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RECLAME: Yves Rousseau avec chanteuses à Malakoff (92) le 4 avril, sans chanteuses à Caen (14) le 6 avril

Publié le par Guillaume Lagrée

RECLAME

 

Christophe-Marguet.jpg

 

La photographie de Christophe Marguet est l'oeuvre du Fameux Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

 

Lectrices attentives, lecteurs fidèles, vous avez certainement remarqué que je vous ai parlé à maintes reprises des créations du contrebassiste, compositeur, directeur Yves Rousseau.

Voici deux occasions d'apprécier la diversité de ses talents sur scène:

- le jeudi 4 avril à 19h30 au Théâtre 71, Scène nationale de Malakoff, Hauts de Seine, Ile de France, France avec le spectacle " Poète vos papiers! " en hommage à Léo Ferré et les voix de Claudia Solal et Maria Laura Baccarini.

- le samedi 6 avril à 17h pour Jazz dans les Foyers au Théâtre de Caen (concert gratuit dans les foyers du théâtre), Calvados, Basse Normandie, France avec l'Akasha Quartet composé d'Yves Rousseau, Régis Huby (violons), Jean Marc Larché (saxophones) et Christophe Marguet (batterie).

 

Voici l'Akasha Quartet en concert lors de sa résidence au Centre des Arts d'Enghien-les-Bains (95).

 

 

 


 

 

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Ben Wendel & Dan Tepfer " Small constructions "

Publié le par Guillaume Lagrée

 

 

 

Ben Wendel

&

Dan Tepfer

« Small constructions »

Sunnyside Records. 2013.

 

Ben Wendel : saxophones, basson, Melodica, piano (12)

Dan Tepfer: Piano, Fender Rhodes, saxophone alto (12)

 

Dan Tepfer et Ben Wendel

 

Le portrait de Dan Tepfer et Ben Wendel est l'oeuvre de la Vibrante Hélène POISSON. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

 

La beauté est désarmante. Que puis-je bien vous dire sur Dan Tepfer et Ben Wendel pour vous convaincre de les écouter attentivement, lectrices sceptiques, lecteurs dubitatifs? Que je vous ai déjà chanté les louanges de leurs concerts de juillet 2012 et mars 2013 à Paris ?

Que ces hommes sont jeunes, beaux, intelligents, talentueux, créatifs, cultivés, sympathiques, fiers mais pas orgueilleux ? Certes mais encore ?

 

De quoi jouent-ils au juste ? C’est ce que m’a demandé un collègue de bureau (j’écoute leur musique pour stimuler mon cerveau. Ca marche) en voyant la pochette de l’album. De tous les instruments qui figurent sur la photographie sauf de la guitare sèche qui est là pour faire joli. Eux ne sont pas là pour faire joli mais pour faire beau.

 

Comment y arrivent-ils ? En jugulant la multiplicité de leurs talents pour suivre le même chemin intérieur par mille détours et surprises. Ils jouent leurs compositions, de l’un ou de l’autre, pas des deux ensemble curieusement, du Monk (Pannonica et Ask me now avec des versions qui donnent envie d’un album entier de Monk à leur façon), du Handel d'une façon qui me rappelle les expérimentations de Lenny Popkin en 1971. Comment jouent-ils ? De plusieurs instruments mais pas en même temps. Grâce aux possibilités des technologies d’enregistrement, ils enregistrent leurs morceaux par petits bouts, les assemblant au final. D’où le titre de l’album «  Small constructions ».

 

Tout s’enchaîne logiquement. Du premier morceau parfaitement maîtrisé et entraînant «  Still play » au 12e volontairement maladroit et enfantin, particulièrement touchant, « Oblique strategy » puisque chacun y joue de l’instrument privilégié de l’autre, Dan du sax alto, Ben du piano. En passant par un hommage bouleversant à des amis de Ben « Jean and Renata » (n°3) musique qui n’avance pas, qui se trouve bien là où elle est comme chez Esoterik Satie, à Gary Peacock avec qui a joué Dan « Gratitude » (n°7) sans omettre un standard du Jazz « Darn that dream » (n°10) dont l’interprétation me fait oublier momentanément celles de Martial Solal

 

Pour faire la fine bouche, je dirai que je n’aime toujours pas le Melodica, « Line » (n°5) mais que cette mauvaise impression est aussitôt effacée par l’élan irrésistiblement romantique et entraînant de « Nines » (n°6).

 

Evidemment si vous préférez le bruit et la fureur, cette musique n’est pas faite pour vous, lectrices sceptiques, lecteurs dubitatifs. Ce n’est pas grave. Ecoutez la tout de même. Elle ne peut vous faire que du bien.

 

Voici ces deux jeunes gens jouant " Jean and Renata "  qui figure sur l'album (3e morceau). Profitez en pleinement, lectrices sceptiques, lecteurs dubitatifs.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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The Wayne Shorter Quartet " Without a net "

Publié le par Guillaume Lagrée

 

 

 

The Wayne Shorter Quartet 

Without a net

Blue Note. 2013.

