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" Word out " l'album

Publié le par Guillaume Lagrée

 

Word Out

Autoproduction. 2009

 

Jim Funnell: piano, compositions

Oliver Degabriele: contrebasse

Thibault Pierrard: batterie

 

Lectrices attentives, lecteurs concentrés, vous avez remarqué que je vous ai déjà chanté les louanges du trio Word Out en concert , présentant son prochain album qui vient d'être enregistré et dont je vous ferai part de la sortie dès qu'elle aura lieu.

En attendant, puisqu'il n'est jamais trop tard pour bien faire, je clamerai donc les délices et les mérites de l'album Word out, sorti en 2009. Le format piano/contrebasse/batterie a offert des milliers de merveilles aux amateurs de Jazz de Thelonious Sphere Monk à Martial Solal que je vénère en passant par Keith Jarrett et Oscar Peterson qui m'indiffèrent. 

Word out ne prétend pas révolutionner le genre. Ces jeunes musiciens ne sont pas prétentieux. Ils sont simplement frais, vivants, curieux, ouverts d'esprit, joyeux et écouter leur musique fait un bien fou. Il y a la fantaisie latin d'un petit déjeuner anglais ( " Beans on toast ", n°1), un voyage interstellaire qui illustre cet article ( " Asteroid B612 ", n°3), une version originale d'un standard du Jazz moderne ( " Giant steps " de John Coltrane, n°6), un clin d'oeil britannique à Herbie Hancock (" One ginger snap ", n°7), un morceau si beau qu'il se passe de titre pour conclure l'album  " Still untitled ", n°12).

Si je dois extraire un morceau de cet album, c'est la version du " Space oddity " de David Bowie que je choisis (n°7). Alors que David Jones dit Bowie vient à nouveau de ressuciter, sous une nouvelle forme, avec une exposition à sa gloire à Londres et un nouvel album mondialement diffusé, il est juste et bon d'écouter cette version acoustique de ce classique de la Pop britannique, qui servit d'illustration musicale à la BBC en 1969 lorsqu'elle diffusa les images du premier homme sur la Lune. Jim Funnell est Britannique, Oliver Degabriele Maltais, Thibault Pierrard, Français. Tous ont baigné dans la Pop Music avec la radio, la télévision puis la Toile. Ils ont assez de goût pour faire le tri. Ici, ils prennent un classique, préservent son énergie Pop, conservant sa majesté britannique tout en lui insufflant un Swing tout à fait Jazz. Bref, c'est une réussite parfaite de la première à la dernière note.

Grâces soient rendues à ces loyaux et féaux sujets de Sa Majesté David Bowie qui, à mon goût, par l'étendue et la diversité de sa carrière, mérite bien plus le titre de King of Pop que feu Michael Jackson. Je me souviens avoir vu à la télévision française, en direct, David Bowie expliquer, dans un français parfait (comme tout gentleman britannique, David Bowie parle français), le mouvement Dada à l'animateur Nagui. Un grand moment de culture pour les masses.

En attendant la sortie du prochain album du trio Jim Funnell/Oliver Degabriele/Thibault Pierrard, offrez et offrez vous vous sans délai et sans détour leur album " Word out ". Je parie que vous ne le regretterez pas, lectrices attentives, lecteurs concentrés.

 

Voici " Still untitled " (n°12 sur l'album) joué par le trio " Word Out " en 2008, en concert à l'Espace culturel Jean-Jacques Robert de Mennecy, Essonne, Ile de France, France. Bonne écoute, lectrices attentives, lecteurs concentrés.

 

 

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Finançons " Médo(s)" le documentaire sur Médéric Collignon!

Publié le par Guillaume Lagrée

 

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La photographie de Médéric Collignon est l'oeuvre de l'Intègre Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette photographie sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

Lectrices productrices, lecteurs investisseurs, vous pouvez contribuer à l'enrichissement artistique et culturel de la France en contribuant par vos deniers personnels au  financement de la post production du documentaire " Médo(s) " de Josselin Carré sur Médéric Collignon, bugliste, corniste, trompettiniste, vocaliste,clown, showman, agitateur musical né à Charleville-Mézières comme Arthur Rimbaud. 8400 € sont à rassembler d'ici le samedi 20 juillet 2013. Plus vous investirez dans ce projet, plus vous recevrez de cadeaux jusqu'à avoir votre nom et votre prénom susurrés par la douce voix de Médéric Colignon au générique du film, suscitant la jalousie maladive de vos voisins et collègues de bureau, lectrices productrices, lecteurs investisseurs.

