Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Le trio Move is de Thierry Péala captive le New Morning

Publié le par Guillaume Lagrée

 

Move is

Paris Le New Morning.

Mercredi 18 janvier 2012. 20h30.

Thierry Péala: voix, chant, scat en français, anglais, italien

Bruno Angelini: piano, compositions

Francesco Bearzatti: clarinette, saxophone ténor, compositions

 

Bruno Angelini

 

 

La photographie de Bruno Angelini est l'oeuvre du Profond  Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette photographie sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

 

Concert consacré à l’album « Move is », ballade musicale inspirée par le cinématographe.

 

Francesco prend sa clarinette. Bruno se lance en douceur sur le piano. La magie commence. Une chanson chantée comme seul sait les chanter Thierry Péala. Cela baigne dans la douceur et l’étrangeté. Bruno fournit la trame, Francesco les ornements et Thierry le fil conducteur. La musique vole délicieusement. Francesco fait des percussions sur sa clarinette alors que Thierry chante, scatte en prolongement des lignes du piano. Après quelques dérivations, la rivière de la musique reprend son cours, tranquille et puissant. Le New Morning est rempli. Tant mieux. Ils le méritent. Le public écoute attentivement. Cette musique dense impose le silence. C’était un morceau inspiré du film « Mortelle randonnée » de Claude Miller.

 

Suivent deux compositions inspirées par le cinéma italien. « Il fanfarone » d’après « Le fanfaron » de Dino Risi (« Il sorpasso » in italiano) puis « Umberto D » d’après le film éponyme de Vittorio de Sica.

 

Le fanfaron raconte une virée entre hommes, en voiture, avec Vittorio Gassman dans le rôle du fanfaron et Jean Louis Trintignant dans le rôle du jeune homme timide qui le suit jusqu’au bout de la vie. La musique se lance comme une Alfa Romeo ou une Lancia dans les virages. C’est Rome, l’Italie, l’été, la joie de vivre. Francesco, à la clarinette, brille. Le piano vrombit comme un moteur de belle italienne. La musique est comme le film, à la fois joyeuse et aigre. Une joie pure se termine par une chute brutale, comme celle de la voiture dans le ravin.

 

« Umberto D ». Francesco reste à la clarinette. Un vieil homme vit seul avec son chien. C’est le thème du film. C’est ce qu’évoque précisément la musique passant de la vivacité du chien au calme du vieil homme. C’est nostalgique à souhait comme un vieil homme solitaire.

 

« No spring for Marnie », hommage à Alfred Hitcock. Francesco passe au saxophone ténor. Solo de sax pour commencer grave, chaud, sinueux, langoureux, bref tout ce qu’il faut. La mélodie arrive, dansante, chantante. Ca sautille doucement, ça danse. Duo voix/sax ténor. Ca swingue sans rythmique. Ces gars là savent y faire. Le piano arrive amenant sa nappe grave. Solo de piano qui tourne autour de la mélodie. Puis le trio. Ca porte et transporte. Ca marche. Je chantonne avec eux alors que mon voisin de derrière tape du pied.

 

Hommage à Jean Seberg dans « A bout de souffle », un film de Jean Luc Godard, musique de Martial Solal, le film qui lança Jean-Paul Belmondo en 1959. Duo piano/chant. Une ballade triste. Il est vrai que le film n’est pas gai. Ca accélère. Ca nous enveloppe dans une douce inquiétude. Duo passionné entre piano et saxo. Ca se calme. On entend les voix de Jean Seberg et Jean-Paul Belmondo tirées du film. Bruno improvise au piano sur ces voix. Les derniers mots du film dits par Jean Seberg : « Qu’est ce que c’est dégueulasse ? » et le trio repart jusqu’au final.

