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Concert sauvage du Flûturiste le dimanche 5 mai 2013 à midi dans la Drôme, Rhône Alpes, France

Publié le par Guillaume Lagrée

 

 

Pour fêter la fin d'un interminable hiver, la Compagnie C Possible vous invite le dimanche 5 mai 2013 à midi, dans un lieu à "retrouver" dans la Drôme, région Rhône-Alpes, en France, pour un Drôle de Concert Sauvage, initié par le musicien et chanteur André Stoketti

Le concert sera suivi d'un pique-nique commun sur le lieu du concert qui permettra aux spectateurs de festoyer, ripailler et improviser avec l'artiste. Les spectateurs sont aimablement priés d'amener leurs victuailles et leurs breuvages au concert. Venez avec vos enfants, vos amis, vos amants, vos parents, vos voisins, vos collègues, vos connaissances, vos inconnus fêter le printemps avec le Flûturiste.

 

Plus de renseignements sur le site  www.fluturiste.com

 

Flûturiste, c'est un artiste seul sur scène qui produit une musique singulière à base de rythmiques vocales, scats, percussions corporelles et flûtes transfigurées, au service de mots "aflûtés" et revigorants. 

site web  www.fluturiste.com

 

Voici ce que donne le Flûturiste à son public lorsqu'il est enfermé au fond d'une cave parisienne. En liberté, au grand air de la Drôme, il vous donnera bien plus encore, lectrices exigeantes, lecteurs blasés.

 

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RECLAME: Le Duke Orchestra fêtera ses 10 ans à l'Européen, à Paris, du 21 au 23 avril 2013

Publié le par Guillaume Lagrée

RECLAME

 


Pour fêter 10 ans de bonheurs auprès d'Ellington, le Duke Orchestra vous propose de (re)découvrir un univers exceptionnel. 
ELLINGTON 3 Days c'est … un festivaltrois spectacles thématiques, seize musiciens, et des invités qui nous font l'amitié de leur participation.
 

Toutes les infos :
http://www.laurent-mignard.com/docs/LMDO_ELLINGTON%203D_V03.pdf


dimanche 21 avril – 17h30
ELLINGTON FRENCH Touch
Duke Ellington et la France, une histoire d’amour
invités : Nicolle Rochelle, Pierre Richard, Duke Ellington (vidéo)


lundi 22 avril – 20h30
MULTICOLORED DUKE 
Duke Ellington ambassadeur des peuples
invités : Victoria Abril, Jean-Jacques Milteau, Jorge Pardo


mardi 23 avril – 20h30
DUKE LADIES
Les femmes au cœur de l’œuvre du Duke
invités : Nicolle Rochelle, Sylvia Howard, Rebecca Cavanaugh, Aurore Voilqué

Avec Didier Desbois (as,cl), Aurélie Tropez (as,cl), Fred Couderc (ts,cl,fl), Carl Schlosser (ts,fl), Olivier Defays (ts),
 Philippe Chagne (bs,cl), Claude Egea (tp), Sylvain Gontard (tp), Jérôme Etcheberry (tp), Richard Blanchet (tp),
 Fidel Fourneyron (tb), Michaël Ballue (tb), Jerry Edwards (tb),
Philippe Milanta (p), Bruno Rousselet (b), Julie Saury (dms), 
Laurent Mignard
 (dir).


L’Européen - 5 Rue Biot 75017 Paris - M° Place de Clichy
 
Réservations : 01 43 87 97 13 ou www.leuropeen.info 
http://www.leuropeen.info/index.php?wh=programme 
tarifs 35 € / 25 €** (pass 3j : 75 € / 55 €**)

** étudiants, demandeurs d'emplois, intermittents, adhérents Maison du Duke
 
infos : www.laurentmignard.com 

 

 


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RECLAME: Jazz Week dans le 12e arrondissement de Paris du 19 au 25 avril 2013

Publié le par Guillaume Lagrée

 

RECLAME

 

Organisée par les Centres d’Animation de Bercy et de Villiot-Rapée dans le 12ème  arrdt de Paris du  vendredi 19 au jeudi 25 avril 2013.

 

La Jazz Week célèbre le Jazz sous toutes ses formes, au travers de projections, de films, de concerts et d’expositions.

Pour cette 5ème édition, nous rendrons hommage à Memphis Slim qui disparaissait il y a 25 ans, ainsi qu’à Django Reinhardt, figure emblématique s’il en est.

 

Renseignements et réservations au 01 40 01 95 58 

et sur www.claje.asso.fr

 

Allez faire un petit tour sur notre Facebook, vous y trouverez quelques infos complémentaires :https://www.facebook.com/claje.asso

 

 

Lectrices Bluesy, lecteurs Soulful, voici un groupe de feu pour vous chauffer avant la Jazz Week de Paris 12e:  Miss Caldonia chante, Menphis Slim  est au piano, Wilie Dixon à la contrebasse (la légende de Chess Records, producteur des sessions historiques de Chuck Berry), T Bone Walker à la guitare électrique (le gars dont Jimi Hendrix a copié le jeu avec les dents et derrière le dos), Sonny Terry à l'harmonica et son complice Brownie Mac Ghee à la guitare sèche. Si vous identifiez le batteur, je suis preneur de l'information.

 

 

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Le pianiste turc Fazil Say condamné à 10 mois de prison avec sursis pour injure envers l'Islam

Publié le par Guillaume Lagrée

 

Le pianiste turc  Fazil Say a été condamné à 10 mois de prison avec sursis par un tribunal d'Istanbul, Turquie, pour injure envers l'Islam. Son crime: avoir repris des vers d'Omer Hayyam sur son compte Twitter.

