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Henri Texier " Sand Woman "

Publié le par Guillaume Lagrée

Henri Texier

" Sand Woman "

Label Bleu

Sortie le vendredi 2 février 2018

 

Le Sand Quintet est composé de:

Henri Texier: contrebasse, compositions, direction

Sébastien Texier: saxophone alto et clarinettes

Vincent Le Quang: saxophones ténor et soprano

Manu Codjia: guitare électrique

Gautier Garrigue: batterie

 

Concerts de sortie

Samedi 10 mars 2018, Paris, Le Café de la Danse (Sand Quintet)

Samedi 17 mars 2018, Le Perreux (94), Centre culturel (Hope Quartet)

Samedi 31 mars 2018, Paris, Maison de la Radio, (Sky Dancers 6)

Jeudi 5 avril 2018, Amiens (80), Maison de la Culture (Sand Quintet)

Vendredi 6 avril 2018, Paris, Cinéma Balzac, Sand Quintet sur scène suivi du film " Portrait d'Henri Texier "  de Jean-Pierre Zirn (2017. 51'). 

Samedi 19 mai 2018, Sénart (77), Théâtre, ( duo Henri & Sébastien Texier)

Samedi 26 mai 2018, Etrechy (91), Salle Jean Monnet (Sand Quintet)

Mardi 29 mai 2018, Sénart (77), Théâtre, ( Sand Quintet)

Dimanche 10 juin 2018, Rouen (76), Opéra (Sky Dancers 6)

Lundi 23 juillet 2018  MARSEILLE (13)  - Festival des 5 continents (Sand Quintet)
 
Dimanche 29 juillet 2018  ALBERTVILLE (73)  - Festival de Jazz  (Hope Quartet)
 
Dimanche 19 août 2018  PLOEZAL (22)  - Château de La Roche Jagu (Sand Quintet)

 

Lectrices inspectrices, lecteurs enquêteurs, cessez de chercher. Henri Texier est retrouvé! Le poète, le conteur, l'irréductible Breton barde, le mage de la contrebasse est ressuscité. Tel le phénix, il renaît de ses cendres.

Comment a t-il fait? Il s'est replongé dans ses deux premiers albums enregistrés en solo dans les années 1970 pour Jean-Marie Salhani " Amir " (1976) et " Varech " (1977). Il s'agit de morceaux cultes que l'on apprend aux élèves des écoles et des conservatoires, aux sages, aux singes et aux petits enfants: " Amir " (1), " Les là-bas " (5), " Quand tout s'arrête " (6). Il y ajoute une composition clef des années 1990 " Indians " (4) et deux compositions récentes " Sand Woman " (2) qui a donné son nom à l'album et au groupe et inspiré la pochette de l'album (un collage de Jacques Prévert) et " Hungry Man " (3).

Pour revisiter 5 décennies de création en leader, Henri Texier s'est entouré de complices anciens et nouveaux. D'abord, Sébastien Texier avec qui il joue depuis sa naissance puisque c'est son fils. Puis Manu Codjia, guitariste polymorphe, avec qui il joue depuis plusieurs années. Deux nouveaux venus: Vincent Le Quang qui passe ses diplômes de Maître du Jazz en France en étant adoubé par les Grands Anciens. Après Daniel Humair, Henri Texier. Enfin, un batteur jamais sec et toujours coloré, Gautier Garrigue. 

Dès les premières notes, vous entrez dans un univers beau, simple et authentique. Celui d'Henri Texier. Que ça fait du bien! La maîtrise technique est toujours au service de l'histoire qu'ils vous racontent. L'album entier est une invitation au voyage. Il suffit de lire les titres des morceaux, de se laisser prendre par la musique. Le fameux ostinato de basse d' "Amir " repris par un quintette avec batterie, guitare et deux souffleurs: Whaouh! Le groove de " Les Là-bas " vous emmène tellement loin que ce n'est pas racontable.

J'ai une affection particulière pour " Quand tout s'arrête ". Un album doit vous capter dès le premier morceau, vous garder les morceaux suivants et vous donner envie d'y revenir avec l'envoi final. Et là, quel envoi! C'est majestueux et renversant de beauté et de simplicité. Enfin, simple. Simple par cette mélodie où se reconnaît le conteur génial qu'est Henri Texier. Simple parce que ce sont de grands musiciens qui, comme les grands savants, rendent simples les choses complexes alors que mauvais musiciens et mauvais savants, comme les Shadok, rendent complexes les choses simples.

Bref, vous l'aurez compris, lectrices enquêtrices, lecteurs inspecteurs, l'album " Sand Woman " d'Henri Texier m'a ébloui. Je l'ai écouté une bonne dizaine de fois avant d'écrire cette chronique et je cesserai de l'écouter quand je serai devenu sourd ce qui ne m'arrivera jamais, je l'espère. 

Pour illustrer cette chronique, je vous propose, lectrices inspectrices, lecteurs enquêteurs, en audio,  " Les là bas " créé sur l'album " Varech "  (1977) d'Henri Texier enregistré en solo puis, en vidéo, la présentation de l'album " Sand Woman " (2017), sujet de cette chronique. Elle commence par une version de " Les là bas " que vous pourrez comparer aussi avec celles samplées par Bonobo et Chinese Man.  

