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A Paris, Dan Tepfer joue à domicile

Publié le par Guillaume Lagrée

Dan Tepfer

Paris

Concert privé sur réservation

Vendredi 21 septembre 2018. 20h.

Dan Tepfer: piano, compositions

Le pianiste, compositeur et astrophysicien franco-américain Dan Tepfer est né à Paris en 1982 et y a vécu jusque l'an 2000. Pour ce concert organisé par ses parents, au domicile familial, il n'a pas dialogué avec Lee Konitz (cf extrait audio sous l'article), un ordinateur, Ben Wendel, son trio, Camille Bertault ou Jean-Sébastien Bach.  Non, cette fois Dan Tepfer dialoguait avec sa jeunesse puisqu'il a joué des œuvres qu'il a composé entre 15 et 23 ans.

Un air joyeux, dynamique sur lequel Dan chantonne. Il y a de l'enthousiasme juvénile. " 2000 " thème écrit pour ses 18 ans. Rien à voir avec la fête apocalyptique du " 1999 " de Prince sorti en 1982, l'année de naissance de Dan. 

" Oxygène " (2005). Ca respire. Un grand souffle d'air vient de la Mer. Sur les murs, des photographies de l'Irlande et de la Bretagne. La musique entre en correspondance. Dan chantonne et ce n'est pas agaçant. Je ferme les yeux et mon esprit quitte Paris et mon siège pour retrouver un rocher en forme de fauteuil sur une pointe face à la mer à Cancale. Je vous laisse le trouver, lectrices exploratrices, lecteurs marcheurs. Les notes aigues se fracassent comme les vagues sur les rochers. 

" Sweet talk ", une ballade comme le titre l'indique. A comparer avec " Soft talk " de Michel Graillier (piano) & Riccardo del Fra (contrebasse). Agréable mais je ne m'évade plus. 

" Ponctuation " écrite à 15 ans (1997). Marquée par l'influence de Martial Solal. C'est fortement ponctué en effet. Une influence dont Dan a su sortir pour trouver sa voix/voie. 

Une ballade. Tout en chantonnant, Dan nous emmène dans son doux plaisir. Tourbillon final gagné à la pédale, comme disent les bicyclistes.

" Equivalence " (2004). Une exploration de rythmes. Il tapote le corps du piano de la main gauche alors qu'il joue de la main droite. Le jeu se muscle avec un ostinato main gauche. Le final comme coule comme un torrent.

Une ballade. Cette fois, c'est un standard. Tendre mais pas mièvre. " The nearness of You ". 

Une composition en vague qui nous emmène au loin. Dan chantonne à nouveau. La musique me titille le cerveau. La vague repart, m'emmène au loin mais sans risque de noyade. 

RAPPEL

Dan se met à la disposition du public. A nous de proposer et il joue. Pour rester sur le thème de la jeunesse, une spectatrice lui demande " Blame it on my youth ". Après un temps de réflexion, Dan nous en joue une version touchante, comme il se doit.

Pour finir, deux standards inusables " On green dolphin street  " et " Round midnight " (TS Monk) joués comme s'il venait de les découvrir.  

Pour vous faire votre propre idée de ce concert, lectrices exigeantes, lecteurs sélectifs, vous le découvrirez en vidéo sous cet article grâce à David Tepfer, le père de Dan. 

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Jean de Aguiar embarque le Sunset

Publié le par Guillaume Lagrée

Jean de Aguiar Trio

Le Sunset

Paris

Mercredi 26 septembre 2018. 20h

Jean de Aguiar: guitare acoustique

Philippe Monge: contrebasse

Gérard Ababou: batterie, percussions

Après avoir étudié la guitare à l'Ecole  normale supérieure de musique Alfred Cortot, joué de la musique contemporaine, classique et médiévale, composé des musiques de cinématographe et de réclame, d'ascenseur et de piscine, Jean de Aguiar unifie ses envies en jouant du Jazz de sa composition. Cela valait la peine d'attendre.

Tout en douceur. La contrebasse ronronne. Le batteur souligne très légèrement aux balais. Clarté du son de la guitare. Chaque note est bien détachée. La formation classique s'entend. Effets d'eau avec les percussions. Fluide. Après un long chemin sinueux, ils parviennent à une mélodie simple, claire, limpide. Que du bonheur! Voyage lent et confortable vers des horizons lointains. Ils ont enchaîné deux morceaux: " Inner House Blues " et " Madiba " (nom du clan de Nelson Mandela).