Un soir où j'assistai à la Maison de La Radio, à un concert de la Théorie du chaos, trio vocal a capella composé de Claudia Solal, Le Duy Xuan  et Médéric Collignon, une Lady non loin de moi dit, admirative, à propos de Médéric Colignon, " He comes from another planet! ". C'est exactement cela. Médéric Collignon vient d'une autre planète. Puisqu'il nous fait le plaisir de vivre et de créer sur celle-ci, en ce moment, profitons en et investissons sur lui en plaçant quelques euros, jusqu'à 8400 au total, voire plus si affinité, sur la post production du documentaire " Médo(s) " qui lui est consacré.


Voici la bande annonce titillante (teaser in english) de ce documentaire. Etonnant, non?    


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COMMUNIQUE: la SACEM organise une master class sur la musique de film à Cannes le 17 mai 2013

Publié le par Guillaume Lagrée

COMMUNIQUE

 

Avec la Sacem, la musique fait son cinéma !

Festival international du film de Cannes du 15 au 26 mai 2013

Cannes, Alpes Maritimes, Provence Alpes Côte d'Azur, France

 

 

Communiqué de presse, 3 mai 2013

 

Le 66e Festival International du film de Cannes, moment important pour les compositeurs de musique de film, va bientôt dérouler son tapis rouge.  Depuis plusieurs années, la Sacem mène une action culturelle dédiée au domaine audiovisuel pour y favoriser la place de la composition de musique originale, au travers de différents programmes d'aide. Elle participe par ailleurs à la mise en œuvre des premiers projets de réalisation (courts métrages, captations) unissant jeunes cinéastes et compositeurs, et contribue à l'organisation de rencontres et master classes.

  

À Cannes, au travers de son action culturelle, la Sacem s'engage pour la valorisation des compositeurs de musique de film :

 

 

  • Elle accueille les compositeurs des films sélectionnés par le Festival de Cannes, la Quinzaine des Réalisateurs, la Semaine internationale de la Critique et par l'ACID. Retrouvez chaque jour sur sacem.fr des interviews des compositeurs présents sur la Croisette.
  • Elle organise des rencontres entre compositeurs et filière cinématographique.
  • Elle apporte une aide à la production pour la création de musique originale des courts métrages Talents Cannes Adami.

 

 

Concert de musique de film : un rendez-vous inédit au 66e festival de Cannes !

 

  • Le vendredi 17 mai 2013 à 16h00 au Grand Hyatt Cannes - Hôtel Martinez

 

 

La Sacem et le Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris présentent une master classe de musique de film, dans le cadre du cursus de composition de musique à l'image du CNSMDP (*). Laurent Petitgirard, compositeur, Président du Conseil d'administration de la Sacem, dirigera les musiques composées par les sept élèves de ce nouveau cursus, pour une même séquence du film Le Crime est notre affaire, de Pascal Thomas. Le réalisateur se verra proposer sept œuvres musicales différentes, composées et orchestrées par les sept élèves et interprétées par l'Orchestre de Cannes Provence Côte d'Azur. Le concert s'achèvera par la musique du film Ecrire Contre l'oubli (réal. Francis Girod) composée par Laurent Petitgirard.

 

(*) Créé en 2013, le nouveau cursus de composition de musique à l'image a été initié par Bruno Mantovani, Directeur du Conservatoire. Il est dirigé par Laurent Petitgirard. 

 

Le Fonds Culturel Franco-Américain à Cannes :

 

Deux films seront projetés dans le cadre de la sélection « Cannes Classics », restaurés en partenariat avec La Cinémathèque française :

 

 

  • La Belle et la Bête de Jean Cocteau (1946)
  • Plein Soleil de René Clément (1960)

 

 

Retrouvez l'intégralité des rendez-vous Sacem au Festival de Cannes (vidéos + photos + bonus) et un dossier complet sur la musique de film sur sacem.fr

 

N'oubliez pas non plus de visiter l'exposition " Musique et cinéma: le mariage du siècle? " à Paris, à la Cité de la Musique, jusqu'au 13 août 2013.

 

Voici la bande annonce de " Plein soleil " de René Clément (1960, musique de Nino Rota). Un chef d'oeuvre du cinématographe.

