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Sélection de concerts de Jazz à Paris et en Ile de France pour janvier 2016

Publié le par Guillaume Lagrée

Splendides lectrices, superbes lecteurs, fidèles abonné(e)s au Jazz et à l'électricité, je vous souhaite une belle et heureuse année 2016, faite d'ordre et de beauté, de luxe, de calme et de volupté.

Pour un agenda complet des concerts de Jazz en France, voyez mes anciens collègues de Citizenjazz.

Voici mon Index des concerts de Jazz recommandés pour le mois de janvier 2016 à Paris et en Ile de France:

Vendredi 1er: Paris, Le Sunset, à 19h et 21h30: Rhoda Scott " Lady " Quartet. L'organiste aux pieds nus groove avec des compagnes de jeu.

Samedi 2: Paris, Le Sunset, à 19h et 21h30: Rhoda Scott " Lady " Quartet. L'organiste aux pieds nus groove avec des compagnes de jeu.

Lundi 4: Saint Denis, Seine-Saint-Denis, Jazz club de Saint Denis, 20h30: André Minvielle Solo " En roue libre ". Enfants, emmenez vos parents pour leur redonner le goût de la fantaisie.

Mercredi 6: Paris, Le Baiser Salé, 19h: Mario Canonge&Michel Zenino explorent les standards, 21h30: Mokhtar Samba African Jazz Project. La rencontre de l'Afrique et du Jazz.

Jeudi 7: Paris, Le Baiser Salé, 21h30: Mokhtar Samba African Jazz Project.

Vendredi 8: Paris, Le Baiser Salé, 21h30: Mokhtar Samba African Jazz Project.

Mardi 12: Eaubonne, Val d'Oise, Salle de l'Orangerie, 21h: Hugo Lippi Quartet " Up through the years ".

Mercredi 13: Paris, Le Baiser Salé, 19h: Mario Canonge&Michel Zenino explorent les standards, 21h30: Rick Margitza Quartet.

Lundi 18: Paris, Le Duc des Lombards, 19h30 et 21h30: René Urtreger Trio. Festival French Quarter.

Mardi 19: Le Perreux, Val de Marne, Centre des bords de Marne, 20h30: Bastien Brison - Louis Sclavis - François Raulin. Pour les aventuriers du son. Paris, Le Duc des Lombards, 19h30 et 21h30: René Urtreger Trio. Festival French Quarter.

Mercredi 20: Paris, Le Baiser Salé, 19h: Mario Canonge&Michel Zenino explorent les standards . Le Duc des Lombards, 19h30 et 21h30: René Urtreger Trio. Festival French Quarter.

Jeudi 21: Paris, Le Duc des Lombards, 19h30 et 21h30: Jean-Philippe Scali Quartet avec Glenn Ferris. Festival French Quarter.

Vendredi 22: Paris, Le Duc des Lombards, 19h30 et 21h30: Grégory Privat New Trio. Un pianiste guadeloupéen qui poursuit avec talent la fusion entre Jazz et musique caribéenne.

Samedi 23: Paris, Le Duc des Lombards, 19h30 et 21h30: Grégory Privat New Trio. Un pianiste guadeloupéen qui poursuit avec talent la fusion entre Jazz et musique caribéenne.

Lundi 25: Paris, Le Duc des Lombards, 19h30 et 21h30: Elina Duni Quartet. Une chanteuse helvète albanophone qui mêle avec bonheur Jazz et Balkans.

Mardi 26: Paris, Le Sunset, 19h30 et 21h30: Jean-Felix Lalanne " Ma guitare à Dadi ". Il faut toujours rendre hommage à Marcel Dadi. Le Duc des Lombards, 19h30 et 21h30: Alain Jean-Marie Trio. Le pianiste français que les solistes américains exigent quand ils viennent jouer à Paris.

Mercredi 27: Paris, Le Baiser Salé, 19h: Mario Canonge&Michel Zenino explorent les standards. Le Sunset, 19h30 et 21h30: Jean-Felix Lalanne " Ma guitare à Dadi ". Il faut toujours rendre hommage à Marcel Dadi. Le Sunside, 21h: Manuel Rocheman Trio.

Jeudi 28: Paris, Le Sunset, 19h30 et 21h30: Jean-Felix Lalanne " Ma guitare à Dadi ". Il faut toujours rendre hommage à Marcel Dadi.

Vendredi 29: Paris, Le Sunside, 21h. Michele Hendricks, chanteuse et scatteuse, digne fille de Jon Hendricks, le " fou du scat ". Michele Hendricks enseigne le jazz vocal à Paris et dans le Val d'Oise avec l'association Art et Muses.

Samedi 30: Paris, Le Sunside, 21h. Michele Hendricks, chanteuse et scatteuse, digne fille de Jon Hendricks, le " fou du scat ".Michele Hendricks enseigne le jazz vocal à Paris et dans le Val d'Oise avec l'association Art et Muses. Les Lilas, Seine-Saint-Denis, Le Triton, 20h: trio Elise Caron (chant, flûte), Jean-Marc Larché (sax soprano), Yves Rousseau (contrebasse). Ames sensibles, ne pas s'abstenir.

