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Pee Bee La Dolce Vita al Studio de l'Ermitage

Publié le par Guillaume Lagrée

Pee Bee

Studio de l’Ermitage. Paris

Mercredi 30 septembre 2015. 21h.

Programme « Dolce Vita » dédié à l’Italie comme vous l’aviez deviné, lectrices felliniennes, lecteurs romains.

Chez Pee Bee, le piano est remplacé par le vibraphone de David Patrois. Pour le reste, le groupe est composé d’une chanteuse, d’un contrebassiste, d’un guitariste électrique, de 2 trompettistes, de 2 trombonistes, d’un saxophoniste baryton, d’un saxophoniste alto, d’un saxophoniste ténor et soprano.

Il me semble que ce morceau provient du précédent album de Pee Bee, « All of us 13 » , célébré sur ce blog, (il ne vous a pas échappé qu’ils sont 12 ce soir, lectrices vigilantes, lecteurs attentifs. En effet, le chanteur a disparu par rapport à l'album précédent). L’orchestre est une belle machine à Swing, frais comme la voix de la chanteuse avec décolleté, châle et tout et tout, lecteurs voraces. Le sax ténor est en costume cravate, les cheveux blancs bien coupés. Bref, il ressemble à Bill Clinton. Attention à la chanteuse ! Elle est jolie. D’ailleurs elle danse sensuellement sur ce solo passionné de sax ténor. Le groupe est chaud dès le premier morceau. Final dirigé de main de maître par le sax ténor.

Une ballade langoureuse en anglais. Batteur aux balais, cuivres voluptueux, chanteuse sentimentale. Bref, la totale. Il n’y a plus qu’à glisser sur le parquet du Normandie. Un solo de trombone servi tout chaud.

C’est maintenant que commence le programme « Dolce Vita ».

Un hommage à Paolo Conte, l’Avvocato disent les Italiens (il était avocat avant d’être chanteur). La chanteuse a enlevé son châle pour mieux faire admirer son décolleté. Dolce Vita tel est le programme. Ce n’est pas le genre Anita Ekberg : plus petite et plus brune. Il y a en effet des réminiscences de Paolo Conte dans cette musique mais bien transformé.

« Bel Canto », un hommage à Luciano Pavarotti. A 18 ans, ne connaissant rien de l’opéra, le sax ténor alla, sur le conseil d’un ami, écouter « Il ballo in maschera » de Giuseppe Verdi au Grand théâtre de Genève. Il pleura tout le premier acte, bouleversé par un chanteur qu’il ne connaissait pas, Luciano Pavarotti. Jolie histoire, n’est-ce pas ? Morceau majestueux et sentimental. Le sax ténor mène le bal. Le chanteur vocalise avec l’orchestre. La chanteuse vocalise avec l’orchestre. Effet garanti. Le jeune couple à ma gauche s’enlace tendrement. Magia del bel canto.

« On va rester à l’opéra ». Ca sonne majestueusement comme un grand air d’opéra. « L’opéra c’est le seul endroit où quand un type se prend un poignard dans le dos, au lieu de mourir, il chante » (Boris Vian). Chanson en italien. La contrebasse lance un air entraînant. Ca devient de la variété jazzy italienne avec une nuance de cha cha. La chanteuse a remis son châle sur ses épaules, lecteurs libidineux. Solo de vibraphone de David Patrois. Ca chante et swingue vite et bien.

Retour aux Etats Unis d’Amérique avec « Mingus’s House », dédié à Charles Mingus. Un morceau léger, joyeux, entraînant. Cela devient une chanson émouvante qui repart puissamment. Grosse pulsation de la contrebasse, forcément. La chanteuse a ôté son châle, lecteurs gourmands.

PAUSE

Le concert est bon mais un peu trop sage à mon goût. De plus, je suis fatigué et il y a école demain. Ma chronique s‘arrête donc ici.

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Le Gérard Marais Quartet fait du Sunside son village

Publié le par Guillaume Lagrée

Gérard Marais Quartet

Paris. Le Sunside.

Mardi 29 septembre 2015. 21h.

