, la guitare sonnant africaine bien que jouée par un Blanc, le rythme impeccable du tambour. Le son de la guitare devient plus saturé, plus amplifié, plus contemporain. Ca devient assez barré tout en restant coordonné. Le vieux Monsieur à côté de moi était parti pour écouter du classique à l’église Saint Louis des Invalides. Finalement, il reste écouter du Jazz helvéto-burkinabé. Solo de percussions plein de vibrations en ondes positives avec le petit tambour sous l’aisselle et une baguette courbe qui le fait vibrer. Le groupe repart sur la mélodie. C’est un public de musique classique. Il n’applaudit pas les soli. Il attend la fin du morceau pour applaudir. Nous sommes rue de Grenelle, dans le 7e arrondissement de Paris, que diantre ! Une petite fille au premier rang joue des percussions sur ses cuisses. Une vocation de musicienne naitrait-elle ?

 

« Bicorbop » est un peu inspiré du Be Bop d’après son compositeur Pascal Schaer. Guitare et percus lancent le swing. L’autre corniste est passé à la trompette. Ca sonne plus Jazz mais toujours avec cette couleur particulière du cor des Alpes. Trompette, guitare qui fait la basse, percus. Ca balance chez les Suisses, ou bien ! Les enfants et les personnes âgées sont captivés, les adultes et les adolescents ont plus de mal mais ils suivent. Citation de « Tequila » au cor des Alpes ! Pascal Schaer peut aussi faire sonner son instrument comme un  didgeridoo des Aborigènes australiens. D’ailleurs, le cor des Alpes et le didgeridoo sont des instruments parents. Duo guitare/tambour. Que du bonheur ! Ca sonne afro-cubain tout à coup. Solo du grand tambour calé entre les jambes de Baba Konaté. La peau chante sous ses mains. Ca vibre dans le ventre du spectateur. Il fait monter et descendre la pression à merveille, envoûtant le public.

 

« Blues for Ali », hommage au guitariste malien Ali Farka Touré. Mon voisin s’est décidé à partir aux Invalides. La musique ne semblait pas l’avoir blessé pourtant. Pascal Schaer prend son trombone à coulisse. Guitare et percussions frottées entre les mains. Jeu de trombone wah wah. La Jungle de Duke Ellington rend hommage à la brousse africaine. Ca swingue chaleureusement avec le feeling africain de la guitare et du tambour. Beau jeu de questions/réponses entre guitariste et percussionniste. Le vent du désert souffle sur les alpages suisses.

 

Pour découvrir des cors des Alpes s'ébattant dans leur milieu naturel, je vous invite à aller à Nendaz, dans le canton du Valais en Suisse. Bon voyage.

 

Après cette première partie de soirée enchanteresse, je suis allé au Musée d’Art et d’Histoire du Judaïsme pour l’exposition Radical Jewish Culture. L’exposition est très intéressante. J’y reviendrai dans une autre chronique après l’avoir parcouru plus en détail. Pour cette soirée spéciale, des films étaient projetés dans la cour de ce superbe hôtel particulier du XVII° siècle, ancienne propriété de la famille Rotschild, volée par l’occupant et ses collaborateurs entre 1940 et 1944, restituée suite aux travaux de la commission Matteoli et offerte par la famille Rotschild pour y créer ce musée. Il s’agissait donc de films mettant en scène John Zorn et ses complices, l’avant-garde new yorkaise du début des années 1990. Au bout de 15mn d’agression sonore et visuelle permanente, je suis parti. Je ne suis pas assez snob pour être masochiste. N’ayant pas la possibilité de riposter à cette agression, j’ai choisi la fuite. Sans remord ni regret.

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Marc Buronfosse Sounds Quartet en concert au 38 Riv

Publié le par Guillaume Lagrée

Marc Buronfosse Quartet. Paris. Le 38 Riv’

Mercredi 16 juin 2010. 20h30.

 

 

 

Marc Buronfosse : contrebasse, compositions, arrangements

Jean Charles Richard : saxophones soprano, baryton, flûtes bansouri, simsin

Benjamin Moussay : piano, claviers électroniques

Antoine Banville : batterie, percussions

 

Je découvre le 38 riv’ sis au 38 rue de Rivoli, 75004 Paris, métro Hôtel de Ville. C’est une cave voûtée en pierre au deuxième sous sol de l’immeuble. Aucun risque de réveiller les voisins. Par contre, la tradition parisienne du club de Jazz à la climatisation glaciale, aux chaises inconfortables et aux issues de secours contraires à toutes les normes en vigueur est bien maintenue. Dans le bon sens, l’entrée n’est pas chère (12€ maxi), les boissons et les sandwiches frais non plus. Début du concert à 21h07 pour un horaire affiché de 20h30. Les Jazzmen maintiennent en Occident une conception africaine du temps.