Roulements de tambour pour commencer. L'orage gronde aux maillets. Le batteur installe une tension rythmique sur les bords de caisse tout en douceur. Un rythme entraînant. " Terra Umbra " (cf vidéo sous l'article). Ca avance et ça recule en même temps. Envoûtant. Les percussions résonnent avec les cordes de la guitare. La contrebasse marque le tempo. C'est si bon que ça pourrait être brésilien. " Excellent ", " génial " s'exclament des spectateurs enthousiastes. 

Un autre air chantant bien ponctué en douceur par basse et les percus. Enchaînement sur ce qui ressemble à un air antillais genre Henri Salvador.

" Le testament d'Amélie ", un morceau médiéval catalan arrangé par Jean de Aguiar. Solo de guitare grave, profond, mystérieux. Un tempo lent, majestueux. Cette musique impose une telle densité de silence dans la salle que j'entends, venue de derrière, la rumeur des buveurs installés en terrasse, un étage au dessus, dans la rue. Pas de porte pour couper le son. Nous sommes dans un club de Jazz, pas dans une salle de concert. Enchaînement sur un solo de contrebasse. Lui aussi majestueux, sur un tempo plus rapide. La guitare enchaîne avec un son de théorbe. Ponctuations subtiles du batteur aux balais. 

Solo de batterie tout en finesse. Du massage de peaux. La guitare parsème d'arabesques virevoltantes. Castagnettes derrière. La contrebasse tient le tempo. Un délice. De la crème pour les oreilles.

PAUSE

Solo de contrebasse. Les notes rebondissent lentement. Philippe Monge passe à un slap plus funky. Une sorte de Blues lent s'installe. Gérard Ababou, aux balais, malaxe doucement. Jean délivre ses notes avec parcimonie, juste ce qu'il faut. Du Mississipi nous passons insensiblement à l'Espagne. Un temps de dégustation avant d'applaudir. " Si j'avais un string, il serait sur la scène mais j'ai pas de string " lance une spectatrice enthousiaste. 

Solo de guitare en intro. La beauté calme les spectateurs enhardis. Progressivement, le trio démarre. Toujours aux balais. En souplesse. Quelques effets liquides des percus et ça repart sur un rythme plus soutenu. Citation de " Smoke on the water " de Deep Purple. " Excellent " dit, à chaque fin de morceau, le même spectateur. Il manque de vocabulaire comme le lui fait remarquer sa voisine, celle qui ne porte pas de string. Ce soir, les spectateurs sont plus agités que les musiciens. 

Ballade en duo guitare/contrebasse. Choix stylistique valable ouï le morceau. La spectatrice sans string le regrette. A tort, je trouve. De l'étage nous parviennent la rumeur des buveurs et le son de Stan Getz

Le trio démarre en souplesse. Le batteur fait son concert aux balais ce qui est assez rare pour être signalé. C'est dans l'esprit de cette musique. Des figures orientales ponctuées par les percussions. Sonorité de sitar à la guitare. Jean de Aguiar porte plusieurs mondes en lui: Portugal, Espagne, Afrique du Nord, Inde, Amérique, France. C'était " Mica " (hommage à une amie disparue) et " Ellipse ". 

D'en haut nous parvient " So danco Samba " une bossa nova par Joao Gilberto et Stan Getz. Après une intro zigzagante, le trio file droit mais de façon sinueuse, comme un serpent dans l'herbe. . Ca balance en souplesse. Le bassiste tient le tempo, le batteur attise le feu, lea guiatre tisse sa toile et nous enveloppe doucement. Le spectateur enthousiaste quitte la salle, laissant seule sa voisine sans string. Elle ne parle plus mais écoute. Tant mieux pour la musique et ses voisins. 

Après " Le testament d'Amélie "  (El testament d'Amelia, chanson catalane traditionnelle) , voici la seule composition qui ne soit pas l'œuvre de Jean de Aguiar, les " Fables of Faubus " de Charles Mingus. La contrebasse gronde comme il se doit. Le batteur malaxe toujours aux balais. La ligne de cuivres est remplacée par la guitare acoustique, instrument que Mingus utilisa dans  sa musique de ballet " The Black Saint and the Sinner Lady ". Belle version avec tension et douceur qui s'équilibrent. 