 

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L'INA numérise les archives de Cuba

Publié le par Guillaume Lagrée

      " Jungoso " Sonny Rollins (sax ténor, composition), Bob Cranshaw (contrebasse), Candido (conga)

Cet article est dédié à Monsieur N, fidèle abonné et ami, qui faillit ne jamais revenir d'un séjour à Cuba en 1986.

Le régime castriste compte trois réussites: la santé, l'éducation et le sport et trois échecs: le petit déjeuner, le déjeuner et le dîner.

Blague cubaine

 

Lectrices libérales, lecteurs démocrates, voici que l'Institut National de l'Audiovisuel (INA) vient au secours d'un des derniers régimes à parti unique de la planète, Cuba.

En effet, l'INA a obtenu de numériser 30 ans de noticeros, les informations cubaines de 1960 à 1990, soit 30 ans de propagande, de discours océans du Lider Maximo, Fidel Castro, de soutien aux luttes de libération contre l'hydre impérialiste américaine au profit du régime démocratique et populaire de l'Union des Républiques Socialistes Soviétiques. Une mine d'or pour les historiens du XX° siècle.

Espérons que lorsque ces archives seront mises à la disposition du public, nous y trouverons du Son, de la Conga (venue en droite ligne du Congo comme me le fit remarquer il y a 20 ans un ami Congolais), du Candomble, de la Santeria, du Cha Cha Cha, de la Rumba, du Merengue, enfin bref de la musique cubaine qui ne cesse de féconder le Jazz depuis ses débuts puisque La Nouvelle Orléans est aussi une ville des Caraïbes.

 

En attendant de découvrir ces trésors, je vous conseille de voir, lectrices libérales, lecteurs démocrates, le film documentaire " Dizzy Gillespie in Cuba: A night in Havana " (1985). Dizzy Gillespie était fou amoureux de Cuba depuis qu'il avait recruté Chano Pozo (conga) dans son Atomic Big Band en 1946. En 1985, malgré l'embargo interdisant aux citoyens des Etats Unis d'Amérique toute visite à Cuba, Dizzy s'y rendait encore pour y découvrir de jeunes musiciens comme le pianiste Gonzalo Rubalcaba qui a fait une carrière internationale depuis, lancé par Dizzy Gillespie puis volant de ses propres ailes.

 

 

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DAG " Opening Summer "

Publié le par Guillaume Lagrée

 

DAG

" Opening Summer "

Les forces en présence. 2013.

Téléchargeable sur Sans bruit

 

Le trio DAG est composé de:

Sophia Domancich, piano

Jean Jacques Avenel, contrebasse

Simon Goubert, batterie

 

Concert enregistré le 25 juillet 2008, au Domaine d'O, dans le cadre du Festival de Radio France & Montpellier Languedoc Roussillon. Concert dédié à Johnny Griffin décédé quelques jours auparavant. 

 

 

En 2007, j'assistai à Paris au Sunside à un concert du trio DAG. Voici que, six ans après, sort un autre concert de ce trio de créateurs et d'improvisateurs. Jean Jacques Avenel fut le fidèle partenaire de Steve Lacy pendant 20 ans et une vingtaine d'albums. Sophia Domancich et Simon Goubert forment un couple à la ville et à la scène comme Lenny Popkin et Carol Tristano dans un autre genre de Jazz. Leur musique est riche, dense, complexe, exigeante. Elle prend le temps de se développer, de s'exprimer. Elle est si surprenante que le 3e morceau est indiqué comme une composition de Simon Goubert " Pour vous " alors que je maintiens avoir entendu Simon Goubert l'annoncer, après l'avoir joué, comme " Soliloque " de Sophia Domancich. Etonnant, non?

 

Avec une musique aussi exigeante pour l'auditeur, j'avoue avoir parfois lâché prise comme sur le 3e morceau justement. Par contre, cette musique peut aussi m'attraper, me faire accéder à des dimensions supérieures comme " As usual " de Steve LAcy (n°1) ou " Surface de réparation " (n°4) de Sophia Domancich qui n'a rien à voir avec le football mais simplement avec la beauté de l'expression, une surface dans laquelle les fautes sont réparées, et les émotions qu'elle suggère à cette créatrice et à ses fidèles complices. Les influences pianistiques sont à chercher, entre autres, du côté de Claude Debussy et Paul Bley. Tout se passe dans la retenue, la pudeur, l'écoute, l'échange. Même les solos de batterie comme ceux qui figurent sur " Surface de réparation " sont plutôt des breaks, des interventions que des démonstrations de force comme le sont souvent, malheureusement, les soli de batterie. L'album s'achève par l'annonce, par Simon Goubert, du morceau de Jean Jacques Avenel " Canoë ", mais, cruelle déception, l'album s'arrête avant que ce morceau ne commence. Dommage, je me souviens qu'il est beau ce morceau.

