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RECLAME: concerts de piano(forte) de Ziad Kreidy à Paris de février à avril 2013

Publié le par Guillaume Lagrée

      RECLAME

 

Prochains concerts de Ziad Kreidy

Divines lectrices, sublimes lecteurs, je vous ai déjà chanté les louanges de Ziad Kreidy comme auteur des " Avatars du piano " et comme interprète des pièces lyriques de Grieg sur un pianoforte droit Erard de 1867. Vous brûlez d'impatience d'aller l'écouter en concert pour juger de ses talents sur pièces et sur place comme disent les experts-comptables. Voici de quoi satisfaire votre insatiable curiosité avec ses prochaines dates de concert à Paris. Pas de date prévue hors de Paris pour l'instant. Merci de vous plaindre auprès de l'artiste de ce tropisme parisien forcené. Je n'y suis pour rien.

Vendredi 22 février à 20h30, samedi 23 février à 17h. Entrée libre dans la limite des places disponibles. Réservation obligatoire. Programme Schubert, Chopin. Atelier Philippe Jolly où a été restauré le pianoforte droit Erard de 1867 qui demeure désormais dans l'appartement du Citoyen Ziad Kreidy.

 Samedi 16 mars 2013, 20h30
Chapelle St Jean, 67 rue Daguerre, 75014 Paris
Concert de piano | Mozart · Schubert · Chopin · Grieg

Samedi 13 & Dimanche 14 avril 2013, 16h
Musée Cognac-Jay
8 Rue Elzevir 75003 Paris
Concert de pianoforte (Boisselot circa 1828) | Mozart · Haydn · Schubert
Entrée libre dans la limite des places disponibles

 

Voici Ziad Kreidy jouant Mozart sur pianoforte. Comme souvent chez Mozart, ça swingue terrible! A comparer avec " Mozart la nuit " par Antoine Hervé.

 


 

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Eric Le Lann " I remember Chet " (Tribute to Chet Baker)

Publié le par Guillaume Lagrée

 

Eric Le Lann

« I remember Chet » (Tribute to Chet Baker)

Bee Jazz. Sortie le jeudi 14 mars 2013.

11 morceaux. 49’09.

En concert à Paris au Sunset le vendredi 15

et le samedi 16 mars 2013 à 21h30,

à Trebeurden (22) le samedi 23 mars, à Rennes (35) le dimanche 24 mars,

à Perpignan (66) le vendredi 29 mars 2013.

 

Eric Le Lann : trompette

Gildas Boclé : contrebasse

Nelson Veras : guitare

 

Je me souviens de la mort de Chet Baker le 13 mai 1988, de l’annonce au journal télévisé de 20h de cette histoire abracadabrantesque de Chet qui, se voyant refuser l’entrée d’un hôtel à cause de sa gueule de camé, décida de grimper au mur pour atteindre sa chambre, tomba et mourut. Il s’agit du Prins Hendrick Hotel à Amsterdam (Pays Bas). Aujourd’hui il y un bas relief à sa mémoire sur la façade de l’hôtel. Je me suis dit que je n’aurai jamais la chance d’aller à un concert de Chet Baker. J’ai eu la même pensée le 6 juin 1991 lorsque j’appris la mort de Stan Getz. Pour Stan, c’est sans rémission. Il n’a pas de successeur. «  En fait, nous aimerions tous sonner comme Stan Getz. La vérité est que nous ne le pouvons pas » (John Coltrane, au nom des saxophonistes ténors).

 

Pour Chet Baker, grâce aux Dieux, il a trouvé un continuateur avec Eric Le Lann. Non seulement Eric Le Lann a été influencé par Chet Baker, l’a écouté, étudié mais il l’a aussi fréquenté lors de ses fréquents séjours français dans les années 80. Certes Eric Le Lann ne chante pas alors que Chet Baker aimait autant chanter que jouer de la trompette. Chris Isaak, dans la Pop Music, a fait carrière en mimant le look, l’attitude, la voix de Chet Baker. Vanessa Paradis chante « Chet Baker » qu’elle écoute au fond d’une Studebaker, pour la rime. Eric Le Lann, lui, le joue, le vit, avec la même intensité, la même fragilité, la même sensibilité, la même tension permanente vers la beauté. Il a lui aussi ce son qui gratte l’âme mais il ne copie pas, il transmet le message. Il fait si bien chanter sa trompette que le chant ne manque pas.

 

Pour jouer cette musique, Eric Le Lann s’est entouré d’un duo à cordes complice depuis des années, Gildas Boclé et Nelson Veras. Deux Bretons, un Brésilien, un trio transatlantique plus léger qu’un voilier, plus confortable qu’un paquebot. Ni piano, ni batteur, leur présence serait de trop pour cette musique épurée. Les cordes de nylon de la guitare, de métal de la contrebasse vibrent sous les doigts et l’archet. Tout se joue dans la finesse, la discrétion, l’hommage respectueux mais pas servile. Ainsi sur la pochette de l’album, c’est le visage de Chet Baker qui apparaît, pas celui d’Eric Le Lann. De même, si l’album est intitulé « I remember Chet », le trio ne joue pas « I remember You », trop évident. Le choix des morceaux est lui aussi fait avec goût car il évite « My funny valentine » que Chet Baker fit sien à force de le jouer et de le chanter. Il n’y a aucune virtuosité au sens de la démonstration gratuite, de l’étalage technique mais une immense maîtrise technique, une écoute soutenue, poussée entre les musiciens qui aboutit à une musique magique, envoûtante, apparemment simple et qui pourtant nécessite plusieurs écoutes pour en percevoir toutes les richesses.