 

 

Wayne Shorter: sax soprano, tenor

Danilo Perez: piano

John Pattituci: contrebasse

Brian Blade: batterie

The Imani Winds ( jouent sur le morceau n°6 “ Pegasus “) sont composes de

Valerie Coleman : flute

Toyin Spellman-Diaz : hautbois

Mariam Adam : clarinette

Jeff Scott : cor

Monica Ellis: basson

 

Brian Blade

 

La photographie de Brian Blade est l'oeuvre du Célèbre Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

 

Wayne Shorter est le plus grand compositeur du Jazz depuis la mort de Duke Ellington » (Stan Getz).

 

Puisque je suis d’accord avec cet avis d’expert, que je me réjouissais du retour de Wayne Shorter chez Blue Note après plus de 40 ans d’absence, j’avoue malheureusement être déçu par cet album qui n’est pas à la hauteur de mes souvenirs du concert donné par le Quartet de Wayne Shorter en juin 2010 sur le parvis de La Défense.

 

D’abord, hormis le 6e morceau, " Pegasus ", le plus long (23’06) et le plus riche musicalement grâce à la présence des Imani Winds, rien n’est précisé sur le lieu et la date des enregistrements. Certes Wayne Shorter vient d’une autre planète mais c’est bien sur celle-ci qu’il joue, non ?

 

Quant au temps, il commence à se faire cruellement sentir. D’abord, Wayne Shorter ne joue quasiment plus de saxophone ténor, trop exigeant physiquement. Ensuite, le son, la tenue de l’instrument n’ont plus la fermeté, la cohérence d’antan. Enfin, il ne tient pas son groupe qui a tendance à partir dans tous les sens. Il faut se faire une raison. Wayne Shorter aura 80 ans en 2013, il n’a plus les moyens physiques de ses ambitions et sa rythmique Danilo Perez/John Pattituci/Brian Blade ne marquera pas l’histoire du Jazz comme l’a fait de manière indélébile la rythmique Herbie Hancock/Ron Carter/Tony Williams dans le second quintette magique de Miles Davis.

 

Je reconnais que je fais la fine bouche mais Wayne Shorter nous a habitué depuis plus de 50 ans (chez Art Blakey puis Miles Davis puis en leader ou coleader avec Weather Report) à un tel niveau d’excellence qu’il a rendu ses auditeurs exigeants. La plupart des morceaux ont des titres qui font référence à l’air, au voyage (Flying down to Rio, (The Notes) Uniditentified Flying Objects, Zero gravity to the 10th power, Starry nights) mais deux me font vraiment décoller : le 1er, Orbits, avec un quartet concentré, dense, à la fois mystérieux et efficace bref shorterien et le 6e, Pegasus, qui est une œuvre en soi, une sorte de symphonie en Jazz avec le quartette auquel s’ajoute un quintette à vents. 23’06 de voyage sur le dos d’un cheval ailé, à chevaucher les nuées, parcourir les galaxies. Une musique d’une beauté à vous faire perdre le sens de l’espace et du temps, à la fois construite et improvisée, cadrée et libre. Pour faire vivre des moments comme cela à ses auditeurs, il faut s’appeler Wayne Shorter. Quand il ne sera plus de ce monde, son œuvre y demeurera. Heureusement pour l’humanité.

 

Voici le quartet de Wayne Shorter en concert en France, au festival Jazz à Vienne, édition 2010. " Zero gravity/ Lotus ". Wayne Shorter est boudhiste. Cela s'entend.

 

 

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Arat Kilo " 12 days in Addis "

Publié le par Guillaume Lagrée

 

Arat Kilo

« 12 days in Addis »

Only Music. 2013.

 

 

 

A ma connaissance, il n’existe pas de chanteur éthiopien qui veuille chanter les 4 B (Barbara, Béart, Brassens, Brel). En France, par contre, nous avons Arat Kilo, groupe de musiciens français qui ne veut jouer que de la musique éthiopienne. Comme ce sont des garçons sérieux et impliqués, ils ont fini par voyager jusqu’aux terres de la reine de Saba. Ils y ont resté 12 jours d’où l’album « 12 days in Addis » enregistré en studio et en concert avec, parfois, le renfort de musiciens, de chanteurs, chanteuses locaux.

 

L’album est très court, très efficace (6 morceaux, moins de 25mn), tourne en boucle sur Radio Nova, oscille entre le groove éthiopien et américain. C’est agréable mais cela ne me transporte pas.

 

Comme voyage musical en Ethiopie, je préfère décidément « Ethiopian Knights » de Donald Byrd et pas seulement parce qu’il date de 1971.

 

Jugez vous-même, lectrices éthiopiennes, lecteurs abyssiniens. Les voici en concert à Addis Abbeba.

 

 

 

 

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Souvenirs de la Carte blanche de Thierry Péala au New Morning le 27 mars 2013

Publié le par Guillaume Lagrée

 

Carte blanche à Thierry Péala

Paris. Le New Morning.

Mercredi 27 mars 2013. 20h30.

 

Thierry Péala: chant

Bruno Angelini: piano, claviers

Francesco Bearzatti : saxophone ténor, clarinette

Acelino de Paula : guitare basse électrique

Luiz Augusto Cavani : batterie

Verioca : guitare sèche, chant

 

Francesco Bearzatti

 

La photographie de Francesco Bearzatti est l'oeuvre du Suave Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

 

J’étais au New Morning en janvier 2012 pour la sortie de l’album « Move is » du trio acoustique de Thierry Péala. M’y voici de retour en mars 2013 pour le même leader réunissant sur scène son trio transalpin et son quartette brésilien.