 

Solo de contrebasse en introduction. Grave et mat. Le son rebondit sur les pierres de la cave. Piano et batterie viennent s’ajouter pour créer l’ambiance. Le soprano vient ajouter ses volutes acidulées. Passage assez free puis retour au calme avec la rythmique. La contrebasse s’ancre dans le ventre. Une jolie mélodie chaloupée s’élève. D’ailleurs Jean Charles Richard nous fait le chant des goélands au dessus du navire. C’était « Mirrors ».

 

« The cherry tree » en hommage à Don Cherry. Démarrage flûte/contrebasse. DJ Benji vient ajouter des sonorités électroniques étranges qui répondent au chant de la flûte. Antoine Banville joue des percussions sur sa batterie. Musique suspendue entre Ciel et Terre comme celle de Don Cherry. Du Jazz sous influence africaine, orientale, universelle et galactique. Ca pulse bien. Jean Charles passe au baryton. Antoine est passé aux baguettes sur la batterie. La musique devient plus terrestre, ancrée mais toujours vive, passionnée. Benjamin est au piano. Ca c’est du Jazz et du meilleur. Retour à la petite mélodie de départ. Les sons électro se mêlent à la flûte. Fin.

 

« AOC » : « A Ornette Coleman ». Rien à voir avec le vin. D’ailleurs, pour le vin, on dit aujourd’hui AOP (Appellation d’Origine Protégée). Démarrage énergique batterie/soprano. C’est plutôt Free en effet. Toujours ce gros son de contrebasse qui vibre dans le ventre. Pas facile d’entendre le piano. Jean Charles fait barrir son sax soprano. Le piano a un son de bastringue. C’est curieux sur ce jazz moderne, lyrique, énergique. Belle montée en puissance orchestrée par le piano. Benjamin emmène la rythmique dans une autre direction, creusant, avançant, tirant, impulsant. Nom de Zeus, c’est bon ! La contrebasse est toujours ancrée et la batterie hache, pulse. Antoine tient ses baguettes la main avancée sur le manche. Est-cela qui lui donne ce son si spécial ? Jean Charles revient mettre son grano salis dans la sauce. Ca monte en puissance jusqu’au final.

 

DJ Benji commence à bidouiller, à faire des ondes brouillées. C’est bon comme les œufs du même nom. Pendant ce temps, Marc creuse sa contrebasse, faisant bondir les notes. Benjamin repasse au piano, très grave lui aussi. Antoine fait vibrer les cymbales aux maillets. Ambiance sombre et mystérieuse. Jean Charles vient alléger l’ensemble avec le son aigu du soprano. Antoine ajoute des bruitages avec des percussions bizarres. Puis DJ Benji revient avec ses sons électroniques à la Kubrik ’s Kub. Une mélodie s’élève, le tempo s’accélère. Cela tourne à la chevauchée fantasmagorique. Nous voilà embarqués dans le vaisseau spatial. Même le soprano part en voyage intersidéral. Ca se calme avec le retour du piano. Son très chaud, très mat de la contrebasse. Benjamin place quelques notes évanescentes et installe le silence autour de lui. Marc le rejoint pour habiller le silence des pas de velours de Madame la contrebasse. Un petit coup de baguettes sur les cymbales et le soprano entre dans la danse. Ca y monte comme disent les Savoyards. L’archet lance le mouvement, piano et batterie l’accompagnent. Le cri du soprano s’élève bien au dessus du plafond bas de la cave du 38 Riv’. L’impulsion repart avec la contrebasse en pizzicato. Le batteur nous fracasse. Ca pousse très fort. La rythmique repart. Benjamin brode énergiquement au piano. La contrebasse tisse sa toile, la batterie attaque sévère et, malgré cela, Benjamin s’échappe, s’envole. Nom de Zeus, ça joue ! JC souffle dans une petite flûte au son oriental. Ca doit être le simsin turc. Ca bourdonne. Moins que la vuvuzela sud africaine heureusement. Tel le Bolchevik  et son couteau, Antoine Banville tient une baguette entre ses dents. Retour à la belle mélodie flottante, évanescente au piano.