 

Parmi les onze morceaux de l’album, les écologistes repéreront « Backtime » (n°11) recyclage de « Back time trip » (album « Le Lann Top » Nocturne, 2007). Tout cet album m’enchante mais si je ne devais qu’en retenir deux morceaux, ce serait « Zingaro » (n°8) et « Angel Eyes » (n°10). " Zingaro " parce que c'est une Bossa Nova de Jobim, que Nelson Veras est Brésilien et qu'il la joue souverainement. " Angel Eyes " parce que cela me fait penser au visage d'ange déchu de Chet Baker sur la pochette de l'album.

 

J’ai déjà  écouté trois fois ce trio sur scène en 2012. Je le retrouverai avec joie les vendredi 15 et samedi 16 mars 2013 à 21h30 à Paris, au Sunset.

 

Voici le trio composé d'Eric Le Lann, Gildas Boclé et Nelson Veras jouant " Milestones " (Miles Davis), 7e morceau de l'album, en hommage à Chet Baker lors d'un précédent concert. Rien à ajouter.

 

 

 

 

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20 ans après: Bob Mover Quartet en concert à Paris au Sunset

Publié le par Guillaume Lagrée

 

 

Bob Mover Quartet

Paris. Le Sunset.

Samedi 26 janvier 2013. 21h30.

 

Bob Mover : saxophones alto, ténor, chant

Joe Cohn : guitare électrique

Pierre Boussaguet : contrebasse

Steve Williams : batterie

Invitée surprise

Jelena Jovovic : chant

 

Sur le programme, il y a écrit 21h30. En fait, le concert commence à 22h. Heureusement, il n’y a pas école demain. 

 

Ca commence par un hard bop classique. Ca joue cohérent. Bob Mover a toujours un superbe son de sax alto, grave, tendant vers le ténor. Attaque très pure, très nette. Schéma classique : thème, soli, thème. Au tour du guitariste maintenant. Lui aussi a une belle attaque, un son clair, net. C’est un ancien élève de Bob Mover alors que Bob, lui, fut l’élève d’Al Cohn (sax ténor), le père de Joe. Derrière, la rythmique est une assurance tous risques tant elle tourne bien. Pierre Boussaguet, ancien élève de Ray Brown, a hérité du beau gros son de son Maître. Rien de neuf dans cette musique sur la forme mais c’est si bien joué tant techniquement qu’émotionnellement que cela fait du bien. C’était « Blues for Bobby Ward » hommage à un batteur de Boston par Bob Mover, natif de Boston. 

 

Bob Mover fait l’effort de nous parler en français. Avec des maladresses mais de la part d’un Américain à Paris, c’est très appréciable et apprécié. Il nous explique qu’il a parlé portugais aujourd’hui et qu’il mélange les deux langues. Une ballade avec le latin tinge cher à Jelly Roll Morton. Tout en velours. Ca devient plus aigu, plus dynamique. « Tout le monde doit reconnaitre » a dit Bob Mover. Je reconnais l’air mais pas le titre. C’est beau mais cela ne me fait pas tomber par terre comme Chet Baker. C’était « I love Paris » de Cole Porter. 

 

« Hey there », une chanson de Broadway, années 50. Un morceau cool, légèrement rapide, plutôt dansant. Un morceau de musical. Bob Mover chante de façon émouvante, rappelant le Chet Baker des années 80. Pas à ce degré de fragilité tout de même. Ma voisine est folle de joie. C’est la fan de Bob Mover à Paris, manifestement. Elle chante, danse, parle, s’exclame. Une dame d’apparence sérieuse pourtant, vêtue de rouge, couleur de passion. La quarantaine rugissante comme disent les circumnavigateurs. En entendant Pierre Boussaguet en solo, j’ai l’impression de retrouver Ray Brown. C’est dire si c’est bon. 

 

« You and Me » (Al Cohn), une variation sur « Tea for two ». Bob passe au sax tenor, l’instrument d’Al Cohn. Ca swingue énergiquement. Je ne reconnais pas du tout « Tea for two ». Al Cohn a décapé énergiquement ce vieux standard. Bob Mover se débrouille bien au ténor mais a un son plus personnel à l’alto. 

 

Un standard. « Dream », duo chant/batterie. Guitare et contrebasse viennent s’ajouter tout en douceur. Bob Mover reste au ténor avec un son de velours. Ca marche. Les amoureux s’enlacent. Ca ronronne avec la contrebasse qui grogne de plaisir sous les doigts de Pierre Boussaguet. Larsen, le fameux boxeur danois, frappe. Le quartet continue, imperturbable. 

 

Les rejoint sur scène Jelena Jovovic, chanteuse serbe avec laquelle ils vont enregistrer à Belgrade. Des musiciens américains et français qui enregistrent à Belgrade ! Décidément la guerre de Yougoslavie est bel et bien finie. Tant mieux. Jelena Jovovic a une voix grave, chaude avec un léger accent balkanique en anglais. Elle chante « Sometimes ago » d’un compositeur balkanique dont le nom m’a échappé. J’avais remarqué cette femme dans la salle par sa taille, son allure, sa présence. En plus, elle swingue,  sans scat, d’une voix grave, chaude, sensuelle, bien en rythme. Bref, cette Sophisticated Lady est une vraie chanteuse de Jazz. 