Par ailleurs, la 2e journée internationale du Jazz parrainée par l'UNESCO (Organisation des Nations Unies pour l'Education, la Science et la Culture) aura lieu essentiellement à Istanbul, en Turquie, le mardi 30 avril 2013.

Herbie Hancock

Herbie Hancock, photographié ci-dessus par le Vertueux Juan Carlos HERNANDEZ, présent à Istanbul le 30 avril 2013 comme il l'était à Paris le 27 avril 2012 pour la première Journée Internationale du Jazz, qui a déjà joué en duo avec Fazil Say, plaidera t-il la cause de son collègue pianiste, de la liberté d'expression, d'opinion, de croyance auprès des autorités turques à cette occasion?

Qu'y a t-il de plus opposé au Jazz que de brider la liberté d'opinion, de croyance, d'expression d'un artiste? Ce jugement ne viole t-il pas la Déclaration universelle des Droits de l'Homme (articles 18 et 19) , l'Acte constitutif de l'UNESCO (article 1), la Convention européenne des droits de l'homme (articles 9 et 10) auxquels la Turquie a adhéré en tant qu'Etat membre de l'ONU, de l'UNESCO et du Conseil de l'Europe?

Fazil Say, né en 1970, a prévenu qu'il quitterait la Turquie s'il était condamné. Ce serait une perte immense pour lui et son pays natal tant il lui rend hommage dans sa musique.

Le voici jouant sa composition " Kara Toprak " (Terre Noire). Rien à ajouter.

 

 

 

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156 concerts, 20h de musique en ligne grâce à l'AMR (Genève, Suisse)

Publié le par Guillaume Lagrée

kontomanou geri allen

 

La photographie de Geri Allen (piano) et Elisabeth Kontomanou (voix) à été prise au Sud des Alpes, club géré par l'AMR, à Genève, Suisse par l'Associé Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

Depuis 1973, l'AMR (Association des Musiciens Romands devenue Association pour l'encouragement des Musiques impRovisées) promeut le Jazz à Genève en Suisse: concerts, gestion d'un club, le Sud des Alpes (situé à 200m de la gare CFF de Genève Cornavin où arrivent les trains en provenance de France) , enseignement, solidarité.

Juan Carlos Hernandez, photographe exclusif de ce blog, en est un membre viril et actif.

Voici que l'AMR met à disposition du public, sur Youtube, 156h concerts soit 20h de musique live.

En voici un exemple filmé par Juan Carlos Hernandez: le trio de John Scofield (guitare électrique) en concert au Sud des Alpes, à l'AMR, Genève, Suisse, le 20 mars 2013. Profitez en pleinement lectrices Free, lecteurs Jazz.

 

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Leçon de Jazz d'Antoine Hervé: " Duke Ellington " avec orchestre

Publié le par Guillaume Lagrée

 

Leçon de Jazz d’Antoine Hervé

Duke Ellington

Paris. Maison des Pratiques Artistiques Amateurs

Lundi 15 avril 2013. 19h30.

 

Antoine Hervé : piano, enseignement

Big Band du Conservatoire du X° arrondissement de Paris dirigé par Pascal Gaubert.

 

Antoine Hervé

 

La photographie d'Antoine Hervé est l'oeuvre du Ducal Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

Les propos retranscrits ici sont ceux que j’ai saisis de la Leçon de Jazz d’Antoine Hervé. Les erreurs, omissions, approximations, inventions et élucubrations sont de mon fait, élève dissipé que je suis.

Après les Leçons de Jazz d'Antoine Hervé sur Duke Ellington en solo puis en trio, voici enfin la Leçon de Jazz sur Duke Ellington avec Big Band.

Autant les Leçons de Jazz d’Antoine Hervé sont l’œuvre d’un grand professionnel aussi ludique que pédagogique, autant l’accueil réservé au public par la Maison des Pratiques Artistiques Amateurs relève de l’amateurisme. Les Leçons de Jazz ont de plus en plus de spectateurs ce dont il faut se réjouir. J'y contribue par mes chroniques et mon amie Madame G par les amis qu'elle y ramène de plus en plus en nombre. Pour autant, alors qu’il existe 2 escaliers pour accéder à l'Auditorium Saint Germain et deux guichets, un seul escalier et un seul guichet sont ouverts. La queue s’étire au point qu’arrivés à 19h10, Mademoiselle F et moi n’avons pu entrer dans la salle qu’à 19h40.  Le spectacle avait commencé alors que tous les spectateurs n’étaient pas entrés. C’est un manque de respect pour les spectateurs qui viennent, attendent et paient. Il est temps de changer de salle. Celle-ci n’est plus à la hauteur du spectacle offert. Justement, à compter d’octobre 2013, la Leçon de Jazz à Paris aura lieu au Petit Journal Montparnasse.

 

L’orchestre se lance dans « A prelude to a kiss ». Trop fort, pas assez moelleux. Solo de saxophone alto par Baptiste Herbin. Très bien mais le volume sonore trop élevé gâche le plaisir. 

 

Le Duke a commencé sa carrière dans les années 20 avec le ragtime (rythme à deux temps, descendant des marches militaires). Puis est apparu le stride (« enjamber » en français). Au Capitol Palace, tout le monde, clients et serveurs compris, marchait, bougeait au rythme du pianiste Willie «  The Lion » Smith, surnommé The Lion en raison de sa bravoure au combat durant la Première Guerre Mondiale (le premier orchestre de Jazz à jouer en France, à Saint Nazaire, en 1917, fut celui du régiment noir des «  Harlem Hell Fighters », des gars qu’on ne chatouillait pas sans risque pour ses abattis). Pour bien nous expliquer le stride, Antoine Hervé nous joue en solo « Mail to Elise », la version stride de la composition de Ludwig Van Beethoven. Après le stride, vint le style jungle, inspiré par la jungle urbaine de New York dont Duke Ellington était le Roi (le terme a été repris depuis dans la musique électronique, avec la même idée au départ d’ailleurs). 

