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Les Caratini's Folies au Théâtre du Châtelet à Paris

Publié le par Guillaume Lagrée

Carte blanche à Patrice Caratini

Théâtre du Châtelet

Paris, Ile de France, France.

Lundi 21 mars 2016. 20h.

Le Caratini Jazz ensemble et ses invités, par ordre d’entrée en scène :

Roger Raspail, Thierry Caens, Maryll Abbas, Leonardo Sanchez, Gustavo Beytelmann, Inor Sotolongo, Abraham Mansfaroll, Javier Campos Martinez, Martial Solal, l’orchestre régional de Normandie, Hildegarde Wanzlawe, Lina Bossatti, Marcel Azzola, Sara Lazarus et Maxime Le Forestier.

Au programme, figuraient les morceaux suivants .

Première partie :

Saint Louis Blues WC Handy

Chofé biguine la Al Lirvat

Bleue comme une orange Patrice Caratini

Hongroise Patrice Caratini

Improvisation Gustavo Beytelmann

Zamba Horacio Salgan

La barge rousse Patrice Caratini

Malambo Horacio Salgan

Cacocalypso Marc Fosset

Sosiego Patrice Caratini

Texte et prétexte Martial Solal

Dry bones in the valley Patrice Caratini

Deuxième partie:

Edith Patrice Caratini

A l’enseigne de la fille sans cœur. Jean Villard.

A case of You Joni Mitchell

Les loups sont entrés dans Paris Albert Vidalie/Louis Bessières

A trois temps Patrice Caratini

Get out of town Cole Porter

Too darn hot Cole Porter

Just one of those things. Cole Porter

Le fantôme de Pierrot Maxime Le Forestier/Patrice Caratini.

Orchestrations : Patrice Caratini

Excepté Texte et prétexte, œuvre de Martial Solal.

Le Caratini Jazz Ensemble est composé de :

Patrice Caratini : contrebasse et direction

André Villéger : saxophones et clarinette

Matthieu Donarier : saxophones et clarinettes

Rémi Sciuto : saxophone alto et flûte

Clément Caratini : clarinettes

Claude Egea : trompette

Pierre Drevet : trompette

Denis Leloup : trombone

Baptiste Germser : cor

François Thuillier : tuba

David Chevallier : guitare électrique

Alain Jean-Marie : piano

Manuel Rocheman : piano

Thomas Grimmonprez : batterie

Sebastian Quezada : percussions

Lectrices flamboyantes, lecteurs resplendissants, voici une soirée à votre démesure. En effet, qui, en France, à part Patrice Caratini, peut jouer une telle variété de musiques avec tant d’invités différents sans jamais se perdre ni se renier ? Puisque nous étions au Théâtre du Châtelet, le programme était conçu comme celui d’un récital de musique classique, avec une première partie consacrée à la musique instrumentale, une seconde à la chanson, chère à Claude Nougaro.

Si je vous ai détaillé le programme si précisément, c’est que mes notes prises durant le concert et dans l’obscurité de la salle (j’étais très bien placé, devant et au milieu) sont illisibles. Cette chronique sera donc fondée sur ce programme et mes souvenirs.

Pour le tour de chauffe, un classique du Jazz, « Saint Louis Blues » de William Christopher Handy à qui Jelly Roll Morton contestait le titre de père du Jazz.

Pour chauffer vraiment, rien de tel qu’une biguine. Avec Alain Jean-Marie au piano, Roger Raspail au Gwo Ka et le Caratini Jazz Ensemble sur un classique d’Al Lirvat « Chofé biguine la », forcément, la température monte de plusieurs degrés dès le deuxième morceau du concert. L’effet n’a pas manqué.

Patrice Caratini nous lit un poème haïtien. Je n’ai compris ni le nom du poète ni le texte du poème. Ces mystères sont impénétrables à mon esprit de simple mortel. Il l’a bien lu par ailleurs.

La température redescend avec deux morceaux plus calmes, composés par Patrice Caratini « Bleue comme une orange » (hommage à Paul Eluard) et « Hongroise » (hommage à Franz Liszt ?)

Ensuite, constitution d’une petite formation avec guitare, clarinette, trombone et accordéon pour le tango de Gustavo Beytelmann (piano). Cette « Improvisation » est tout de même très écrite. Ca emballe sec. Normal pour un tango. Cette ambiance nostalgique et sensuelle se poursuit avec les trois morceaux suivants : « Zamba » et « Malamba » d’Horacio Salgan entourant « La barge rousse » de Patrice Caratini.

De l’Argentine, nous revenons aux Caraïbes et au Caratini Jazz Ensemble mais cette fois de la biguine, nous passons à la calypso avec la « Cacocalypso » de Marc Fosset, vieux complice de Patrice Caratini. Guitariste avec qui il forma un duo puis un trio avec Stéphane Grapelli qui s’y connaissait un petit peu en guitaristes tout de même. C’est ondulant, chatoyant à souhait. Cette ambiance tropicale se poursuit avec « Sosiego » de Patrice Caratini, plus latin et sombre.

Changement de décor. Des techniciens du spectacle mettent le piano au centre de la scène. Comme nous l’explique Patrice Caratini, parfois, les pianos rencontrent des êtres d’exception. Voici un être d’exception. Puisqu’il ne l’a pas présenté nommément, je précise qu’il s’agit de Martial Solal. Aux mélomanes avertis, je conseille l’album d’Eric Le Lann « Piaf Trénet », des chansons françaises arrangées par Martial Solal et jouées par le Caratini Jazz Ensemble avec pour soliste, Eric Le Lann à la trompette. Une perle rare à ne pas jeter aux pourceaux.