 

« Gena » hommage à Gena Rowlands, actrice et épouse du cinéaste John Cassavetes pour son rôle dans « Gloria » de son mari. En 1959, la même année qu’A bout de souffle, John Cassavetes tournait « Shadows », autre film libre tourné en improvisant, caméra sur l’épaule, avec la musique de Charles Mingus. Solo de piano grave, impétueux en intro. Le piano plie mais ne rompt pas sous les assauts de Bruno Angelini. En tout cas, il est passé à la moulinette. Ce n’est pas mon style mais le public apprécie vivement. Le film raconte une course poursuite, la musique aussi. Francesco court avec Thierry et Bruno. Après un duo enflammé piano/saxo, retour au calme en trio. Puis ils repartent à l’attaque. Francesco fait cliqueter les clefs de son saxophone. Thierry et Bruno sont partis très vite, très loin.

 

PAUSE

 

Hommage à David Lynch, « Mulholland Drive », film entre rêve et cauchemar. David Lynch est un adepte de la méditation transcendentale. Ca s’entend. Cette musique nous offre de quoi méditer et nous transcender sans mage ni gourou. Francesco reste au sax ténor. Quelques notes sur les cordes du piano pour ajouter du mystère. Ca plane pour nous.

 

« Claude’s daughter » hommage de Bruno Angelini à Claude Debussy qui écrivit, pour sa fille Chouchou, Children’s corner. Sérieux puis drôle. Il y a des échos de Children’s corner dans cette musique, la joie, la vivacité, les facéties et la beauté bien sûr. Que du bonheur ! Francesco est toujours chaud au sax ténor. Que de bonnes vibrations entre la scène et la salle !

 

Hommage à Romy Schneider dans « L’important c’est d’aimer » d’Andrezj Zulawski. Francesco a repris la clarinette pour une chanson douce, tendre, triste mais sans larmoiements. Les trois fusionnent comme la Sainte Trinité ou l’huile trois en un selon que vous êtes chrétiens ou non, lectrices distinguées, lecteurs raffinés. Par ailleurs, je ne vous raconte pas les facéties de Thierry Péala sur scène. Allez à ses concerts pour en profiter, sacrebleu !

 

En voici une nouvelle, une dispute musicale entre le chanteur et le saxophoniste. Ca tonne, sonne, grogne, résonne. Le pianiste vient y mettre son grain de folie lui aussi. Ca démarre sur « Guardie e ladri » hommage à Mario Monicelli. Francesco se multiplie sur son sax ténor, entre tendresse, chaleur, humour. Ca joue ! Un morceau gai qui suit un morceau triste, c’est un bon changement d’ambiance.

 

« Una giornata particolare » d’Ettore Scola. Pendant que Napoloni et Hynkel (comme disait Charlie Chaplin dans « Le Dictateur ») paradent dans les rues de Rome, un homosexuel solitaire joué par Marcello Mastroianni et une mère de famille délaissée jouée par Sophia Loren se rencontrent dans un instant de paix, de grâce qui n’appartient qu’à eux et qui sera bientôt brisé. Cette chanson est en anglais malgré son thème. Ballade piano/voix. Le solo de sax ténor s’élève. Francesco Bearzatti est certainement bien plus intéressant à écouter que des saxophonistes plus célèbres et mieux payés comme Joshua Redman et James Carter. Fin surprise. Un blanc, le public comprend puis applaudit.

 

« Do the right thing » (a Spike Lee joint). De Rome à New York. Cela s’appelle ici “ Do it right “. Thierry démarre seul en scat, très funky. Francesco tape des mains, le public reprend. Francesco siffle en rythme. Quelques notes de piano. Sans basse ni batterie, tout cela est Superfunkycalifragisexy. Bonnes vibrations entre la scène et la salle. C’est la fête. Le public réputé difficile, exigeant du New Morning est conquis.

 

RAPPEL

Concert diffusé en direct sur TSF pour ceux qui ne pouvaient y assister.

 

« Into the wild ».  C’est l’histoire d’un mec, jeune, qui part seul à l’aventure vers le Grand Nord. Il meurt seul comprenant que, pour être heureux, il faut partager. Chanson en français malgré le thème. Une belle ballade nostalgique piano/voix. Le sax ténor arrive chaud, par vagues. Cela finit en paroxysme sonore.