 

Le concert commence à 21h05 alors qu’il est annoncé pour 20h30. Les camarades musiciens, travailleurs de nuit, oublient le sort des travailleurs de jour qui doivent se lever à l’aube le jeudi matin. Manque de solidarité prolétarienne. Avec basse et batterie, tenues par des Brésiliens, ça sonne plus funky, évidemment, que le trio « Move is ». Bruno Angelini adapte son style, jouant de façon plus musclée, plus charpentée, plus rythmée qu’à l’habitude. Bruno joue aussi d’un petit clavier électro-ludique. Thierry scatte, Francesco est au saxophone ténor. Ca groove tranquillement et agréablement. Après le solo de scat, celui de sax. Francesco, c’est le sax ténor que les Américains nous envient. Aucun d’entre eux n’a son lyrisme italien. C’était « Eau qui pique » du trompettiste suisse Matthieu Michel.

 

Verioca rejoint le groupe sur scène. C’est une femme pour celles et ceux que son nom intrigue. Une composition de Toninho Horta « Yara Bela » ( ?). Ca sonne brésilien. Léger, chantant, avec plein de pam, pam, pam. Ca sent le printemps et l’Atlantique Sud comme dit un ami de Lorient. Solo de piano entraînant, dansant, bien poussé par la rythmique. Solo de sax ténor chaud, viril, bien charpenté comme un descendant italien de Gato Barbieri, lui-même d’ascendance italienne.

 

« Love reborn » (Georges Duke). Flora Purim a chanté cette chanson. Bruno Angelini est au clavier électrique en fidèle disciple de Georges Duke. C’est de la guimauve de qualité, sucrée, colorée, parfumée mais qui colle aux doigts et aux dents tout de même.

 

Thierry et Vérioca restent seuls sur scène pour « Margarita » (Tania Maria). Un fameux coquetèle que cette chanson là. Thierry fait les maracas avec la voix. C’est délicieux, savoureux, léger. Ca se mange sans faim. 

 

Vérioca s’en va et cède la place au trio « Move is » avec Bruno Angelini au piano et Francesco Bearzatti à la clarinette. « Umberto D », hommage du cinéaste italien Vittorio de Sica à son père. Dialogue d’un bout à l’autre de la scène entre le piano et la clarinette. Une chanson superbement mélancolique, en italien. Ce trio est magique et cinématographique, nous raconte de belles histoires que chacun de nous peut visualiser à sa manière.

 

« Il fanfarone » chanson hommage au « Fanfaron », le titre français du film italien « Il sorpasso » de Dino Risi avec Vittorio Gassman et Jean Louis Trintignant. Joué en version brésilienne avec basse, batterie et guitare. Francesco reste à la clarinette. C’est toujours aussi entraînant jusqu’à la catastrophe finale pour ceux qui connaissent le film, chef d’œuvre de la comédie italienne. Vérioca joue du triangle pour marquer le tempo. Superbe solo de clarinette où Francesco est, là aussi, sans rival. 

 

Je n’ai compris ni le titre ni l’auteur. Traduit en français, cela donne « Des mecs bien ». Une samba moderne. Francesco a repris le sax ténor. Ca swingue agréablement. 

 

PAUSE

 

Il n’est que 22h05 mais Mademoiselle F dort déjà bien que la musique lui plaise et la réveille. Nous devons donc quitter la salle à regret.  Thierry Péala sera en concert à Paris sur la péniche l’Improviste avec son trio « Move is » le samedi 13 avril 2013 à 21h30. Soyez y, sapristi !

 

Sans basse ni batterie, le trio " Move is " composé de Therry Péala, Bruno Angelini et Francesco Bearzatti peut sonner funky. La preuve avec ce " Do it right ", hommage au film " Do the right thing " de Spike Lee (1989). 

 

 

 

 

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Leçon de Jazz d'Antoine Hervé: " The Atomic Mister Basie "

Publié le par Guillaume Lagrée

 

 

Leçon de Jazz

d’Antoine Hervé

 

« The Atomic Mr Basie »

Paris. Auditorium Saint Germain.

Lundi 25 mars 2013. 19h30.

 

Antoine Hervé : piano, enseignement

Big Band du conservatoire du Xe arrondissement de Paris sous la direction de Pascal Gaubert.

 

 

Antoine Hervé 

 

La photographie d' Antoine Hervé est l'oeuvre de l'Eminent Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

 

 

Les propos tenus ici par le professeur Antoine Hervé, Jazzologue, sont ceux que j’ai retenus et retranscrits. Toutes les erreurs, omissions et imprécisions sont miennes.

 

Count Basie est né à Red Bank dans le New Jersey en 1904. Il vivait dans un domaine dont son père était le gardien, celui du juge White (authentique !). Il savait soigner les chevaux et les monter. Il a pris des leçons de piano avec sa mère. Il voulut être batteur mais il renonça lorsqu’il rencontra Sonny Greer, LE batteur de Duke Ellington. Il fut animateur de radio, improvisant en direct avec l’orchestre à l’antenne. Voir le film « Radio Days » de Woody Allen pour comprendre cette ambiance et cette époque. L’orchestre de Basie était la « Machine à Swing ». Il faisait des head arrangements (arrangements de tête) c’est-à-dire des improvisations avec l’orchestre. 