 

« Nightbird » (Al Cohn). Ca swingue joyeusement. Jelena Jovovic ajoute vraiment un supplément d’âme à la musique ce qui n’est pas le cas de toutes les chanteuses de Jazz.

 

« Moon Song ». Bob Mover est devenu amoureux du ténor. Il ne le quitte plus. A moins qu’emporté par la musique, je ne fasse plus la différence entre le son de l’alto et du ténor. « Sweet moon song » chante Bob Mover. So romantic comme disent les Américaines. 

 

PAUSE

 

Le concert est superbe, je n’ai pas école demain mais le marchand de sable est passé et le premier set a duré 1h30. J’ai donc bu un grand bol de beauté. Cela faisait vingt ans que Bob Mover n’avait pas joué en France alors que James Carter et Joshua Redman y sévissent chaque année. O tempora, o mores ! « Nous avons tous les deux optés pour la beauté » disait Chet Baker de Bob Mover. 25 ans après la mort de Chet, Bob Mover n’a pas dévié de son choix. Merci au Sunset de l’avoir invité et de nous en avoir fait profiter. Espérons ne pas attendre 20 ans de plus pour le retrouver en concert en France. Attendons avec délice son album avec Jelena Jovovic sachant qu’il vient d’en sortir un nouveau avec comme pianiste Kenny Barron, le dernier sideman de Stan Getz. Respect pour Bob Mover.

En 1975, Bob Mover avait 23 ans et il jouait avec Chet Baker (1929-1988). Il accompagna Chet en Europe notamment à la Grande Parade du Jazz de Nice. L'INA l'a enregistré. Dans le documentaire " Who is Bob Mover? " (2009) Bob explique la leçon que lui a donné Chet Baker: opter pour la beauté, ne pas vouloir à tout prix être celui qui joue le plus vite, le plus haut, le plus fort. C'est en anglais, sans sous-titres mais je vous fais confiance pour comprendre lectrices anglophiles, lecteurs anglophones. En fond sonore, l'album " It amazes me " de Bob Mover.

 

 

 

 

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Sélection de concerts de Jazz à Paris pour février 2013

Publié le par Guillaume Lagrée

 

Resplendissantes lectrices, splendides lecteurs, n'oubliez pas de chanter " My funny valentine " en souvenir de Chet Baker le jeudi 14 février, jour de la Saint Valentin, version chrétienne des Lupercules de la Rome Antique. Par contre, splendides lecteurs, si en sacrifice à Junon, vous tuez des chèvres, vous aspergez de leur sang et touchez les jeunes filles avec les peaux de chèvres pour les rendre fertiles, sous prétexte de faire revivre la fête des Lupercules au nom de votre droit à la liberté religieuse, je ne vous garantis pas que vos actes resteront sans conséquence juridique fâcheuse pour vous.

Cette réserve étant posée, voici ma sélection de concerts de Jazz à Paris pour février 2013 effectuée avec l'honnêteté d'un président de club de football professionnel en plein mercato hivernal.

Giovanni-Mirabassi.jpg

La photographie de Giovanni Mirabassi est l'oeuvre du Latin Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

Sunset-Sunside:

Vendredi 1er à 21h,  samedi 2 à 20h et 22h: Giovanni Mirabassi (piano),Gian Luca Renzi (contrebasse), Elliott Zigmund (batterie) rendront hommage au pianiste Bill Evans. Elliott Zigmund jouait avec Bill Evans il y a 40 ans.

Samedi 9 février à 22h: Electric Hannibal invtte Thomas de Pourquery. Préparez vous à plonger dans la lessiveuse musicale avec ces gaillards.

Dimanche 10 février à 21h, le sextet de Curtis Fuller (trombone) légende du label Blue Note. Le tromboniste de l'album " Blue train " de John Coltrane (1957), c'est lui. Respect.

Vendredi 21 à 21h, samedi 22 à 21h, le quintette du contrebassiste Eddie Gomez qui lui aussi joua avec Bill Evans. La classe internationale.

Baiser salé

Mercredi 6 à 21h30 le quartet de Rick Marigtza (sax ténor) musicien honteusement sous estimé.

Vendredi 8 à 21h30 le quintet " Niam " de Charlotte Wassy, chanteuse que j'ai découverte lors des Trophées du Sunside, édition 2012.

Duc des Lombards

Mercredi 6 à 20h et 22h, jeudi 7 à 20h et 22h, le trio de Kenny Werner (piano), colosse subtil.

Mardi 12 à 20h et 22h, mercredi 13 à 20h et 22h, jeudi 14 à 20h et 22h, vendredi 15 à 20h et 22h, samedi 16 à 20h et 22H,le quartet de Bireli Lagrène (guitare), l'homme qui brasse tous les styles de guitare depuis Django Reinhardt qui reste son point de repère, pour en faire le sien.

Mercredi 20 à 20h et 22h: Oboman-Fillon-Méchali Trio+ Barry Altschul. Etrange et swinguant.

New Morning

Jeudi 7 à 20h30: le quintet de Ray Lema, pianiste et chanteur congolais qui mêle Jazz à l'Afrique dans une musique savante et envoûtante.

Samedi 9 à 19h et 22h: le duo Marianne Faithfull (chant)/Bill Frisell (guitare électrique) transformera la nuit en poésie.