La photographie de Glenn Ferris est l'oeuvre du Respectable Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

Glenn Ferris par Juan Carlos HERNANDEZ

Glenn Ferris par Juan Carlos HERNANDEZ

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" Bach Plucked/Unplucked " Violaine Cochard & Edouard Ferlet

Publié le par Guillaume Lagrée

" Bach Plucked/Unplucked "

Violaine Cochard & Edouard Ferlet

Alpha Classics

Distribution Out there Music 2015

Violaine Cochard: clavecin

Edouard Ferlet: piano

En concert à Paris, Ile de France, France, au Café de la Danse, le mardi 9 février 2016 à 20h30.

Lectrices baroques, lecteurs classiques, je vous ai déjà narré les charmes du duo clavecin/piano entre Violaine Cochard et Edouard Ferlet lors d'un concert de présentation à Paris au Sunside le 30 novembre 2015 où la première gageure fut de faire entrer un clavecin sur cette petite scène. La seconde fut de séduire un public composé d'amateurs de Classique et de Jazz, deux espèces rares et pas toujours amies. Les deux gageures furent surmontées brillamment.

Pianiste de formation classique comme beaucoup de pianistes actuels de Jazz, Edouard Ferlet avait joué seul avec Jean Sébastien Bach (Johann Sebastian Bach pour les germanophones). Le résultat " Think Bach " m'avait charmé mais moins, je l'avoue, que les " Goldberg Variations/Variations " d'un autre pianiste de Jazz issu du Classique, Dan Tepfer.

Les musiciens surnomment les Variations Goldberg, " l'Ancien Testament de la musique ". Dans l'Ancien Testament, il est écrit " Dieu vit que l'homme était seul. Il vit que cela n'était pas bon alors il créa la femme."

C'est pourquoi, réalisant la volonté du Grand Horloger, une femme, productrice et animatrice à Radio France, Arièle Butaux, présenta Edouard Ferlet, pianiste à une autre femme, claveciniste, Violaine Cochard.

Un homme, une femme. Chabada bada? Pas du tout. Bach encore et toujours. C'est cet amour du maître de chapelle de Leipzig - ville allemande où il a encore son musée, son concours et son festival - qui les réunit pour produire une des musiques les plus sensuelles et les plus libres qui soient, Bach pincé et non pincé (les cordes du clavecin sont pincées alors que celles du piano sont frappées). Résultat: me voilà pincé par cette musique. Plucked/Unplucked c'est aussi un clin d'oeil aux " Plugged/Unplugged " de certains albums de Pop Music (comme " Crystall Ball " de Prince, par exemple) .

La pochette annonce la couleur. Une chaussure rouge d'homme, une chaussure noire à talon de femme. A la voir, l'auditrice affûtée, l'auditeur avisé sait qu'elle, qu'il va prendre son pied (cet article étant accessible aux mineurs, je n'expliquerai pas l'origine de l'expression).

Cette espérance n'est pas déçue. Les arrangements d'Edouard Ferlet rendent justice à l'implacable rigueur rythmique de Bach tout en lui donnant quelques assouplissements venus du Jazz. Violaine Cochard prouve qu'une interprète rigoureuse et passionnée peut ne rien perdre de son exigence tout en ne collant plus strictement à la partition.

Tant de musiciens classiques passent au Jazz parce qu'ils n'ont pas le droit d'improviser, à l'exception des organistes.

Voici Jazz et Classique réconciliés dans un ailleurs musical absolument inouï au sens littéral du terme.

L'album de Violaine Cochard & Edouard Ferlet "Bach plucked/unplucked " est leur enfant du moment mais des artistes aussi créatifs n'ont pas fini de (pro) créer. Leur duo sera à savourer sur pièces et sur place à Paris, Ile de France, France, au Café de la Danse, le mardi 9 février 2016 à 20h30. J'espère vous y retrouver, lectrices avisées, lecteurs affûtés.

Le dessin d'Edouard Ferlet est l'oeuvre de la Discrète Hélène POISSON. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

Edourd Ferlet par Helène POISSON

Edourd Ferlet par Helène POISSON

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Eric Le Lann " Life on Mars "

Publié le par Guillaume Lagrée

Eric Le Lann

" Life on Mars "

Moods. 2015.

Eric Le Lann: trompette

Paul Lay: piano

Sylvain Romano: contrebasse

Donald Kontomanou: batterie

Lectrices avisées, lecteurs avertis, le nouveau quartet du trompettiste Eric Le Lann n'a pu vous échapper. Ni sur ce blog où figure une chronique d'un concert de ce groupe à Paris, ni ailleurs puisque Libération, Le Monde, Les Dernières Nouvelles du Jazz, Jazz Magazine (CHOC de novembre 2015) encensent ce groupe. Je me joins au choeur des laudateurs, ni en premier, ni en dernier, je l'espère.