En l’occurrence, Martial Solal prend la main et cela s’entend tout de suite. L’orchestre sonne avec une précision et une tension jamais atteintes jusque là et qui ne se retrouvera pas dans la suite du concert. Martial Solal a composé et arrangé ce morceau. Il le joue et le dirige. Cela s’entend. Arabesques, virages foudroyants, accords de graves qui vous plaquent au sol, grâce pure de trilles légères dans l’aigu, tout est à l’unisson.

Pour finir cette première partie, un extrait de la bande son du film muet et noir « Body and soul » dont je vous ai déjà parlé en album et sur scène, lectrices flamboyantes, lecteurs resplendissants. « Dry bones in the valley » , la scène du prêche du pasteur manipulateur qui s’encourage au whisky. Magistral Paul Robeson dans le rôle principal. Musique puissante et prenante. Alain Jean-Marie au piano.

PAUSE

L’orchestre régional de Normandie s’installe pour jouer une composition de Patrice Caratini en hommage à Edith Piaf, symbole de la chanson française, " Edith ", tout simplement.

Hildegarde Vanzlawe et Rémi Sciuto viennent s’ajouter pour chanter trois chansons du programme « Short songs " de Patrice Caratini dont j’ai déjà parlé sur ce blog, en studio et en concert. Avec un orchestre à cordes derrière, la muique prend une autre ampleur pour « A l’enseigne de la fille sans cœur » que chantait Edith Piaf, « A case of You « de Joni Mitchell et « Les loups sont entrés dans Paris » qui reste attachée à la voix de Serge Reggiani. Le trio Patrice Caratini, Rémi Sciuto, Hildegarde Vanzlawe est toujours au sommet.

S’est ajouté Marcel Azzola et son accordéon celui à qui Jacques Brel disait « Chauffe, Marcel, chauffe " dans « Vesoul ». Marcel est le doyen de la soirée avec Martial Solal. Tous deux sont nés en 1927. Comme lui, il est toujours le Maître de son instrument.

Il y eut ensuite un invité surprise, un Français, chanteur, qui interprète en français sur des paroles loufoques des standards du Jazz. Il s'agit de Marc Fosset qui ne peut plus jouer de guitare mais ses échanges avec Patrice Caratini et Marcel Azzola furent superbes.

« A trois temps » de Patrice Caratini, hommage au rythme de la valse et du Jazz alors que le Rock’n roll comme la musique militaire et l’informatique est binaire.

Du Jazz vocal classique et moderne à la fois avec Sara Lazarus et le Caratini Jazz Ensemble pour 3 standards de Cole Porter : « Get out of town », « Too darn hot » et « Just one of those things ». Comme La Chabraque de Guy Béart, elle a de la défense et de l’attaque. Avec l’orceshtre derrière, ça assure.

Final en apothéose avec un vieux complice des années 1970, Maxime Le Forestier pour « Le fantôme de Pierrot », chanson de l’an 1976. La version studio originale dure plus de 11mn pour cette variation subtile sur le thème du Pierrot lunaire (« Au clair de la lune, mon ami Pierrot »). L’orchestre classique s’ajoute à l’orchestre de Jazz, Patrice Caratini dirige les deux ensemble au service de la poésie, de la voix et de la chaleur de Maxime Le Forestier. Splendide. Le genre de chanson française que vous n’entendrez jamais à la radio et à la télévision. Trop long, trop beau, trop étrange. J’avoue que je ne connaissais pas cette chanson avant ce concert. J’avais tort. Rien que pour elle, j’ai bien fait de venir.

RAPPEL

Un duo contrebasse/batterie aux balais si je me souviens bien.

Face à l’insistance du public, Patrice Caratini est revenu jouer et chanter seul, pendant quelques secondes, une chanson sur une mouche amnésique .

Le public insiste encore. Patrice Caratini revient nous expliquer qu’il ne peut assurer à lui seul toute la saison au Châtelet et que les techniciens du spectacle ont droit de se reposer après tout le travail effectué. Sur ces paroles démocratiques et sociales, le public a cédé et s’en est allé, ravi, au lit.

La photographie de Martial Solal est l'oeuvre du Somptueux Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

Martial Solal par Juan Carlos HERNANDEZ

Martial Solal par Juan Carlos HERNANDEZ

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Festival Jazz et images au cinéma Le Balzac: Stan Getz en majesté

Publié le par Guillaume Lagrée

Festival Jazz et Images

Cinéma Le Balzac

Paris, Ile de France, France

Vendredi 18 mars 2016. 20h30.

Concert du quartet de Vincent Le Quang

Vincent Le Quang: saxophones ténor et soprano

Bruno Ruder: piano

Matias Szandai: contrebasse

Joe Quitzke: batterie

suivi du Stan Getz Quartet à la Grande Parade du Jazz de Nice en 1978

Stan Getz: saxophone ténor

Mary Lou Williams: piano

Ronnie Boykins: contrebasse

JC Heard: batterie

Concert du quartet de Vincent Le Quang, programmateur du festival Jazz et Images.

Sax soprano. " If I should lose You ", un standard joué sur un rythme de bossa nova. Ca roule tranquille.

" Le rêve d'une île " (Vincent Le Quang). Toujours au soprano. Cela vient de Claude Debussy. Cela évoque plutôt les îles Borromées que Ouessant ou Sein. Un petit vent de temps en temps fait frissonner l'onde.

Sax ténor. Stan Getz ne jouait pas de soprano. Beau démarrage piano/ténor. Là, l'ombre immense du duo Stan Getz/Kenny Barron plane toujours, 25 ans après. Contrebasse et batteur aux balais arrivent doucement. " I've got You under my skin ". Frank " The voice " Sinatra le jouait et Stan " The sound " Getz le jouait. Le quartet le joue dans l'esprit, classique et flamboyant. Batteur aux baguettes pour le solo de piano. Ca swingue, sapristi! Belle articulation du pianiste. Solo de contrebasse avec le batteur qui fait mijoter la marmite aux balais.Le sax joue les paroles de la chanson comme Stan Getz et Sonny Rollins.