 

La photographie d'Henri Texier et de Manu Codjia est l'œuvre de l'Incontournable Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette œuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

Henri Texier et Manu Codjia vus par Juan Carlos HERNANDEZ

Henri Texier et Manu Codjia vus par Juan Carlos HERNANDEZ

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Sélection de concerts de Jazz à Paris et en Ile de France pour février 2018

Publié le par Guillaume Lagrée

Lectrices sélectives, lecteurs exigeants, c'est en accord avec les plus autorités morales, philosophiques et religieuses, c'est-à-dire moi, que je vous propose la sélection suivante de concerts de Jazz à Paris et en Ile de France pour février 2018.

Pour une sélection régionale plus exhaustive, voyez Paris Jazz Club. Pour une sélection française et européenne, voyez l'agenda de Jazz Magazine

Si Paris vous ennuie, rendez-vous en Suisse, à Genève, pour le 37e festival Jazz de l'AMR du mardi 27 février au dimanche 4 mars 2018.

Le festival Sons d'Hiver se poursuit dans le Val de Marne jusqu'au samedi 17 février 2018.

Si vous ne pouvez assister aux concerts, écoutez les émissions Jazz Club et les Légendes du Jazz sur France Musique et Jazz Live sur TSF

Jeudi 1er, 8, 15 et 22 février à 19h, à Paris, au Baiser Salé: Ouvrez vous l'appétit avec le duo " Tea for Tow and two for tales " composé de Sylvain Beuf (saxophones) & Alain Jean-Marie (piano). 

Jeudi 1er février, 20h30, au Bal Blomet, Paris: " Fireworks " réunit 4 saxophonistes soit Vincent David, Stéphane Guillaume, Jean-Charles Richard et Baptiste Herbin. Ils ne manquent pas d'air!

Vendredi 2 février, 20h30, Scène Watteau, Nogent sur Marne (94): Léa Castro, chanteuse déjà chantée sur ce blog.

Samedi 3 février:

- 20h30, Pan Piper, Paris: Pee Bee " Dolce Vita ". Jazz inspiré par il Bel Paese. Evviva Italia! 

- 20h30, Maison de la Radio, Paris: programme Jazz sur le Vif avec Frédéric Couderc Quartet suivi de Stefano Bollani.

- 21h, Sunside, Paris: Omer Avital Quintet. Un fougueux mélange entre Jazz new yorkais et musique proche orientale.

- 21h, Le Triton, Les Lilas (93): duo Julien Lourau & Bojan Z. Un saxophone + un piano = tout est possible. 

Dimanche 4 février, 21h, Sunside, Paris: Omer Avital Quintet. Un fougueux mélange entre Jazz new yorkais et musique proche orientale.

Mardi 6 février:

- 20h30, Théâtre 71, Malakoff (92): Daniel Humair Quartet. L'ogre helvète de la batterie Jazz grogne et griffe toujours. 

- 21h30, Baiser Salé, Paris: Robin Monsanti Trio " Hommage à Chet Baker ". Gueule d'ange, voix d'ange, trompette angélique. Robin Monsanti a toutes les qualités pour interpréter Chet Baker.

Mercredi 7 février, 20h30, Studio de l'Ermitage, Paris: Christophe Monniot, Jeff Boudreaux & Rhoda Scott. Concert de sortie de l'album " Blanc cassé " célébré sur ce blog.

Jeudi 8 février:

- 21h, Sunside, Paris: Le quartet Loustalot/Chesnel/Chiffoleau/Marguet joue des chansons à sa façon.

- 21h, Le Triton, Les Lilas (93): Benjamin Moussay Trio.

Vendredi 9 février:

- 20h, Théâtre de l'Agora, Evry (91): Ronnie Lynn Patterson (piano) interprète Rachmaninov en trio de Jazz. 

- 21h, Cinéma Balzac, Paris: festival Jazz et Images avec une soirée Chet Baker par Riccardo del Fra (contrebasse). Riccardo del Fra Quintet sur scène suivi, à l'écran, de Chet Baker Live at Ronnie's Scott, London (1986) avec Ricchardo del Fra. 

Samedi 10 février:

- 20h, Le Triton, Les Lilas (93): Double Dames avec Joëlle Léandre (contrebasse) & Elise Caron (chant, flute, guitare)

- 21h, Le Triton, Les Lilas (93): Double Messieurs avec Michel Portal (clarinette) & Théo Ceccaldi (violon)

- 21h30, Le Sunside, Paris: Géraldine Laurent Quartet. 

- 21h30, Le Baiser Salé, Paris: Canonge & Zenino Quint'Up invite Magic Malik (flute). Flute alors!

Dimanche 11 février, 18h, La Chapelle des Lombards, Paris: Rimendo joue Boris Vian, spectacle déjà célébré sur ce blog.

Mardi 13 et mercredi 14 février, 21h, le Sunside, Paris: Wayne Escoffery Quartet.

Mercredi 14 février:

- 20h30, Studio de l'Ermitage, Paris: Benoît Delbecq & The Recyclers. Etonnez moi, Benoît!

- 21h30, Baiser Salé, Paris: Rick Margitza Quartet. Logiquement, ils devraient jouer " My funny Valentine " pour la Saint Valentin. 