La dernière fois qu'Eric Le Lann jouait dans ce formule du quartet piano/contrebasse/batterie, il revenait de New York avec des pointures made in USA: Dave Kikoski (piano), Doug Weiss (contrebasse) et Al Foster (batterie). C'était en 2009. Sur ce blog, vous trouverez la chronique de l'album et d'un concert de ce quartet.

Comme Miles Davis et Chet Baker, ses Maîtres, Eric Le Lann ne change pas puisqu'il a son style ( " La mode passe, le style reste " disait Mademoiselle Chanel). Il change le contexte autour de lui.

Ici, avec les mêmes instruments qu'il y a 6 ans, Eric Le Lann a remplacé des vieux renards de la scène américaine par des jeunes loups de la scène française. Il a aussi changé le matériau. Des compositions nouvelles, un seul standard (mais quelle version à fleur de peau d'Everytime we say goodbye, n°6). Une reprise personnelle tout de même " Twins Valse " qu'il jouait déjà en duo avec le pianiste Michel Graillier sur l'album " Trois heures du matin " (20 ans déjà).

La rythmique est d'une solidité à toute épreuve, aventureuse sans y paraître. Elle pousse le soliste sans jamais le dépasser. Il en résulte des saillances: " Al got the Blues ", composition d'Eric Le Lann qui prouve que le Blues n'est pas réservé aux Noirs Américains (d'ailleurs Dizzy Gillespie né Noir à Cheraw, Caroline du Sud, en 1917 reconnaissait qu'il ne savait pas jouer le Blues mais il ne supportait pas que des blancs blecs anglais prétendent le jouer) et surtout le titre album " Life on Mars " une chanson de David Bowie si bien interprétée que j'entends la voix de Bowie se mêler au son de la trompette de Le Lann. C'est beau oui comme Bowie (Serge Gainsbourg).

Puisqu'Eric Le Lann nous offre le luxe sur cet album de deux versions de sa composition " Rouge " (n°1 et 7, rien à voir avec la composition de John Lewis pour la séance " Birth of the Cool " de Miles Davis), offrez vous le luxe, lectrices avisées, lecteurs avertis, de comparer deux quartettes d'Eric Le Lann, l'américain de 2009, le français de 2015. Par chauvinisme certainement, je ferai primer le français pour l'intensité émotionnelle même si le professionnalisme de l'américain est d'une efficacité redoutable.

En tout cas, en 2015 puis en 2016, c'est avec ce quartet français qu'Eric Le Lann jouera sur scène et " Le Jazz, c'est comme les bananes, ça se consomme sur place " (Jean-Paul Sartre). L'abus de cette musique est conseillé pour la santé. A consommer sans modération.

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Martial Solal & Dave Liebman au Sunside: l'instant unique

Publié le par Guillaume Lagrée

Martial Solal & Dave Liebman

Paris. Le Sunside.

Jeudi 10 décembre 2015. 21h30. 2e concert.

Martial Solal : piano

Dave Liebman : saxophones ténor et soprano, flûte à bec.

Après 15 mois d'arrêt et un retour sur scène, en concert privé, à Paris, début octobre, avec son vieux complice Lee Konitz, voici Martial Solal (1927) de retour sur scène, en public, à Paris, au Sunside, avec un nouveau partenaire de jeu, David Liebman (1946). Quand Dave Liebman est né à Brooklyn , Martial Solal faisait danser ma grand-tante à Alger.

Sur le piano est collé une affiche : « Ce piano est neuf. Merci d’en prendre le plus grand soin ». Cela tombe bien. Martial Solal est au piano ce soir. C’est dire si le piano sera soigné. Le siège du pianiste, par contre, fait pitié, tant il est élimé. Le postérieur de Martial Solal mérite mieux mais il se débrouillera avec. Rick Margitza est dans la salle. « It’s gonna be great » me dit-il. Je n’en doute pas.

Cela fait 23 ans que Stéphane Portet dirige et programme ce club. C’est une de ses plus belles affiches dit-il. J’approuve.

Quelques notes de piano pour lancer le débat. Le sax ténor se fait velouté à souhait pour introduire « What is this thing called love ? ». Martial Solal joue plus dur, plus grave. Deux univers se parlent. Je suis assis derrière le pianiste et en face du saxophoniste. Ils n’ont pas besoin de se regarder puisqu’ils s’écoutent. Dave Liebman est plus respectueux de la mélodie. Martial Solal la transforme à sa manière. Ses mains sont toujours aussi précises et puissantes. 88 ans. Nom de Zeus, pourrais je respirer à ce âge ! Solo de Solal. Liebman écoute, aussi fasciné que nous. Le public est concentré. Personne n’applaudit à la fin du solo.

Dave Liebman dit son plaisir de jouer avec le Maestro et présente le morceau suivant, une composition de Martial Solal, « Isocèle », composition pour trio vu son titre je le suppose. En effet, après vérification, cette composition est issue de l’album «Triangle » (1995) de Martial Solal avec Marc Johnson (contrebasse) et Peter Erskine (batterie). Lectrices géomètres, lecteurs joueurs, vous qui savez qu’un triangle isocèle a deux côtés ou deux angles égaux, retrouvez vous pour jouer à ces jeux mathématiques.