Retour au soprano pour une composition personnelle " Everlasting ". La rythmique démarre en douceur et le soprano vient ajouter sa douce plainte. Une belle mélodie s'élève qui, en effet, pourrait durer toujours.

Retour au ténor pour " Fleur " inspiré du film nippon " Nuages flottants " (Mikio Naruse, 1955) . " Courte est la vie d'une fleur mais grande est sa souffrance " dit un haïku. Ce morceau m'ennuie.

Heureusement, ils enchaînent sur un standard getzien, joyeux, viril, dynamique, bref comme il doit être joué. 1er solo de batterie du concert, aux baguettes, bien construit, sans forcer ni démontrer.

RAPPEL

" How deep is the ocean ", une ballade que jouait Stan Getz. Joué sur un rythme de bossa nova avec le batteur aux balais. Le sax ténor part en croisière.

Stan Getz Quartet. Le Jazz à Nice dans son décor historique, les arènes de Cimiez sous un superbe soleil d'été.

" We all wish to sound like that. The truth is that we can't " (John Coltrane, à propos de Stan Getz). Nous sommes passés de la Pro A à la NBA, pour les amateurs de basket ball.

Mary Lou Williams (1910-1982), grande Dame du Jazz, pianiste, compositrice, chef d'orchestre, arrangeuse, enseignante, créatrice d'associations, se retrouve à accompagner Stan Getz (1927-1991). Il y avait un risque de conflit d'egos d'autant qu'elle commence sur un Blues de sa composition. " My blue heaven " un titre qui lui correspond bien puisque Mary Lou Williams, sincèrement croyante, jouait et composait aussi bien du Blues que du Gospel. La rythmique mène le jeu puis Stan Getz s'impose d'un énorme " couac " volontaire. Sur le final, il y a une tension entre piano et sax mais Stan impose sa volonté. C'est lui le leader du groupe.

S'ensuit une version de " Lush life " de Billy Strayhorn qui a la perfection d'une statue grecque. Stan joue fidèlement le thème, comme un interprète classique. Derrière lui, la rythmique est un tapis volant chatoyant. C'est absolument parfait. " Stan Getz, what a gift to the world ! " (Joe Henderson).

" Love for sale ". La rythmique le joue sur un tempo latino. Ca fuse d'intelligence et de pulsation. Stan Getz arrive et emballe le morceau.

Billy Hart: Qu'attends tu d'un batteur?

Stan Getz: Qu'il ondule

JC Heard savait onduler comme toute cette rythmique d'ailleurs.

Nous sommes en 2016. Tous les membres de ce quartet sont morts mais, grâce à ce film, ils sont toujours vivants. Nous les avons d'ailleurs applaudi comme ils le méritaient.

La prochaine séance du Festival Jazz et Images aura lieu au cinéma Le Balzac, 1 rue Balzac, 75008 Paris, France, le vendredi 8 avril à 20h30. Au programme, un film de 30mn: Duke Ellington et son orchestre en concert à Paris, salle Pleyel, en 1958 puis une interprétation en 2016 des compositions de Duke Ellington d'avant 1930 par un orchestre composé d'élèves du Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris. Ces jeunes gens ont relevé, en écoutant des disques crachotants, les partitions inexistantes du premier orchestre du Duke. Une soirée historique donc.

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Nik Bartsch's Mobile " Continuum "

Publié le par Guillaume Lagrée

Nik Bartsch's Mobile

" Continuum "

Registrato dal 21 al 23 di marzo 2015 nell'Auditorio Stelio Molo della RSI a Lugano, Svizzera.

ECM. Sorti le 4 mars 2016.

Distribution Universal Music.

Le quartet Mobile de Nik Bärtsch est composé de

Nik Bärtsch: piano, compositions

Sha: clarinette basse et contrebasse

Kaspar Raet: batterie, percussions

Nicolas Stocker: batterie, percussions préparées.

Auxquels s'ajoute pour cet album Continuum un quintet à cordes composé de:

Etienne Abelin: violon

Ola Sendecki: violon

David Schnee: violon alto

Solme Hong: violoncelle

Ambrosius Huber: violoncelle

Concert de sortie le mercredi 6 avril 2016 à la Kirche Neumunster à Zürich, Suisse.

En concert à Paris, à la Maison des Océans, lors du festival de Jazz de Saint Germain des Prés le samedi 21 mai 2016 à 21h.

" Il n'y a pas de liberté sans formes " (Napoleone Buonaparte). La censure pousse les artistes à la créativité pour la contourner. Par exemple, Rita Hayworth ôtant un gant dans " Gilda " tout en chantant " Put the blame on me, boys ". Dans un régime de démocratie libérale offrant une totale liberté de création aux artistes, dans la limite de l'ordre public et des bonnes moeurs, c'est au créateur de se fixer son cadre pour ne pas déchoir de la liberté dans la licence.

C'est ce que fait splendidement Nik Bartsch avec son groupe acoustique mobile Mobile (je n'ai pas écouté son groupe électrique Ronin) dans cet album " Continuum ".

Chaque morceau porte le titre " Modul " suivi d'un numéro. Une construction logique comme le plan d'une ville américaine. Une musique qui vient du Jazz, du Funk, de la musique dite contemporaine et des musiques sacrées orientales. De l'ascèse naît l'extase. La musique est extrêmement bien écrite, structurée comme une architecture et pourtant, dans ce cadre net et clair, Nik Bärtsch laisse la place à l'improvisation.