 

Démonstration par le professeur Antoine Hervé qui lance un thème pour la section de saxophones, un autre pour les trombones, un troisième pour les trompettes. La rythmique enchaîne et c’est parti pour un Blues

 

De jour en jour, les musiciens s’appropriaient les morceaux en les jouant, les travaillant, les mémorisant. Démonstration de stride, cette pompe particulière aux pianistes de Jazz des années 20-30.

 

« The kid from Red Bank ». Ca swingue terrible, donne envie de danser, de taper des pieds et des mains mais le public reste sage et attentive. C’est la Leçon de Jazz d’Antoine Hervé, saperlipopette ! La rythmique (piano, guitare électrique, batterie, contrebasse de gauche à droite de l’orchestre) assure les thèmes, les variations alors que les cuivres relancent la machine. Si Antoine Hervé joue le rôle de Count Basie, il y a un chef d’orchestre qui dirige avec les mains, sans baguette, Pascal Gaubert. 

 

Basie arrive à New York en 1924. Il jouait dans des shows burlesques avec des girls, bref il vivotait. Il jouait à l’économie, avec très peu de notes mais très efficaces, très bien place rythmiquement. C’est pourquoi Thelonious Sphere Monk fut qualifié de disciple de Count Basie bien que leurs styles soient si différents (voir la video où Monk joue sous l’œil amusé et intéressé de Basie). 

 

« Shiny stockings » («  Bas brillants » en français), un swing implacable, une sensualité exacerbée comme l’indique le titre. Les bas, plutôt en soie qu’en nylon, merci. Ca swingue tranquille avec des effets de wah wah des trombones. Puis les pavillons s’ouvrent et ça sonne plus dur. Solo de trompette tranquille devant l’orchestre.

 

1925 : Basie continue de galérer. Il accompagne des chanteuses de Blues qui l’emmènent à Saint Louis, La Nouvelle Orléans, Chicago. Il participe à des rent parties : des fêtes où on boit, mange, joue chez l’habitant et où les contributions des participants servent à payer le loyer. Invitez vos voisins avant d’en organiser une chez vous !  Dans l’orchestre de Jazz, les violons sont remplacés par les saxophones. Ce sont eux qui donnent l’atmosphère romantique, sensuelle.

 

« Lil’Darlin » chanté en français par Henri Salvador sous le titre de « Count Basie » tout simplement (je vous ai trouvé la version en concert à Paris en 1958 avec l'orchestre de Count Basie, s'il vous plaît, lectrices exigeantes, lecteurs sélectifs). Le piano introduit. Une merveille de moelleux. Le tempo est extrêmement lent. Rien ne presse, rien ne stresse. Un trompettiste quitte sa place, va devant l’orchestre pour un solo, la main devant le pavillon pour un son wah wah. Il y a de longues plages sans piano. En club, le Count surveillait l’orchestre depuis le bar, ne s’asseyant à son piano que lorsqu’il le jugeait nécessaire. 

 

« Flight of the foo bird ». Morceau qui respire la bonne humeur, qui annonce l’avenir (le Be Bop) tout en restant classiquement compose en AABA. Forme très claire et très dansante. Les trompettes jouent avec des sourdines Harmon (surnommés sourdines Miles en hommage à Miles Davis qui en fit si bon usage) pour commencer. Les 3 sections de souffleurs sont composées ainsi de bas en haut de l’orchestre : une section d’anches avec deux sax alto, deux sax ténor, un sax baryton, deux sections de cuivres avec 4 trombones et 4 trompettes.

 

« Hay Burner », un morceau paysagiste qui a inspiré les musiques de western et de séries télévisées. En effet, cela évoque la marche des convois vers l’Ouest. Ca commence calmement, s’agite brusquement pour revenir calme l’instant d’après. Le voyage n’est pas de tout repos mais ça avance.

 

Fletcher Henderson a offert des arrangements à William « Count » Basie pour l’aider à se lancer. Basie jouait d’oreille. Puis il a rencontré Sammy Nestico, grand arrangeur. Avec l’orchestre, Antoine Hervé démontre la polyrythmie qui vient de la source africaine du Jazz puis l’homorythmie qui vient de sa source européenne. Démonstration de l’orchestre du pianissimo au fortissimo. Après avoir joué le morceau par extraits, l’orchestre le joue tout entier. « Straight ahead ».

 

La radio a lancé Basie et son orchestre. Après les avoir entendu, Lester Young (sax ténor) décida d’aller les rejoindre. Count Basie n’enregistra son premier album comme leader qu’à l’âge de 33 ans en 1937 chez Decca à Chicago. C’était tard. Herschel Evans, autre sax ténor, entra aussi dans l’orchestre. Lester Young est le père spirituel du Cool, jouant du sax ténor assis, le tenant à l’horizontale. Hershel Evans avait lui un son « velu », viril. Le contratse entre les deux faisait la richesse du son des sax de l’orchestre. 