" Shining sunbeams ". Contrebasse à l'archet. Le batteur installe un léger clapotis qui parsème les notes étirées de la contrebasse. Le guitariste projette ses doigts de rose. Petit à petit, cela s'anime. Le soleil émerge de plus en plus puissant. 

L'album " Acoustica " de Jean de Aguiar est vendu dans une série limitée de 100 exemplaires. Bien plus rare, moins cher,  moins polluant et plus utile que les éditions limitées des voitures Ferrari. 

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Michel Portal saisit le Jazz sur le Vif

Publié le par Guillaume Lagrée

Jazz sur le Vif

Studio 104. Maison de la Radio

Paris

Samedi 22 septembre 2018. 20h30

Concert diffusé en différé dans l'émission Jazz Eté sur France Musique

1ère partie: The Recyclers

Benoît Delbecq: piano

Christophe " Disco " Minck: guitare basse électrique, ngoni, harpe, Moog

Steve Argüelles: batterie, percussions

 

2ème partie: Michel Portal New Quintet

Michel Portal: clarinette basse, saxophone soprano

Samuel Blaser: trombone à coulisse

Bojan Z: piano, clavier électrique

Bruno Chevillon: contrebasse

Jeff Ballard: batterie

 

1ère partie: The Recyclers (cf extrait audio sous l'article)

Mes notes sont illisibles. Aléas du direct. Je vous renvoie honorables lectrices, estimables lecteurs à la lecture d'une précédente chronique de ce trio qui se distingue par son alchimie sonore, sa science des rythmes complexes et entremêlés, son humour. Certains spectateurs n'y ont rien compris. Je les ai entendu en médire après le concert. Tant pis pour eux. 

2ème partie: Michel Portal New Quintet (Cf vidéo sous l'article. Depuis ce concert à l'Europa Jazz Festival du Mans en 2017, Michel Portal a changé de batteur, de tromboniste, de musique et d'énergie)

Ici aussi mes notes sont illisibles. Dans mon souvenir, la musique s'est distinguée par sa puissante énergie vitale. Michel Portal aura 83 ans le 27 novembre 2018 et il rajeunit en mêlant des partenaires anciens (Bojan Z et Bruno Chevillon) et nouveaux (Jeff Ballard avec qui il a déjà joué et Samuel Blaser, le benjamin de l'équipe). Par rapport à la première partie, la musique est plus axée sur les mélodies et moins sur les rythmes, plus acoustique aussi même si Bojan Z sait passer subtilement du piano au Fender Rhodes, plus européenne enfin car même si Jeff Ballard est Américain, il n'y a pas d'instrument africain. Par contre, l'Afrique était présente avec un souvenir de voyage, un bateau passant sur un lac au loin. Un morceau flottant, évanescent.

Manifestement, Michel Portal et son New Quintet ont emporté le morceau, saisissant le Jazz sur le Vif. Ovation debout au final et  3 rappels. Ni musiciens ni spectateurs ne voulaient en finir. Mon amie Madame A et moi appréciâmes les deux parties pour leurs charmes respectifs.

 

Prochaine session de Jazz sur le Vif samedi 13 octobre 2018 à 20h30 au studio 104 de la Maison de la Radio, à Paris, en France, avec deux concerts de Richard Galliano (accordéon) en solo puis en quartet. 

La photographie de Michel Portal est l'œuvre de l'Exubérant Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette œuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales

Michel Portal par Juan Carlos HERNANDEZ

Michel Portal par Juan Carlos HERNANDEZ

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Sélection de festivals de Jazz en France et en Suisse pour octobre 2018

Publié le par Guillaume Lagrée

Délicieuses lectrices, savoureux lecteurs, en octobre 2018, les festivals de Jazz seront mûrs comme des grains de raisin. Vous n'aurez qu'à les cueillir pour les savourer, de Suisse en France, d'Est en Ouest et du Sud au Nord.

Jazz Contreband vous conduira sur Suisse et sur France, du lundi 1er au mardi 30 octobre. 2 pays, 27 lieux, 69 concerts. Le fil conducteur du festival sera tiré par le Suisse Arthur Hnatek (batterie) qui se produira en concert et en master class, des deux côtés de la frontière, dans le Genevois. Cf photo de cet article.