 

En 1921, Duke Ellington, natif de Washington, rencontra le prodigieux batteur Sonny Greer qui l’emmena à New York. Là, ils créèrent un orchestre avec Wellman Braud (contrebasse) qui inventa le slap pour faire entendre son instrument. Vous tirez une corde au maximum, la relâchez, l’arrêtez net. Démonstration par le contrebassiste de l’orchestre. A la trompette, Bubber Miley, spécialiste du growl, qui faisait grogner son instrument comme une voix humaine. Démonstration par un trompettiste de l’orchestre avec une sourdine faute de déboucheur pour évier (le gros modèle avec ventouse). Cet orchestre créa une Afrique imaginaire, rêvée, fantasmée depuis New York par des descendants d’esclaves.

 

« Black and tan fantasy » (Ellington/Miley). Un chef d’oeuvre du style jungle. Solo de saxophone alto de Baptiste Herbin qui prend le rôle de Johny Hodges. Il s’en tire bien. Beau solo de trombone qui pète comme il convient.

 

La radio lança Duke Ellington et son orchestre comme Count Basie. Il s’installa au Cotton Club. Voir le film éponyme de Francis Ford Coppola (1984). Un jour dans les années 60, un journaliste bien intentionné de la télévision américaine demanda au Duke : «  Comment vous, Duke Ellington, avez-vous pu jouer pour ces gangsters du Cotton Club." " Des gangsters ! Comment osez vous qualifier ces gentlemen de gangsters ? » répondit-il en souriant. D’ailleurs, la trace d’entaille de rasoir que Duke portait sur la joue venait d’une femme jalouse. Il n’était fidèle qu’à la musique d’où le titre de son autobiographie « Music is my mistress ». L’alcool coulait à flots au Cotton Club puisque c’était la Prohibition. Dès que l’alcool fut de nouveau en vente libre, la Mafia s’est reconvertie du trafic d’alcool au trafic de stupéfiants. 

 

« Cotton Tail » basé sur un Anatole comme disent les musiciens français (32 mesures : 4*8). La rythmique introduit puis l’orchestre enchaîne le thème. Duel de sax ténors devant l’orchestre. Le Big Band n’a pas le moelleux de celui du Duc mais ça sonne bien. 

 

Entre 1926 et les années 30, Duke Ellington créa 170 titres pour 14 compagnies sous 18 pseudonymes. S’il avait touché des droits d’auteur corrects, peut-être n’aurait-il pas usé de tels stratagèmes. En 1925, il composa en une nuit la comédie musicale « Chocolate Kiddies » qui fit un bide à New York et un triomphe à Berlin. Duke Ellington s’exportait déjà. 

 

« Solitude » composé pendant une pause en studio en 1934. Somptueuse ballade. Beau solo de sax baryton. Dans l’orchestre, il était joué par Harry Carney, le plus fidèle compagnon du Duke avec qui il joua pendant 50 ans, qui était le chauffeur de la voiture du Duke pendant les tournées. 

 

Ellington adorait le théâtre de Shakespeate. Il lui dédia même un album « Such sweet thunder » où chaque composition est inspirée par une pièce de Shakespeare et chaque soliste joue un rôle d’acteur sans paroles mais pas sans voix. Le Professeur Hervé nous fait une démonstration de rythmes. D’abord celui à 5 temps de l’Afrique du Nord. Ce rythme passe en Espagne avec l’invasion puis l’occupation arabe qui dura du 8e au 15e siècle de l’ère chrétienne. Le rythme passa alors à 4 temps. C’est celui de la habanera qui donna l’air de « Carmen » à Georges Bizet. Christophe Colomb, navigateur gênois (sosie de Coluche par ailleurs. Vérifiez si vous ne me croyez pas sur parole), au service du Roi d’Espagne, ayant débarqué aux Caraïbes en croyant découvrir une route occidentale pour les Indes (d’où l’appellation britannique des West Indies), les Espagnols occupèrent quelques îles des Antilles du 15e au 19e siècle (Cuba, Saint Domingue). Cela donna un rythme à deux temps. Les Jazzmen mélangeant la habanera et les rythmes antillais, les firent aller vers du ternaire, c’est-à-dire un rythme africain (la valse est aussi ternaire). Après l’explication, la démonstration. Contrebasse et batterie commencent. Le piano les rejoint. L’orchestre les rejoint. Ca swingue, ça grogne. Normal puisque c’est un si doux tonnerre. Fin autoritaire du piano.

 

L’orchestre du Duke tournait à travers le monde. En Afrique (voir le festival des Arts Nègres organisé à Dakar, Sénégal, par le président poète et grammarien Leopold Sedar Senghor en 1966), ces musiciens rencontrèrent des hommes qui leur ressemblaient mais ne parlaient pas la même langue, n’avaient pas le même mode de vie. Mais, dès qu’ils sortirent les instruments et se mirent à jouer ensemble, ils se comprirent. Duke Ellington composa des œuvres inspirées de ses voyages. Du Japon, il ramena la «  Far East Suite » avec un «  Ad lib on Nippon » où Johny Hodges brille de mille deux. 