 

Cela fait des années que je suis le trio de Thierry Péala, que je le vois grandir, mûrir. Enfin, ils jouent dans une grande salle, bénéficient d’un solide appui médiatique. Parmi tant de fausses valeurs, cela détonne et me fait grand plaisir. Faites vous plaisir aussi, écoutez les, lectrices exigeantes, lecteurs sélectifs.

 

Pour vous donner une idée de ce groupe sur scène, le voici au Duc des Lombards il y a bientôt deux ans dans un précédent concert de ce programme. Depuis, c'est bien mieux encore.

 

 

Partager cet article

Repost0

Boclé Brothers Keltic Tales " Crossfields "

Publié le par Guillaume Lagrée

Boclé Brothers Keltic Tales

" Crossfields "

Editions Absilone. Arts&Muses. 2010.

Jean Baptiste Boclé joue de l'orgue Hammond et du vibraphone, Gildas Boclé de la contrebasse et de la guitare (il photographie et filme aussi avec talent). Ils sont Bretons, frères et ils aiment raconter des histoires en musique. D'où leur groupe Keltic Tales qui n'en est pas à son premier album. Le dernier en date " Crossfields " rassemble plusieurs de leurs amis musiciens. dont les Bretons Jacques Pellen (guitare), Ronan Le Bars et Sylvain Barou (uiellan pipes), d'autres venus d'autres contrées comme Marcello Pellitteri, Manu Katché, Rodney Holmes à la batterie.

" La cornemuse est le seul instrument capable de faire peur à la guitare électrique " (Van Morrison). Ce n'est pas l'effet que procure la musique de cet album. Il mélange tranquillement la musique irlandaise,bretonne, le Jazz, la Soul. Les morceaux lents sont un peu mous à mon goût, les morceaux entraînants sont entraînants. C'est une musique d'agrément faite pour être agréable et efficace. Elle y réussit. Ne lui en demandons pas plus, lectrices tranquilles, lecteurs paisibles.

Le groupe sera en concert à la salle des fêtes de Monterblanc, Morbihan, Bretagne, France, le vendredi 10 février 2012 à 20h30.

Partager cet article

Repost0

Jean-Philippe Scali " Evidence "

Publié le par Guillaume Lagrée

Jean-Philippe Scali

" Evidence "

Abeille Musique. 2011.

Sortie le jeudi 23 février 2012.

Jean-Philippe Scali: saxophones alto, baryton, soprano

Julien Alour: trompette et bugle

Jerry Edwards: trombone

Adrien Chicot: piano et Fender Rhodes

Simon Tailleu: contrebasse

Manu Franchi: batterie

Invités sur les morceaux 3 et 4

François Théberge: saxophone ténor

Thomas Savy: clarinette basse

Bastien Ballaz: trombone

Stephan Carraci: vibraphone

Ah ça fait bien d'écouter du Jazz! Je veux dire du Swing, du Groove, des compositions personnelles, des cuivres qui pètent, une batterie et une contrebasse qui pulsent, un clavier qui vrombit, des reprises très originales. Dire du neuf sur " O when the saints " en 2011, chapeau bas, Messieurs! 

Un seul bémol, je n'ai pas du tout aimé la version des " Fables of Faubus " de Charles Mingus. Il n'empêche que cet album est un véritable enchantement. Il vous donne envie de chanter, de danser, de claquer des doigts, de battre des pieds. Il vous donne des fourmis dans les jambes, chaud au coeur et le sourire, surtout le sourire.

Ces jeunes musiciens français ont une connaissance intime, profonde de la musique noire américaine. Ils savent tout faire mais ils ne copient pas. Ils y mettent leur coeur, leur âme, ceux d'hommes d'aujourd'hui et ça sonne ici et maintenant.