Jeudi 15 février, 20h30, Studio de l'Ermitage, Paris: Magic Malik Fanfare XP + Olivier Laisney " Yantrant ". Pour aventuriers sonores.

Vendredi 16 février:

- 19h30, La Gaîté Lyrique, Paris: Thomas de Pourquery & Supersonic Sons of Love . Aventures cosmicomiques en perspective.

- 21h, Sunside: Walter Smith III invite Logan Richardson. 

Mardi 20 février, 21h, Salle de l'Orangerie, Eaubonne (95): Rick Margitza Quartet. Entrée libre. Profitez en heureuses Eaubonnaises, heureux Eaubonnais. 

Jeudi 22 et vendredi 23 février, 19h30 & 21h30, Duc des Lombards, Paris: Chris Speed Trio.

Jeudi 22 février:

- 20h30, Le Bal Blomet, Paris: dans les cadres des jeudis de Jazz Magazine, le quartet de Pierrick Pédron, irréductible saxophoniste alto Breton maintes fois célébré sur ce blog.

- 21h, le Sunside, Paris: Lucky Dog, quartet maintes fois louangé sur ce blog.

Vendredi 23 et samedi 24 février, 21h, Le Sunside, Paris: René Urtreger Trio. On ne présente plus le Roi René. 

Vendredi 23 février, 21h30, Baiser Salé, Paris: Magic Malik Association Quintet.

Samedi 24 février, 19h30, Le Génie sous les étoiles, Paris: Magic Malik Association Quintet. Dîner concert. Entrée libre. Suivi d'un Bœuf (Jam Session in English) à partir de 22h30. 

Mardi 27 février:

- 20h, Péniche Le Marcounet, Paris: Marie Mifsud. Une chanteuse classique dévoyée par le Jazz. Un monstre de perversité! (cf vidéo ci-dessous). 

- 21h, le Sunside, Paris: Elina Duni/David Enhco/Marc Perrenoud " Akasham ".

 

La photographie de Pierrick Pédron est l'œuvre de I'Indémodable Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette œuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales. 

Pierrick Pédron par Juan Carlos HERNANDEZ

Pierrick Pédron par Juan Carlos HERNANDEZ

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" La Facture du piano et ses métamorphoses " Ziad Kreidy

Publié le par Guillaume Lagrée

" La Facture du piano

et ses métamorphoses "

Ziad Kreidy

Editions Aedam Musicae.

Château-Gontier (53). 2018. 125 p. 22€.

Lectrices pianistes, lecteurs facteurs, je vous ai déjà chanté sur ce blog les louanges du précédent opuscule du pianiste et musicologue Ziad Kreidy, " Les avatars du piano " (2012).

Notre auteur poursuit la logique de son propos avec son nouvel ouvrage, toujours concis, synthétique et pédagogique, " La Facture du piano et ses métamorphoses ". 

Ziad Kreidy joue de la musique ancienne sur des instruments anciens. Non pas de la musique baroque comme c'est la mode depuis 40 ans mais de la musique romantique et même plus tardive. Chopin ou Grieg sur des instruments qui datent de la création de ces musiques. Des pianoforti et non pas des pianos. Seule la langue italienne a gardé le nom commun " pianoforte " (doux fort) pour un instrument qui a bien changé depuis sa création à la fin du XVIII° siècle lorsqu'une évolution technique fit passer des cordes pincées (le clavecin) aux cordes frappées (le piano).

Depuis lors, l'évolution technologique s'est faite dans le sens de la standardisation, suivant l'adage olympique: Citius, Altius, Fortius (Plus vite, plus haut, plus fort). Sans parler des claviers électriques, Ziad Kreidy démontre que les pianos ont un son de plus en plus puissant et de plus en plus normé, le Steinway modèle D en étant le modèle achevé, inchangé depuis les années 1880. En fait, l'instrument actuel ne devrait pas être appelé " piano " (doux) mais " forte " (fort).

La démarche de Ziad Kreidy s'inscrit dans la lignée de Walter Benjamin et de son fameux article " L'œuvre d'art à l'époque de sa reproduction mécanisée " (1935). Ce qui vaut pour la reproduction du texte, de l'image, du son vaut aussi pour sa production. Les pianos sont produits comme des motocyclettes, à la chaîne et par les mêmes sociétés industrielles. 

Il est permis de s'en féliciter au nom de la démocratisation de la culture mais il est aussi possible de s'en lamenter face à l'uniformité qu'elle produit. " L'ennui naquit un jour de l'uniformité " (Chateaubriand). L'écrasante majorité des pianistes ne se rend même pas compte des limites des instruments qu'elle utilise puisqu'ils n'en connaissent pas d'autres depuis que leurs mains se sont posées sur un clavier acoustique.

Cela pose problème pour l'exécution d'une musique écrite pour d'autres instruments. Sans parler de Bach qui n'a jamais connu le piano et qui est pourtant le compositeur préféré des pianistes de Jazz (cf Dan Tepfer et Edouard Ferlet sur ce blog), même Claude Debussy, mort en 1918 (le compositeur à écouter en 2018) n'a jamais connu les pianos sur lesquels il est interprété aujourd'hui.