 

Parfois, cette musique me lâche et m'attrape dans un même morceau comme sur " Pourquoi pas? " (n°5) qui dure plus de 19mn. Pour vous, auditrices sophistiquées, auditeurs sophistiqués, ce processus d'attention et de relâche sera certainement différent. Sur un format classique en Jazz, le trio piano/contrebasse/batterie, cette musique a tant de tours et de détours à nous offrir, nous faire découvrir, parcourir, qu'elle vaut le voyage.

 

Voici le trio DAG lors d'un autre concert de 2008, à Paris, au New Morning, jouant " Pourquoi pas? " qui figure sur l'album " Opening Summer " (n°5) chroniqué ci-dessus mais dans une version qui dure 10mn de moins que sur l'album.

 

 

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Rencontre à Paris avec Jérôme Sabbagh, saxophoniste

Publié le par Guillaume Lagrée

 

 

Rencontre avec Jérôme Sabbagh, saxophoniste

Paris. Le Père Tranquille

Dimanche 28 avril 2013

 

Jérôme Sabbagh

 

La photographie de Jérôme Sabbagh est l'oeuvre du Grandiose Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

Après ses concerts en trio à Paris, où il naquit, au Duc des Lombards avec Jozef Dumoulin et Daniel Humair, avant de repartir pour New York où il vit depuis 1995, Jérôme Sabbagh m’a confié ses impressions sur le jazz d’aujourd’hui, ses projets musicaux, entre New York et Paris.

 

Guillaume Lagrée : Pourquoi t’es-tu installé à New York ?

Jérôme Sabbagh : Je suis né à Paris en 1973. Je suis parti aux Etats-Unis à Boston, au Berklee College of Music, en 1993 pour deux ans d’étude. En 1995, mon visa était encore valable. J’ai décidé de partir pour New York voir ce qui se passait. Cela m’a plu et je suis resté.

GL : Comment t’es-tu imposé à New York ?

JS : Par le travail. Cela m’a pris des années et je continue d’y travailler.

GL : As-tu galéré au début ?

JS : Bien sûr. C’est ce que les Américains appellent « paying dues ». A New York, il y a de plus en plus de musiciens qui sortent des écoles, qui viennent du monde entier, plus encore qu’il y a 20 ans quand j’ai commencé. D’où un problème de place. Mais, en même temps, c’est large, c’est créatif. De manière générale, j’ai une vision non sectaire du jazz. Ce qui me touche, ce sont des expressions, des personnalités, pas un style particulier. A New York, le champ est large et il y a beaucoup de bons musiciens 

GL : Comment fais-tu la part entre le leader et le sideman ?

JS : Je ne fais plus trop de musique alimentaire sauf gros besoin financier. Je n’en ai pas besoin car j’enseigne et j’arrive à vivre de ma musique. Quand je suis appelé comme sideman, c’est qu’on aime ce que je fais et qu’on pense que que je vais apporter quelque chose de valable. Les leaders sont plus ou moins directifs. Il faut essayer de leur donner satisfaction tout en restant soi-même et partir du principe que, si on a été choisi, c’est pour une raison. Il faut jouer le plus honnêtement possible. Paul Motian, avec qui j’ai joué, ne disait pas grand-chose mais, en même temps, je sentais qu’il voulait que je sois moi-même et que je donne le meilleur de moi-même. Il m’a mis en confiance alors que je succédais dans son groupe à Joe Lovano. Nous avons tous nos maîtres, nos modèles - et Joe Lovano est l’un des miens - mais respecter la tradition en jazz, c’est aussi s’affirmer, marquer sa personnalité. 

GL : Tu n’as joué que du sax ténor vendredi soir au concert auquel j’assistai. Ne joues-tu que du ténor ?