 

« In a mellow tone » (Duke Ellington). Le Comte de Basie respectait le Duc d’Ellington et réciproquement. La preuve, ils ont réuni leurs orchestres pour un album commun «  The first time ! The Count meets the Duke » (1961) vivement recommandés à tous les amateurs de Swing, à toutes les amatrices de cuivres rutilants. 

 

Dans les années 40-50, Count Basie comme Duke Ellington souffrit de la concurrence du Be Bop et des combos (small combinations : petits groupes). En 1956, le Newport Jazz Festival programma les grands orchestres de Count Basie et Duke Ellington qui repartirent de plus belle. Ils tournent encore dans le monde entier bien que leurs leaders et fondateurs soient morts. 

 

En 1958, l’orchestre enregistra « The Atomic Mr Basie » (avec un champignon nucléaire sur la pochette) arrangé par Neal Hefti, qui fit un triomphe. L’orchestre joue, tiré de cet album, « Duet », un duo de trompettes avec sourdine Harmon devant l’orchestre. Ca fait bien longtemps que je n’ai pas écouté cet album, qui figure dans ma discothèque, mais un thème de Basie arrangé par Neal Hefti est inoubliable. 

 

Dans chaque section de souffleurs, il y a un chef de section qui relaie les consignes du chef dans l’orchestre et les plaintes des musiciens vers le chef, comme le premier violon dans l’orchestre : la paie, les horaires, la musique, les répétitions, les concerts. Sauf qu’en classique, les musiciens peuvent virer le chef (comme Sergiu Celibidache viré du Berliner Philarmoniker puis, vingt ans plus tard, de l’Orchestre National de France) alors qu’en Jazz le chef crée l’orchestre pour lui, pour jouer sa musique et qu’il vire les musiciens qui posent problème comme Duke Ellington le fit envers Charles Mingus (Mingus raconte sa version des faits dans son autobiographie « Moins qu’un chien ») . Première trompette chez Count Basie c'est comme première gachette chez Raoul Volfoni: un poste de confiance pour un homme sûr à la main ferme et au souffle long.

 

En 1976, Count Basie eut une crise cardiaque ce qui ralentit sa carrière. Il mourut en activité en 1984, dans sa 80e année ce qui est un âge fort respectable pour un Jazzman. Le professeur Hervé nous explique les riffs, ces phrases répétitives mais pas lassantes qui gravent la musique dans les cerveaux des auditeurs. Exemple avec « Jumpin at the Woodside », toujours aussi efficace.

 

Après le Comte de Basie, le Duc d’Ellington. Antoine Hervé reviendra sur la scène de l’Auditorium Saint Germain, avec le Big Band du conservatoire du Xe arrondissement de Paris dirigé par Pascal Gaubert, le lundi 15 avril 2013 à 19h30, pour expliquer les secrets de fabrication d’un autre compositeur franc-maçon, comme Mozart et Louis Armstrong, Duke Ellington. It don’t mean a thing if it ain’t got that swing ! A comparer avec les Leçons de Jazz sur Duke Ellington données par le professeur Antoine Hervé en trio et en solo.

 

RAPPEL

 

Girl talk “, tire aussi de l’album “ The Atomic Mr Basie “, chanté en français par Claude Nougaro sous le titre “ Dansez sur moi “.  Superbe solo de saxophone alto par Baptiste Herbin, jeune musicien dont j’ai déjà entendu parler mais que je n’avais pas encore écouté. A tort manifestement. 

 

La Leçon de Jazz d’Antoine Hervé a de plus en plus de succès. Pour ce soir, m’avaient rejoint Mademoiselle L, Mademoiselle A, Madame G qui elle-même avait convié Monsieur S et Madame G à la rejoindre. La salle de l’Auditorium Saint Germain était pleine et je parie qu’elle le sera pour Duke Ellington le lundi 15 avril 2013 à 19h30. Pour autant, après juin 2013, les Leçons de Jazz d'Antoine Hervé, à Paris (elles se donnent dans toute la France, y compris Outre Mer) auront lieu dans une autre salle qui reste à déterminer. Comme spectateur, j’espère que les fauteuils y seront aussi confortables que ceux de l’Auditorium avec autant de place pour les jambes. Les élèves sont plus sages et mieux disposés pour écouter les leçons de Jazz du Professeur Antoine Hervé lorsque les conditions d’étude sont bonnes.

 

Prêts à décoller grâce à l'orchestre de Count Basie? Le Count lance lui même le show. Appréciez le truc de Jimmy Rushing, Mr 5*5 (5 pieds de haut, 5 pieds de large), le chanteur de l'orchestre, pour gagner à coup sûr le concours de danse. Lectrices danseuses, lecteurs danseurs, échauffez vous. C'est parti! " Air Mail Special ".

 

 

 

 

 

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Sélection de concerts de Jazz à Paris et à Istanbul pour avril 2013

Publié le par Guillaume Lagrée

 

Lectrices printanières, lecteurs en fleur, c'est avec le soin d'un jardinier du potager royal de Versailles que je vous propose la sélection suivante de concerts de Jazz à Paris (France) et Istanbul (Turquie) pour le mois d'avril 2013.