Martial répète le titre pour que nous le comprenions bien. En anglais, isocèle se dit « isosceles ». Dave Liebman a eu du mal avec la version française. Un morceau sautillant, plein de surprises à la Solal. A ma gauche, un pianiste s’est placé de manière à ne jamais perdre de vue les mains de son illustre confrère. Martial s’arrête, dit « It’s You » et Dave reprend, au soprano, après un instant. Quel ping pong musical !

Dave Liebman reste au soprano et entame « I’ll remember April ». Il joue le thème seul et fort joliment ma foi. Martial entre dedans, discret et solide. C’est grâce à Jean-Charles Richard , saxophoniste français, disciple de Dave Liebman, même s’il joue du saxophone baryton au lieu du ténor (ils se retrouvent sur le saxophone soprano et la flûte) et gendre de Martial Solal que ce concert a lieu. Merci à lui et à Claudia Solal , fille de Martial et chanteuse, d’avoir rendu cela possible. Toute la nostalgie d’avril et de ses charmes passent en décembre à Paris. Dieux, qu’ils s’entendent bien !

« George & Ira Gershwin » en abrégé, cela fait « GIG », le terme familier des jazzmen américains pour désigner un concert. Cette composition de Dave Liebman convient à la soirée. Martial Solal traduit en français la présentation de Dave Liebman. Un interprète de luxe dans tous les sens du terme. Dave Liebman reprend le ténor mais joue dans l’aigu de l’instrument. Ca s’envole doucement.

Le 21, 22 et 23 septembre 2001, Martial Solal jouait à New York, au Village Vanguard, en trio avec François Moutin (contrebasse) et Bill Stewart (batterie). C’est enregistré et en vente libre. A consommer sans modération. Les 10 et 11 décembre 2015, Martial Solal joue à Paris en duo avec David Liebman. La beauté est un talisman.

« I’ll remember April » de nouveau mais joué au sax ténor cette fois ci. Martial Solal reprend. Il a toujours autant de possibilités techniques mais il les concentre plus au profit d’un discours plus lisible, plus touchant qu’auparavant. L’attaque de Dave Liebman me perce l’âme. Ils trafiquent le son, l’un par le souffle, l’autre par le toucher, pour produire un son inouï.

« Say something in french » dit Martial à Dave qui n’ose pas. Ils enchaînent sur une composition. La preuve, Martial lit sa partition. La musique s’étire mais avec des ruptures. Les deux hommes aiment les surprises.

Un standard be bop dont le titre m’échappe, joué au sax ténor. Je reconnais l’air mais tout est décalé et au ralenti. Sottilissimo. Accélèrent-ils ou font-ils semblant ? Ces magiciens des notes savent nous prendre à leurs mains. Je crois reconnaître « Anthropology » (Charlie Parker). Ils finissent sur un éclair de génie.

« Cosmos » (John Coltrane). Titre album d’un duo de Dave Liebman avec Abbey Rader (batterie, percussions).Il passe à la flûte à bec. Effectivement, ça plane. Martial délivre des notes diaphanes. Quelques malotrus osent applaudir en plein morceau. Dave enchaîne au soprano. La musique semble chercher son chemin et elle le trouve. Elle est hors de ce monde, du cosomos, en effet.

Martial attaque un standard que Dave reprend au ténor. A nouveau du Be Bop. Le titre m’échappe. Ca vole léger, léger. Une fin gag dont Martial a le secret.

S’ensuit un autre standard, « Lover man ». Dave au soprano. Ils se trouvent comme s’ils joiaent ensemble depuis 20 ans et c’est leur deuxième concert. Par Zeus, ça chante ! Il y avait une affichette « Réservé » sur la chaise à ma gauche mais personne n’est venu. Tant pis pour l’absent(e).

Voilà, c’est fini. Ils nous saluent et se serrent la main. Rick Margitza avait raison. C’était Grand. Je peux pas mieux dire. C'était Grand.

Grâce à Yvan Amar et à son Jazz Club sur France Musique, voici le podcast du 2e concert de Dave Liebman et Martial Solal au Sunside, le vendredi 11 décembre 2015 à 21h30. Profitons en.

La photographie de Martial Solal est l'oeuvre de l'Unique Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

Martial Solal par Juan Carlos HERNANDEZ

Martial Solal par Juan Carlos HERNANDEZ

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Patrice Caratini Jazz ensemble clôt le Bal au studio de l'Ermitage

Publié le par Guillaume Lagrée

Patrice Caratini Jazz Ensemble

Studio de l'Ermitage

Paris. Dimanche 6 décembre 2015. 20h.

4e concert d'une saison parisienne pour les 50 ans de scène de Patrice Caratini.