Le résultat est confondant. Après des dizaines d'écoute, cette musique me laisse toujours aussi béat d'admiration. C'est austère et ça danse! Ni basse, ni cuivres, ni guitare et pourtant ça groove. Elle peut aussi bien s'écouter attentivement, seul dans un fauteuil, à essayer de comprendre ces figures harmoniques et ces divers plans rythmiques qui s'enchevêtrent diaboliquement que porter à la jouissance de la danse, emporté par le souffle de cette musique sans souffleurs.

Mobile, Module, ce langage rappelle celui d'un autre art, la sculpture. Ce n'est pas un hasard tant les formes de cette musique sont taillées nettement et distinctement. Tout s'enchaîne logiquement de la première à la dernière note, formant un véritable " Continuum " justement.

Continuum est une pure jouissance intellectuelle. Profitez en sans entrave, lectrices cérébrales, lecteurs conceptuels.

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Sélection de concerts de Jazz à Paris pour avril 2016

Publié le par Guillaume Lagrée

Lectrices angéliques, lecteurs diaboliques, c'est avec le soin d'un président de parti politique français choisissant ses candidats pour les élections législatives que j'ai retenu pour vous la sélection suivante de concerts de Jazz à Paris pour le mois d'avril 2016.

Pour un agenda exhaustif, voyez mes ex confrères de Citizenjazz.

Cinéma Le Balzac

Vendredi 8 avril à 20h30: Le festival Jazz et images se poursuit avec une soirée spéciale Duke Ellington avec la projection du film Duke Ellington et son orchestre en concert à Paris, salle Pleyel, en 1958 puis Ellington Small Band, un groupe de jeunes musiciens élèves de la classe de Jazz du Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris qui jouera des morceaux de Duke Ellington, d'avant 1930, qu'ils ont annoté, sans partition, à partir des enregistrements. Un travail de résurrection sonore qu'il convient de saluer.

New Morning:

lundi 4 avril à 20h30: Omer Avital, contrebassiste israélien, qui réconcilie Orient et Occident dans sa musique.

mardi 5 avril à 20h30: Florian Pellissier Quintet, un groupe français récemment louangé sur ce blog.

mardi 12 avril à 20h30: Joey de Francesco Trio, un des rois actuels de l'orgue Hammond.

jeudi 21 avril à 20h30: Bireli Lagrène/Antonio Farao/ Gary Willis/Lenny White. Un quartet de Jazz Rock avec un Dieu du genre, le batteur Lenny White (celui du Return to forever de Chick Corea).

jeudi 28 avril à 20h30: Ceux qui marchent debout, la meilleure FFF (Fanfare Funk Française) du monde, garantie sans scandale financier.

Duc des Lombards:

mercredi 6 et jeudi 7 avril à 19h30 et 21h30: Daniel Humair Trio avec Stéphane Kerecki (contrebasse) et Vincent Le Quang (saxophones). Je ne vous ferai pas l'injure de vous présenter Daniel Humair, lectrices angéliques, lecteurs diaboliques.

lundi 11 et mardi 12 avril à 19h30 et 21h30: Charnett Moffett Network avec Stanley Jordan (guitare) et Rémi Vignolo (contrebasse).Funkissimo!

lundi 25 avril à 19h30 et 21h30: Bernd Riter NY All Stars avec Harold Mabern (piano),Darryl Hall (contrebasse) et Eric Alexander (sax ténor)

vendredi 29 et samedi 30 avril à 19h30 et 21h30: Ernie Watts quartet, un requin du sax ténor.

Le Triton, les Lilas (métro Mairie des Lilas):

vendredi 22 et samedi 23 avril à 20h: Carte blanche à Christophe Monniot (sax alto) avec Rhoda Scott (orgue Hammond). Show devant!

Le Baiser salé

Mercredi 6, 13, 20 et 27 avril à 19h: Mario Canonge (piano) et Michel Zenino (contrebasse) poursuivent leur route en duo.

Mercredi 13 avril à 21h30: Rick Margitza Quartet. Une valeur sûre.

Péniche Le Marcounet:

Mardi 12 avril à 20h: Trio Dupont/Veras/Mangeard. La classe, forcément la classe.

Sunset-Sunside:

vendredi 1er avril à 21h30, samedi 2 avril à 21h au Sunset: Lew Tabackin trio. Un géant discret du sax ténor rejoint le samedi 2 avril par Alain Jean-Marie (piano).

samedi 2 avril à 21h30 au Sunside: le trio de Paul Lay, pianiste français aussi doué pour le classique que pour le Jazz. Un talent pur.

vendredi 15 avril à 20h et 22h, samedi 16 avril à 20h et 22h au Sunside: le trio de Giovanni Mirabassi, pianiste, Italien de Paris.

samedi 16 avril à 21h au Sunset: Jon Irabagon/Mark Helias/Barry Altschul. Le meilleur de New York débarque à Paris.

mardi 19 avril à 21h au Sunside: Louis Martin et Mario Stantchev jouent Louis Moreaux Gottschalk, compositeur américain du XIX° siècle qui, le premier, écouta sérieusement la musique noire et caribéenne. Le Jazz avant le Jazz.

mercredi 20 avril à 21h au Sunside: Olivier Hutman trio, une valeur sûre qui nous revient des années 80.

vendredi 22 et samedi 23 avril à 21h au Sunside: Enrico Pieranunzi (piano)+ Diego Imbert (contrebasse)+ André Cecarelli (batterie) = classieux, forcément classieux.

samedi 23 avril à 21h au Sunset: Romain Pilon " The magic eye " trio. Un jeune guitariste français prometteur.

jeudi 28 avril à 20h30 au Sunset: Julien Lourau Electric Biddle, un groupe électrisant déjà louangé sur ce blog.