 

PAUSE

 

« 1, 2, 3, 4, 5. 1, 2, 3, 4, 5 » lance Marc. Démarrage groupé. Sax baryton. Antoine joue des mains sur ses tambours. C’est souple, grave, chaud. Ca balance bien. C’est dense, direct, puissant. La rythmique part. Le batteur hache menu, le contrebassiste pulse fort et Benjamin Moussay sautille, décolle, s’envole. Le baryton revient dans le jeu en arrière plan. La rythmique tourne maintenant autour de la contrebasse tonique. Benjamin s’amuse à bidouiller des sons dont il a le secret. C’était un Blues sériel, « Serial Blues », rien à voir avec un Serial Killer donc.

 

« Jennifer’s Mood » une ballade dédiée à une certaine Jennifer présente dans la salle. Ils ont intérêt à bien jouer ce morceau ! Le batteur est aux balais. La rythmique ronronne. C’est rêveur, romantique. Le soprano vient ajouter sa douce plainte à l’ensemble. Cela devient plus abrupt, plus énergique. Cette femme ne s’en laisse pas conter. Le piano sonne toujours bastringue en contraste avec la poésie, l’énergie du morceau.

 

D’après l’explication de Marc Buronfosse, la ligne de basse de ce morceau lui est venue lors d’un concert à Radio France puis le thème est venu se greffer dessus. Belle ligne de basse solide, virile. Autour le groupe tourne bien.

 

« Treize » soit 13 parties de 13mn pour conclure le 2e des 13 sets ! Ca commence comme une ballade mystérieuse par la rythmique. Son aérien du soprano. Antoine fait de jolis bruits avec ses percussions. Les cordes de la contrebasse font vibrer nos cordes sensibles. La rythmique ronronne de plaisir. Jean Charles vient ajouter la chaleur et la rondeur du saxophone baryton. C’est très beau. Cet air est un pur enchantement. Ca vous prend, vous enveloppe, vous emmène. Merci Messieurs.

 

Rappel

 

« Petite valse ». Une valse chaloupée, décalée. Le sax baryton est souple et chaud comme tout le groupe d’ailleurs. Morceau bref comme Pépin.

 

Au total, à partir d’un album plaisant, le quartet de Marc Buronfosse nous a offert un concert splendide. Je n’en attendais pas moins de musiciens de cette envergure. Mon attente ne fut pas déçue. Enfin, certaines spectatrices étaient aussi magnifiques que la musique.

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Mozart sort la nuit à Paris

Publié le par Guillaume Lagrée

 

 

« Mozart la nuit » par Antoine Hervé et Cie.

Paris. Théâtre du Châtelet. Lundi 14 juin 2010.21h.

 

 

Antoine Hervé

 

 

Antoine Hervé : piano

François Moutin : contrebasse

Louis Moutin : batterie

Médéric Collignon : bugle, cornet de poche, voix et bruitages

Véronique Wilmart : dispositif électronique

Maîtrise des Hauts de Seine

 

 

La photographie d'Antoine Hervé est l'oeuvre du Frétillant Juan Carlos HERNANDEZ.

 

 

 

Le chœur vient se ranger par ordre de taille du plus petit au plus grand derrière les musiciens.

Aux bruitages électroniques vient répondre le piano acoustique. Le rideau se lève et dévoile une maîtrise de 120 enfants (7 à 16 ans), la maîtrise des Hauts de Seine. Les frères Moutin entrent eux aussi dans la danse. Le liant de la chorale s’oppose aux cassures du groupe de Jazz. Un air de Mozart joué par une rythmique de Jazz, c’est une petite gourmandise sucrée et délicieuse garantie sans calorie. Par un glissement élégant, la rythmique passe de Mozart au Jazz tout en gardant la grâce. Médéric, au bugle, a mis la sourdine Harmon. Mozart devient bluesy. Le chœur répond au bugle et lycée de Versailles. Une nappe de sons électroniques vient nimber l’ensemble. Duo de conjoints entre piano et électro. Les frères Moutin ramènent le Jazz dans la place. Médéric sonne davisien en diable avec la sourdine.

