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Jérôme Sabbagh " The Turn "

Publié le par Guillaume Lagrée

 

 

Jérôme Sabbagh

" The Turn "

Bee Jazz. Distribué par Abeille Musique.

Sortie de l'album le jeudi 28 août 2014

Jérôme Sabbagh: saxophone ténor, compositions (sauf n°7)

Ben Monder: guitare électrique

Joe Martin: contrebasse

Ted Poor: batterie

 

 

Jérôme Sabbagh

 

La photographie de Jérôme Sabbagh est l'oeuvre du Troublant Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

Lectrices exigeantes, lecteurs rigoureux, il ne vous a pas échappé que le quartet de Jérôme Sabbagh avec Ben Monder, Joe Martin, Ted Poor a été créé en 2003, qu'il a déjà enregistré deux albums " North " en 2005 et " Pogo " en 2007 et que ce blog n'en a jamais parlé.

Toutefois, j'ai une excuse valable: ce blog a été créé le 4 juillet 2009. Comme Tom Cruise, le Jars jase Jazz est né un 4 juillet!

Après 5 ans d'existence, le 922e article de ce blog est donc consacré au troisième album de ce quartet " The Turn " qui sortira chez le label français Bee Jazz le jeudi 28 août 2014.

Sur les 8 morceaux, seul le 7e " Once around the park " n'est pas l'oeuvre de Jérôme Sabbagh mais du batteur Paul Motian que Jérôme accompagna dans ses derniers concerts au Village Vanguard en 2011.

Cet album est un recueil de nouvelles. Chaque morceau raconte sa propre histoire. Voici ma version. A vous de vous faire la votre, lectrices exigeantes, lecteurs rigoureux.

1. " The Turn " semble une ballade bien tranquille  mais prend un tournant avec le solo de guitare puissant, sans monter le volume, de Ben Monder.

2. " Long gone ". Une ballade comme son titre l'indique. Le batteur est aux balais. Dans les Maîtres de Jérôme Sabbgh, il y a Stan Getz. Cela s'entend ici mais ce n'est pas de la copie.Jeu suave mais pas mièvre du ténor. Belle assise rythmique, souple et ferme, comme un bon matelas.

3. " Banshee ". Morceau énergique, très rock avec montées en vrilles parallèles de la guitare et du sax ténor.

4. " Ascent ". Retour au calme avec une sorte de ballade mystérieuse, très classe. Coltranien dans le titre et le jeu.

5. " The Rodeo ". Comme son titre l'indique, ça balance bien mais sans désarçonner l'auditeur de sa selle.

6. " Cult ". Morceau mystérieux, lent, avec des climats créés par la guitare. Bonne musique pour une cérémonie d'intrionisation dans une secte.

7. " Once around the park " (Paul Motian). Un petit air tranquille, léger. Une ballade sur un parc, thème typiquement new yorkais qui inspira à John Lewis son fameux " Skating in Central Park ".

8. " Electric Sun ". Un morceau pop classe particulièrement efficace en concert et délectable en studio. Le soleil se lève devant vous à toute heure avec cette musique.

 

Pour les mangeurs de galette en plastique, une édition vinyl de l'album est en préparation. Afin de la réaliser, un appel à financement est lancé sur Kickstarter jusqu'au samedi 18 octobre 2014. Avis aux amateurs.

 

Pour écouter ce groupe vivant en concert, il faut vous rendre, lectrices exigeantes, lecteurs rigoureux:

 

 Aux Etats-Unis d'Amérique

vendredi 12 septembre 2014,  Cornelia Street Café, New York 

lundi 29 septembre 2014, Smalls, New York 

 

En France

lundi 18 octobre 2014, Association Maquizart, Eymet, Dordogne, Aquitaine

jeudi 23 octobre 2014, Festival Jazz sur son 31, Toulouse,  Haute-Garonne, Midi-Pyrénées

vendredi 24 et samedi  25 octobre 2014, Sunside, Paris, Ile de France

 

En Espagne

mardi 28 octobre 2014, Jimmy Glass, Valencia

mercredi 29 octobre 2014, Refugio Jazz Club, Alicante

jeudi 30 octobre 2014, La Bilbaina, Bilbao

vendredi 31 octobre 2014, Sunset Jazz Club, Girona

 

 

Voici le quartet de Jérôme Sabbagh jouant " The Turn " à la Jazz Gallery de New York, USA, le samedi 14 juin 2014. Rien à ajouter.

 

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" Great Black Music Roots (1927-1962) ". Le coffret de l'exposition.

Publié le par Guillaume Lagrée

 

 

Great Black Music Roots 

(1927-1962)

Fremeaux & Associés + Cité de la Musique

Coffret 3 CD de l'exposition " Great Black Music "

Paris. Cité de la Musique. Exposition visible et audible jusqu'au dimanche 24 août 2014.

 

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La photographie de Harlem est l'oeuvre du Multicolore Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

Lectrices Funky, lecteurs Groovy, je vous ai déjà parlé de l'exposition "  Great Black Music " qui se tient à Paris, à la Cité de la Musique jusqu'au dimanche 24 août 2014. Sachant qu'il y a plus de 11h de musique à voir et à écouter sur place, quel souvenir en ramener?