Deux festivités marqueront le mois:

- du vendredi 12 au samedi 14 avril, le Festival international du Jazz au Cinéma à Paris: voir le programme des films chez MK2, celui des concerts chez Paris Jazz Club.

- mardi 30 avril: la deuxième Journée internationale du Jazz parrainnée par l'UNESCO. En 2012, cela se passait essentiellement à Paris, ville siège de l'UNESCO. En 2013, cela se passera essentiellement à Istanbul, ex Constantinople, ex Byzance, ville de rencontre entre l'Asie et l'Europe, en Turquie. C'est à Istanbul que joueront Herbie Hancock et Wayne Shorter avec des lycéens. Il y aura toutefois des événements à Paris. 80 événements sont prévus dans 30 pays. Tout est gratuit mais il faut s'inscrire pour y accéder.

 

Elise-Caron.jpg

 

 

La photographie d'Elise Caron est l'oeuvre du Vert Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

 

Péniche l'Improviste

Attention. Pendant le Festival international du Jazz au cinéma, du vendredi 12 au dimanche 14 avril 2013, la péniche quittera le quai de l'Oise pour le quai de Loire, toujours dans la 19e arrnondissement de Paris, pour se trouver en face du cinéma MK2 Quai de Loire afin que les spectateurs puissent devenir des auditeurs et vice versa.

Vendredi 12 à 21h30: Stéphan Oliva (piano) jouera en solo son programme " Vaguement Godard " d'hommage aux musiques de films de Jean Luc Godard (Martial Solal, Michel Legrand...).

Samedi 13 à 21h30: le Trio " Move is " (Thierry Péala, Bruno Angelini, Francesco Bearzatti) dont je vous ai déjà chanté les louanges sur scène et sur CD. Indispensable et irremplaçable.

Dimanche 14 à 21h30: Pierre Durand (guitare électrique) et son Roots Quartet jouent 60 ans de cinéma. Là aussi, je vous en ai chanté les louanges sur scène et sur CD. Chaque concert a son propre programme.

Samedi 20 à 21h30: le Word Out Trio. Une musique délectable. 

Vendredi 26 à 21h30: dernier concert de la résidence de Pierre Durand à l'Improviste. Heureux ceux qui pourront dire qu'ils y étaient.

 

La Java

Vendredi 12  de 22h à l'aube: Electro Swing Club avec des DJ, Samy Thiébault (sax ténor), une scatteuse bref de quoi faire guincher minets et minettes toute la nuit. 

Dimanche 21 à 14h: Entrée libre pour le concert hommage de l'orchestre de Jazz de la Java aux grands disparus de 2012 dont David S. Ware.

 

Auditorium Saint Germain:

Lundi 15 à 19h30: Leçon de Jazz d'Antoine Hervé avec le Big Band du Xe arrondissement de Paris: " Duke Ellington, compositeur et chef d'orchestre ". It don't mean a thing if it ain't got that swing!

 

Duc des Lombards

Vendredi 26 et samedi 27 à 20h et 22H: le Super Power Trio de Jérôme Sabbagh (sax ténor) avec Jozef Dumoulin (Fender Rhodes) et Daniel Humair (batterie). Nom de Zeus, ça va chauffer comme dans la forge d'Héphaïstos!

Par ailleurs, Jérôme Sabbagh donnera une masterclass de saxophone aux élèves du Conservatoire à Rayonnement Régional de Paris le vendredi 26 et le samedi 27 avril. Concert gratuit des élèves le 27 à 17h.

 

L'Ermitage

Samedi 27 à 21h: Médéric Collignon et son Jus de Bocse vont nous presser le citron, nous secouer la pulpe qui est au fond. Ce sera juteux et acide. 

 

New Morning

Mardi 9  à 20h30: Dave Holland&Pepe Habichuela Flamenco Quintet, un guitariste espagnol qui dialogue avec Don Cherry.

Mercredi 17 à 20h30: Joseph Bowie (trombone)/Jamaladeen Tacuma (base)/Jean Paul Boureely (guitare)/DJ = Jazz Funk surpuissant en perspective!

 

Le Triton (métro Mairie des Lilas, terminus ligne 11). Le mois des Enchanteuses.

Samedi 6 à 21h; Elise Caron dans The loving suite pour birdy so. Maîtresse de diction et de chanson, Elise Caron est à suivre dans toutes ses aventures, que vos oreilles soient grandes ou petites, tant que votre esprit est grand ouvert.

Vendredi 19 à 21h: Yes is a plesant country avec Jeanne Added (chant), Bruno Ruder (piano) et Vincet Le Quang (saxophones).

Samedi 27 à 21h: Claudia Solal (chant)&Benjamin Moussay (piano). Un duo dont je chante les louanges depuis des années (bientôt 10)     tant pour la scène que pour l'album. Je ne m'en lasse pas.

 

Sunset-Sunside

Lundi 1er, 21h: le trio  Open Loose Mark Helias (contrebasse), Tony Malaby (saxophone ténor), Tom Raney (batterie). Prêts à perdre vos repères? Suivez les!

Mardi 2 à 21h:  John Taylor (piano)&Stéphane Kerecki(contrebasse). Voir les chroniques de la scène et de l'album. Le dialogue franco-britannique peut être fructueux. La preuve par deux.