Ouï ce que ça donne en studio, en concert, ce sera sûrement TERRIBLE! Justement, ce groupe présentera cet album en concert à Paris, au Sunside, le mercredi 14 et le jeudi 15 mars 2012 à 21h. Sauf cas de force majeure, j'y serai.

Place à l'artiste. Jean-Philippe Scali explique et joue sa musique. Et hop!

Partager cet article

Repost0

Où écouter Jean Charles Richard en janvier 2012?

Publié le par Guillaume Lagrée

Jean-Marie MACHADO "Danzas" 
Jean-Marie Machado (piano-compositions), Nicolas Larmignat (Batterie), Jean-Philippe Viret (contrebasse), Claus Stötter (trompette), Gueorgui Kornazov (trombone), François Thuillier (tuba), Stéphane Guillaume (flûtes), Didier Ithurssary (accordéon), Jean Charles Richard (saxophones)
Le 8 Janvier à 20h30,
StädtTische Bühnen, dans le cadre du Internationales JazzFestival Münster (Allemagne)
+
Jean-Benoît CULOT Trio
Jean-Benoît Culot (batterie), Priscilla Valdazo (contrebasse), Jean Charles Richard (saxophones)
Le 14 Janvier à 20h30,
La Porterne jazzClub, Caen
+
Solo "Faces" (extraits)
Le 31 Janvier à 19h
Les 3 baudets, 64 bd de Cichy, Paris 18ème , dans le cadre de Jazzpartage
Pour l'occasion, d'autres formations seront à mes côtés, il est possible que des rencontres impromptues s'organisent!
+
Diffusion radiophonique sur France Musique dans le "Matin des Musiciens" d'Arnaud Merlin
thème "Jan Garbarek"
Le 31 Janvier entre 11h et 12h30 sur France Musique
Cette émission sera accessible à l'écoute pendant une semaine sur le site de France Musiques, et 
également 
téléchargeable. (ou pour ceux qui aiment le franglais en streaming et podcastable!)
L'émission de décembre, consacrée à Dave Liebman est encore en ligne.
+
Le Souffle des Marquises Roman Musical de Muriel Bloch
Avec Michaela Stapleton (saxophone soprano), Anna Korbinska (alto), Camille Maussion (ténor) et Morgane Carnet (baryton) et Muriel Bloch (conte)
Mise en scène : Olivier Balazuc et Mise en Musique : Jean Charles Richard
Le 7 janvier à 18h
Salle du Citoyen à Lognes, Seine et Marne, Ile de France, France.

  &

Voici une vidéo de présentation de ce spectacle tout public :  http://vimeo.com/22239103

 



Partager cet article

Repost0

Elise Caron chante pour les petites oreilles à Sartrouville du 10 au 17 janvier

Publié le par Guillaume Lagrée

Elise-Caron.jpg

La photographie d'Elise Caron est l'oeuvre du Vocal Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette photographie sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

"Chansons pour les petites oreilles"
Elise Caron, voix - Christine Chazelle, piano et Michel Musseau, piano-jouet et scie musicale.



les 
mardi 10 janvier 2012 à 14h15 
jeudi 12 janvier 2012 à 10h et 14h15
vendredi 13 janvier 2012 à 10h et 14h15
samedi 14 janvier 2012 à 20h30 Tout public
lundi 16 janvier 2012 à 10h et 14h15
et mardi 17 janvier 2012 à 10h et 14h15 

au Théâtre de Sartrouville - Place Jacques Brel - 78505 Sartrouville 

ACCUEIL - BILLETTERIE
01 30 86 77 79 / resa@theatre-sartrouville.com

La preuve que ces chansons sont belles à tout âge, c'est que Jacques a cent ans.