Nancy Jazz Pulsations fêtera ses 45 ans en Lorraine du mercredi 10 au samedi 20 octobre avec notamment un duo rare et précieux, Don Byron (clarinette) & Aruan Ortiz (piano). 

Jazz en tête fera swinguer l'opéra théâtre de Clermont-Ferrand (63) en Auvergne du mardi 23 au samedi 27 octobre.

Jazz sur son 31, animera Toulouse et la Haute-Garonne (31), en Occitanie, du vendredi 5 au dimanche 21 octobre.

L'Atlantique Jazz Festival à Brest (29), en Bretagne, vous fera respirer l'air du Jazz (c'est à Brest et à Saint Nazaire que l'US Navy a amené le Jazz en France en 1917) du mardi 9 au dimanche 14 octobre avec le duo Annie Ebrel (chant breton) et Riccardo del Fra (contrebasse romaine) et le Thomas de Pourquery Supersonic Orchestra . Cf vidéo sous cet article.

A Clamart (92) du samedi 6 au 12 octobre, 7e festival de Jazz avec de la musique pour petits et grands et les Z'animinstruments de Christophe Andrusin, dessinateur fou de Jazz. Vernissage de l'exposition avec l'auteur jeudi 11 octobre à 19h. Exposition visible jusqu'au dimanche 11 novembre 2018. Entrée libre.

Jazz sur Seine, animera toute l'Ile de France du vendredi 12 au samedi 27 octobre avec 1 pass pour 25 clubs, 180 concerts et 450 musiciens. A noter le Tropical Jazz Trio de Patrice Caratini/Alain Jean-Marie et Roger Raspail au Sunside à Paris, samedi 20 octobre à 21h (cf extrait audio sous l'article). 

Festival Drôme de guitares à Valence (26), région Auvergne Rhône-Alpes, du mercredi 24 au dimanche 28 octobre avec concerts, concours, master classes, conférences. Pour le Jazz, unique concert en France de l'Américain Al di Meola.

Rhino Jazz , 50 concerts dans 27 villes, du jeudi 4 au samedi 27 octobre avec le duo Claudia Solal & Benjamin Moussay, au sujet duquel j'écris depuis 2006 sans me lasser; au Périscope, à Lyon (69) mardi 23 octobre 2018 à 21h.

Grands formats, réjouira vos appétits d'ogres, délicieuses lectrices, savoureux lecteurs, avec 60 concerts de grands orchestres de Jazz en France du mardi 16 octobre au jeudi 29 novembre 2018. 

A Paris, au Pan Piper, Giovanni Mirabassi fêtera ses 20 ans de carrière avec divers invités vendredi 26 et samedi 27 octobre à 20h, dimanche 28 octobre à 15h.

Pour finir le mois en beauté, honneur aux Anciens, mardi 30 octobre à 20h30, à Paris, dans la galerie 19 Paul Fort avec le trio de Michel Edelin augmenté de François Couturier (piano). 

Si vos phynances et/ou votre santé ne vous permettent pas  de sortir le soir, délicieuses lectrices, savoureux lecteurs, sachez que vous pouvez toujours écouter les concerts en direct ou en différé sur France Musique avec les émissions Jazz Club et les Légendes du Jazz et Jazz live sur TSF Jazz 

Pour un agenda plus exhaustif, voyez Jazz Magazine et Citizen Jazz

La photographie d'Arthur Hnatek est l'œuvre de l'Incandescent Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette œuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

Arthur Hnatek par Juan Carlos HERNANDEZ

Arthur Hnatek par Juan Carlos HERNANDEZ

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" New playground " Stéphane Spira

Publié le par Guillaume Lagrée

" New Playground "

Stéphane Spira

Jazzmax

Sortie le vendredi 21 septembre 2018

Stéphane Spira: saxophone soprano, compositions sauf n°7

Joshua Richman: piano, Fender Rhodes

Steve Wood: contrebasse, composition n°7

Jimmy Mac Bride: batterie

Lectrices bonnes mères de famille, lecteurs bons pères de famille, voici un album pour vous. Le saxophoniste français, Stéphane Spira, domicilié à New York, dédie son nouvel album " New Playground " à son fils Léo et remercie son épouse Jessica Goldring (Anneau d'or, joli nom pour une épouse) et son incroyable famille. Pourvu qu'il ne divorce pas!