 

L’exotisme plaisait au public américain. Juan Tizol, tromboniste porto-ricain de l’orchestre (le seul Blanc de l’orchestre. Un raciste disait de lui Charles Mingus) composa « Caravan » qui mélange les Caraïbes, le Proche Orient et les accords diminués chers à Claude Debussy et Bela Bartok. Bien joué. L’orchestre s’efface un moment afin que le pianiste se fasse et nous fasse plaisir. 

 

En 1938, Duke Ellington rencontra son alter ego Billy Strayhorn avec qui il composa, joua, dirigea jusqu’à la mort de Billy en 1967 (le Duke enregistra aussitôt en son hommage l’album « And his mother called him Bill » qui est un chef d’œuvre de pudeur et d’émotion). Billy Strayhorn était un créateur timide et modeste, petit de taille, homosexuel. Aucune concurrence pour Duke qui était grand, sociable et coureur de jupons. «  Tant qu’il y aura une jolie fille pour m’écouter jouer du piano, je continuerai » disait-il dans une interview de 1967. Une complémentarité d’âme, de créativité absolument parfaite par contre. « Billy Strayhorn est mon bras droit, mon bras gauche, mon cerveau, mon intelligence créative » (Duke Ellington). L’orchestre joue ensuite « Rain check » d’Ellington/Strayhorn. La classe évidemment.

 

L’orchestre du Duke marchait fort dans les années 40 mais l’avènement du Be Bop et des petits groupes mit les Big Bands à l’écart. En 1956, le Newport Jazz Festival eut l’idée étrange de mettre les Big Bands en valeur : Duke Ellington, Count Basie, Woody Herman. Ce fut un triomphe et l’orchestre repartit en tournée mondiale jusqu’à la mort de son pianiste en 1974 et même au-delà puisque l’orchestre tourne encore. 

 

« The star crossed lovers » (Ellington/Strayhorn). Baptiste Herbin, sax alto, joue à nouveau le rôle de Johny Hodges. Il le tient à la perfection : lyrique, sensuel, élégant, dans le ton mais pas dans la copie. 

 

« Concerto for Cootie » composé par le Duc pour son trompettiste Cootie Williams. Cootie Williams avait succédé à Bubber Miley dans l’orchestre mais, au départ, ne voulait pas jouer de growl. Petit à petit, il s’y est mis et créa un nouveau style de grognement avec la trompette. Cet air instrumental de 1940 devint une chanson en 1944 sous le titre «  Do nothing till you hear from me ». Le trompettiste du Big Band fait au mieux mais il n’est pas facile de succéder à Cootie Williams sur un morceau qui a été composé pour lui. « Je compose comme Jean-Sébastien Bach, pour des interprètes précis » (Duke Ellington). 

 

Dans les années 1960, Duke Ellington et Billy Strayhorn réorchestrèrent des oeuvres classiques comme « Peer Gynt » d’Edvard Grieg et « Casse Noisettes » (surnommé « Casse bonbons » quand il est mal joué) de Piotr Illitch Tchaikovsky. Puis, à l’approche de la mort, se rappelant ses nombreux péchés, Duke Ellington composa de la musique sacrée mais qui swingue, avec danseur de claquettes dans la cathédrale de Westminster (« David danced before the Lord »).

 

Quand il mourut en 1974, 12 000 personnes étaient présentes à son enterrement. Miles Davis, lui, convoqua ses musiciens en studio sur le champ pour enregistrer son Requiem pour Duke : « He loved him madly », Duke ayant composé « Love You madly » et ayant l’habitude de saluer le public de ses concerts par ces termes « We do love You madly ». 

 

« Le Jazz n’a pas besoin de tolérance : il a besoin d’intelligence et de compréhension » (Duke Ellington). « Chaque année, tous les Jazzmen du monde devraient se retrouver au même endroit, s’agenouiller et prier Dieu pendant un quart d’heure pour le remercier d’avoir créé Duke Ellington » (Miles Davis). 

 

RAPPEL

 

Pour dire au revoir à « Sir Duke » (Stevie Wonder), l’orchestre joue « Rockin’in rhythm » que même Weather Report joua. Ca swingue terrible et Baptiste Herbin, en plus de la clarinette, joue aussi du sax soprano et de la clarinette avec goût et force. 

 

La dernière Leçon de Jazz parisienne pour la saison 2012-2013 aura lieu début juin à la Maison des Pratiques Artistiques Amateurs. Antoine Hervé viendra seul au piano jouer et expliquer Georges Gershwin, compositeur notamment de « Porgy and Bess » sur lequel s’illustrèrent des trompettistes aussi talentueux et différents que Louis Armstrong, Miles Davis et Médéric Collignon. Les Leçons de Jazz d’Antoine Hervé se poursuivent dans toute la France, y compris Outre Mer. La prochaine saison parisienne se déroulera au Petit Journal Montparnasse mais ceci est une autre histoire.

 

Voici l'orchestre de Duke Ellington en 1942 improvisant sur " C Jam Blues ". Sonny Greer à la batterie, Ben Webster au saxophone ténor, Duke Ellington au piano, entre autres. La classe mondiale. Et quels chapeaux!

 

 

 

 

 

 

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" Jazz at the Philarmonic. Pleyel. 1960 " par Jean-Christophe Averty

Publié le par Guillaume Lagrée

 

Festival Jazz et Cinémas

MK2 Grand Palais

Samedi 13 avril 2013. 18h.

" Jazz at the Philarmonic. Pleyel 1960 "

Emissions de Jean-Christophe Averty diffusées les 4 et 18 février 1961, le 7 avril 1962.