La photographie de Daniel Humair est l'oeuvre du Genevois Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

Daniel Humair par Juan Carlos HERNANDEZ

Daniel Humair par Juan Carlos HERNANDEZ

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The Claudia Quintet en vogue au Sunside

Publié le par Guillaume Lagrée

The Claudia Quintet

Le Sunside

Paris, Ile de France, France

Jeudi 3 mars 2016, 20h30.

The Claudia Quintet est composé de

John Hollenbeck: batterie, percussions, composition, direction musicale

Matt Moran: vibraphone

Drew Gress: contrebasse

Red Wierenga: accordéon

Jeremy Winer: saxophone ténor, clarinette, remplaçant de Chris Speed, titulaire habituel du 5 majeur du Claudia Quintet.

John Hollenbeck a constitué The Claudia Quintet en 1997. Comme il n’est jamais trop tard pour bien faire, je découvre ce groupe ce soir.

Démarrage subtil du batteur qui tourne en boucle avec le vibraphoniste. L’accordéon ajoute sa nappe de son, la contrebasse sa pulsation. C’est subtil et dansant. Bref, c’est bon. Ca marche. L’honorable quinquagénaire assis devant moi oscille sur son siège comme un culbuto. Ils attaquent sur autre chose, à la fois répétitif et varié. Bref, la grande classe. Je vois jouer le clarinettiste mais je ne l’entends pas dans la masse sonore. Ca viendra. C’est mieux que bien. C’est somptueux. C’était « A decade to my favourite day » (John Hollenbeck). Son jour préféré, c’est le jeudi. Souvenir du jeudi saint lorsqu’il allait enfant à la messe en famille.

« A list ». La liste A de ceux qu’il faut avoir en soirée pour qu’elle soit réussie même si vous ne les aimez pas. Marcel Proust écrivit des pages sur le sujet, John Hollenbeck en fit un morceau de musique. Duo contrebasse/batterie avec balais pour chauffer la party. Sax ténor au lieu de la clarinette. Là, j’entends Jeremy Winer. Ca chauffe tranquille. Ca sonne plus profane que le morceau précédent en effet. Batteur aux baguettes. C’est un air de dance floor sublimé. La sublimation au sens physique du terme. Ca donne envie de danser, sapristi !

Contrairement aux DJ, le groupe n’enchaîne pas. « Couch » hommage au canapé de son colocataire qu’il regretta lors de son départ, le canapé, pas le colocataire. D’où ce titre hommage. Solo tranquille du batteur dont les baguettes roulent sur les tambours. Le sax ronronne. Ca donne envie de s’affaler sur le canapé. Vibration commune de la contrebasse sous l’archet, de l’accordéon et du saxophone ténor. Un decrescendo très lent nous tient en haleine jusqu’au final.

« Philly » dédié au batteur Philly Joe Jones (cf le Miles Davis Quintet de 1956), originaire de Philadelphie, ville cruciale pour le Jazz, à ne pas confondre avec un autre géant de la batterie, Papa Jo Jones (batteur du grand orchestre de Count Basie). Morceau composé à partir des « Philly licks », ses trucs que reprirent nombre de batteurs. Jeu subtil de la rythmique. Joli chatoiement des cymbales sous les baguettes. Joli solo de batterie chantant, roulant. Comme mon voisin de devant, j’oscille tel un culbuto sur mon siège.

John Hollenbeck a le souci pédagogique de présenter et d’expliquer chacun de ses morceaux au public. Qu’il en soit remercié. « Peterborough » morceau dédié à Peterborough, New Hampshire, USA, ville célèbre pour sa colonie d’artistes, la Mac Dowell Colony. Aaron Copland y composa au calme, John Hollenbeck aussi. Retour à la clarinette qui nous sort un joli solo très doux rejoint par l’accordéon et le vibraphone. Air léger, émouvant. Ca s’agite tout à coup comme la fée Clochette autour de Peter Pan.

Le dernier album du groupe est dédié au mois de septembre. « September 9th for Wayne’s faces » morceau écrit un 9 septembre en hommage à Wayne Shorter. Son méditatif du saxophone. Grosse pulsation de la rythmique. Bel hommage. L’accordéon chauffe la machine. Le batteur martèle sèchement. Ca se ralentit avec le glissendo de l’accordéon et de la contrebasse à l’archet.

PAUSE

Démarrage batterie/percussions/vibraphone. Ca swingue, sapristi ! La contrebasse ajoute sa pulsation et l’accordéon emballe le tout. Bonne pulsation pendant que le vibraphone scintille. Enfin, j’entends la clarinette par-dessus l’accordéon. Ils enchaînent sur un autre air. Nous écoutons sans applaudir, concentrés. La plainte conjointe de l’accordéon et de la clarinette nous prend l’âme au cœur. En un instant, ils m’ont fait chavirer. La beauté est une chose rare disait Ornette Coleman. C’est pourquoi il faut la saluer lorsque nous avons la chance de la rencontrer. Bruitages accordéon /percussions. Solo de batterie inventif. Le jeu de John Hollenbeck n’est pas conventionnel. Ca repart avec l’accordéon et le sax ténor puis tout le monde s’y met. C’est parti dans le free. Le remplçant, Jeremy Winer, est à la hauteur du titulaire, Chris Speed. Bon coaching de John Hollenbeck.

Sur 3 morceaux enchaînés, le 1er et le 3e étaient dédiés aux chiens, le 2e aux blettes. John Hollenbeck cherche à apprendre le français et le public l’aide en traduisant ses titres.

Morceau dédié au Maître des tambours sénégalais, Doudou Ndiaye Rose, le premier à faire jouer des femmes, ses filles, aux percussions. J’eus la chance de voir et écouter Doudou et sa troupe en concert à Rennes, au TNB, il y a plus de 20 ans. Cela ne s’oublie pas. Je me souviens avoir récupéré une baguette cassée qu’il avait jeté dans la salle et l’avoir offerte à un ami Sénégalais qui l’a conservé comme une relique. Sax ténor et contrebasse grognent. L’accordéon s’y met. Tout le monde percute.