Jouer au XXI° siècle une musique du XIX° siècle sur des instruments datant du XIX° siècle est un jeu amusant mais un peu vain. L'instrument a changé puisqu'il a vieilli, même une salle de spectacle du XIX° siècle a vieilli. Quant aux musiciens et aux auditeurs, ce sont des personnes du XXI° siècle pour qui la vitesse maximale n'est plus celle d'un cheval au galop (Chopin) ou d'un train (Dvorak) mais celle d'un avion ou d'une fusée. 

Ziad Kreidy répond pertinemment à cette critique en déplorant l'uniformité et les manques du piano actuel, instrument essentiellement occidental qui se prétend universel. Ziad Kreidy, citoyen du Liban et de France, est né et a grandi dans une double culture Orient et Occident. Il connaît d'autres modes, d'autres tons que ceux du Clavier bien tempéré. Il sait qu'un piano ne peut les jouer. Mac Coy Tyner s'y est essayé depuis sa rencontre avec John Coltrane, John Mac Laughlin a fait fabriquer un métronome spécifique pour jouer de la musique indienne avec sa guitare électrique de Britannique. Ce sont des musiciens que Ziad Kreidy n'évoque pas puisque, dans ce livre encore, il ignore le Jazz.

L'auteur propose des solutions pour sortir de cette uniformité pianistique avec des artisans qui créent des pianos uniques et sur mesure. Soit des copies d'instruments anciens ce qui est tout de même moins risqué pour en jouer car l'outrage du temps interdit par exemple de jouer du dernier piano de Beethoven (1825) soit des créateurs d'instruments neufs comme le Français Stephen Paulello dont le piano à 102 touches (contre 88 pour un clavier normal), entièrement fait en France, à la main,  fera l'objet prochainement d'un enregistrement de Marc Benham, pianiste français bien connu de nos services. Pour jouer des musiques extra occidentales au piano, il existe le Fluid Piano en Angleterre. Exemplaire unique au monde. Il figure en photographie sur la couverture du livre. Le souci, c'est que ces instruments coûtent des sommes gastronomiques. Si vous demandez le prix, cela signifie que vous ne pouvez pas vous les offrir.

Finalement, Ziad Kreidy a fait le bon choix. Pour jouer d'instruments plus expressifs que puissants sans nous ruiner, achetons des pianos droits du XIX° siècle voués aux décharges publiques, restaurons les, jouons les et aimons les. Sur des instruments anciens, créons des musiques nouvelles.

L'auteur illustre " La facture du piano et ses métamorphoses " de partitions pour ceux qui savent lire la musique comme lui et de photographies pour ceux qui ne savent pas la lire comme moi et Django Reinhardt. Il manque à mon avis des schémas didactiques pour expliquer le rôle des cordes, des pédales, des marteaux et leurs changements dans l'évolution technique de l'instrument. Il est vrai que cela alourdirait le livre qui est bref (128 pages), n'est pas encombré d'un amas de notes et de références et se distingue par le talent pédagogique et polémique propre à l'auteur. 

Pour illustrer ce livre qui ne comporte qu'une phrase sur le Jazz (je vous laisse la joie de la trouver lectrices pianistes, lecteurs facteurs), j'ai choisi un extrait de l'album " Bach Unplucked " du duo Edouard Ferlet (piano) & Violaine Cochard (clavecin) puis une mise en pratique de l'adage de Barney Wilen: " Le Jazz, ça consiste à transformer le saucisson en caviar ". Ici, Martial Solal, au festival de Châteauvallon (83), édition 1972, fait de " Lover Man " sa chose. Le silence qui suit son interprétation n'est pas du Mozart mais du Solal. 

 

La photographie de Martial Solal est l'œuvre de l'Irrémissible Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette œuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales

Martial Solal par Juan Carlos HERNANDEZ

Martial Solal par Juan Carlos HERNANDEZ

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37e AMR Jazz Festival à Genève du 27 février au 4 mars 2018

Publié le par Guillaume Lagrée

AMR Jazz Festival

Genève, Suisse

du mardi 27 février au dimanche 4 mars 2018

 

Bienvenue au 39e abonné de ce blog. Que les Dieux et les Muses le protègent!

 

Lectrices d'ici, lecteurs de là-bas, retrouvez vous à Genève, en Suisse, au 37e AMR Jazz Festival du mardi 27 février au dimanche 4 mars 2018.

L'AMR, Association pour l'encouragement de la Musique impRovisée tient le club Le Sud des Alpes à Genève et organise diverses actions de diffusion, promotion, enseignement du Jazz et des musiques improvisées dont ce festival annuel.

Parmi les musiciens présents à ce festival,deux sont référencés sur ce blog: Dominique Pifarély et Benoît Delbecq. Vedettes américaines, musiciens suisses, français, européens, africains seront présents. 

Si vous repérez pendant les concerts un petit brun à lunettes qui prend des photographies des musiciens, sachez qu'il s'agit fort probablement du photographe de l'AMR et de ce blog, le citoyen de Genève Juan Carlos HERNANDEZ

Pour mettre le feu au Lac, samedi 3 mars à 21h30, le Fire Orchestra Arrival! avec Aina Rakotobe (sax baryton). Cf vidéo sous cet article. 