Mercredi 13 à 20h30: duo rythmé et subtil entre Eliane Elias (piano) et Marc Johnson (contrebasse), le dernier contrebassiste de Bill Evans, décidément l'homme du mois à Paris.

Péniche l'Improviste

Samedi 16 à 21h30 le trio de Lenny Popkin (sax ténor). La leçon de cool. Absolument indispensable.

Vendredi 22 à 21h30: 4e des 6 concerts de Pierre Durand (guitare). Nouveau programme, nouveaux invités, nouvelles surprises en perspective.

Atelier Charonne:

Mardi 19 à 21h, Boulou & Elios Ferré (guitares) rendent hommage à Serge Gainsbourg. Monsieur Serge joué à la manouche. Classieux.

 

Le Triton ( Les Lilas, métro Mairie des Lilas)

Jeudi 21 à 21h Bruno Ruder&Jozef Dumoulin. Que vont-ils nous mijoter?

La Java

Lundi 18 à 20h30,Jazz à la Java, deux concerts pour le prix d'un pas cher (10 euros) de Sylvaine Hélary (flûte, voix). Expériences sonores en perspective.

 

Maison de la culture du Japon à Paris

Festival Jazz in Japan du jeudi 28 février au samedi 2 mars 2013

Jeudi 28 à 20h: Eijiro Nakagawa Quartet

Vendredi 1er mars à 20h: Makoto Kurya Trio

Samedi 2 mars à 20h: Naruyoshi Kikoshi

Je ne connais aucun de ces musiciens. C'est l'occasion de les découvrir.

 

Auditorium Saint Germain des Prés


Mardi 12 à 19h30: Leçon de Jazz d'Antoine Hervé " Louis Armstrong, l'invention du Swing " avec Michel Delakian (trompette). A comparer avec la leçon sur le même sujet donnée avec Médéric Collignon.

 

Les Disquaires

Un bar à Bastille avec des concerts de Jazz gratuits, hors coût des consommations obligatoires, quasiment tous les soirs. C'est là que vous découvrerez la nouvelle génération du Jazz en France.


Studio de l'Ermitage

Vendredi 1er à 21h: Frapadingos. 1 saxophoniste, 1 guiatriste, 12 percussinnistes sud-américains menés par l'Argentin Minino Garay. Muy caiiente!


Kenny Werner en trio, cela peut donner le résultat ci-dessous. Cela sera certainement bien autre chose à Paris, au Duc des Lombards, les 6 et 7 février 2013.



 


 

 



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RECLAME: Kamiblue, designer californien francophile, lance le projet " Jazz Junkies "

Publié le par Guillaume Lagrée

 

 

RECLAME

 

 

Lectrices dessinatrices, lecteurs dessinateurs, j'ai le plaisir de vous présenter un designer californien fou de Jazz et amoureux de la France, KAMIBLUE.

Cet homme qui a travaillé pour des compagnies californiennes aussi connues que Yahoo et Oracle aime particulièrement Django Reinhardt, Billie Holiday, Charlie Parker et Chet Baker.

Avec son chat Excalibur, il lance le projet Jazz Junkies.

Il s'agit de motifs imprimés sur soie représentant Chet Baker, Charlie Parker, Billie Holiday. Le clip de présentation est illustré par la musique de Django Reinhardt et Excalibur y parle français. Parfaitement, lectrices dessinatrices, lecteurs designers!

Attention, il s'agit d'une édition limitée. Je n'ai aucun intérêt dans la réussite de l'affaire. A vous de la financer si elle vous plaît.

Si vous passez par Mill Valley, Californie, Etats-Unis d'Amérique, saluez le de ma part, s'il vous plaît.

Assez causé. Billie Holiday chante " Fine and Mellow " le 8 décembre 1957 accompagnée de quelques amis choisis dans un studio de télévision. Merci au producteur de nous avoir conservé ce trésor.

 

 

 

 

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Concerts de Sylvaine Hélary à Paris et Montreuil sous Bois (93) en janvier et février 2013

Publié le par Guillaume Lagrée

 

 

Sylvaine Hélary

(flûte, voix)


le  vendredi 25 janvier  “Incidents!” 
à 20h30 à l’Atelier du Plateau – Paris 19ème
sur une idée de Noémi Boutin, avec Noémi Boutin, Frédéric Aurier, Benjamin Colin, Fantazio, Jean-François Vrod  

Issus d’univers hétéroclites, rassemblés par d’heureux Incidents, ces artistes ont développé les uns envers les autres et vice-versa, attirance, curiosité, admiration et l’envie pugnace de partager leurs histoires. Musiques classiques, contemporaines, improvisées, traditionnelles se narguent et se répondent, tandis qu’au loin le rockabilly le plus sauvage s’impatiente.
Tous ont aussi le goût de mêler à leur musique le texte, chanté, haché, chuchoté, égosillé, balbutié, déclamé .. Ils ont au fil des expériences, des rencontres et des concerts, inventé des passerelles entre théâtre musical, poésie sonore, chanson et performance. 
À l’occasion de cette soirée ils feront quelques clins d’œil à Daniil Harms. Cette figure de la poésie satirique, membre du dernier mouvement d’avant garde russe, terrifiait la dictature avec son humour cruel. Il était traité de "voyou littéraire".
Au programme, des œuvres de Maurice Ravel, François Sarhan, Frédéric Aurier, Jean-François Vrod, Giacinto Scelsi, Fantazio et Benjamin Colin, des œuvres spontanées et puisées dans la tradition orale.