JS : Je joue aussi du soprano. Je l’avais avec moi, vendredi, au 2e concert mais, dans l’instant, je n’ai pas éprouvé le besoin d’en jouer. J’en ai joué le lendemain. Adolescent, j’ai commencé par l’alto, puis j’ai ajouté le soprano, avant de jouer du ténor. J’ai pris des cours avec Dave Liebman qui a été une influence importante pour moi à l’époque. Lorsque je me suis acheté un ténor, j’ai abandonné l’alto. Mes maîtres au ténor sont, dans le désordre, John Coltrane, Stan Getz, Joe Henderson, Sonny Rollins et Dexter Gordon.

 

GL : Comment fais-tu pour jouer avec des personnalités aussi fortes que Jozef Dumoulin et Daniel Humair ?

JS : Chacun donne, et chacun reçoit. Nous sommes constamment en interaction, constamment disponibles. Il n’y a pas d’idée préconçue. L’échange est permanent. Jozef Dumoulin et Daniel Humair n’avaient jamais joué ensemble mais j’ai pensé que ça marcherait sur cette musique que j’avais composée pour Daniel et Ben Monder (guitare), dans l’album « I Will Follow You » . Par ailleurs, beaucoup de morceaux sont entièrement improvisés. Avec les musiciens appropriés, ça marche très bien. Vendredi, c’était notre première soirée sur scène ensemble. Dès le premier morceau, j’ai senti que cela se passait bien.

 

GL : Comment ça se passe quand tu joues avec des gens plus âgés ou plus jeunes que toi ? Quelle est la différence ?

JS : Il n’y en pas vraiment. Je choisis des musiciens pour leur personnalité, quel que soit leur âge. Cela dit, Daniel Humair ou Paul Motian ont joué au plus haut niveau pendant des décennies. Ils ont beaucoup d’expérience, de sagesse, et de folie aussi. De manière générale, chaque fois qu’on a l’occasion de jouer avec de grands musiciens, il faut la saisir car on apprend énormément à leur contact. Dans l’élaboration de la musique, parfois c’est plus spécifique mais j’ai tendance à en dire le moins possible. Une fois les bonnes personnes choisies, il faut les laisser s’approprier votre musique. Souvent, ils vont trouver quelque-chose auquel vous n’aviez pas pensé et qui convient mieux. Après tout, je ne suis ni batteur, ni guitariste, ni bassiste, ni pianiste.

 

GL : Comment se passe la communication entre musiciens ?

JS : Instinctivement. C’est la seule manière dont ça peut vraiment se passer. Passé un certain point dans l’élaboration de la musique, s’il y a trop besoin d’expliquer les choses, c’est que ça ne marche pas. 

 

GL : Tu es Français mais tu vis aux USA depuis 20 ans. Suis-tu l’actualité musicale en France, en Europe ?

JS : J’ai gardé contact avec des musiciens en France. Je suis un peu ce qui se passe. Je joue avec Jozef Dumoulin, Laurent Coq, Daniel Humair, Nelson Veras, qui vivent à Paris. Il y a de plus en plus de passerelles entre Paris et New-York, il me semble. Quand Nelson Veras est venu à New York, tout le monde le connaissait, à commencer par les guitaristes! A Paris, j’apprécie aussi des musiciens comme Benoît Delbecq et Alain Jean-Marie, dans des genres très différents.

 

GL : Le sexophone, comme dit Prince, ça marche toujours avec les filles ? 

JS : (Rire) Bien sûr! Soi-disant, Lester Young a abandonné la batterie pour le saxophone ténor parce qu’il s’est aperçu que, le temps qu’il démonte la batterie, le saxophoniste était déjà parti avec la fille qu’il avait repéré dans la salle durant le concert.

 

GL : A ma connaissance, tu n’as pas accompagné de chanteur ou de chanteuse. Pourquoi ?

JS : J’aimerais jouer avec une chanteuse ou un chanteur mais je n’en ai pas encore trouvé vraiment l’occasion. J’ai accompagné Elisabeth Kontomanou quand elle vivait à New York. Ca reste un excellent souvenir. J’ai aussi fait un concert avec Kate McGarry, et plusieurs avec Luciana Souza, dans le cadre du groupe de Guillermo Klein

 

GL : Quelle est ton actualité ?

JS : Je vais enregistrer un nouvel album pour Bee Jazz avec le quartet composé de Ben Monder, Joe Martin et Ted Poor début juin 2013. Il sortira début 2014. Cela fait 10 ans que ce quartet existe. Je persiste à penser qu’avoir un groupe stable est ce qui permet de développer le mieux son potentiel créatif. Pour moi, le jazz est une musique de groupes. Le marché exige sans cesse du neuf, du brillant. C’est souvent au détriment de la musique.