André Villéger : saxophones clarinette
Matthieu Donarier : saxophones clarinettes
Rémi Sciuto : saxophones
Clément Caratini : clarinette
Claude Egea : trompette
Pierre Drevet : trompette
Denis Leloup : trombone
François Bonhomme : cor
François Thuillier : tuba
David Chevallier : guitares
Alain Jean-Marie : piano
Thomas Grimmonprez : batterie
Sebastian Quezada : percussions
Abraham Mansfaroll : percussions
Patrice Caratini : contrebasse et direction

En première partie, un grand écran est descendu au fond de la salle. L'orchestre est devant. Comme dans les années 20, l'orchestre joue en direct pour accompagner un film muet. D'ailleurs, il s'agit de " Body and Soul " film daté de 1924, oeuvre d'Oscar Micheaux (1884-1951). Un film conçu et réalisé par un Noir avec des acteurs Noirs aux Etats Unis d'Amérique en 1924! Comme vous pouvez l'imaginer, lectrices sagaces, lecteurs perspicaces, ce film n'est pas passé par le circuit hollywoodien. Il s'agit d'une histoire d'amour impossible d'une jeune fille innocente avec un gentil garçon alors que la mère de la demoiselle veut la marier avec un pasteur qui est en fait un escroc. Le film est d'une modernité étonnante car il décrit des braves gens manipulés par un escroc qui se sert de leurs sentiments religieux. Enorme performance de Paul Robeson (1898-1978), athlète,acteur, chanteur, juriste, auteur, militant, un des Géants du XX° siècle, qui incarne à la fois le gentil et le méchant. Il est aussi convaincant dans un rôle que dans l'autre. Quant à la musique de l'orchestre, j'ai déjà parlé de l'album mais l'entendre en direct avec le film, it is something else comme disait Ornette Coleman.

A la pause, les tables et les chaises sont rangées et l'espace devant la scène est dégagé pour que les spectateurs deviennent acteurs et puissent danser.

C'est le Bal du Caratini Jazz Ensemble. La maison Caratini ne reculant devant aucun sacrifice pour satisfaire son aimable clientèle, l'orchestre change de pianiste. Alain Jean-Marie est remplacé par Manuel Rocheman. C'est dire le train de la maison Caratini.

Les morceaux sont les mêmes et joués dans le même ordre que lors du Bal d'ouverture de la saison parisienne de Patrice Caratini le dimanche 4 octobre 2015.

Cela commence par un paso doble. Il y a plus de danseurs que pour l'ouverture et ce dès le premier morceau mais, tout de suite, ma dame et moi reconnaissons le couple d'Anciens qui danse divinement le Paso Doble pendant que des couples de jeunes gens se balancent maladroitement. Ces danseurs là ont 50 ans de scène ensemble et cela se voit.

Ma dame et moi nous déchaînâmes sur une version Salsa de " Night in Tunisia " de Dizzy Gillespie puis nous rentrâmes au domicile conjugal car nous avions école le lendemain.

Les danseurs amoureux ont continué de se régaler.

Rendez vous pour le 5e et dernier concert d'une saison parisienne de Patrice Caratini au

Théâtre du Châtelet le lundi 21 mars 2016 à 20h: Carte blanche à Patrice Caratini. Le Caratini Jazz Ensemble invite, entre autres, l'Orchestre régional de Normandie, Hildegarde Wanzlawe (chant), Martial Solal (piano), Maxime Le Forestier (chant), Juan Jose Mosalini (bandonéon), Inor Sotonlogo (percussions cubaines). Un nouveau Sacre du Printemps au Châtelet pour Patrice Caratini.

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Nicola Sergio " Migrants " au Sunside

Publié le par Guillaume Lagrée

Nicola Sergio

Concert de sortie de l'album "Migrants "

Paris. Le Sunside.

Samedi 14 novembre 2015. 20h30.

Nicola Sergio: piano, compositions

Antoine Gramont: violoncelle

Jean-Charles Richard: saxophones baryton et soprano

Bienveillantes lectrices, généreux lecteurs, j'avais laissé le pianiste italien Nicola Sergio dans la Loge lors d'un concert où il accompagnait magnifiquement un chanteur français,Antoine Herzog. C'était en 2010.

En 2015, j'ai voulu aller l'écouter en leader en concert au Sunside.

La salle était comble, le public comblé. Il était bien le seul (mot prêté à Madame Du Deffand et à Claude Debussy).

Je suis parti à la première pause.

N'étant ni Pape, ni infaillible, je vous laisse construire votre propre jugement, bienveillantes lectrices, généreux lecteurs.

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Laurent Dehors Quintet + Elise Caron = Chanson politique au Triton

Publié le par Guillaume Lagrée

Laurent Dehors Quintet

Invite Elise Caron

« Chanson politique »

Le Triton

Les Lilas, Seine Saint Denis, Ile de France, France

Samedi 5 décembre 2015. 20h.

Laurent Dehors : chant, saxophones, clarinette, MC

Elise Caron : chant, flûte traversière

Jean Marc Quillet : vibraphone,marimba, percussions, chant, voix

Christelle Sery : guitare électrique, banjo

Gérald Chevillon : saxophone baryton, percussions, chant

Bastien Stil : piano, trombone

Le groupe arrive sur scène en jouant, depuis les coulisses, une version anarchique de l’Internationale. Le ton est tout de suite donné. Le souvenir de la Marseillaise d’Albert Ayler plane.