RTF/INA

 

Lectrices actuelles, lecteurs contemporains, il fut un temps où le Jazz n'était pas une musique respectée mais une musique du Diable, issue des minorités (Noirs, Juifs, Italiens, Gitans essentiellement), confinée à des clubs enfumés, propriété de gangsters trafiquants d'alcool et de stupéfiants, pour un public d'initiés. Pour sortir le Jazz de son ghetto, le producteur Norman Granz (un  Juif de New York et ce n'est pas un hasard) monta dans les années 1950 les tournées " Jazz at The Philarmonic " réunissant musiciens blancs et noirs, du style ancien comme du style moderne, décrochant les salles les plus prestigieuses comme Pleyel à Paris, des hôtels de luxe pour tout le monde (Noirs et Blancs), des cachets corrects pour les artistes, bref obtenant pour les Jazzmen et Jazzwomen un traitement réservé jusqu'alors aux virtuoses de la musique classique. Bien entendu, Norman Granz n'oubliait pas sa part du gâteau. C'est pourquoi il prit sa retraite à Genève en Suisse où il mourut  et où vit toujours Juan Carlos Hernandez, photographe exclusif de ce blog. Pour éviter l'ISF, heureux contribuables français, il vous suffit d'acheter les photographies de Juan Carlos Hernandez, des oeuvres d'art payables en Suisse en Francs suisses. Simple, non?

Quel était le programme?

Une Jam Session avec Roy Elridge, Don Byas, Coleman Hawkins, que vous avez déjà pu apprécier à Cannes, l'été 1958, heureux touristes, auxquels s'ajoutent Benny Carter (sax alto), Lalo Schifrin (piano), Sam Jones (contrebasse) et Papa Jo Jones (batterie), le batteur du grand orchestre de Count Basie. A la batterie, ne jamais confondre Jo Jones dit Papa (le père de la batterie moderne) et Philly Joe Jones, le batteur du premier quintet de Miles Davis avec John Coltrane en 1960. On a pendu pour moins que ça! Papa Jo Jones nous délivre à la fin du morceau un solo d'anthologie, tout en finesse, en maîtrise, avec les balais, les mains, les baguettes, sans jamais perdre le sourire. A étudier de très près par les batteurs actuels afin d'apprendre ce qu'est le bon goût, le sens de la mesure, le tambour bien tempéré. Un exemple pour la jeunesse.

Vient ensuite Dizzy Gillespie accompagné de Leo Wright (sax alto, flûte), Lalo Schifrin (piano), Art Davis (contrebasse), Chuck Lampkin (batterie) auxquels s'ajoute Candido Camero (congas). Quand Candido quitta Cuba pour New York, c'était pour jouer avec Dizzy Gillespie. Heureusement, cela s'est produit. Sur " Caravan ", le dialogue de tambours entre percussionniste et batteur est absolument ahurissant. Je l'avais déjà apprécié en écoutant l'album mais le voir, c'est autre chose. Candido caresse, frappe, pétrit, enlace sa conga, la couve des yeux comme une femme aimée. Chuck Lampkin n'est pas en reste. Une orgie de rythme comme disait Art Blakey.

Retour au calme avec le tromboniste Jay Jay Johnson à qui ce blog est dédié. Le Jars Jase Jazz cela fait trois J comme Jay Jay Johnson. Il est accompagné par Vic Feldman (piano), Sam Jones (contrebasse) et Louis Hayes (batterie) sur une ballade somptueuse. Avec la même rythmique, Stan Getz joue avec sa maîtrise habituelle. Apparemment tranquille, un tueur en fait.

La même rythmique accueille ensuite les frères Adderley: Julian dit " Canonball " au sax alto, Nat à la trompette. Une musique qui fait le pont entre le hard bop et la soul music avec une version de " Jeannine " d'anthologie (je l'ai encore en tête en écrivant). Je laisse les experts du rap m'indiquer quels DJ ont samplé ce morceau. Je serais vraiment surpris qu'il n'y en ait pas eu tant le groove est efficace.

La même rythmique poursuit son oeuvre avec Stan Getz et Jay Jay Johnson ensemble. Comme une idée du bonheur que ces deux souffleurs qui enregistrèrent ensemble " Live at the Opera House ", un classique du Jazz moderne. Le ton, le son, tout est parfait.

Pour finir en beauté, Dizzy Gillespie revient avec son quintette, sans Candido Camero. Lalo Schifrin a déjà découvert Gato Barbieri mais n'est pas encore devenu le géant d'Hollywood qu'il fut ensuite (le compositeur des musiques de " Bullitt ", de " Mission Impossible " et des bas DIM, c'est lui). C'est déjà un crack. Dizzy ne s'était pas trompé en le recrutant en Argentine suite à une tournée sud-américaine.

 

Voici la " Toccata " composée par Lalo Schifrin pour Dizzy Gillespie, jouée par le Quintette de Dizzy à Paris, salle Pleyel, en 1960 lors de la tournée " Jazz at the Philamonic ". L'album du concert de Dizzy existe, édité par Europe 1 qui, à l'époque, diffusait ces concerts en direct dans son émission " Pour ceux qui aiment le Jazz " de Frank Ténot et Daniel Filipacchi qui, comme Norman Granz, prouvèrent qu'il était possible de devenir riche à partir du Jazz.

 

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Modern Jazz au Studio 4 par Jean-Christophe Averty (1960)

Publié le par Guillaume Lagrée

 

Festival Jazz et Cinémas

Paris. MK2 Grand Palais.

Vendredi 12 avril 2013. 22h.