La compilation " Great Black Music Roots (1927-1962) " qui, en 3 CD, avec un livret de 40 pages en français et in english permet à l'auditeur curieux, à l'auditrice audacieuse, de se gorger de rythmes et de mélodies. La maison Frémeaux et associés  est justement réputée pour son travail de réédition de trésors sonores du XX° siècle. Cela commence ici en 1927 et j'en ignore la raison. Le Jazz commence sur disque en 1917, cette même année où les Harlem Hell Fighters donnèrent le premier concert de Jazz en France, à Saint Nazaire où débarqua l'US Army. 1927 pour commencer donc. 1962 pour finir. Là, j'ai une idée. Sous réserve de l'avis des spécialistes du droit de la propriété intellectuelle qui lisent ce blog, il me semble, qu'en droit international, les enregistrements sonores ne sont protégés que 50 ans après leur enregistrement. Après il n'y a plus de droits d'auteurs à verser. Cela coûte moins cher à éditer.

Cette sélection est surtout Nord américaine: Jazz, Blues, Gospel. Il y a aussi des pincées de musique africaine et antillaise. Bob Marley, métis jamaïcain, finit la sélection en 1962 avec " Judge Not ", du ska. J'ai reconnu beaucoup de morceaux avec plaisir mais je préfère vous parler de mes découvertes.

Sur le CD1, Mbube de Salomon Linda (Afrique du Sud. 1939). Cette chanson a fait le tour du monde sous d'autres titres ( The lion is dead tonight in english, Le lion est mort ce soir en français). Son auteur n'a pas touché un rand dessus. Rendons lui hommage en l'écoutant. Vous y trouverez aussi le " Manbo n°5 " de Perez Prado (Cuba) repris il y a quelques années en version électro par un métis germano-américain. Superbe calypso " JP Morgan " de Blind Blake (rien à voir avec le Bluesman homonyme)  and his Royal Victory Orchestra. En 1951, les Bahamas étaient déjà un paradis fiscal et le chanteur explique à sa chérie qu'il s'appelle Morgan mais qu'il n'est pas riche comme la banque JP Morgan.

Sur le CD2, superbe version salace et bluesy de " Hound Dog ", écrit par deux Juifs Leiber et Stoller, par Big Mama Thornton. La reprise blanchie par Elvis Presley fut un hit mondial.Une autre chanson salace, cubaine cette fois, " El bombon de Elena " par Cortijo y su combo suivi de " I just wanna make love to You " de et par Muddy Waters. Trop chaud. Pour calmer le jeu, Ray Charles mélange Gospel et Jazz pour créer la Soul Music avec " Sinner's Prayer ". Impossible de chanter des paroles profanes sur du chant grégorien. Dans la musique noire américaine, sacré et profane se mélangent sans problème. C'est culturel. Quanrt à Louie Louie de Richard Berry, même Iggy Pop l'a reprise. Sun Ra invente la musique électro en 1956 avec " India ". Un vrai choc musical. Quant au Cinemascope de Count Lasher, la façon de chanter, l'accent, tout annonce le raggamuffin, 30 ans avant. Comment ne pas succomber à la douceur de l'African Jazz de Grand Kalle avec Manu Dibango au sax sur " Miwela Miwela "?

Dans le CD3, l'Afrique rencontre Cuba avec " El Congo " de la diva Celia Cruz. " Umqozo " de Miriam Makeba (chant) avec Hiugh Masekela (trompette), c'est la mélodie que reprit Serge Gainsbourg pour sa " Lola ". J'ai succombé au charme de la " Contre Danse 8 " du Haïtien Jean-Baptiste Nemours. La " Trumpet High Life " du Nigérian Dr Victor Olaiya africanise les Big Bands du Jazz nord américain. L'appel de la Cumbia colombienne nous entraîne avec " La cumbia te esta llamando " de Gaston el Isleno et Jaime Simanca. Quant à la Soul Bossa Nova de Quincy Jones, elle devint " My definition of a boombastic Jazz style " chez des rappers canadiens 30 ans plus tard.

Vous l'aurez compris, lectrices Funky, lecteurs Groovy, que vous vouliez faire découvrir à des jeunes rappers les sources de leurs beats et de leurs breaks, animer vos soirées dansantes avec des rythmes typiques entrainants, découvrir les musiques noires d'Afrique en Amérique en passant par les Antilles, vous réchauffer le corps et l'âme, entraîner dans la danse vos amis et vos amours, cette compilation " Great Black Music Roots (1927-1962)  " est faite pour vous. Le livret de 40 pages en français et en anglais vous permettra de connaitres les noms des artistes, les dates, les lieux d'enregistrement, de parcourir les styles de musique noire y figurant. Du beau travail goûté et approuvé.

Que Ludwig lui pardonne mais il n'y a qu'un seul Roi du Rock'n Roll, il est Noir, né à Saint Louis (Missouri) le 18 octobre 1926 à quelques mois et miles de Miles Davis et il s'appelle Chuck Berry. " Roll over Beethoven " en direct à la télévision française en 1958. Eddy Mitchell ne s'en est jamais remis. Quant au " duck walk " inventé par Chuck Berry, un de ses plus célèbres fans, l'Australien Angus Young d'AC/DC le fait toujours sur scène. Rien à ajouter.

 

 

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