Le calme revient pour un duo piano/voix. « Le temps des cerises » chanson d’amour considérée comme politique parce qu’elle est l’œuvre d’un Communard, Jean-Baptiste Clément, et qu’Yves Montand, compagnon de route du PCF, la chantait magnifiquement. Très belle version ce soir. Le piano habille le silence dans le souffle de la voix.

Une sorte de caricature de débat parlementaire avec des phrases verbales et musicales incohérentes qui s’entrechoquent. Je saisis le concept mais ne mords pas dedans.

S’ensuit une autre chanson chaotique.

Les paroles redeviennent compréhensibles avec « Quand on se promène au bord de l’eau » chantée par Jean Gabin dans « La belle équipe » de Julien Duvivier, un des films cultes du Front Populaire (1936). L’air est drôlement chahuté mais l’esprit et les paroles de la chanson y sont.

« Le bourgeois gentil turc » air composé en hommage à Lulli qui écrivit « Une marche pour la cérémonie des Turcs » pour le « Bourgeois gentilhomme » de Molière . Pauvre Jean Baptiste Lully ! De son vivant, les musiciens français l’attaquaient parce qu’il était né Giovanni Battista Lulli à Florence en Italie. Même mort, ils l’attaquent encore.

S’ensuit un nanar musical : « Ils ont du pétrole mais c’est tout » (Michel Sardou, 1979). Un grand moment de bon goût. Laurent Dehors commence à le chanter en s’accompagnant aux maracas. Puis le groupe enchaîne et se déchaîne joyeusement. Il manque les danseuses et Serge Gainsbourg déguisé en émir mais l’esprit y est.

Tiens voilà La Marseillaise par bribes musicales et verbales. Pas facile à reconnaître mais je ne me suis pas fait avoir.

Pour changer d’ambiance politique, une chanson pétainiste de 1941 : « Ah que la France est belle » réplique à la « Douce France » du zazou Charles Trénet. Laurent Dehors la chante avec une ironie tout à fait convaincante.

Retour à la chanson gay avec « YMCA » des Village People qui commence tout doucement avec Elise Caron disant les paroles comme elle dirait un poème de TS Eliot. Puis cela devient un disco déjanté avec tout le groupe se terminant par une lettre d’amour homosexuel dite en français par Jean Marc Quillet. Un grand moment de rock’n roll.

S’ensuit un quiz avec interro surprise à la fin. Un collage de phrases politiques et philosophiques ponctuées de traits musicaux. Pour ma part, j’ai gagné un album en devinant que « l’homme est un animal politique » est une pensée d’Aristote. Nous étions deux à l’avoir trouvé.

« Toi » chanson d’amour. Solo de clarinette de Laurent Dehors. Il trafique le son avec le pédalier/ Le sax baryton lui répond. C’est funky et planant. Vocalises d’Elise Caron. C’’est toujours planant.

Séance de bruitages sombres pour introduire « Strange fruit » de Billie Holiday. Chanté par cette voix blanche, c’est étrange même si le texte fut écrit par un Juif. The minority factor comme disent les Américains. C’est très beau mais il n’y pas cette sensation de vécu à fleur de peau des interprétations de Billie Holiday et Nina Simone qui elles étaient « young, gifted and black ».

Banjo pour « SS in Uruguay » de Serge Gainsbourg. En 1975, 30 ans après l’Armistice, Serge Gainsbourg décida d’exorciser la Deuxième Guerre Mondiale avec un album « Rock around the bunker » . Portant l’étoile jaune, sa yellow star de sheriff disait -l, Lucien Ginzburg, né en 1928, échappa à la déportation en étant caché chez des Français catholiques. Il était à quelques kilomètres d’ Oradour sur Glane le jour du massacre. SS in Uruguay c’est l’histoire de ces nazis réfugiés en Amérique du Sud pour échapper au jugement des hommes. Une chanson sarcastique et nonchalante joué et chantée comme il convient.

Pour finir, une chanson d’amour et de politique « Bella Ciao » celle des anti fascistes italiens dont la devise était : Non mollare mai ! Le groupe quitte la scène, comme il y est arrivé, en jouant et en chantant . Magnifico !

C’était la première fois de ma vie que j'écoutais Laurent Dehors. J’avoue avoir eu du mal au début mais j’ai fini par me prendre au jeu. Enfants, si vous voulez prouver à vos parents qu’il est possible de faire carrière, de gagner sa vie honnêtement en n’étant jamais sages, emmenez vos parents aux concerts de Laurent Dehors et de sa joyeuse troupe.

Ne disposant pas d'image et de son du spectacle " Chanson politique ", je vous offre lectrices de gauche, lecteurs de droite, un aperçu d'autres oeuvres de Laurent Dehors. A consommer sans modération.