La photographie d'Aina Rakotobe est l'œuvre de l'Indétrônable Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette œuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales

Aina Rakotobe par Juan Carlos HERNANDEZ

Aina Rakotobe par Juan Carlos HERNANDEZ

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Jazz sur le Vif: Claudia Solal & Benjamin Moussay + Enrico Pieranunzi trio bâtissent à la Maison de la Radio

Publié le par Guillaume Lagrée

Enrico Pieranunzi par Juan Carlos HERNANDEZ

Enrico Pieranunzi par Juan Carlos HERNANDEZ

Jazz sur le Vif

Paris. Maison de la Radio

Studio 104

Samedi 13 janvier 2018. 20h30

" Butter in my brain

suivi du trio d'Enrico Pieranunzi

Concert diffusé en différé par France Musique

 

Première partie

" Butter in my brain "

Claudia Solal: chant

Benjamin Moussay: piano, claviers

Benjamin au piano. Un récit de marche en ville. Onirique. " The grass is greener ". La voix et le piano nous emmènent de l'autre côté du miroir vers un pays où l'on n'arrive jamais. Bien sûr, je reconnais la chanson mais chaque version en concert est différente. Nous sommes face à des improvisateurs. 

Enchaînement direct  au clavier électrique sans applaudissements. Silence attentif du public concentré. En fait, c'était la même chanson mais dans une ambiance différente. Ils ont réussi à m'embrouiller. Ils sont très forts. 

Retour au piano. Chanson plus heurtée, plus saccadée. J'attends un moment de la chanson qui me touche particulièrement. Ce moment arrive et la grâce se produit. 

" The house that Jack built ". La maison est trop petite, elle ne laisse pas assez entrer la lumière extérieure et Jack y laisse la lumière allumée en plein jour. Insupportable. Rien à voir avec la Maison de la Radio donc. Clavier électrique. Benjamin Moussay utilise les possibilités de chaque instrument avec goût: le toucher pour le piano, les sons trafiqués pour le clavier électrique. Cette chanson est un nouvel appel au vert.

Clavier électrique. Benjamin Moussay trafique les sons pour produire un martèlement sourd et continu de grosse caisse. La charge émotionnelle augmente. " Multitrack girl  with a puzzling talent ". Un autoportrait de Claudia Solal en somme. Elle peut puisqu'elle écrit ses chansons. Elle pose sa marque sur la scène du studio 104. Le clavier produit un son de guitare électrique saturée. La descendance de Bernie Worrell, le sorcier des claviers (" Keyboard Wizard " était son surnom) est assurée. 

J'ai déjà entendu Claudia Solal sur cette scène comme chanteuse de l'orchestre de son père, Martial Solal. C'est la première fois qu'elle vient ici défendre un projet personnel. Elle le fait sans tambour ni trompette. C'est le titre album " Butter in my brain ". Au beurre salé, évidemment! 

" Trees are green, anyway, aren't they? ". Chanson créée à partir d'un fragment de conversation entendue par Claudia Solal à Berlin. La verdure est le thème central de l'album. Logique car c'est avec la bonne herbe que les vaches font le bon lait qui donne le bon beurre, cher à feu Jean Dutourd. Je vous recommande lectrices gourmandes, lecteurs gourmets, le beurre de Ploeuc sur Lié (22), village natal d'Eric Le Lann, trompettiste de l'orchestre de Martial Solal depuis 1981. Contrairement au Jazz, l'abus de beurre est nocif pour la santé. Un petit air nous captive. 

La fin de mes notes sur cette première partie est illisible mais je me souviens que la magie a duré jusqu'au bout et que Claudia et Benjamin rendirent un bel hommage verbal à Enrico Pieranunzi, qu'ils ont beaucoup écouté et écoutent toujours.

 

PAUSE

 

Deuxième partie

Enrico Pieranunzi: piano

Diego Imbert: contrebasse

André Cecarelli: batterie

 

La finesse et la précision du jeu du batteur sont à la hauteur de celui du pianiste. André Cecarelli est toujours l'accompagnateur idéal. L'assurance tous risques faite batteur. Pour commencer, c'était leur version de la " Rêverie " de Claude Debussy, décédé le 25 mars 1918. 100 ans déjà. Cela ne nous rajeunit pas! Enrico Pieranunzi avoue avoir osé changer les harmonies du Maestro et nous en demande pardon. Il est accordé. Enrico Pieranunzi est à la fois un pianiste de classique et un pianiste de Jazz. Il ne peut renier aucune de ces identités. D'où le titre de l'album de ce trio, " Ménage à trois ". 

" Sicilian Dream " inspiré d'une Sicilienne de Jean Sébastien Bach. Bach est une source inépuisable pour les Jazzmen tant cet homme avait un sens parfait du rythme. Version swinguante. Dédé aux baguettes. Ca percute vite et fin. 

" La première gymnopédie " d'Erik Satie. Une citation à retenir: " Je suis le plus grand compositeur du monde mais je suis trop modeste pour le dire " (Esoterik Satie, surnom que lui donnait son ami Alphonse Allais, lui aussi natif de Honfleur en Normandie). Là, à mon avis, ça ne colle pas. Satie est le prophète de l'immobilité. Il se trouve bien là où il est et n'en bouge pas. Or un trio piano, contrebasse, batterie ne peut qu'avancer.