" Modern Jazz au Studio 4 "

Jean-Christophe Averty. 1963.

RTF/INA

 

Le problème avec le Swing, c'est que c'est une drogue dure. Une fois accroché, difficile de décrocher. L'avantage, c'est que c'est légal et sans danger pour la santé. C'est pourquoi avoir vu "  Le festival de Jazz de Cannes. 1958 ", je suis resté dans la salle du MK2 Grand Palais pour apprécier le travail en studio de Jean-Christophe Averty, le réalisateur le plus fantasque de l'histoire de la télévision française. 

Cette soirée studio commençait le Modern Jazz Quartet, émission diffusée le 11 avril 1958 à la RTF. Le MJQ était composé de John Lewis (piano), Milt Jackson (vibraphone), Percy Heath (contrebasse) et Connie Kay (batterie). Ce groupe illustre parfaitement le propos de Jean Cocteau: " Le Jazz, c'est le concert de chambre parfait avec des solistes incomparables ". Un concert du MJQ de 35mn filmé, sans aucun commentaire, sans public, en studio où Jean-Christophe Averty se fond dans le groupe usant des gros plans, des fondus enchaînés, des plans rapprochés, montrant l'écoute, la fusion entre les quatre membres du groupe. Je n'ai identifié que le premier morceau " I love You Porgy " (Georges Gerswhin). J'ai retrouvé pendant 35 mn le mélange unique du MJQ entre le raffinement harmonique issu du classique (John Lewis a poussé son amour de la musique classique jusqu'à épouser une claveciniste croate!) et le Blues, le Swing, le Groove propres à la musique noire américaine. De bout en bout, c'est prodigieux d'entente, de précision, d'élégance, de respiration. Le Modern Jazz Quartet dans toute sa splendeur.

Suivit " Modern Jazz au Studio 4 " , émission diffusée le 17 novembre 1960. Un portrait du Jazz français de l'époque avec 4 groupes en 15mn: le trio HUM (Humair, Urtreger, Michelot), le trio de Lou Bennett (orgue Hammond), le quartette de Guy Laffitte (sax ténor), le quintette d'André Persiany (piano) avec l'aristocrate du saxophone baryton, Michel de Villers de Montaugé. Le trio HUM se détache du lot pour ses qualités musicales même si je continue de préférer Martial Solal à René Urtreger; En noir et blanc, Averty s'amuse à pousser les contrastes, à jouer des ombres chinoises, à filmer d'en haut, d'en bas, de côté. Ses improvisations visuelles font corps avec celles des musiciens.

Pour finir, la " Blue Note Parade " diffusée le 6 avril 1963 avec Cat Anderson (trompette), Johnny Griffin (sax ténor), Kenny Drew (piano), Gilbert Rovère (contrebasse), Larry Ritchie  (batterie). Casting de rêve, musique de feu. Ils jouent aussi bien un vieux classique comme " Saint Louis Blues " de WC Handy que " Rhythm A Ning " de Thelonious Sphere Monk. Je continue d'ailleurs de penser que Johnny Griffin fut le meilleur saxophoniste ténor de TS Monk. Si vous n'êtes pas d'accord, écoutez leur version de " Misterioso "  en concert au Five Spot puis reparlons en, lectrices exigeantes, lecteurs pointilleux. La rythmique est d'une précision de métronome, pétrie de swing et de Blues évidemment. Cat Anderson a un jeu plus classique que Johnny Griffin (il vient de l'orchestre de Duke Ellington) mais cette différence de style crée une tension, une dynamique dans leur jeu. Sur Monk, Griffin prend les devants. Sur " Saint Louis Blues " c'est le Cat. Là encore, JC Averty est inspiré par la musique, se permettant de faire apparaître caméra et cameraman à l'écran comme s'ils faisaient partie du groupe.

Il est 23h30. Je viens de savourer plus de 3h de Swing concentré. Whaouah! Cela me rendra plus exigeant pour écouter les Jazz(wo)men actuels, c'est certain.

 

N'ayant pas trouvé de vidéo de ces émissions, repartons en vacances sur la Croisette à Cannes, en juillet 1958, avec Stan Getz accompagné par Martial Solal. Il y a pire comme séjour balnéaire et estival, avouez le, lectrices exigeantes, lecteurs pointilleux.

 

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Jazz sur la Croisette. Cannes 1958. Le film de Jean-Christophe Averty

Publié le par Guillaume Lagrée

 

Festival Jazz et cinémas

MK2 Grand Palais

Vendredi 12 avril 2013. 20h.

" Le festival de Jazz de Cannes. 1958 ".

Un film de Jean-Christophe Averty. 1958.

RTF/INA

 

Lectrices observatrices, lecteurs scrutateurs, vous avez déjà noté la chronique du double CD " Jazz sur la Croisette " qui relate le seul festival de Jazz à s'être déroulé à Cannes, Alpes Maritimes, Provence Alpes Côte d'Azur, France, du 8 au 13 juillet 1958.

Toujours grâce à l'Institut National de l'Audiovisuel et donc à nos impôts, taxes et contributions, heureux contribuables français, voici qu'est présenté restauré le premier festival et même le premier concert de Jazz filmé par la télévision française. C'était en 1958 et c'est l'oeuvre de Jean-Christophe Averty, évidemment. En France, nous devons le Jazz en concert à la radio à André Francis, à la télévision à  Jean-Christophe Averty (" Averty, c'est moi " comme l'a écrit Martial Solal en son hommage). Merci aux cinémas MK2 de l'avoir diffusé dans le cocon de sa salle du Grand Palais à un prix (7 €) et à une heure (20h) parfaitement raisonnables.