La photographie d'Elise Caron est l'oeuvre du Politique Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

Elise Caron par Juan Carlos HERNANDEZ

Elise Caron par Juan Carlos HERNANDEZ

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Beauté Congo/Congo Kitoko à Paris jusqu'au 10 janvier 2016

Publié le par Guillaume Lagrée

Beauté Congo/ Congo Kitoko

Fondation Cartier pour l'art contemporain

Paris, Ile de France, France

Exposition prolongée jusqu'au dimanche 10 janvier 2016

Splendides lectrices, superbes lecteurs, retrouvez vous à Paris, à la Fondation Cartier pour l'art contemporain, pour l'exposition Beauté Congo/Congo Kitoko qui rassemble 41 artistes et 350 oeuvres de la République démocratique du Congo (ex Zaïre, ex Congo belge).

Peintures, maquettes, photographies débordant de vie, de couleur, d'imagination des années 1920 à 2015.

A visiter en dansant au rythme de la rumba congolaise, le genre musical le plus influent de l'Afrique subsaharienne.

Enfants, traînez y vos parents de force pour leur redonner le goût de l'émerveillement comme l'explique André Magnin, commissaire de l'exposition, dans la vidéo ci-dessous.

Face au succès, l'exposition est prolongée jusqu'au dimanche 10 janvier 2016, date de la Saint Guillaume, vous l'aurez noté, splendides lectrices, superbes lecteurs.

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Le Sunside en pince pour Bach plucked/unplucked

Publié le par Guillaume Lagrée

Bach plucked/unplucked

Paris. Le Sunside.

Lundi 30 novembre 2015. 20h.

Showcase

Edouard Ferlet: piano

Violaine Cochard: clavecin

Le clavecin masque le piano. La tête du pianiste dépasse.

Ils démarrent synchrones. Ca ressemble bien à du Bach. La preuve, ça swingue. Ils sont synchrones qu’ils jouent ensemble ou tour à tour. C’est bien un concert de Jazz. Nous applaudissons à la fin du premier morceau.

Arièle Butaux a eu l’idée de cette rencontre musicale en 2012.

Edouard Ferlet a arrangé des pièces pour clavecin de Bach avec des plages d’improvisation à l’intérieur.

Elle entame une sorte de ballade. Il lui répond. En piano solo, ça sonne plus Jazz, forcément. John Lewis avait épousé une claveciniste croate, Mirjana, mais il jouait du piano.

Un air plus rapide où clavecin et piano se questionnent et se répondent alternativement.

Amener un clavecin dans un club de Jazz, c’est unique, en tout cas ici annonce Edouard Ferlet. Utopia d’après la BWV 797 ( BWV= Bach Werke Verzeichnis : Catalogue des Œuvres de Bach). Tiens, le clavecin sonne comme une guitare. La BWV 1690 fut composée pour violoncelle ou alors j'ai mal noté le numéro. Un tempo léger, aérien, fluide mais le pas de danse est toujours là. C’est plus intéressant, plus innovant que l’album « Think Bach » d’Edouard Ferlet en piano solo. Cela devient ultramoderne tant cette alliance de son est neuve. Musique utopique mais accessible.

Plus d’opposition dans ce morceau entre le son Jazz du piano et le son menuet du clavecin. C’était la Variation Goldberg n°20. Toutes les dissonances sont écrites d’après Edouard Ferlet.

Un petit air chantant. Chant/contrechant entre piano et clavecin. Superbe. Le clavecin titille, le piano apaise. La musique déploie ses ailes et s’envole. Ils agrandissent notre espace vital. Ca marche très bien. Deux jeunes filles se font des câlins et des bisous. C’est attendrissant. Les notes descendent lentement en tourbillonnant comme des feuilles mortes. C’est de saison. Retour à ce petit air entêtant du départ. Diabolique. Envoûté, je chantonne. Je hoche aussi la tête comme mon voisin de devant.

Violaine commence seul. Cela pourrait faire une musique de western spaghetti. Le piano bat la mesure du souvenir. Edouard Ferlet est passé à une deuxième étape de sa lecture de Bach, à un stade supérieur de la Force, avec l’appui sans faille de Violaine Cochard. C’était « Magnetic Tango » d’Edouard Ferlet. Rien à voir avec Bach. Le chroniqueur innocent s'y perd.

Aparté d’après Bach. Intro au piano. Romantique pas baroque. Ca s’accélère, courant comme l’eau vive de Guy Béart. C’est à la fois ancien et moderne, répétitif et dansant. Bref, cela swingue de façon unique. Une sorte de chase comme disent les Jazzmen. De nouveau, ça décolle, très vite, très haut, très fort. En pleine apogée, STOP.

Violaine Cochard a préparé des cakes pour les partager avec le public après le concert. J’avais déjà dîné mais j’en ai goûté un. Il était délicieux. Une soirée parfaite.

La photographie d'Edouard Ferlet est l'oeuvre du Baroque Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

Edouard Ferlet par Juan Carlos HERNANDEZ

Edouard Ferlet par Juan Carlos HERNANDEZ

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Eric Le Lann Quartet au Sunside

Publié le par Guillaume Lagrée

Eric Le Lann Quartet

Paris . Le Sunside.