le  samedi 26 janvier  “Profondo Rosso” Surnatural Orchestra – sortie du livre-disque!
à 20h30 au Nouveau Théâtre de Montreuil – 10 place Jean Jaurès - Montreuil

Venez assister à la demi-sortie de notre livre-disque: "PROFONDO ROSSO: notes pour un ciné-spectacle"
Après une tempête inopinée de neige, le papier ne supportant pas le froid et l'humide, vous ne pourrez découvrir que la partie disque de notre disque-livre. La partie livre de ce livre-disque attendra le redoux et des jours plus secs pour arriver jusque dans vos mains. 
En attendant, nous jouons au Nouveau Théâtre de Montreuil le spectacle d'où tout est parti, Profondo Rosso: un ciné-spectale où le chef d'œuvre de Dario Argento, perle du giallo italien des 70's rencontre Pier Paolo Pasolini et les Années de Plomb.


le samedi 9 février  “Printemps” et “Passage du Nord-Ouest” (Brice Martin et Aline Pénitot)   
à 20h à la Sirène – 20 rue Dareau - Paris 14ème - infos: prog@lasirene.info
sur une idée de Sylvaine Hélary (flûtes, voix, composition), avec Antonin Rayon (piano), Sylvain Lemêtre (vibraphone, marimba, métaux), Aalam Wassef (polygraphe, performer)

« Trois instrumentistes. 
Un polygraphe. 
Un écran de projection.
Quelques bandes magnétiques imprimées de sons. 
Des dessins accrochés au mur. 
De petits pas. 
Un grand sursaut. » 

"Printemps" est un concert-installation au cours duquel on pourra voir et entendre de la musique écrite et improvisée, des images projetées, des sons enregistrés, des corps bouger, chuter, des mots murmurés ou scandés.
      

Le Surnatural Orchestra ressemblait à ça en 2007. En 2013, c'est différent, forcément. A juger sur pièces et sur place, vénérées lectrices, vénérables lecteurs.

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Guillaume Séguron/Lionel Garcin/Patrice Soletti " Solo pour trois "

Publié le par Guillaume Lagrée

 

 

Guillaume Séguron/Lionel Garcin/Patrice Soletti

« Solo pour trois »

AJMI Series. Label membre des Allumés du Jazz . 2012.

 

Guillaume Séguron : contrebasse, compositions (sauf n°6)

Lionel Garcin : saxophone alto

Patrice Soletti : guitare électrique et jeux électroniques

 

Lectrices attentives, lecteurs assidus, vous avez certainement remarqué que je vous ai déjà parlé du contrebassiste Guillaume Séguron comme accompagnateur (« All around « ) puis comme soliste (« Nouvelles réponses des archives »). Le voici maintenant comme membre d’un trio où, même s’il apporte la plupart des compositions (7/8, la 6e est collective), il ne se considère pas comme un leader. D’où le titre « Solo pour trois » qui montre bien la liberté donnée à chaque musicien de s’exprimer dans cette musique. 

 

Il ne s’agit pas de trois musiciens jouant chacun de leur côté sans se soucier du résultat ni d’un chef et de deux acolytes mais bien d’une circulation permanente des idées comme dans une équipe de sport collectif sans capitaine (le beach volley par exemple même s’il se joue à deux).

 

Il y a de la suite dans les idées chez ces musiciens. Il y a dix ans, Guillaume Séguron sortait " Witches " un album de reprises du groupe Police. Le premier titre de cet album se nomme « Waiting for Stewart » en hommage à Stewart Copeland, batteur du groupe sachant qu'il n'y a pas de batteur dans ce trio. L'attendent-ils pour passer en quartet?. Une fois cette introduction posée, tout se déroule logiquement et pourtant toujours de façon surprenante. Le « Bal 47-81 » a deux parties (n°2-3). 1947 : départ des communistes du Gouvernement français, 1981 : retour des communistes au Gouvernement français. Interprétation politique. « Pal(azzo) F7 » a deux parties aussi (n°4-5). Un F7, c’est un palais de nos jours. Interprétation urbanistique. « Avant l’intrus » (n°6) se trouve avant les deux parties de « L’intrus » (n°7-8). Qui est l’intrus ? Cherchez l’intrus ! Interprétation ludique.

 

Au final, l’interprétation ludique me semble la meilleure pour l’auditeur de cet album. Ca joue acoustique, électrique, électronique dans un subtil mélange où la composition des éléments change sans cesse, n’explosant jamais mais entretenant le calme et la tension. Parfois au sein d’un même morceau qui, je l’avoue, par moments, agace mes dents et mes oreilles alors que d’autres m’enchantent (n°5).

 

La contrebasse est si puissante qu’elle remplace le batteur absent. La guitare et l’électronique se mêlent avec tact et goût. Le saxophone alto peut être tour à tour agaçant comme du raisin aigre ou suave comme une figue mûre.

 

C’est un album complexe, subtil, prenant, exigeant pour les musiciens comme pour les auditeurs, qui demande plusieurs écoutes attentives. Ce n’est ni de la musique de bar, ni de la musique de bal. En 8 morceaux et 52’38 de musique, ce « Solo pour trois » vous éveillera longtemps, lectrices attentives, lecteurs assidus.