Vendredi 5 à 21h, samedi 6 à 21h30: Pierrick Pédron Trio " Kubic's Monk ". Voir mes chroniques louangeuses de l'album et d'un précédent concert de ce trio qui joue la musique de Thelonious Sphere Monk sans piano.

Jeudi 11 à 21h: Riccardo del Fra joue la musique des films de Lucas Belvaux dans le cadre du Festival international du Jazz au cinéma.

Samedi 13 à 20h et 22h, dimanche 14 à 21h: Al Foster Quartet. Le batteur de Miles Davis de 1972 à 1986 (interruption des travaux de 1976 à 1980), de Sonny Rollins, de Mac Coy Tyner est toujours aussi tellurique.

Samedi 20 à 21h30: Alain Jean-Marie Biguine Reflections pour un nouvel album. Un mélange unique entre Be Bop et Biguine dont le Guadeloupéen Alain Jean-Marie possède le secret.

Samedi 27 à 19h: Olivier Calmel Cinematics. Un comédien, des musiciens pour un projet original  inspiré du cinéma, du dessin animé, du Jazz, de la musique contemporaine. Excellente stimulation sensuelle et intellectuelle pour un début de soirée.

Mardi 30 avril à partir de 14h: série de concerts gratuits pour la Jounée Internationale du Jazz. S'inscrire pour y assister.

 

Cité de la Musique:

L'exposition "  Musique et cinéma: le mariage du siècle? " se poursuit tout le mois d'avril. Des concerts autout des musiques de films sont à écouter sur place.

 

Forum des Images:

le festival " En avant la musique! " avec des films mêlant musique et faits sociaux dure jusqu'au dimanche 21 avril 2013.

Après cette orgie de sons et d'images en mouvement, retour au calme avec le festival D Dessin du samedi 13 au dimanche 14 avril 2013.

 

 

 

Voici le trio "  Move is " jouant, chantant, sifflant, scattant " Do it right " hommage à " Do the right thing ", film de Spike Lee (1989) . Thierry Péala (voix), Bruno Angelini (piano), Francesco Bearzatti (saxophone ténor, clarinette). 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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RECLAME: Festival Jazzablanca à Casablanca (Maroc) du 30 mars au 4 avril 2013

Publié le par Guillaume Lagrée

  

 

RECLAME

 

 

Lectrices joyeuses, lecteurs joviaux, pour fêter en musique l'amitié entre les deux rives de la Mer Méditerranée et de l' Océan Atlantique, rendez-vous en Afrique, au Maroc, à Casablanca pour la huitième édition du festival de Jazz à Casablanca  JAZZABLANCA  qui aura lieu du samedi 30 mars au  jeudi 4 avril 2013 !

au programme : Melody Gardot, Vaya Con Dios, Chucho Valdés, Dhafer Youssef, Abraham Inc, M'oudswing!

 

David Krakauer proposera un programme spécial pour célébrer la fraternité entre les enfants d'Abraham: Abraham Inc.

 

 

 

 

 

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Dan Tepfer&Ben Wendel livrent leurs petites constructions au Sunside

Publié le par Guillaume Lagrée

 

  

Dan Tepfer&Ben Wendel

 

Paris. Le Sunside.

Jeudi 21 mars 2013. 21h

 

Dan Tepfer: piano

Ben Wendel: saxophone ténor, basson.

 

Concert de sortie de l’album “ Small Constructions “ (Sunnyside Records). 

 

Dan Tepfer et Ben Wendel

 

 

Le portrait de Dan Tepfer&Ben Wendel a été réalisé lors d'un précédent concert du duo par la Passionnée Hélène POISSON. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

 

Dan commence grave, swinguant. Ben au sax ténor pour un classique deMonk. Ce n’est pas aussi âpre que lorsque Monk le jouait avec Johnny Griffin. Mais il y a le swing, la surprise, l’humour à la Monk. Leur éducation classique s’entend mais elle n’édulcore pas le thème. Le dialogue est riche. Le thème est bien là. Ils se l’approprient avec la maîtrise et la fougue de leur jeunesse. C’était « Pannonica » le morceau hommage à la baronne Pannonica de Koenigswarter chez qui moururent Charlie Parker en 1955 et Thelonious Sphere Monk en 1982.

 

Dan démarre dans un roulement continu, puissant que Ben prolonge. Cela sonne comme une fuite, une course. Ces deux oiseaux volent haut. Le piano représentant la Terre, le sax ténor l’Air, les deux éléments se mélangent, chacun empruntant à l’autre, l’un la force, l’autre la légèreté. C’était « Nines » de Dan Tepfer.

 

« Jean and Renata » composé par Ben Wendel en hommage à un couple parisien de ses amis. Jean étant Français, il s’agit du prénom masculin. Une ballade. Ces gens doivent être charmants, absolument charmants, ouï ce que j’entends. Ben joue tout en douceur, le souffle long alors que Dan soutient derrière. Ils nous bercent de voluptueuses volutes sonores. Cette musique est un baume pour l’âme. A la fin du morceau, une dame se lève et serre Ben Wendel dans ses bras pour le remercier. Logiquement, c’est Renata.