« Night Bird » basé sur les accords de Bird (Charlie Parker) sur « Night in Tunisia » de Dizzy Gillespie. Une sorte de berceuse en fait. La clarinette se noie dans l’accordéon. C’est bien le seul reproche que je puisse faire à ce groupe.

« Be happy » (Soyez heureux, pour les francophones). C’est ce qu’ils nous souhaitent et nous procurent en effet. Ca vibre entre batterie aux maillets et vibraphone. Le quintette démarre avec le thème. Retour à la clarinette. L’accordéon produit un son répétitif digne de l’électronique. C’est pas guillain mais c’est bien barré comme musique. Le groupe repart soudé avec le sax ténor devant et une rythmique de feu. Be happy now !

« September 25th ». Une ballade pour finir. Tout est tranquille. Accordéon et contrebasse pour commencer. Fin en douceur.

C’est fini. Tout est dit.

Je forme le voeu d'entendre un jour Claudia Solal chanter avec The Claudia Quintet et pas seulement par goût de l'homonymie.

La photographie de John Hollenbeck est l'oeuvre du Prestigieux Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

John Hollenbeck par Juan Carlos HERNANDEZ

John Hollenbeck par Juan Carlos HERNANDEZ

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Terumasa Hino Special Quintet: premier concert à Paris à 72 ans!

Publié le par Guillaume Lagrée

Terumasa Hino Special Quintet

Maison de la culture du Japon à Paris

Paris, Ile de France, France

Samedi 27 février 2016. 20h.

Terumasa Hino: trompette

Erena Terakubo: saxophone alto

Akira Ishii: piano, clavier électrique

Tomokazu Sugimoto: contrebasse

Shun Ishikawa: batterie

Concert diffusé en différé dans l'émission les Mercredis du Jazz de Jérôme Badini sur France Musique le mercredi 23 mars 2016 à 20h.

La rythmique attaque brutalement d'entrée. Quand les cuivres s'y mettent, c'est parfaitement synchrone. Gros son d'ensemble. Ca s'apaise un instant, repart aussitôt. Cette musique vient clairement du dernier quintette acoustique de Miles Davis même si le sax alto d'Erena Terakubo a remplacé le sax ténor de Wayne Shorter. Ouï sa virtuosité, Terumasa Hino tient plutôt de Freddie Hubbard. Après un solo de furieux, il s'éclipse en bord de scène pour laisser place à sa saxophoniste. Par rapport à ma nièce âgée de 13 ans, elle semble chétive mais elle attaque puissamment. La rythmique est bien soudée derrière. une vague puissante la porte. Belle salle. Bonne acoustique. Dialogue de souffles et de cris sans la rythmique. Ca vibre. Ils s'en vont, laissant à place à la rythmique qui éparpille, façon puzzle, une mélodie au ralenti. Beau solo de contrebasse, métallique et swinguant. Un son vraiment original. Les souffleurs reviennent sur scène apporter leur plainte conjointe. C'est fou comme un solo bruyant et véloce de batterie impressionne toujours autant un public. Retour groupé au blues de départ.

Trompette et sax lancent ensemble une sorte de son de corne de brume. Jeux de bruitages entre contrebasse et batterie aux maillets, souffleurs et clavier électrique. Excellente musique de film d'angoisse. Nuit glauque sur le port. Bars louches. Silhouettes furtives. Le pianiste s'est remis au piano et ça attaque par à coups. Le trompettiste ajoute de l'effet. Après un moment d'agitation, la rythmique joue vive et légère. Dans le jeu, le groupe alterne le classique et le bizarre, pour nous rassurer sans nous ennuyer, nous surprendre sans nous faire fuir. Subtil dosage parfaitement réussi.

Sans nous laisser le temps de souffler, ils attaquent de suite sur autre chose. Un air énergique. Ca souffle comme le vent sur la mer du Japon. Le boss s'est mis aux maracas pour accompagner sa rythmique. Final groupé à bloc.

Le leader nous parle en anglais. Il est né en 1942 et c'est son deuxième concert à Paris. Terumasa Hino a enregistré son premier album pour Columbia en 1967 (" Alone, alone, alone " , thème repris par Blue Mitchell. Cf vidéo sous l'article). C'est un musicien reconnu et respecté au Japon, aux USA et en Europe (plusieurs albums pour le label Enja) mais les programmeurs français sont décidément très frileux. Son premier concert était déjà à la Maison de la Culture du Japon à Paris en 2013 avec des moines boudhistes. Ils préfèrent toujours un trompettiste américain de 2e classe à un trompettiste japonais de 1ère classe. Cette fois, il revient avec son groupe purement Jazz.

Terumasa Hino nous explique ses titres avec date et contexte de leur composition. Ensuite chaque musicien du groupe se présente en français en ces termes: " Je m'appelle ... Enchanté ". Effort louable. Ensuite ils s'expliquent en japonais et en anglais. Objectivement, vu le lieu et le groupe, il y a beaucoup de Japonais dans la salle. La saxophoniste souligne qu'elle joue sur un instrument français, de la maison Selmer, dont nous pouvons être fiers.

Ca repart aussi sec. Bonne musique pour film de boxe. " Le Jazz, c'est comme la boxe. Meilleur c'est, moins les gens apprécient " (Georges Foreman).

Pour nous surprendre, la première ballade du concert. Il a beau dire qu'il va sur 73 ans, Teramusa Hino a une pêche impressionnante. Il danse, souffle comme un démon, joue des percussions, anime son groupe et dialogue avec le public. Cette ballade est d'ailleurs un vieux standard brésilien " Manha de carnaval ". Belle version.