En 1958, le festival de Jazz de Cannes fut organisé conjointement avec celui d'une autre station balnéaire, Knokke-le-Zoute, en Belgique, sur la Mer du Nord. La conjonction des deux événements permit de constituer une affiche fabuleuse allant du New Orleans au Hard Bop et au Cool, de Sidney Bechet à Donald Byrd et Stan Getz en passant par Dizzy Gillespie et Ella Fitzgerald. Sans oublier deux saxophonistes ténors de légende réunis: Coleman Hawkins et Don Byas.

En séance d'ouverture, le soleil, la Mer Méditerranée, la plage, les jolies filles qui bronzent et Coleman Hawkins en fond sonore. Elle est pas belle, la vie? Les concerts avaient lieu au Palais des Festivals, celui du cinéma. Pour que des concerts de Jazz en France aient lieu en plein air, au bord de la mer, comme à Newport, il fallut attendre Antibes-Juan-les Pins et 1960, rejoint en 1974 par Nice.

Que voit-on d'autre dans ce film? Sidney Bechet, toujours ébouriffant de puissance et de swing, accompagné par de jeunes musiciens français qui sont plutôt ses fans que ses sidemen. Dès que Sidney prend un solo, il met tous ces blanc-becs à l'amende. Ella Fitzgerald arrive à l'aéroport de Nice où elle est accueillie comme une Reine. Logique. Si Louis Armstrong était le Roi du Swing (titre usurpé par Benny Goodman), Ella en était la Reine. Puis elle chante sur scène " How long has this been going on? " et c'est le grand frisson. 

Ensuite viennent Coleman Hawkins et Roy Elridge dit " Little Jazz " parce qu'il était petit et qu'il était le Jazz incarné, le lien, à la trompette, entre le jeu de Louis Armstrong et celui de Dizzy Gillespie. Si Adolphe Sax a inventé le saxophone ténor, c'est Coleman Hawkins dit " Hawk " ou " Bean " qui a inventé la façon de s'en servir. Voir et entendre Hawkins et Elridge jouer sur scène ensemble, quelle claque! Interviewés, les musiciens se réjouissent de l'accueil, de l'ambiance, d'avoir pris le bateau jusqu'à  l'île Sainte Marguerite, salué la mémoire de Nicola Paganini ( qu'Ella Fitzgerald chanta d'ailleurs) et dégusté de la bouillabaisse ce qui leur inspira un " Bouillabaisse Blues " d'anthologie sur l'île au milieu des vacanciers.

Ensuite apparaît Dizzy Gillespie en costume blanc et lunettes noires accompagné d'une rythmique où Martial Solal, au piano, est déjà en train de construire son univers lorsqu'il prend un solo tout en offrant un solide et stimulant soutien comme accompagnateur. Quant à Dizzy Gillespie, en 1958, il est dans une forme olympique, chaud bouillant, rythmique, pyrotechnique et nous tenant chaud à l'âme. 

La première émission se termine par un trumpet summit avec Dizzy Gillespie, Bill Coleman, Teddy Buckner, Roy Elridge aux trompettes. La rythmique est la même que pour Dizzy (Martial Solal, Arvell Shaw, JC Heard) et Dizzy reste le boss.

La deuxième émission commence par une jam session sur " Perdido " (Juan Tizol) mélangeant musiciens français et américains. Don Byas (sax ténor) et Teddy Buckner (trompette) mènent les débats avec classicisme et efficacité. Vient ensuite Albert Nicholas, clarinettiste New Orleans moins puissant que Sidney Bechet mais fort élégant et intéressant à écouter.

Sidney Bechet revient sur scène avec un groupe de musiciens de son niveau puisqu'il est accompagné de Vic Dickenson (trombone), Teddy Buckner (trompette), Sammy Price (piano), Arvell Shaw (contrebasse), JC Heard (batterie). Ils improvisent sur " Sweet Georgia Brown " et nous infligent une sévère leçon de Swing. Nom de Zeus, ça déménage! La première fois que John Coltrane écouta Sidney Bechet jouer du sax soprano, il demanda au critique qui lui avait fait écouter l'album: " Est-ce que ces vieux types swinguaient tous autant? ". Pas tous, juste Sidney que Duke Ellington considérait comme un soliste de valeur supérieure à Louis Armstrong.

Retour au calme avec une interview de Jean Cocteau, premier Président de l'Académie du Jazz en France. Cocteau explique qu'il fut le premier à considérer le Jazz comme une musique de chambre et non plus comme une musique de danse. Il reproche d'ailleurs aux spectateurs leurs débordements d'enthousiasme car ils tapent des mains et des pieds pendant que les musiciens jouent. Sauf que l'ami Jean ne tient pas compte du fait que les musiciens peuvent chercher cette réaction du public. Le Jazz est de la poésie qui soulève l'enthousiasme. Ce n'est plus une machine à rythme car les musiciens y ont ajouté de l'expression, de la sentimentalité (il ne dit pas sentimentalisme car il est évident que le sentimentalisme est propre à la musique de variété et étranger au Jazz). Le Jazz est le concert de chambre absolu avec des solistes incomparables. Bien parlé, Monsieur Cocteau. 

La preuve que le Jazz est cette alliance de virtuosité technique et de sentimentalité avec le quintet de Donald Byrd (trompette) et Bobby Jaspar (flûte) qui suit aussitôt l'interview de Jean Cocteau. Ensuite,Kenny Clarke interviewé nous explique sa joie de jouer avec Martial Solal à Paris et de retrouver Dizzy Gillespie sur scène à Cannes. Cela s'entend tout de suite quand Dizzy revient sur scène avec Martial Solal, Arvell Shaw et Kenny Clarke.