 

Solo de ténor pour commencer. Ca monte et ça descend. Dan arrive avec une pompe puissante. Ca enchaîne. Puis la musique devient légère, cristalline, aérienne. Un swing à la fois subtil et puissant s’élève. Comme j’ai la chance d’être ici et maintenant à ce concert. Ca invente et vibre de partout. Bel élan jusqu’au final paroxystique et conjoint. « Still play » (Wendel).

 

Ce sont les deux derniers concerts (jeudi 21 et vendredi 22 mars au Sunside) d’une tournée commencée fin février sur la Côte Pacifique des Etats-Unis d’Amérique (la West Coast pour les amateurs de Jazz Pacifique). Ils sont donc parfaitement rodés mais pas lassés de jouer leur musique. L’album se nomme « Small constructions » parce qu’à deux, en jouant chacun plusieurs instruments, en utilisant les possibilités techniques de l’enregistrement, ils ont construit leur œuvre, morceau par morceau, avec des morceaux dans les morceaux, le tout s’emboitant pour former un ensemble cohérent.

 

Ben Wendel passe au basson pour jouer « Come tu mi vuoi » (Nino Rota) qui ne figure pas sur l’album. Grand-père Basson se met au Jazz et il swingue. Musique d’une élégante nostalgie, bref du Nino Rota. Ca s’anime, s’agite. Le basson grogne et berce. Le piano frétille joyeusement.

 

« More bassoon soon » lance un spectateur au premier rang. Dan lui répond « Sooner or later ». Pour l’instant, Ben revient au sax ténor pour jouer « Gratitude » de Dan Tepfer. Lorsque Dan Tepfer a joué avec Gary Peacock (contrebasse) il est allé le voir chez lui. Gary Peacock vit seul dans une maison isolée, en forêt, dans l’Etat de New York. Il a expliqué à Dan qu’à son âge (il est né le 12 mai 1935), lorsqu’il joue, ce qu’il ressent d’abord, c’est la gratitude de pouvoir encore jouer et à haut niveau. De retour chez lui, ayant pris des notes pendant cette conversation, Dan a composé « Gratitude ». Comme avec Lee Konitz, Dan Tepfer sait tirer profit du savoir de ses aînés. C’est une de ses qualités. Dan commence seul une ballade. Ben enchaîne avec la plainte du saxophone. Il y a aussi dans cette musique la grandeur de la forêt, son silence, son murmure, la communion de l’homme avec la Nature comme chez Edvard Grieg. Un silence d’approbation avant d’applaudir.

 

« Solar » (Miles Davis), un morceau qui ne figure pas sur l’album. Je reconnais la mélodie mais décortiquée par Dan Tepfer. Un peu de jeu dans les cordes du piano et c’est fini.

 

PAUSE

 

Honorables lectrices, estimables lecteurs, j’espère que vous voudrez bien m’excuser mais cette chronique s’arrête à la première pause du concert. La musique était magnifique, j’ai senti les progrès accomplis depuis le concert de ce duo à Paris en juillet 2012. Malheureusement pour moi, je n’étais pas assez éveillé pour en profiter. Je suis donc rentré me coucher. Une chronique de l’album « Small constructions » chez Sunnyside Records  sera bientôt publiée sur ce blog.

 

 

Voici Dan Tepfer&Ben Wendel jouant " Solar " de Miles Davis lors d'un précédent concert parisien. Régalez vous à votre tour honorables lectrices, estimables lecteurs.

 


 

 

 

 

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RECLAME: annulation du concert sauvage du Flûturiste prévu le dimanche 24 mars 2013 dans la Drôme (26)

Publié le par Guillaume Lagrée

 

 

 

 

 

RECLAME

 

Météo Dimanche 24 mars : Jour : Averses ou pluie intermittente / 
minimum 7°C,  ressentie 3°C  / maximum 12°C, ressentie 8°C   !!!

Bonjour à chacun,
La Compagnie C Possible a décidé de vous épargner non seulement la rigueur des frimas dont l'hiver interminable souhaite nous gratifier encore, mais aussi les maladies pulmonaires qui n'auraient pas manqué de suivre avec cortège de décès et de tristesses collatérales (ou de soulagements) qui accompagnent ce genre d'affection. 

Et puis, vous en conviendrez, aucune idée aussi grande soit-elle, aucun concert aussi original serait-il, aucune ballade, aucun pique-nique, aucune entreprise humaine ne vaut le sacrifice gratuit et désinvolte de ses propres participants !

Toutes ces contorsions de langage pour vous dire que nous avons décidé de reporter le concert sauvage Flûturiste dans le courant d'avril un dimanche à la même heure...

D'ici là, le ministre de la météo s'y est engagé : tout ira mieux, le soleil brillera, les oiseaux chanteront, la vie coulera heureuse dans nos minces corps trépidants, et l'herbe de ce site magnifique sera tendre et accueillante à souhait...

Les conditions d'approche restent les mêmes... Le programme aussi ! Comptez sur nous pour que les coordonnées et indices vous soient parcimonieusement concédés au gré de nos humeurs mailingueuses.
 
Nous vous prions d'agréer chers participants la meilleure santé possible pour toutes les aventures qui nous attendent encore.

l'équipe de la Compagnie C Possible

 

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