" Le crépuscule " (Darius Milhaud). Dave Brubeck suivit ses cours de composition et prénomma son fils Darius en son hommage. Une jolie mélodie pour une ballade crépusculaire en effet. Le concours de finesse se poursuit entre piano, contrebasse et batterie.

Après la France, l'Allemagne. " Mein lieber Schumann " est un hommage à Robert Schumann. Intro avec un solo de piano romantique. André Cecarelli passe des balais aux baguettes toujours avec goût et finesse. Entre pianiste et batteur, Diego Imbert est un bon agent de liaison.

" Rêve d'amour " de Ferenc Liszt. Tout le monde l'appelle Franz, sauf en Hongrie, son pays natal. Belle vague musicale. L'acoustique du studio 104 est toujours parfaite. Malheureusement, les sièges sont destinés aux personnes de moins de 180cm de hauteur. 

Une composition de moi même annonce Enrico Pieranunzi. " Come rose dai muri ". Composer une musique, nous explique t-il, c'est essayer des idée sur le piano, les trouver belles et les faire fleurir comme des roses qui poussent sur des murs. Jolie comparaison. Beau solo de contrebasse véloce.

Le concert a commencé avec Debussy. Il se clôt de même. " Mr Golliwog " inspiré du " Golliwog's Cake walk " tiré du " Children's Corner " composé par Claude Debussy pour sa fille Choucou. Debussy s'y inspirait d'un des ancêtres du Jazz, le Cake Walk. La composition de Claude Debussy swingue. Cette relecture swingue elle aussi superbement.

RAPPEL

" Caprice " de Darius Milhaud composé pour piano et clarinette. Tempo rapide. Diego Imbert relance superbement entre ces deux Maestri del Jazz, Enrico Pieranunzi et André Cecarelli.

Madame M-H poursuit son initiation au Jazz vivant. Elle fut enchantée par l'univers créé par Claudia Solal & Benjamin Moussay, amusée par l'humour d'Enrico Pieranunzi (je ne vous ai pas raconté le français truffé d'italianismes et parsemé avec d'anglicismes avec lequel il présente, avec humour, ses morceaux) et fascinée par la précision d'André Cecarelli. Sans pour autant minimiser l'apport de Diego Imbert. 

Prochaine séance de Jazz sur le Vif, au studio 104 de la Maison de la Radio à Paris, samedi 3 février 2018 à 20h30. Au programme, un hommage à Rahsaan Roland Kirk par le poly saxophoniste français Frédéric Couderc suivi du " Napoli's Trip " (Viaggio a Napoli) du pianiste italien Stefano Bollani

 

Les photographies d'Enrico Pieranunzi et d'André Cecarelli sont l'œuvre de l'Insoumis Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette œuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

André Cecarelli par Juan Carlos HERNANDEZ

André Cecarelli par Juan Carlos HERNANDEZ

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Almadav Project éclaire le Sunset

Publié le par Guillaume Lagrée

Almadav Project

Le Sunset. Paris

Jeudi 11 janvier 2018. 20h30

Concert de sortie de l'album " Tides "

Alexandre Cavaliere: violon

David de Vrieze: trombone

Quentin Liégeois: guitare électrique

Garif Telzhanov: contrebasse

Wim Eggermont: batterie

ALMADAV Project est normalement fondé sur le trio ALexandre Cavaliere, MAnu Bonetti, DAVid de Vrieze mais Manu Bonetti a deux doigts blessés à la main droite. C'est pourquoi Quentin Liégeois le remplace ce soir. Comme le nom du guitariste de la soirée l'indique, tous les musiciens du quintet sont Belges. 

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" Crumbling " (Manu Bonetti). Ca swingue joyeusement dès les premières notes. C'est aussi frais et vivifiant que sur l'album. Le guitariste est à sa place. Le remplaçant est à la hauteur du titulaire. Ca s'écroule, s'effrite délicieusement comme le titre du morceau l'indique. Ces Belges respirent le Swing comme d'autres l'ennui. Naturellement et puissamment. Même l'ingénieur du son applaudit le solo de guitare. La rythmique maintient les braises chaudes alors que le violon crache le feu. Par rapport aux photos et aux films que j'ai vu, le violoniste a perdu ses lunettes et ses cheveux mais il a gardé l'essentiel, le Swing! 

La guitare démarre funky, bien poussée par la rythmique. Gros son de trombone en solo. Le guitariste a vraiment trouvé sa place dans ce 5 majeur.

Il paraît que 3 compositions du guitariste titulaire ont été jouées à suivre. Je n'en ai entendu que 2. Trop forts, ces Belges!

" Flop " (Alexandre Cavaliere) . Ils espèrent ne pas en faire un, de flop. Aucun risque s'ils maintiennent ce niveau de jeu. Un morceau rapide au feeling latino mais juste pour l'intro. Ensuite, c'est le son du groupe, dynamique et tonique. Le violoniste met les gaz et décolle propulsé par la rythmique qui coupe du petit bois et le flambe en même temps. Le tout sans émission de Co² ni de GES. Quentin Liégeois a un jeu savoureux.