Samedi 21 novembre 2015. 21h30.

Eric Le Lann : trompette

Paul Lay : piano

Sylvain Romano : contrebasse

André Cecarelli : batterie

Concert de sortie de l’album « Life on Mars » d’Eric Le Lann.

« The man I love ». Belle intro d’Eric en solo. Le quartet est parti sur un rythme rapide. Avec André Cecarelli aux manettes, ça swingue. Eric attaque fort. Il y a de la rage de vivre dans ce son là. Paris est dans le contexte post 13 novembre comme New York était dans le contexte post 11 décembre en 2001.

Une ballade menée énergiquement aux baguettes par André Cecarelli. Le son de la trompette s’étire, tortueux et râpeux. A plus de 70 ans, Dédé Cecarelli a toujours deux batteurs en lui, au moins, tant il pulse. Avec lui, pas besoin de boite à rythme.

Ce sont bien des Français. Ils discutent entre les morceaux comme s’ils ne savaient pas ce qu’ils allaient jouer. Les Américains enchaînent. C’était « Nostalgeek du futur » composition d’Eric Le Lann pour son dernier album.

« Retrato em branco e preto » (Antonio Carlos Jobim). Belle intro au piano pour une bossa nova paresseuse qui se balance au rythme d’un hamac. L’ambiance se réchauffe. La preuve : la jeune femme devant moi enlève son manteau. Paul Lay prouve qu’il n’est pas seulement un bon élève au piano. Avec Sylvain Romano et André Cecarelli derrière, le rythme est tenu. Pas de souci là-dessus. Beau solo de contrebasse bondissante.

Retour à l’album. La salle est pleine. La bonne musique attire toujours et c’est tant mieux. La rythmique swingue terrible. J’en bats du pied droit de joie. Le tempo s’accélère, se latinise vers le final. C’st charmant et inattendu.

« Milestones » (Miles Davis). Le groupe alterne l’album et les standards favoris d’Eric Le Lann. Il manque un saxophone pour le répondant, l’alto de Pierrick Pédron ou le ténor de Rick Margitza. Eric est en forme. Il joue plusieurs cuivres à lui seul et la rythmique le porte à incandescence.

Pour finir le set, la coda qu’affectionnait Miles dans sa période acoustique (1945-1968). Sur ses albums « Live in concert », cherchez « Ending with the Theme » ou « The Theme » tout simplement.

PAUSE

Dédé reprend les balais, toujours énergique. La rythmique balance comme un beau navire sur l’Océan. La trompette prend la mer et le navire fend les flots. Eric a aussi joué ce morceau en version bretonne sur son album « Origines ». Où en est d’ailleurs son autre projet breton, « Le cheval d’orgueil » d’après Per Jakez Helias.

Morceau tiré de l’album. Un Blues introduit par la trompette. « Al got the Blues ». Hommage à Al Foster ? Dédé aux baguettes. La rythmique colle au sol. La trompette sort d’une gangue de boue. Solo de contrebasse gémissant à souhait porté par les baguettes sur les cymbales. Yeah,baby ! Eric les encourage de la voix. Puis le groupe repart peinard.

« Danse profane » (Claude Debussy). Balais. Eric a mis ses lunettes car il lui faut lire la partition. A Manuel de Falla qui lui demandait comment interpréter sa Danse profane, Claude Debussy répondit qu’il y fallait de la grâce et qu’il lui faisait confiance. Ce soir, il y a des grands mouvements aériens, des envolées comme dans la danse classique. Rien ne pèse. On ne sent pas les appuis. Dédé aux baguettes. La musique avance bien. C’est bien du Jazz. Le pianiste ne joue pas en faisant oublier que le piano est un instrument composé de marteaux qui frappent des cordes, comme le conseillait Debussy. Ca pourrait continuer longtemps à nous bercer mais stop.

« I fall in love too easily », un standard. Duo piano/trompette. Les ombres de Miles Davis et de Chet Baker traversent la salle. La rythmique brode de la dentelle fine. Solo final de trompette qui vous gratte l’âme à vof.

« C’est la nuit, Lola », morceau écrit par Eric pour sa fille Lola Le Lann, aujourd’hui actrice. La demoiselle est présente dans la salle. Il en existe aussi une version bretonne sur « Origines ». Ca marche à un rythme celtique. André Cecareli le fait très bien quoique Niçois comme Barney Wilen.

Jolie intro au piano. Batteur aux balais. Une ballade. C’est bien ce que je pensais. Ils arrivent à « Body and Soul » de façon très détendue. Cette ballade fort agréable arrive en même temps qu’un sérieux coup de barre. Je m’endors bercé.

Une coda finale très rapide et sèche avec un break de batterie pour relancer la machine.

Fin du concert. Ils n’ont pas joué « Life on Mars », le titre album, très belle reprise d’une chanson de David Bowie.Ils l'avaient joué la veille pour conclure le concert.

Peut-être la joueront-ils lors du prochain concert du quartet à Paris, au Petit Journal Montparnasse, le jeudi 10 décembre 2015 à 20h30.

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