Pour venir au Théâtre de Sartrouville
- venir en transports en commun, au départ de Paris
RER ligne A : direction Cergy/Poissy (15 mn d'Auber)
SNCF gare Saint-Lazare : direction Maisons-Laffitte/Cergy (20 mn)
- venir en bus depuis la Défense (35 mn) : bus ligne 272 / arrêt Clemenceau (retour jusqu'à 1 h du matin)
- aller de la gare de Sartrouville au Théâtre (15 mn)
navette gratuite : 1 h avant la représentation et toutes les 20 mn. Retour assuré après le spectacle
bus ligne 9 : arrêt Paul-Bert (jusqu'à 22 h) / bus ligne 5 : arrêt Théâtre (jusqu'à 20 h)
- venir en voiture depuis la Défense (25 mn)
par l'A86 : prendre direction Cergy-Pontoise/Colombes sortie 2B/Bezons, prendre à droite et franchir la Seine, suivre direction Bezons centre (D392). Après 3 km, à l'entrée d'Argenteuil, prendre à gauche au feu direction Sartrouville, traverser la voie ferrée puis à gauche (Théâtre à 200 m).

Partager cet article

Repost0

Miles Davis Quintet. Live in Europe 1967. The Bootleg Series. Vol.1

Publié le par Guillaume Lagrée

Miles Davis Quintet.

Live in Europe 1967. The Bootleg Series. Vol. 1

Legacy Recordings.  Sony Music. 2011.

Miles Davis: trompette

Wayne Shorter: saxophone ténor

Herbie Hancock: piano

Ron Carter: contrebasse

Tony Williams: batterie

Concerts enregistrés durant la tournée européenne de l'automne 1967 à Anvers, Copenhague, Paris, Karlsruhe, Stockholm.

 

Ron Carter

 

 

La photographie de Ron Carter est l'oeuvre du Prestigieux Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

 

Le second quintette historique de Miles Davis, après celui avec John Coltrane entre 1956 et 1960, dura de 1964 à 1968 et fut le petit groupe le plus créatif de l'histoire du Jazz comme le dit Antoine Hervé que j'approuve entièrement. Ce fut son dernier groupe entièrement acoustique. Cette musique était arrivée à un tel degré de sophistication que, pour se renouveler, Miles Davis changea à la fois de musiciens et d'instrumentation en succombant aux charmes de la Fée Electricité.

Le quintette de Miles Davis en 1967 était composé des cinq éléments suivants: le Feu (Tony Williams), la Terre (Ron Carter), l'Eau (Herbie Hancock), l'Air (Wayne Shorter) et le Sorcier, le Prince des ténèbres (Miles Davis). Sorcerer, Prince of Darkness sont deux titres de l'album Sorcerer enregistré par ce quintette et qui restent comme surnoms à Miles plus de vingt ans après sa mort.

Sur scène, le groupe mêlait des standards anciens comme Walkin', Round about Midnight et des compositions nouvelles Agitation, Footprints qui illustre cet article comme extrait sonore. Le résultat est d'une beauté vertigineuse, à vous rendre fou tant le quintette est créatif, soudé, les morceaux s'enchaînant sans pause, sans temps mort dans une suite orchestrale où chaque concert était l'occasion de réinventer à partir de thèmes connus. Sans vous en apercevoir, ils vous perdent rythmiquement, hamoniquement, mélodiquement pour vous emmener vers des contrées d'eux seuls connus et dont vous ne reviendrez que lorsqu'ils l'auront décidé.

Avec ce coffret, 3 CD de musique + 1 DVD, l'auditeur, le spectateur peut comparer les versions, rester ébloui par la puissance de Tony Williams qui ne marque jamais le beat mais ne le manque jamais non plus, par l'ancrage de Ron Carter au son rond et souple, par la fluidité aquatique du jeu d'Herbie Hancock, la souplesse du souffle de Wayne Shorter passant du cri au murmure en un instant et, enfin, par la maîtrise de Miles Davis qui met tous ces génies ensemble au service de la musique pour la rendre toujours plus belle, plus surprenante, plus éblouissante.