Une ballade pour calmer le jeu. Lancée groupés. Solo de violon qui de nouveau enflamme l'ensemble, très bien soufflé par une rythmique de forge. C'était " Alexonious " (Alexandre Cavaliere), hommage décalé à Thelonious Sphere Monk

" Isaak ", dédié à son fils par David de Vrieze (trombone). Ca commence fort, comme une fanfare funky. Gros son de trombone. Le gamin doit être remuant, sapristi!

PAUSE

Le premier standard de la soirée. " What is this thing called love? ". Ca swingue bien groupé. Superbe vibration de la rythmique derrière un solo enflammé de trombone. Premier solo de batterie du concert. Les tambours roulent, les cymbales tintent. Bonne vibration sans démonstration. Final groupé. 

" Tides ", le titre album. Une nouvelle composition du guitariste absent, Manu Bonetti. En fait, ce concert est un hommage au guitariste, en son absence mais de son vivant. Il faut toujours rendre hommage aux gens de leur vivant. " La postérité n'a rien fait pour moi " (Alphonse Allais). Des vagues comme le titre l'indique. Plutôt calme pour commencer. Puis la rythmique installe la pulsation. Il y plus de remous. Le violon joue le chant des mouettes rieuses. Le trombone brasse de l'air mais positivement. Le violon fend l'espace alors que la rythmique remue l'eau en un puissant courant. La vague, c'est la rythmique. Sa crête d'écume, le violon et le trombone.

" Jumps " toujours de Manu Bonetti. La musique procède par petits sauts en effet.

Ce morceau me plaît moins et j'ai école le lendemain. La chronique cesse donc ici. 

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Jim Funnell se dédouble au Baiser Salé

Publié le par Guillaume Lagrée

Jim Funnell

Le Baiser Salé. Paris

Samedi 6 janvier 2018. 21h.

Première Partie:

Afuriko composé de

Akiko Hori: percussions

Jim Funnell: piano, claviers

Malgré plusieurs tentatives, je n'ai jamais accroché sur ce duo.

Je suis donc venu pour la Deuxième Partie

Word Out Trio composé de

Jim Funnell: piano

Etienne Renard: contrebasse

Jeff Boudreaux: batterie

Invitée:

Akiko Hori: percussions

Pour ce concert, Etienne Renard remplaçait Matyas Szandai, indisponible. 

Le batteur se fait attendre. Le trio commence donc avec une percussionniste. Belle rondeur de la contrebasse. La percussionniste tient le rythme mais il me manque la pulsation de la batterie. En même temps, elle n'est pas nécessaire puisqu'il s'agit d'un air traditionnel japonais " Sakala " (?). Cela sonne oriental à mon effet. Même occidentalisée, la musique nippone n'est pas à mon goût.

Jeff Boudreaux monte sur scène. Une composition de Jim Funnell. " Astéroïde B612 ", celle où réside le Petit Prince d'Antoine de Saint Exupéry. Le livre le plus traduit et le plus vendu au monde, après la Bible, a été écrit par un Français. C'est le Petit Prince. Un morceau planant et filant comme un astéroïde. Avec Jeff Boudreaux, ça swingue, forcément. Les percussions ajoutent une couleur en plus mais la dominante est bien celle du batteur. Etienne Renard n'a pas répété avec le groupe mais il tient sa place au cœur du réacteur. Jim a mis les partitions par terre. Pas besoin. Il joue sa musique. Morceau tiré du premier album du Word Out Trio (2009). 

Akiko Hori quitte la scène. 

" Song for us ". Une valse. Jim a remis les partitions sur le piano. Jeff aux balais. Une ballade mais énergique. Premier solo de contrebasse. Bien rond, bien clair, bien encadré par le piano et la batterie. Passage aux baguettes pour faire briller les cymbales. Solo de batterie aux baguettes sur les tambours. Les peaux roulent. Le trio repart tranquille.

Une ballade. Jeff avec une baguette dans la main droite et un balai dans la main gauche. Montée d'une vague puissante en trio. Puis le flux s'apaise. Les maillets pour donner un son plus souple. Interlude avec solo de batterie aux maillets tout en finesse puis le trio repart avec le batteur aux baguettes. C'était " Ordinary effect (Inside ungenerous hearts) ". 

Un morceau écrit par Jim avec un ami brésilien rentré au pays natal depuis. Un rythme de batucada. Morceau très vif, dynamique. J'aime beaucoup. Ca danse, sautille. Jeff pétrit la pâte sonore aux balais. Jim plaque les accords avec énergie. Jeff alterne baguettes et balais pour jouer plus ou moins en force. Bel échange piano-batteur aux baguettes. Ca percute sec. 

Akiko Hori revient sur scène pour " Spirit of the snail " puis " Ikigai ". Les musiciens s'informent du morceau à jouer auprès du pianiste. Une grande vague nous saisit tout de suite. L'esprit de l'escargot est puissant. Il tourne en spirale comme sa coquille. L'escargot est un chasseur alpin. Il ne fait jamais demi tour. Jeff reste aux baguettes pour créer des vagues de cymbales. Etienne marche tranquille. Le piano déchaîne des vagues sonores. Derrière, des couleurs de percussions.

Intro en piano solo. Une ballade. Inspirée de Bill Evans à l'évidence. Jeff Boudreaux se repose dans le public. Petit feeling latin pour ce morceau au titre japonais. Ca roule tranquille. Solo de contrebasse bien propulsé par les percussions et le piano. Le pianiste reprend la main et le trio décolle. Break de percussions bien senti. Jeff Boudreaux apprécie. 