 

Avant d'écouter l'album, lectrices attentives, lecteurs assidus, voici comment ce trio travaillait en résidence à la Tour d'Aigues (Vaucluse, Provence Alpes Côte d'Azur, France) en 2011. Un lieu propice à l'inspiration.

Ce trio sera en concert au Panonnica à Nantes, Loire Atlantique, Pays de la Loire, France, le mercredi 30 janvier 2013 à 20h30. Monsieur P, honorable correspondant à Nantes de ce blog, y sera présent.

 

 

 

 

 

 

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Ziad Kreidy joue les Pièces lyriques d'Edvard Grieg sur un piano à 5 euros

Publié le par Guillaume Lagrée

 

 

Ziad Kreidy joue les Pièces lyriques d’Edvard Grieg sur un piano à 5 euros

Label LDN 2012

 

Ziad Kreidy : piano droit Erard 1867

 

Pièces lyriques d’Edvard Grieg opus 12, 38, 43, 47 composées de 1867 à 1888.

 

Lectrices impécunieuses, lecteurs désargentés, imaginons que vous ayez chez vous la place pour installer un piano mais pas l’argent pour en acheter un, même fabriqué en Chine à la chaîne. Le pianiste et musicologue Ziad Kreidy dont je vous ai déjà parlé du livre stimulant «  Les avatars du piano » possède la solution pour votre problème. Adoptez un piano droit fabriqué au XIX° siècle. Personne n’en veut. Ils finissent à la casse. Les accordeurs ne savent pas les accorder, les pianistes ne veulent pas en jouer, les vendeurs de piano n’osent pas les vendre. Ils seraient presque prêts à payer pour s’en débarrasser. Vous pouvez donc vous en offrir un pour une somme comprise entre 0 et 5 euros. A ce prix là, vous aurez un superbe piano de bastringue qui sonne comme ceux des maisons closes de la Nouvelle Orléans. Vous pourrez vous prendre pour Scott Joplin ou Jelly Roll Morton, jouer avec un chapeau melon sur la tête, des chemises aux manches retroussées, en fumant des cigares et buvant du whisky  (je vous le déconseille vivement vu les risques pour votre santé), créer de l’ « Ugly beauty » comme disait Thelonious Sphere Monk, monter des « houses parties » pour payer votre loyer, vous faire haïr de vos voisins si l’isolation phonique de votre logement n’est pas correcte, bref vous amuser comme des petits fous pour un prix minime, hors coût des procès intentés par les voisins bien sûr.

 

Ziad Kreidy ne se livre pas à ce genre de facéties. Pianiste et musicologue, il respecte l’instrument et le traite avec ses possibilités et ses limites. Il s’est donc enregistré chez lui, avec des amis pour spectateurs (ils n’osent même pas applaudir. C’est vous dire si c’est du sérieux !). Comme il s’agit d’un piano français fabriqué en 1867, il joue une œuvre qui a été composée à partir de 1867, les pièces lyriques pour piano du compositeur national norvégien Edvard Grieg (1843-1907). C’est la fin du romantisme musical mais il a encore de beaux restes. Il y a même des morceaux qui swinguent comme la Valse (n°2) et « La Valse Impromptu » (n°23). 

Les amateurs de Jazz savent que la valse comme le Jazz est ternaire et qu’elle swingue ( The drum also waltzes . Max Roach) .Le Papillon (n°17) est très évocateur tant le morceau semble voler dans tous les sens. L’Oisillon (n°20) l’est lui aussi tant il décrit bien les tentatives d’envol qui finissent par aboutir. « Au printemps » (n°22) évoque merveilleusement l’éveil de la Nature. Grieg vivait dans une belle maison en pleine campagne norvégienne. Elle se visite. L’album compte 29 pièces en tout pour 58'31 de musique. Il n’est pas question que je vous dise tout.

 

Ce n’est pas du Jazz mais c’est une curiosité musicale. A une époque où les conservatoires produisent à la chaîne des pianistes formatés, tant en classique qu’en Jazz, aussi formatés que les pianos dont ils jouent il est agréable d’entendre un pianiste classique, respectueux des œuvres (il n’improvise pas), proposer une interprétation différente par le simple choix d’un instrument dont personne ne veut, un piano droit du XIX° siècle, piano qui, à son époque, figurait dans toutes les bonnes maisons bourgeoises et sur lequel tant de chefs d’œuvre ont été composés et joués pour la première fois avant de passer au format concert sur un piano à queue (un crocodile disent les pianistes de Jazz).

 

Si, convaincus par cette chronique et la musique de Ziad Kreidy, vous achetez, lectrices impécunieuses, lecteurs désargentés, un pianoforte droit à 5€ et que vous ne savez pas comment l’accorder, en jouer, adressez vous directement à Ziad Kreidy, ses coordonnées figurent dans l’album. Il se fera un plaisir de vous faire partager sa passion pour ces instruments dédaignés comme il le fait déjà avec son livre et cet album. Amusez vous bien !

 

Voici à quoi ressemble un piano droit Erard de 1867, lectrices impécunieuses, lecteurs désargentés. Ecoutez Ziad Kreidy en jouer puis consultez le pour vous en offrir un aussi beau. En avant la musique!

 

 

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Guillaume Séguron " Nouvelles réponses des archives "

Publié le par Guillaume Lagrée

Guillaume Séguron

« Nouvelles réponses des archives »

Rude Awakening.  2012

            Album publié avec le soutien de la région Languedoc Roussillon.