 

GL : Comment avez-vous fait pour jouer une musique pareille au Duc des Lombards qui a une programmation plutôt mainstream ?

JS : Ca s’est très bien passé et ça ne m’a pas réellement surpris. Il est important d’établir une relation avec le public, mais en premier lieu nous avons simplement essayé de faire du mieux possible ce que nous aimons faire, et la grande majorité du public a suivi, même si le fait d’avoir un noyau dur de gens qui venaient vraiment pour nous - et ont imposé leur écoute aux autres - nous a aidé.  Nous avons eu des rappels à trois sets sur quatre. Quand le public perçoit l’honnêteté d’une démarche et le plaisir de jouer ensemble, il peut se laisser séduire même quand il s’agit d’une musique qu’il n’a forcément l’habitude d’entendre. Je crois fermement à l’intelligence et à la sensibilité du public. Quand on joue bien, le public le sent, quand on joue mal aussi. Il faut avoir l’honnêteté de proposer ce que l’on aime, ce que l’on est, et laisser le public trancher et se faire sa propre opinion. Sinon, on est dans le cadre de la manipulation, et pas dans celui d’une expression artistique digne de ce nom.

 

Par ailleurs, je ne pense pas qu’il soit plus facile d’écouter du bebop que la musique que je fais avec Jozef et Daniel car il y a des références, des codes dans le bebop, et la communication entre musiciens peut y être moins perceptible. C’est comme voir u n tableau du XVII° siècle : même si c’est figuratif, le fait de ne pas connaître les codes fait que l’on ne voit que la surface des choses. Alors qu’un tableau abstrait laisse davantage libre cours à l’imagination. Confrontés à une musique un peu mystérieuse, ou simplement pas formatée, les gens sont souvent intéressés, stimulés, justement parce qu’ils n’ont plus l’habitude d’assister à un acte collectif. L’écoute qui peut être la leur à ce moment-là devient privilégiée parce-qu’elle est l’exact opposé du zapping auquel nous sommes tous de plus en plus conditionné. Après, il y a de la musique complexe qui se complaît dans sa complexité. Ce n’est pas non plus ma conception de la musique.

 

GL : A ce niveau d’exigence musicale, n’êtes-vous pas proche de celui de la musique classique ?

JS : À mon avis, le niveau d’exigence n’est pas moindre en jazz qu’en musique classique. 

 

GL : Comment fais tu pour jouer cette musique à New York ?

JS : Daniel Humair ne vit pas à New York. Pour jouer ce répertoire là-bas, j’ai d’abord pensé à Tom Rainey mais il n’était pas disponible. Ben Monder m’a suggéré d’appeler Paul Motian. Je n’osais pas mais j’ai fini par le faire et il a accepté. Nous avons joué un soir au Cornelia Street Café et c’est cette expérience qui a décidé Paul à nous convier à jouer une semaine au Village Vanguard  deux mois plus tard.

 

Jérôme Sabbagh vit sa carrière sans agent pour le faire tourner. Vous ne l’entendrez dans aucun festival en France ou en Europe cet été, sublimes lectrices, superbes lecteurs. Pour le voir et l'écouter en concert, il faut, en attendant son prochain séjour au pays natal, aller à New York, USA. Ses albums sont en vente chez tous les marchands de musique dignes de ce nom. Un homme à suivre. 

 

Voici le trio Jérôme Sabbagh/Ben Monder/Daniel Humair en concert à Paris au Sunside. Profitez en, sublimes lectrices, superbes lecteurs.

 

 

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Sélection de concerts de Jazz à Paris, à la montagne et à la mer pour mai 2013

Publié le par Guillaume Lagrée

 

Lectrices rigoureuses, lecteurs exigeants, c'est avec la componction d'un directeur de la BCE annonçant son taux directeur que je vous livre la sélection suivante de concerts de Jazz à Paris, à la montagne et à la mer pour le joli mois de mai 2013.

Elise-Caron.jpg

 

 

La photographie d'Elise Caron est l'oeuvre du Printanier Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

Pour écouter du Jazz au grand air, voici trois propositions honnêtes:

- à la montagne, dans la Drôme, région Rhône Alpes, en France, Concert sauvage du Flûturiste André Stoketti le dimanche 5 mai à 12h. Prévoyez votre pique-nique.