Concert de sortie de l’album « Inner Village » (Cristal Records)

Gérard Marais : guitare électrique et compositions

Christophe Marguet : batterie

Henri Texier : contrebasse

Jérémie Ternoy : piano

C’est fusionnel dès les premières notes. Ce son de guitare me rappelle Pat Metheny, clair comme du cristal. Le pianiste est le benjamin du groupe mais il prend la rythmique fermement en main. Ca balance bien. Dialogue de vieux complices entre Henri Texier et Christophe Marguet. Monsieur Henri a toujours ce gros son bondissant qui vous chauffe des entrailles à l’âme.

En intro, un duo piano batterie qui se répondent par vagues successives. Contrebasse et guitare s’en mêlent pour une sorte de boléro bluesy. Batteur aux balais. Ca glisse. Dommage, il n’y a pas de piste de danse au Sunside. Ces gars là vous emmènent avec eux, tout en finesse. On se croirait dans un bordel de luxe à Buenos Aires. Mousse et pampre. Ca berce bien. Nous dodelinons joyeusement.

Gérard Marais s’exprime par la musique. A part un petit merci, il n’a rien dit jusqu’ici. Par contre, pour la musique, il prend grand soin du bien être de son public, c’est indéniable. Le batteur est toujours aux balais. Une ballade tranquille mais pas pépère. Il y a des surprises, des virages brusques, des relances bref de quoi laisser l’auditeur éveillé, toujours à l’attente de la surprise suivante.Le batteur passe aux baguettes et le tempo s’accélère. Le Blues n’est pas réservé aux Noirs du Mississipi. Ah, ce gros son de contrebasse ! Christophe Marguet, revenu aux balais, pétrit la pâte sonore. Quelques douces notes de guitare. Gérard Marais fut le professeur de générations de guitaristes en France. Qu’ils continuent d’apprendre en l’écoutant.

Tiens, un indice. « Le morceau suivant s’intitule Serengeti ». Inspiré de l’Afrique comme son titre l’indique. Batteur aux balais. Ca groove élégamment. Sans effort apparent, Henri Texier propulse l’ensemble. Le pianiste brode sa dentelle de Calais. Ponctuations de guitare pile poil dans le tempo. Le piano se tait. La guitare décolle, poussée par la contrebasse et la batterie. Le piano revient pour donner encore plus de fond au son. Quel régal ! Par petites phrases qui se succèdent, l’histoire se construit. Fin sèche et nette.

Une ballade. Duo piano/guitare entre l’ancien élève et l’ancien professeur. Quand la maîtrise technique est au service de l’émotion, c’est là que la musique nous offre son meilleur. Marguet aux balais. Texier vient ajouter plus de rondeur encore. Court et élégant.

Nouvelle ballade. Batteur aux balais. Le quartette nous emmène en promenade au bord de l’eau, le long d’un chemin de halage. Ca devient plus blues quand le piano s’arrête. Le flux descend puis remonte doucement sous l’impulsion du piano. Quel délicieux bain de sons !

« Katchinas » pour conclure le 1er set. La guitare vient résonner avec les cordes du piano travaillé de la main gauche du pianiste, la main droite jouant sur le clavier. Batteur aux balais et contrebasse viennent s’y ajouter. Ca danse. Quel chorégraphe ou maître de ballet s’emparera de cette musique ? Ca monte en puissance et en volume progressivement. Ce sont des amants experts de la musique. Pendant que la rythmique joue, Gérard Marais fait comme nous, il écoute et profite. Il revient reprendre la mélodie avec des effets discrets de distorsion du son. Solo de batterie aux balais. Le son tourne comme des balles de jongleur, sans jamais retomber. Et voilà.

PAUSE

La musique est magnifique, il n’est pas tard mais je suis déjà fatigué et il y a école demain. Ma chronique s’arrête donc là. Des interprètes de qualité dans le Jazz actuel, ça se trouve. Des compositeurs élégants et raffinés, beaucoup moins. Henri Texier et Christophe Marguet en font partie. Ce n’est pas par hasard qu’ils jouent dans le quartet de Gérard Marais.

La photographie de Christophe Marguet est l'oeuvre du Mystérieux Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

Christophe Marguet par Juan Carlos HERNANDEZ

Christophe Marguet par Juan Carlos HERNANDEZ

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