 

Guillaume Séguron: contrebasse

 

Lectrices républicaines, lecteurs espagnols, voici un album qui va vous réconcilier. Alors que les Archives nationales viennent d’ouvrir un nouveau site à Pierrefitte sur Seine (93), le contrebassiste Guillaume Séguron s’est lancé à cœur éperdu dans un projet mémoriel sur la trace des Républicains espagnols exilés en Languedoc-Roussillon. Ces hommes et ces femmes qui virent la République espagnole en 1939 puis la République française en 1940 s’écrouler sous les coups du nazisme, du fascisme, du franquisme (sans oublier les coups fourrés du communisme. Lire «  Spanish Cockpit. Rapport sur les conflits sociaux et politiques en Espagne. 1936-1937 » par Franz Borkenau, Autrichien, ancien du Komintern) et qui n’abandonnèrent jamais la lutte pour la liberté.

 

Avant que ces hommes ne meurent, la région Languedoc-Roussillon a enregistré leur parole, en catalan, langue parlée dans cette région dans le département des Pyrénées Orientales (euphémisme républicain pour désigner la Catalogne française) et, de l’autre côté des Pyrénées, en Catalogne. Au hasard des rencontres, Guillaume Séguron s’est trouvé appelé à illustrer leurs voix. Il l’a fait au plus épuré, seul avec sa contrebasse, les compositions étant essentiellement siennes, illustrant les voix par un propos toujours clair et juste. Pas d’effets spéciaux électroniques ou électriques. Un homme, une voix, un instrument. Cela n’en sonne que plus vrai, plus juste.

 

Si le livret de l’album explique le projet, il n’en révèle pas tous les secrets. Ne parlant pas le catalan, je ne comprends rien de ce qui se dit là. Juste quelques bribes, quelques mots qui me rappellent la langue française. Si je n’en comprends pas le sens précis, j’en saisis l’esprit par la rudesse, la fermeté, la chaleur du ton des voix. Des hommes bâtis comme les Pyrénées qu’ils durent franchir en classe réfugiés. Certes, ça manque de femmes alors que les femmes jouèrent un rôle important dans la Guerre d’Espagne. La Pasionaria ne s’est pas réfugiée en France mais en Union Soviétique.

 

Par l’instrumentation, cet album évoque « Amir » d’Henri Texier mais par l’ambiance, le propos politique et critique, il m’évoque plutôt « A colloquial dream », morceau qui figure sur l’album « Tijuana Moods » de Charles Mingus qui évoque l’errance d’un homme dans la nuit à New York. « Notre vie est un voyage dans l’hiver et dans la nuit. Nous cherchons notre passage dans le ciel où rien ne luit » chantaient les Gardes Suisses. Ces Républicains espagnols, même en exil, savaient quel était le chemin à suivre, que la mort pouvait être au rendez-vous, contre les légions franquistes puis contre les SS, la Wermacht, la Gestapo mais peu importait puisqu’ils avaient des principes et qu’ils ne transigeaient pas dessus. D’ailleurs, l’Histoire leur a donné raison.

 

« L’engagement fut militaire. Pour être efficace. Et il le fut. La poésie, elle, n’était pas « engagée » » (René Char, poète et chef de réseau dans la Résistance française). Cette musique est à écouter comme un rêve éveillé, nuit et jour, pour sortir de la nuit.

 

Je ne sais pas si cette musique est destinée à être jouée sur scène.

Voici en tout cas ce que donne Guillaume Séguron seul sur scène. Etonnant, non?

 

        

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Le trio Angelini/Gargano/Moreau de retour à l'Improviste

Publié le par Guillaume Lagrée

Trio Angelini/Gargano/Moreau

Paris. Péniche L'Improviste.

Vendredi 18 janvier 2013. 21h30.

 

Bruno Angelini 

 

La photographie de Bruno Angelini est l'oeuvre de l'Incoercible Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

Bruno Angelini: piano

Mauro Gargano: contrebasse

Fabrice Moreau: batterie

Concert diffusé dans le Jazz Club d'Yvan Amar sur France Musique. A écouter ou réécouter sur Internet jusqu'au dimanche 17 février 2013.

Intrépides lectrices, vaillants lecteurs, je vous ai déjà parlé de l'album " So now? " du trio formé par Bruno Angelini, Mauro Gargano et Fabrice Moreau ainsi que d'un précédent concert à l'Improviste de ce trio. L'y voici de retour et moi aussi en compagnie de Monsieur L, ami lyonnais de passage à Paris. Ils commencent à 21h35, marque de respect pour le public fort appréciable. Ce soir, il neige à Paris. Cela se voit derrière le hublot embué de la Péniche l'Improviste. 

" Ida Lupino " (Carla Bley). Ida Lupino (1918-1995) fut la première femme à devenir réalisatrice à Hollywood. Une très forte personnalité comme Carla Bley. Une mélodie douce, chantante, élégante. Bref du Carla Bley. Une musique parfaitement adaptée à l'ambiance feutrée de Paris sous la neige. Attention, ça swingue. Ca tient chaud même. La péniche reste à quai mais nous partons en voyage. Comme le dit Bruno Angelini, " ce n'est pas mon trio ". C'est comme la Sainte Trinité ou l'huile pour moteur d'automobile, trois en un.