S'ensuivit un Blues pour lequel mes notes sont illisibles. Je remarque juste que le solo de saxophone était remarquable.

La suite de mes notes étant illisible, je conclurai simplement, lectrices élégantes, lecteurs distingués, que si j'atteins l'âge respectable de 73 ans, j'espère avoir la même énergie vitale que Terumasa Hino aujourd'hui.

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La chronique de Monsieur P: Colunia et le PJ5 au Pannonica

Publié le par Guillaume Lagrée

La chronique de Monsieur P

Le Pannonica

Nantes, Loire Atlantique, Pays de la Loire, France

Mercredi 20 mai 2015. 20h.

Colunia & PJ5

Exquises lectrices, délicats lecteurs, c'est après des menaces de traitements inhumains et dégradants que j'ai obtenu de Monsieur P, le correspondant de ce blog à Nantes, sa chronique d'une soirée qui s'est déroulée au Pannonica le mercredi 20 mai 2015.

Les propos suivants n'engagent que Monsieur P. Pour ma part, je suis capable d'apprécier à la fois Louis Armstrong et le PJ5 du guitariste français Paul Jarret.

Exigeants lecteurs, attentives lectrices, vous vous êtes peut-être demandés ce que devenait Monsieur P et ses chroniques sur les concerts de jazz à Nantes. Est-il en train d’hiberner à l’instar des marmottes et autres loirs ? A-t-il croisé sur sa route un quelconque descendant de Carrier qui fit périr tant de Nantais pendant la Révolution française? Ou tout simplement ne va-t-il plus aux concerts de jazz ?. Soyez rassurés Monsieur P va bien .

Le mercredi 20 mai 2015, Monsieur P s’est rendu au Pannonica , salle bien connue des amateurs de jazz de la région nantaise. Ce soir-là, deux sets très différents sont proposés En première partie il y a Colunia et en seconde partie la prestation du PJ5. Ce sigle signifiant Paul Jarret quintet .

Le groupe Colunia est composé de Émilie Chevillard à la harpe chromatique, Ludovic Ernault aux saxophones alto et soprano, Rémi Allain à la contrebasse et de Florian Chaigne à la batterie.

Vopulia constitue l’entame de ce set et ce style de jazz me plaît bien. La complicité du quatuor est évidente. La harpe chromatique apporte une touche indienne . La harpe chromatique a du mal à s’exprimer face à la batterie et au saxophone. Il y a un solo agréable de harpe chromatique. On peut voir des touches blanches et noires comme sur un piano. Le médiator produit des sons étranges. Le ressenti est qu’on part vers du jazz non classique ( mais qu’est-ce que du jazz classique?). J’aime cette impression de partir en Inde. S’ensuit une ballade où on distingue nettement le son de la harpe chromatique. C’est doux , c’est agréable , j’entends le son d’un gong, j’ai l’impression d’être dans une pagode. Séquence indienne, la harpe invite à la méditation, il ne manque que l’encens, le morceau est tout en douceur. Ensuite il y a un solo de batterie, le public tape dans ses mains. Il faut reconnaître un standard du jazz, j’avoue que je ne l’ai pas reconnu mais comme vous le savez, je ne suis pas expert en matière de jazz mais plus en matière de musique celtique.

Un morceau contrebasse + batterie avec éclats de harpe. Ressac, le fils de marin que je suis ne peux être qu’attiré par ce titre où s’exprime toute la beauté de la harpe chromatique peu courante de le monde du Jazz, ensuite duo saxophone alto + contrebasse, le tempo s’intensifie, puis retour au calme.

Quelle belle première partie, je ne ne peux que vous encourager à écouter ce groupe qui sort des sentiers battus du jazz et qui s’exprime contrairement à Guillaume Viltard, l’autiste du jazz ( le rédacteur assume ses propos).

La mi temps arrive, il est l’heure pour moi de boire une boire une bière du Bouffay ( quartier de Nantes) à un prix nantais c’est à dire dans les 2€. Vous qui êtes des habitués des clubs parisiens, vous devez m’envier. La pause est l’occasion d’échanger avec le public pas très nombreux mais connaisseur. Le PJ5 arrive.

NDLR: L'abus d'alcool est dangereux pour la santé même pour la bière nantaise bue à Nantes.

Il est composé de Paul Jarret à la guitare et à la composition, de Maxence Ravelomanantsoa au saxophone ténor, de Léo Pellet au trombone, d’Alexandre Perrot à la contrebasse et de Ariel Tessier à la Batterie. Le contraste avec Colunia est évident.

This is not the sun

il y a une prédominance du saxo et de la batterie, il y a de l’intensité puis un retour à un jeu plus classique avec un batteur habité.

Passage guitare, conrtrebasse, batterie, retour des cuivres, il y a de l’humour, ce projet me paraît aller à l’encontre de pratique actuelle de la culture française. Emily sleeps, entame douce, petits trémolos du saxophone puis montée progressive concernant tous les instruments. Roulements de batterie, l’ensemble s’écoute très bien, s’ensuit un une phase très puissante et après retour au calme. Ils jouent un jazz résolument moderne. Je dois être trop « old school », j’aime moins que Colunia.

Il y a l’annonce d’un deuxième CD qui peut être téléchargé ou acheté mais j’avoue que ça sera ni l’un, ni l’autre sauf cadeau que je ne refuserai pas. Les morceaux suivant sont inspirés par les légendes scandinaves

Ce groupe joue un jazz très puissant, avec beaucoup de roulements de batterie, de saxophone, de guitare électrique et donne des sons que je n’ai pas l’habitude d’entendre. Comme quoi on ne peut pas être fan de Louis Amstrong ( ah Louis Amstrong and the good book!) et du PJ5 quartet en même temps. Cela dit si le PJ5 repasse à Nantes un de ces jours , je ne serai as contre l’idée de refaire une chronique moins espacée dans le temps entre la date du concert et la rédaction de la chronique.