" Pioneers of the new dream ". Jim Funnell reste seul sur scène. Ce morceau figurera sur le prochain album du Word Out Trio. Une ballade. Un morceau neuf. Jim lit attentivement la percussion. Très élégant, quasiment ellingtonien.

PAUSE

Je n'ai pas école le lendemain, le concert est agréable mais il est déjà minuit et ma mie m'attend chez nous. La chronique cesse donc ici. 

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Martial Solal & Dave Liebman " Masters in Bordeaux "

Publié le par Guillaume Lagrée

SOLAL & LIEBMAN

" Masters in Bordeaux "

Sunnyside Records. 2017

Enregistré au Château Guiraud (33) lors du Festival Jazz & Wine

de Bordeaux (France) le 4 août 2016

Martial Solal: piano

Dave Liebman: saxophones ténor et soprano

Lectrices raffinées, lecteurs esthètes, voici comment est né le duo Martial Solal (1927) & Dave Liebman (1946). Jean-Charles Richard (saxophones) est l'époux de Claudia Solal (chant) et donc le gendre de Martial Solal (piano). De plus, il est le disciple de Dave Liebman (saxophones,flûte). Constatant que les deux hommes ne se connaissaient pas, il les réunit pour un dîner. Que voulez vous qu'il advienne? Les musiciens parlèrent musique puis en jouèrent.

J'eus le privilège d'assister à leurs concerts parisiens au Sunside le 10 décembre 2015 (cf vidéo ci-dessous enregistrée le 11 décembre dans ce même club) puis  à la Maison de la Radio le 29 octobre 2016 (concert audible sur France Musique). 

Par contre, je ne faisais pas partie des festivaliers réunis au Château Guiraud le 4 août 2016 pour le Bordeaux Masters de Jazz. Il ne s'agit pas d'un tournoi de golf, de tennis ou d'équitation mais bien d'un dialogue entre deux Maîtres. J'ai entendu Dave Liebman saluer " The Maestro " Martial Solal à la fin d'un concert, Martial Solal a lui aussi une haute opinion du talent de Dave Liebman et personne ne leur conteste leur titre de Maître. Au Japon, ces hommes seraient classés au patrimoine national de leur vivant.

Le concert enregistré ici ne compte que 6 morceaux pour une durée de 45 mn. Je suppose qu'il s'agit d'un extrait. D'abord parce que c'est bien court par rapport aux concerts que j'ai entendus et ensuite parce que n'y figure aucune composition personnelle de ces deux créateurs. Enfin, Dave Liebman n'y joue pas de flûte. 

A la carte des morceaux ne figurent que des standards connus dans le monde entier, du moins pour ceux qui aiment le Jazz. All the things You are/Night and Day/Solar (composition de Miles Davis qui joua avec Dave Liebman mais pas avec Martial Solal)/ What's this thing called love?/On green dolphin street/Lover Man

" Le Jazz, ça consiste à transformer le saucisson en caviar " (Barney Wilen). Parole d'expert. Il suffit d'écouter " Besame Mucho "  par Barney Wilen et par Dalida pour l'illustrer.

Cet adage se vérifie aussi sur cet album. Comment à partir de standards rabâchés, le plus souvent issus des comédies musicales de Broadway (la voie large, littéralement), créer de la liberté. De cette avenue large et bien tracée, ils défrichent de multiples sentiers, créent un labyrinthe dont ils sont les seuls Maîtres, semblent se perdre pour mieux nous dérouter.

Il  n'y a pas entre Martial Solal et Dave Liebman la complicité qui existe avec Lee Konitz depuis 1968 mais Lee Konitz est nonagénaire, a réappris à jouer après un AVC. Bref, bien qu'il ait le même âge, il n'a plus l'énergie de son vieux complice, Martial Solal. Avec Dave Liebman, Martial Solal s'est trouvé un nouveau partenaire en duo après Lee Konitz justement mais aussi Stéphane Grappelli, Toots Thielemans, Didier Lockwood, Eric Le Lann, Johnny Griffin, Michel Portal, Joachim Kühn (j'en oublie), capable de répondre à ses défis, ses interrogations, de nourrir les histoires qu'il raconte en même temps toujours avec clarté et lisibilité. 

Martial Solal & Dave Liebman prouvent, une fois encore, que l'âge est une question d'état d'esprit, pas d'état civil. Il est tant de jeunes qui sonnent vieux. Ecoutons ces vieux Messieurs qui sonnent comme personne, toujours eux-mêmes et toujours changeants. 

Avant que Martial Solal ne ferme définitivement son piano, il lui reste un duo à enregistrer, dans une formule qu'il n'a jamais exploré, piano & voix, avec sa fille Claudia Solal. Mais ceci est une autre histoire. 

Les photographies de Dave Liebman et Martial Solal sont l'œuvre de l'Imputrescible Juan Carlos HERNANDEZ. Toute reproduction de cette œuvre sans le consentement de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

Dave Liebman par Juan Carlos HERNANDEZ

Dave Liebman par Juan Carlos HERNANDEZ

Martial Solal par Juan Carlos HERNANDEZ

Martial Solal par Juan Carlos HERNANDEZ

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