En toute subjectivité française et parisienne, j'estime que le concert à Paris, Salle Pleyel, le 6 novembre 1967, lors du Paris Jazz Festival, est le meilleur du lot. Je l'avais déjà mais amputé des deux premiers morceaux (Agitation et Footprints) soit plus de 16mn de musique. Avec de tels musiciens, il ne faut pas en perdre une seconde. Si vous trouvez dans une bibliothèque l'édition du quotidien français Le Monde de l'époque, vous y lirez une superbe chronique de ce concert par le philosophe et critique Lucien Malson. Toute comme cette musique, elle n'a rien perdu de sa valeur.

Il s'agit du premier volume de ces Bootleg Series. Merci à mon frère préféré de me l'avoir offert. Qu'est ce qu'ils vont pouvoir nous sortir pour le 2e? 

Voici ce que ce quintette donnait sur scène en 1967. Il y a encore des Jazzmen aujourd'hui qui cherchent à approcher ce son. Ils cherchent encore.

Partager cet article

Repost0

Edouard Ferlet en concert piano solo: Upside Bach

Publié le par Guillaume Lagrée

Le pianiste Edouard Ferlet, photographié ici par le Passeur  Juan Carlos HERNANDEZ, se lance dans un nouveau projet solo autour de Johann Sebastian Bach.

Edouard Ferlet

L'utilisation de cette photographie sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civile et pénales.

JS Bach est une source d'inspiration inépuisable notamment pour les pianistes de Jazz comme l'a montré encore récemment Dan Tepfer avec ses Variations sur les Variations Goldberg.

Pour écouter la version d'Edouard Ferlet, il vous suffit de le suivre.

Concerts:
• Mardi 10 janvier 2012 Radio France Paris
• Dimanche 15 janvier AJMI Avignon
• Samedi 21 janvier amphithéâtre de l'opéra de Lyon
•  Samedi 11 février au SUNSET Paris
• Mercredi 16 mai  Salle Gaveau - Paris
•  Samedi 28 juillet Festival de Champallement, en Bourgogne, France.
• Master Class à Cluny, Bourgogne, France, lundi 20- samedi 25 août 2012
• sortie de l'album sur Mélisse automne 2012

Partager cet article

Repost0

Jazzoduc New York-Paris: Alan Broadbent Trio: "Live at Giannelli Square: Volume I "

Publié le par Guillaume Lagrée

Alan Broadbent Trio

" Live at Giannelli Square "

Broadbent Music.  Chilly Bin Records. 2010.

Alan Broadbent: piano

Putter Smith: contrebasse

Kendall Kay: batterie

Alan Broadbent, pianiste néo zélandais, vivant à New York, a enregistré cet album à Los Angeles, à Giannelli Square en 2010 aux Etats-Unis d'Amérique. J'en ai eu connaissance fin 2011 par mon honorable associé  Juan Carlos Hernandez, auteur de la photographie d'Alan Broadbent qui illustre cet article, qui vit à Genève en Suisse alors que je vis à Paris en France. Ce sont les charmes du monde mondialisé dans lequel nous vivons.

Alan Broadbent

Toute utilisation de cette photographie sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

Que dit  Le Nouveau Dictionnaire du Jazz à propos d'Alan Broadbent? Qu'il est né à Auckland, Nouvelle Zélande le 24 avril 1947, qu'après ses études de musique à Auckland, il est parti aux Etats Unis d'Amérique en 1966 pour suivre les cours de la Berklee School of Music et du pianiste Lennie Tristano, le maître de Lee Konitz, de Lenny Popkin et de tant d'autres. Cet article nous apprend surtout qu'Alan Broadbent est un accompagnateur recherché: pianiste du Quartet West du contrebassiste Charlie Haden, arrangeur et directeur musical pour des chanteuses comme Diana Krall, Nathalie Cole, Diane Schuur, Shirley Horn, pianiste pour Nelson Riddle, Henry Mancini (l'auteur du thème de la Panthère rose avec ce fameux solo de saxophone baryton),Johny Mandel, Mel Tormé et l'Orchestre philarmonique d'Israël.