Bruno commence seul, installe l'ambiance, dansante et nostalgique. La contrebasse ronronne. Le batteur hache menu aux balais avec des percussions en plus. Ca marche. Je hoche la tête, pris par la musique. Ca balance gravement et suavement. Si c'était un tableau, ce serait une marine d'Eugène Boudin. C'était " L"indispensable liberté " (Bruno Angelini).

" Immersion " (Bruno Angelini). Une première mondiale pour ce concert. La péniche va t-elle se transformer en sous-marin? Effectivement, le trio donne l'impression de descendre par palier sans nous étouffer. Puis ils nagent en profondeur. Il y a toutes sortes de bêtes en dessous, pas toutes sympathiques, mais toutes intriguantes, impressionnantes, diverses. Le concert est diffusé dans le Jazz Club d'Yvan Amar sur France Musique. Pour ceux qui veulent plonger comme pour ceux qui veulent repartir en immersion, il suffit de surfer sur le Net jusqu'à l'émission. Ce même soir, à Lausanne (Suisse), au club Chorus, Dan Tepfer (piano) joue en trio avec Stéphane Kerecki (contrebasse) et Anne Pacéo (batterie). Je ne peux pas être partout. Ca devient plus agité, plus tumultueux. Ils se bagarrent avec un requin, au moins. Le trio est si soudé qu'il n'y a pas de solo à proprement parler. C'est une conversation permanente, vibrante, riche à trois dont nous profitons. 

" The two lonely people " (Bill Evans). Fameuse ballade. Solo du contrebassiste soutenu par ses complices. Ca masse agréablement le cerveau. Un silence de dégustation avant d'applaudir.

" Nefertiti " (Wayne Shorter). Pour la première fois du concert, Fabrice Moreau entame le débat. La pulsation du pied sur la grosse caisse, des frottements sur un tambour, des vibrations de cymbale. Tout est sous contrôle au service de l'émotion. C'est une composition de Wayne Shorter pour le dernier quintet acoustique de Miles Davis, son meilleur groupe selon Antoine Hervé et moi. Cette mélodie étrange et familière à la fois, c'est bien du Wayne Shorter.

PAUSE

" Round midnight " (Thelonious Monk). Duo piano/contrebasse pour commencer. Le batteur faufile ses balais derrière. Ils arrivent au thème joué en souplesse, en étirement. Tout à l'opposé de Monk donc. Très élégante façon de rafraîchir un vieux morceau.

Un morceau à l'italienne, lyrique, vif. C'est beau comme la Méditerranée un soir d'été. A Paris, un soir d"hiver enneigé, cela fait du bien. Ca décolle. Le trio fait du kite surf au dessus des flots. C'était " Caroline " dédié par Bruno Angelini à son épouse préférée. Une belle illustration d'un vieux principe: la monogamie, c'est varier les gammes avec un(e) partenaire. Rien à voir avec le projet "  Caroline " de la contrebassiste Sarah Murcia.

" Echoes " (Steve Swallow). Le piano avance à pas lents. L'archet de la contrebasse lui fait écho. Il y a 20 ans, étudiant à Rennes, j'écoutais le Jazz Club d'Yvan Amar pour savoir ce qui se passait à Paris. Maintenant, j'y suis. La musique berce. Parti comme je suis, je ferai certainement de beaux rêves cette nuit. Un long silence avant que nous n'osions applaudir.

Un morceau que j'aime particulièrement dont le titre m'échappe. Est-ce de Chick Corea? Un certain feeling latino m'y fait penser. Pas du tout puisqu'il s'agit d' un morceau de Bruno Angelini dédié à son fils, " Adrien danse ". 

Puisque Bruno Angelini a joué pour son épouse et son fils, Mauro Gargano joue pour sa grand-mère, née en 1903. " Before 1903 ". Ce morceau est précédé d'un " Prélude ". Mauro commence seul à l'archet. C'est le Prélude. Ca vibre, ponctué par des pincements en haut du manche, ce que ne ferait pas un contrebassiste classique. Bruno Angelini arrive tout doucement. Mauro Gargano lâche l'archet pour en venir aux mains avec son instrument, en douceur évidemment. Le dialogue s'élargit puisque Fabrice Moreau vient ajouter son grain de batterie. Une vibration s'élève, fragile, mais qui ne lâche pas. Ca s'anime, s'agite. Le paysage devient raide, escarpé, montagneux. Voire même caillouteux et glissant. Comme la descente de Saorge vers la Roya dans les Alpes Maritimes. C'est beau mais il faut regarder où vous mettez les pieds. 

" Astrogange "? ( Mauro Gargano). Un morceau vif, joyeux fait pour réveiller en fin de concert. Ca sautille librement.

RAPPEL

" Vert " (Fabrice Moreau). A comparer avec celle jouée par le trio de Jean-Philippe Viret. Ce soir, c'est noir et blanc dehors, vert dedans. La neige protège l'herbe avant le printemps.

Monsieur L et moi sommes restés jusqu'au bout, ravis par cette musique. Pour vivre ou revivre ces impressions, le concert est audible sur Internet dans l'émission Jazz Club d'Yvan Amar sur France Musique jusqu'au dimanche 17 février 2013.

Quant à le voir, ce trio est rare sur scène. Le voici lors d'un précédent concert à l'Improviste. Profitez en, intrépides lectrices, vaillants lecteurs.

 

 

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