- au pied des montagnes, en ville, avec vue sur le Lac Léman, le festival des Athénéennes à Genève, Suisse, du mardi 7 mai au dimanche 12 mai vous propose un concert de jazz couplé à un concert de classique chaque soir.

- à la mer, à Calais, dans le Pas-de-Calais, région Nord-Pas-de-Calais, en France, festival Violons, chant du monde, en hommage à Stéphane Grappelli parrainé par Didier Lockwood, fils prodige du Calaisis, du mercredi 29 mai au samedi 1er juin.

A Paris, Ile de France, France.

Les Disquaires

Mercredi 1er, 20h, Lucky Dog

Mardi 7, 20h, Toine Thys (saxophone) invite Jozef Dumoulin (claviers) et Frank Vaillant (batterie)

Mercredi 22, 20h, le PJ5 du Collectif BLO déjà louangé sur ce blog.

Péniche l'Improviste

Samedi 11 à 21h30, le duo Wood soit Matthieu Donarier (saxs, clarinette) et Sébastien Boisseau (contrebasse).

Vendredi 31 à 21h30. Le Quintet The Option de Frédéric Borey (sax ténor) avec Michael Felberbaum (guitare électrique), Paul Lay (piano), Florent Nisse (contrebasse), Stefano Lucchini (batterie). Beau casting. Espérons que la pièce soit à la hauteur.

Cité de la Musique

L'exposition " Musique et cinéma: le mariage du siècle? " est visible et audible tout le mois de mai 2013.

La Java

Lundi 27 à 20h30 Jazz à la Java avec 2 concerts pour le prix d'un. Duo Marc Fousat/Ramon Lopez puis Trio fatal (France+Suède).

 Caveau des légendes 

Vendredi 31 à 21h30 le pianiste Marc Benham en solo et en trio. Ca va jouer, saperlipopette! Emmenez y vos enfants, même s'ils ont école le lendemain matin.

Atelier du plateau

Jeudi 9 à 20h: soirée Jazz et poésie avec le Wasteland Quartet d'Antoine Berjeaut (trompette, bugle, compositions), Mike Ladd (poésie), Jozef Dumoulin (Fender Rhodes), Stéphane Kerecki (contrebasse), Fabrice Moreau (batterie)

New Morning

Jeudi 2 à 20h30: Take 6, groupe de Jazz vocal de classe mondiale.

Lundi 6 à 20h30: Pharoah Sanders Quintet. Présente t-on encore un saxophoniste ténor recruté par John Coltrane

Vendredi 10 à 20h30: Lady Smith Black Mambazo, chorale féminine sud africaine en activité depuis les années 1960. Attention aux frissons!

Mardi 14 à 20h30: Roy Haynes, le dernier batteur du Be Bop vivant, né en 1926 et toujours bouillant de vie et de jeunesse.

Mardi 21 à 20h30: Pat Martino Trio. Si vous ne connaissez pas ce guitariste, les guitaristes le connaissent. La salle en sera remplie, venus prendre la leçon du Maître.

Studio de l'Ermitage

Vendredi 3 à 21h: Arat Kilo. Des Français qui jouent de l'Ethiopian Groove. J'ignore si l'inverse existe.

 

Mercredi 22 à 21h David Patrois Quintet
Avec David Patrois (vibraphone et marimba), Sébastien Llado (trombones , conques), Pierre Durand (guitare), Luc Isenmann (batterie), Jean Charles Richard (saxophones). Concert filmé et enregistré !

Duc des Lombards

Lundi 6 à 20h et 22h: Ludovic de Preissac Quintet. Un pianiste au classicisme élégant et assumé.

Du mercredi 15 au samedi 18 à 20h et 22h: le quartet de Jon Hendricks (chant), 92 ans, légende du Jazz vocal.

Du jeudi 23 au samedi 25 à 20h et 22h: Tom Harrell (trompette) en quintette avec Wayne Escoffery (sax ténor), Danny Grissette (piano), Ugnonna Okegwo (contrebasse) et Jonathan Blake (batterie). Que du beau linge! Lectrices sophistiqués, lecteurs dandies, soyez y. 

Mardi 28 à 20h et 22h: les Dragons d'Alexandra Grimal vont cracher le feu aux poils du Duc! Entrée libre sur invitation, dans la limite des places disponibles. Réserver via le site Internet du Duc des Lombards.    