À bientôt exigeants lecteurs, attentives lectrices pour une prochaine chronique de monsieur P.

Le PJ5, groupe bien connu des lectrices fidèles et des lecteurs constants de ce blog sera en concert à Paris, au Café de la Danse, le mercredi 16 avril 2016 à 19h30 pour jouer son deuxième album " Trees ". Au plaisir de vous y retrouver exquises lectrices, délicats lecteurs.

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33e festival Banlieues Bleues (93) du 18 mars au 15 avril 2016

Publié le par Guillaume Lagrée

33e festival

Banlieues Bleues

Seine-Saint-Denis, Ile de France, France

du vendredi 18 mars au vendredi 15 avril 2016

Splendides lectrices, superbes lecteurs, retrouvez vous en Seine-Saint-Denis, au 33e festival Banlieues Bleues du vendredi 18 mars au vendredi 15 avril 2016.

14 villes, 27 soirées et 230 artistes sont au programme parmi lesquels Thomas de Pourquery (sax alto) et son Supersonic Orchestra et Francesco Bearzatti (sax ténor, clarinette) avec son Tinissima Quartet , bien connus des fidèles lecteurs de ce blog.

La photographie de Francesco Bearzatti est l'oeuvre du Dionisyaque Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

Francesco Bearzatti par Juan Carlos HERNANDEZ

Francesco Bearzatti par Juan Carlos HERNANDEZ

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Louis Beaudoin Quartet " From the inside "

Publié le par Guillaume Lagrée

Louis Beaudoin Quartet

" From the inside "

Album disponible sur demande, moyennant phynances, auprès de Louis Beaudoin.

Louis Beaudoin: saxophone ténor

Bruno Bellemin: guitare

Michel Rosciglione: contrebasse

Hidehiko Kan: batterie

Le quartet de Louis Beaudoin sera en concert à Paris, au Sunside, le mardi 15 mars 2016 à 21h30.

Lectrices langoureuses, lecteurs voluptueux, réjouissez vous, cette musique est faite pour vous.

Un quartet sax ténor/guitare/contrebasse/batterie comme la formule magique de " The Bridge " de Sonny Rollins avec Jim Hall, un son de ténor directement hérité des Maîtres (Ben Webster, Coleman Hawkins, Dexter Gordon), une rythmique qui ronronne comme un chat angora, une alternance élégante de 6 standards et de 4 compositions qui sonnent comme des standards, un art de la ballade qui vous incite à rester chez vous au chaud et au calme, un sens de la respiration ample et mesurée, un tempo jamais relâché et jamais énervé, bref cet album " From the inside " porte bien son titre.

Il vient de l'intérieur des âmes des musiciens. C'est une musique introspective qui ne cherche ni à démontrer sa virtuosité ni à choquer le bourgeois. Elle invite à voyager à l'intérieur de sa chambre ce qui a donné de grands textes à la littérature française (Marcel Proust en fit un océan de mots) et cet album délectable.

Aucun producteur n'a encore osé s'engager sur cette musique. C'est pourquoi je ne puis vous en proposer un extrait audio ou vidéo.

Espérons que cet article aide à convaincre producteurs et distributeurs de miser sur cette musique.

L'album est déjà disponible auprès du leader, le saxophoniste Louis Beaudoin qui sera en concert avec ce quartet à Paris, au Sunside, le mardi 15 mars 2016 à 21h30.

Je compte bien vous y retrouver, lectrices langoureuses, lecteurs voluptueux. Pour cette fois, faites l'effort de sortir de votre chambre. Vous en serez récompensés.

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Florian Pellissier Quintet " Cap de Bonne Espérance "

Publié le par Guillaume Lagrée

Florian Pellissier Quintet

" Cap de Bonne Espérance "

Heavenly Sweetness. Album sorti le 4 mars 2016.

Concert de sortie à Paris au New Morning le mardi 5 avril 2016 à 20h30

Florian Pellissier: piano

Yoni Zelnik: contrebasse

David Georgelet: batterie

Christophe Panzani: saxophone ténor

Yoann Loustalot: trompette, bugle

sauf n°9: Leron Thomas: chant, trompette

Le Cap de Bonne Espérance n'est pas le point le plus au Sud de l'Afrique (c'est le Cap des Aiguilles, si vous voulez briller en société) mais il existe et a donné son nom à la ville du Cap en Afrique du Sud. C'est aussi un titre métaphorique pour un album qui respire l'optimisme et le dynamisme.

Malgré des titres comme " Le Cap de Bonne Espérance " (n°1), " Les masques africains " (n°6) ou " Yasmine " (n°8), ce n'est pas à l'Afrique que cette musique fait penser mais au New York des années 1960, celui du son Blue Note (The finest in Jazz since 1939). La formation y invite (piano, contrebasse, batterie, sax ténor, trompette) soit le format classique des quintets acoustiques de Miles Davis qui, lui, était chez CBS (ça payait mieux) et la musique elle même, bien qu'elle soit composée par des jeunes Français de l'an 2016, sonne dans ce genre.

Il lui manque ce sentiment d'urgence vitale qui se dégage des grands albums Blue Note. Par exemple ceux de Sonny Rollins.

Toutefois, cet album procure d'agréables sensations à l'auditeur et se termine par une friandise, une chanson mexicaine datée de 1934, immortalisée par Dinah Washington en 1959 avant qu'Esther Philips n'en fasse un hit disco en 1975 " What a difference a day makes ".

Je suis prêt à parier que ce quintet a besoin de la scène pour donner toute sa mesure.

Justement, il sera en concert à Paris au New Morning le mardi 5 avril 2016 à 20h30. Au plaisir de vous y retrouver, vives lectrices, vivants lecteurs.

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