 

Le chœur bavarde. D’un geste Antoine le fait taire. La pulsation électronique est relayée par la rythmique. La chorale scatte. Le chant mozartien devient haché, rythmé, Jazz. Des petites lumières s’allument près des visages des chanteurs comme des briquets dans un concert de variétés. Médéric se déchaîne, trafiquant le son de son cornet de poche. Louis Moutin hache menu ses cymbales. François pose les fondations et le chœur se place par-dessus. Médéric lance quelques notes au feeling hispanique. La rythmique tourne relax, bluesy installant l’attente. Médéric accompagne la maîtrise avec ses vocalises uniques. Dans son jeu de cornet passent des réminiscences du Miles Davis de  « Sketches of Spain ». La rythmique ronronne comme un gros chat aux pattes de velours. Le chœur s’envole par-dessus. Berceuse fort élégante ma foi. Le chef de chœur fait un beau travail en coordonnant ses élèves avec ces Jazzmen. La musique est très écrite mais il demeure une part d’improvisation. Médéric joue très appliqué et impliqué. Il joue même d’une sorte de flutiau bizarre.

 

La rythmique démarre franche et virile derrière une soprane en soliste. La musique est Jazz, pas le chant, mais ça colle. Un vieux Monsieur devant moi s’enfuit discrètement. Son petit fils doit chanter dans la Maîtrise et ne l’a pas prévenu du programme. Manifestement , il ne s’est pas remis de sa surprise. Médéric vient mouiller la musique avec son cornet au son trafiqué.

 

Antoine se lève pour scatter en duo avec Louis Moutin jouant des mains sur ses tambours. Ca marche. Le public bat la mesure. C’est l’intro du  Dies Irae du Requiem de Wolfgang Amadeus Mozart ! Le chœur se lance joyeusement. Le Dies Irae groove. Médéric souffle dans son délicat instrument. Le Dies Irae dies illa s’élève du chœur tout puissant. C’est le bazar organisé. Les choristes lancent leurs partitions en l’air. Médéric se lance dans des bruitages entre souffle et aigu. Il fait même le souffle du vent d’hiver dans les sapins enneigés. Grâce à la magie de la technologie, il lance sa voix en boucle et improvise par-dessus. « Extraordinaire » dit une voisine qui découvre le phénoménal Médéric Collignon. La rythmique swingue terrible. Médéric a repris son cornet magique, à mille parfums au moins. François fouille l’aigu de sa contrebasse alors que Louis malaxe à pleines mains ses tambours. Alliance de sonorités éloignées entre la rythmique Jazz, le cornet avec effet mouillé 70’s, l’électronique de Véronique et la chorale classique. Et pourtant ça colle.

 

RAPPEL

 

Reprise d’un morceau. Dialogue électro/piano pour commencer. Puis un bon gros swing de la rythmique. Il faut vraiment aimer Mozart pour le bousculer ainsi. Cela me rappelle ce que disait Alexandre Dumas père de l’Histoire : «  Certes je viole l’Histoire mais je lui fais de beaux enfants. ». Le chœur s’envole sur une rythmique bien ancrée nimbée d’électronique ; Médéric nous fait un solo de guitare électrique avec la voix. Cet homme a mille tours dans son sac comme ce flutiau coulissant avec lequel il joue. Ca finit comme ça.

 

RAPPEL

 

Le chœur est en pleine lumière. Ca swingue tranquille et énergique. Médéric monte le son pour se faire entendre avec le chœur. Les choristes portent tous une écharpe blanche. Ils ne sont pourtant pas magistrats ou avocats.

 

Une soirée fort divertissante et surprenante.Je n'ai pas pu interroger Mozart sur cette façon de revisiter sa musique mais quelque chose me dit qu'en homme libre il aurait aimé cette liberté.

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Antonio Carlos Jobim et la Bossa Nova par Jacques Vidal le 24 juin

Publié le par Guillaume Lagrée

Deuxième Concert Thématique 

 

 

 le   jeudi 24 juin   2010   à 20 heures
 

 

Antonio Carlos JOBIM  -  La Bossa Nova et le Jazz

 

 

Jazz Club de l'Abbaye  - 22 rue Jacob  - 75006 PARIS  

  Métro Saint-Germain-des-Prés

 

Soirée  présentée  par  Franck MEDIONI

 

 

Concert suivi d'une     discussion-débat et

 d'un Jazz Quiz sur la Bossa Nova

(qui permettra de repartir avec un cadeau).