Bref, Alan Broadbent est un maître discret, un musicien qui connaît la musique de fond en comble. Un toucher et une maîtrise de musicien classique, un Swing de Jazzman.  " Architecte de lignes pures, racées, limpides, il développe un jeu aux directions affirmées. Alors que son toucher l'inscrirait dans la tradition de Bill Evans, la richesse de son discours doit surtout à sa connaissance de l'art des grands souffleurs " (Xavier Daverat in Le Nouveau Dictionnaire du Jazz).

Ceci étant écrit, que contient cet album enregistré en concert, en trio? Des standards et des compositions personnelles qui ressemblent à des standards. Ainsi le morceau qui illustre cet article,  " I'll be alright " reprend les derniers mots du pianiste Bud Powell. Le trio est soudé comme la Sainte Trinité mais bien sous la direction du pianiste. Il ne se prend pas pour Dieu le Père mais il conduit la manoeuvre en capitaine du navire. C'est une musique élégante, raffinée, subtile, touchante qui sait aussi se faire puissante (cf le morceau cité). C'est du miel pour les oreilles. Ce sont des techniciens qui mettent la technique au service de la musique. Des hommes mûrs qui nous transmettent leur expérience. D'ailleurs, ce n'est pas de la musique que nous entendons, c'est la vie même. C'est ce qui fait l'intérêt de l'art. Capter des émotions, les catalyser, les transmettre au public pour l'améliorer, le transformer. Sinon, ce n'est que de la démonstration.

Alan Broadbent est un musicien reconnu aux Etats-Unis d'Amérique (deux Grammy Awards, tout de même), méconnu en France. Qu'attendent les programmateurs des clubs et festivals français de Jazz pour le programmer, nom de Zeus? La sortie du volume II du Live at Giannelli Square?

En attendant de savourer ce trio de ce coté-ci de l'Océan Atlantique, à Paris par exemple, le voici en concert à New York au Kitano (le batteur a changé par rapport à l'album). Profitez en pleinement, délicieuses lectrices, savoureux lecteurs.

Partager cet article

Repost0

Electric Miles A Different Kind of Blue

Publié le par Guillaume Lagrée

Electric Miles: A Different Kind of Blue

Eagle Vision. 2004.

Après des années de stabilité avec son quintette acoustique, Miles Davis bouleverse tout en passant à l'instrumentation électrique à partir de 1968 et surtout 1969. L'instrumentation change, les musiciens du groupe aussi. Surtout Miles Davis quitte le monde clos du Jazz pour devenir une Pop Star. Il joue au Fillmore East en mars 1970 (cf illustration sonore de cet article) et le 29 août 1970, il joue dans le dernier grand festival rock des années 60, sur l'île de Wight en Angleterre, devant 600 000 personnes. D'où la chanson de Michel Delpech " Wight is Wight, Dylan is Dylan ".

Jamais aucun Jazzman n'avait joué devant autant de spectateurs. Cela ne s'est jamais revu depuis. Le concert dura 35 mn. Rien d'autre à ajouter. En sortant de scène, un journaliste demanda à Miles: " How do You call this music? " " Call it anything " fut sa réponse.

Le groupe était alors composé de Miles Davis (trompette), Gary Bartz (saxophones), Chick Corea (Fender Rhodes), Keith Jarrett (orgue), Dave Holland (guitare basse électrique), Jack de Johnette (batterie), Airto Moreira (percussions). 

Le premier intérêt de ce DVD est de voir et écouter ce concert dans son intégralité et de ressentir une part du choc des 600 000 spectateurs hypnotisés par la puissance de cette musique.

Le second est la contextualisation de cette musique grâce au témoignage de tous les musiciens du groupe sauf Miles, mort en 1991. Même Keith Jarrett parle! Pour dire qu'il détestait jouer des claviers électriques mais que, pour Miles, il aurait fait n'importe quoi. La paie que lui versait Miles a dû compter aussi, même s'il ne le dit pas.