Pour finir, un tenor saxophone summit avec Stan Getz, Guy Laffitte, Barney Wilen, Don Byas, Coleman Hawkins par ordre d'apparition sur scène. La rythmique est composée de Martial Solal, Pierre Michelot et Kenny Clarke mais elle n'est là que pour faire briller les solistes. Il n'y a pas de discours cohérent. Chaque saxophoniste fait son numéro chacun son tour. C'est le jeu. Barney Wilen n'a que 21 ans mais c'est déjà un crack, sidérant d'aisance. Il n'y a pas de manchot là dedans même si Guy Laffitte, fidèle disciple du Hawk est le moins original ce qui ne signifie pas qu'il ne soit plaisant à entendre.

Bref, écouter comme voir ces enregistrements revient pour le spectateur à se livrer à une orgie de Swing en toute légalité, sans aucun risque pour la santé. Cure vivement recommandée. Elle n'est pas remboursée par la Sécurité Sociale bien que ses effets antidépresseurs soient éprouvés et garantis depuis maintenant 55 ans. Précision: lectrices observatrices, lecteurs scrutateurs, sachez que le double album contient beaucoup plus de musique que le film.

 

Voici Stan Getz jouant " Ghost of a chance " et " Indiana " lors du festival de Jazz de Cannes 1958 accompagné par Martial Solal au piano. La pure classe. Rien à ajouter.

 

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Disquaire Day le samedi 20 avril 2013

Publié le par Guillaume Lagrée

 

 

Disquaire Day

 

Un événement organisé par le  CALIF

(Club Action des Labels Indépendants Français)

 

Samedi 20 avril 2013

 

 

Lectrices curieuses, lecteurs fouineurs, sortez de chez vous le samedi 20 avril 2013 et rendez vous chez un disquaire participant à l'opération Disquaire Day. Vous en trouverez en France, Corse comprise, en Belgique, au Luxembourg et en Suisse. Au menu des disques rares réédités, vendus pour l'occasion en série limitée, des concerts et surtout l'occasion de découvrir des musiques dont vous ignoriez totalement l'existence jusqu'à ce que votre disquaire les conseille.

 

Si vous n'êtes pas en Europe continentale le samedi 20 avril 2013, vous pourrez participer au Record Store Day aux Etats- Unis d'Amérique ou au Royaume Uni de Grande Bretagne et d'Irlande du Nord.

 

En ces temps de diffusion de la musique par une multitude de canaux soi-disant dématéralisés, à quoi servent les disques et les disquaires? Au plaisir de la découverte justement. Sur Internet, vous trouvez ce que vous cherchez et encore, pas toujours. Chez un disquaire, comme chez un libraire, un bouquiniste, vous entrez, flânez, écoutez, discutez, vous faites conseiller et découvrez l'insensé, l'inouï, le neuf, l'ancien, le proche, le lointain dont vous ne saviez rien et que vous n'auriez jamais découvert sans l'aide du disquaire.

 

Voici une anecdote personnelle à ce sujet. Un jour, j'entrai chez un disquaire, située à Paris dans le 18e arrondissement, rue Harmel (métro Jules Joffrin). En fouinant, je trouvais un album live de Don Cherry, daté de 1971, année qui m'est chère. Il y avait alors dans le magasin, comme autres acheteurs potentiels, un couple de jeunes gens, au look New Wave qui écoutait de la New Wave. Je demandai au disquaire, qui avait l'air de ne pas s'être remis de Woodstock et de l'Ile de Wight vu son look, de passer l'album de Don Cherry en question  sur la chaîne hi fi du magasin. La chose faite, une musique hallucinante, stupéfiante, cosmicomique se diffusa dans l'espace. Très vite, la demoiselle sortit effrayée par tant de liberté, d'étrangeté à ses oreilles habituées à la pop anglaise blanche et froide du début des années 80. Son compagnon, lui, resta écouter, scotché, fasciné, émerveillé, ébahi, eberlué, ébaubi par la beauté de cette musique. Reprenant ses esprits, il me dit: " Cette musique est chamanique! ". Je lui répondis qu'il avait compris Don Cherry, fils d'un Noir et d'une Indienne d'Amérique, passeur de mondes, le seul musicien capable de jouer la même année avec John Lee Hooker puis des moines tibétains, d'avoir été le fidèle complice d'Ornette Coleman et de Sonny Rollins, le 2e pilier de CODONA (Colin Walcott, Don Cherry, Nana Vasconselos), chaman musical.

 

Sur Internet, je n'aurais jamais rencontré ces jeunes gens ni ne leur aurait fait découvrir Don Cherry. Chez un disquaire, c'est possible. Cet album enregistré en concert en France en 1971 à Carpentras (84) et à Paris (75) comprend 4 morceaux: Orient, Eagle Eye, Togetherness, Sitarama. Eagle Eye est un hommage à son fils Eagle Eye Cherry né en 1971 dont les chansons ont démontré depuis, s'il le fallait encore, que le talent artistique n'est pas héréditaire. Je préfère celles de la fille adoptive de Don, Neneh Cherry. En un mot comme en cent, allez à l'aventure chez un disquaire le samedi 20 avril 2013. D'ici là, vous pouvez écouter Don Cherry et bien d'autres musiques sur la radio de ce blog le Jars jase Jazz.

 

Voici CODONA en concert à New York en 1984 peu de temps avant la mort de Colin Walcott qui mit fin à l'existence de ce trio. Rien à ajouter.

 

 

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