Vendredi 31 mai et samedi 1er juin à 20h et 22h: le Quartet d'Henri Texier (contrebasse) avec Sébastien Texier (sax, clarinette), François Corneloup (sax baryton) et Louis Moutin (batterie). Respect pour Monsieur Henri Texier, contrebassiste et conteur de fables sans paroles.

Sunset-Sunside

Jeudi 9 à 21h30 au Sunset, le Bounce Trio de l'organiste Matthieu Marthouret. Prêts à bondir de plaisir? Soyez y, sapristi!

Vendredi 10 et samedi 11 à 21h au Sunside. Aaron Goldberg (piano), Reuben Rogers (contrebasse), Greogry Hutchinson (batterie). La classe, forcément la classe. J'ai eu la chance de découvrir Aaron Golberg sur scène au New Morning avec Jiri Mraz (contrebasse) accompagnant Helen Merrill (chant). Cela ne s'oublie pas.

Mercredi 14 à 21h au Sunside, le Quintette de Sébastien Texier (saxs, clarinette) avec Bruno Angelini (piano). Sébastien n'est pas seulement le fils d'Henri. Il a son propre univers. A découvrir.

Vendredi 17 à 21h au Sunside, le trio de Manuel Rocheman (piano) avec Matthias Allamane (contrebasse) et Matthieu Chazarenc (batterie) rend hommage à Bill Evans. Du miel pour les oreilles.

Dimanche 19 et lundi 20 à 18h au Sunset: 12e Tremplin jeunes talents " Jazz à Saint Germain des Prés ". Entrée libre. Venez découvrir les jeunes pousses du Jazz en France.

Vendredi 24 et samedi 25 mai à 21h au Sunset: Christian Escoudé (guitare électrique) rend hommage au pianiste, compositeur, leader du Modern Jazz Quartet, penseur de la Third Stream Music, Mister John Lewis mais sans piano. Si vous ne connaissez pas encore les enregistrements en duo de Christian Escoudé avec John Lewis, offrez vous les derechef. Cela rendra votre vie plus belle et plus juste.    

Dimanche 26 mai à 18h et 20h30 au Sunside: le pianiste italien Nicola Sergio invite des amis pour jouer au profit d'une école au Népal. Bonne musique et bonne action. Que demander de plus?    

Mercredi 29 à 21h: Jazz à Roland Garros. Le concert a lieu porte d'Auteuil, dans l'enceinte des Internationaux de France de tennis à Roland Garros. René Urtreger, pianiste de la BO du film " Ascenseur pour l'échafaud " (film de Louis Malle, musique de Miles Davis, 1957) rejoue cette musique avec Eric Le Lann dans le rôle de Miles Davis, Olivier Temime dans le rôle de Barney Wilen, Yves Torchinsky dans le rôle de Pierre Michelot, Eric Dervieu dans le rôle de Kenny Clarke et René Urtreger dans son propre rôle.

Jeudi 30, vendredi 31 mai, samedi 1er juin à 21h au Sunside, le trio de Laurent de Wilde (piano) avec Jérome Regard (contrebasse) et Laurent Robin (batterie).

Le Triton (Les Lilas, métro Mairie des Lilas)

Du jeudi 2 au samedi 4 à 21h, l'Hadouk Trio de Didier Malherbe s'agrandit avec Eric Löhrer (guitare) et Jean Luc di Faya (batterie, percussions). Un son mondial original.

Samedi 11 à 21h: le trio de Sylvain Cathala (sax ténor). Une beauté austère et ardue.

Vendredi 17 à 21h: le duo d'Elises avec Elise Caron (chant, flûte) et Elise Dobrowski (contrebasse, chant). Attention, magiciennes en action!

Samedi 18 à 21h: le quintette du batteur Edward Perraud. Vous voulez du bizarre, de l'étrange, du surprenant, de l'ardu. Allez y!  

Dimanche 19 à 16h: décentralisation au Palais des fêtes de Romainville, Seine Saint Denis, Ile de France, France pour le spectacle poétique et musical " Verlaine. Les Airs " avec Jeanne Added, Elise Caron, Thomas de Pourquery, John Greaves pour les voix. Enfants symbolistes, emmenez y vos parents décadents.   

 

Voici un extrait du spectacle " Verlaine. Les Airs " de John Greaves et Cie. Amis de la poésie, à bientôt!

 

 

 

 

 

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