Il y a aussi les témoignages des musiciens qui jouèrent avec Miles, une confrérie comme dit Herbie Hancock. Il y a là Pete Cosey (guitare), Mtume (percussions) et  Dave Liebman (saxophones) qui jouèrent ensemble avec Miles de 1972 à 1975 pour les premiers, de 1972 à 1974 pour le troisiième. Ils parlent et jouent pour Miles.

Il y a de plus le témoignage de Joni Mitchell qui jouait et chantait à l'île de Wight qui explique en riant que Miles ne savait quoi faire avec une femme, à part l'emmener dans sa caverne.

Il y a enfin Carlos Santana qui, guitare en main, explique cette musique, l'influence réciproque entre Miles Davis, le rock et la pop à cette époque. Et puis le souvenir de Betty Marbry devenue Betty Davis par mariage, chanteuse et actrice qui introduisit Miles Davis à Jimi Hendrix et au rock'n roll, Betty Davis à côté de qui Madonna ressemble à une chanteuse de salon mondain. Le seul regret mais celui là est dû à Miles, c'est que Jimi Hendrix joua lors de ce festival mais pas avec Miles. Une semaine après, Jimi Hendrix était mort.

Pour la somme de beauté, de musique, d'anecdotes, d'émotions, d'instruction que ce DVD contient, cela vaut vraiment l'investissement.

Et maintenant, place à la musique. Vous êtes en Angleterre, sous le soleil de l'île de Wight, où Victoria, Reine d'Angleterre et Impératrice des Indes, aimait tant séjourner qu'elle y mourut en 1901. Nous sommes  le 29 août 1970, il est 5 heures de l'après-midi, l'heure du thé, et le septet de Miles Davis entre sur scène. Attention, c'est parti!

Partager cet article

Repost0

Nicolas Kummert Voices " One "

Publié le par Guillaume Lagrée

Nicolas Kummert Voices

" One "

Prova Records. 2010.

Avec le soutien de la Communauté française de Belgique.

Nicolas Kummert: saxophones, voix.

Hervé Samb: guitares, voix (2,4,6)

Jozef Dumoulin: piano

Nicolas Thys: contrebasse, voix (2,4,6)

Lionel Beuven: batterie

Jozef Dumoulin

La photographie de Jozef Dumoulin est l'oeuvre du Vibrant Juan Carlos HERNANDEZ. L'utilisation de cette photographie sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

La Belgique est décidément un pays bouillonnant. Politiquement, linguistiquement et culturellement. Plus d'un an après l'album leader de Jozef Dumoulin, je retrouve ce sorcier des claviers au service de son compatriote saxophoniste, poète, chanteur Nicolas Kummert.

Qu'y a t-il dans cet album? Mille et mille merveilles. Du Jazz de crooner avec la reprise classieuse du " Close to You " de Burt Bacharach, un vrai piège d'amour comme le chante Jacques Dutronc (n°5) . Un hommage au dessinateur belge Folon qui est en fait une chanson de Salif Keita(n°3). Une version reggae de Monk (Monk's Dream. n°2). De la poésie révoltée contre la cupidité des héritiers de Jacques Prévert (n°4) et contre la Faucheuse (n°8 qui illustre cet article). Du Jazz pur et dur qui part en voyage pour l'Afrique (n°6).

Comme le Fluturiste André Stochetti, Nicolas Kummert fait partie d'une espèce rare: musicien, poète et chanteur. C'est dire s'il faut profiter de ses talents.

Je ne vais pas tout vous raconter. A vous de sourire, vous émouvoir, danser, écouter, bouger, vous éveiller aux sons de Nicolas Kummert et ses complices, charmants lecteurs, aimables lectrices.

Ils seront en concert à Paris, au Sunset, le jeudi 2 février 2012 à partir de 21h30. J'y serai. Soyez y aussi, sapristi!

En attendant, les voici à Bruxelles, en Belgique, jouant Folon.

Partager cet article

Repost0

<< < 1 2 3 > >>