 

 

Isabelle CARPENTIER chant

 Frédéric SYLVESTRE guitare  

 Jacques VIDAL contrebasse 

 Xavier DESANDRE-NAVARRE percussions

 

  et un invité-surprise

 

 

tarif plein 15 euros

étudiants 10 euros

 

 

 

www.jacquesvidal.com

 

 

Les thèmes à venir :

Charlie Parker, octobre 2010  -  La Contrebasse, décembre 2010  -  La Batterie  Le Free Jazz  -  Ella Fitzgerald  

Sonny Rollins etc...

 

 

 

Interview à consulter sur le site de la revue "Les Trois Coups" :

http://www.lestroiscoups.com/article-concerts-thematiques-a-l-abbaye-jazz-club-a-paris-entretien-avec-jacques-vidal-et-franck-medioni-realise-par-jean-fran-ois-picaut-49427545.html

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Sélection Jazz à Paris pour la Fête de la Musique 2010

Publié le par Guillaume Lagrée

 

Lectrices raffinées, lecteurs distingués, vous savez certainement qu'une invention française au succès mondial, la Fête de la Musique, aura lieu le lundi 21 juin 2010 pour fêter l'été.

Le programme indique pour Paris, Ile de France, France, 56 événements Jazz ce jour là.

 

 

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Comme vous l'avez deviné, lectrices distinguées, lecteurs raffinés, la photographie de la Tour Eiffel à Paris est l'oeuvre du Savoureux Juan Carlos HERNANDEZ.

 

 

J'ai retenu deux manifestations particulièrement originales à mon goût (partiel et partial je vous l'accorde):

- à 18h et à 19h30 à l'ambassade de Suisse, Etat dont mon honorable associé Juan Carlos HERNANDEZ est un sémillant ressortissant, le quatuor de Pascal Schaer mêlant cor des Alpes et percussions africaines. Il y a des vaches sur les hauteurs des Grisons qui ne s'en sont pas encore remises...

- de 17h à 0h, ouverture exceptionnelle de l'exposition Radical Jewish Culture au Musée d'Art et d'Histoire du Judaïsme. A partir de 22h, projection d'un film rare sur le leader de ce mouvement, le saxophoniste new yorkais John Zorn et quelques uns de ses complices dont le guitariste français Marc Ribot qui, lui, n'est pas Juif. L'importance des Juifs dans le Jazz est immense. Il doit y avoir des thèses là dessus. Si ce n'est pas fait, c'est à faire. C'est ce que les Américains appellent le " minority factor ". Quelques noms au hasard: Stan Getz, Benny Goodman (leader du premier groupe de Jazz mélangeant Blancs et Noirs aux USA), Eddy Rosner, Zoot SIms, Al Cohn, Lou Levy, Martial Solal, Lee Konitz, David Liebman...

David Liebman raconte cette histoire qui lui est arrivée en 1973 alors qu'il jouait dans le groupe de Miles Davis.

 

" Miles, qu'est ce que je fais dans ton groupe avec tous ces Noirs qui jouent du Funk alors que je suis un Blanc Juif New Yorkais qui joue du Jazz? "

" Les gens aiment voir tes doigts bouger vite sur le saxophone, Dave "

 

Ce n'est pas un hasard si les nazis qualifiaient le Jazz de musique dégénérée: le fruit du dialogue entre Noirs et Juifs aux Etats Unis d'Amérique sans compter les Manouches en Europe (Django Reinhardt et Cie) ne pouvait pas leur plaire.

 

 

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Jeu concours idiot

Publié le par Guillaume Lagrée

 

 

Subtils lecteurs, fines lectrices, le titre de ce blog est un clin d'oeil à un Grand Jazzman.

Lequel?

A vous de le deviner.

 

New York

 

 

La photographie de New York est l'oeuvre de l'Urbain Juan Carlos HERNANDEZ.

 

 

 

 

Le premier à trouver ne gagnera pas un voyage à New York pour 2  personnnes mais toute mon estime et ma considération ainsi qu'un album à choisir parmi ceux chroniqués sur ce blog.

 

Cet album sera remis à Paris, Ile de France, France par mes soins à l'heureux gagnant ou l'heureuse gagnante dans un sympathique estaminet.

 

Si le gagnant ou la gagnante habite quelque part entre Vladivostok et Tombouctou, c'est-à-dire très loin de Paris, nous nous arrangerons.

 

Aucun indice ne vous sera fourni.

A vous de jouer.

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