Ceci dit, il n'est jamais facile pour un saxophoniste de s'imposer à New York, surtout quand il est Français. Jérôme Sabbagh y est parvenu au saxophone ténor, Stéphane Spira au saxophone soprano. 

Cet album ne dégage que de bonnes vibrations. Ca respire l'amour et la bonté sans aucune mièvrerie. Ca, c'est bon.

Ouverture dynamique avec " Peter's run " (n°1) ponctué par des palmas. Une boucle entraînante nous entraîne dans le " New York ritual " (n°4). Une berceuse pour son fils " Nocturne (song for my son " (n°5). Le morceau titre " New playground " (n°6) respire la joie de vivre. " Kaleidoscope " (n°7) brille de mille couleurs. Ca se termine par un hommage à son contrebassiste Steve Wood, " Solid Wood " (n°8), fait du bois dont on fait les contrebasses.

Cet album n'a aucune prétention innovatrice ou révolutionnaire. Il entend juste diffuser du bonheur et il y parvient parfaitement. 

Lectrices bonnes mères de famille, lecteurs bons pères de famille, si vous ne pouvez vous rendre à New York, sachez que le quartet de Stéphane Spira sera en concert à Paris en France, au Sunset, vendredi 16 et samedi 17 novembre 2018 à 21h30.

Si vous ne pouvez être présents à ces concerts, retenus par vos obligations familiales par exemple, que celles-ci ne vous empêchent pas de profiter de l'album " New Playground " de Stéphane Spira.

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Open Land agrandit le studio de l'Ermitage

Publié le par Guillaume Lagrée

Open Land

Studio de l'Ermitage

Paris. Jeudi 13 septembre 2018. 20h30.

Concert de sortie de l'album " Open Land "

Open Land est composé de

Bruno Angelini: piano, compositions

Claude Tchamitchian: contrebasse

Edward Perraud: batterie, percussions

Régis Huby: violon, violon ténor, électronique

Introduction au piano. Mystérieuse, répétitive; En résonance avec le violon. La contrebasse, plus grave, à l'archet, sur la même vague. Edward Perraud distille de légers bruits. " Le batteur est un barman de sons " (Jean Cocteau, premier président de l'Académie du Jazz). C'est si ténu que cela pourrait cesser à tout instant. Belle montée en puissance à quatre. Cela devient tempêtueux, éruptif même. Un solo de piano permet de relancer le quartet dans une autre direction, énergiquement. La musique décline jusqu'au silence.

Intro du piano. Un tourbillon sonore s'élance et nous emporte au loin. Dieux, que c'est beau! Le pianiste enchaîne sur une ligne souple que suivent les trois autres. C'est romantique à souhait mais avec l'énergie de la pulsation de la basse et de la batterie. Ca s'énerve. Violon TGV (Très Grinçante Vitesse). Retour au calme avec quelques notes graves du piano seul. Cela redevient échevelé et énervé. Ces hommes sont d'humeur variable, passant d'émotions douces à fortes sans prévenir. 

Edward tient un maillet de la main gauche et une baguette de la main droite. Cymbale main gauche, tambour main droite. Un air éthéré où le violon joue au vent dans les dunes. Edward fait grincer et chanter ses cymbales. L'esprit part en voyage avec eux. Ca monte doucement. La puissance est impulsée par la contrebasse. Le violon ajoute un effet d'écho électro. Piano en ostinato. Contrebasse vibrant sous l'archet alors que le batteur continue sa cuisine chinoise aux baguettes.

" Tree song ". Ce morceau est dédié au pianiste britannique John Taylor (1942-2015)   et à Julia Butterfly Hill restée 738 jours dans un sequoia millénaire pour empêcher qu'une forêt primaire de Californie du Nord ne soit abattue par des promoteurs immobiliers. Elle a gagné. En Europe, la forêt primaire de Bialowieza (Pologne) est elle aussi à sauver. Cette mélodie n'est pas aussi mystérieuse que " A forest " de The Cure mais l'ambiance de forêt profonde, obscure est bien restituée. Les archets glissent doucement sur les cordes. Ponctuation de bruitages par le batteur. Ils arrivent à une mélodie étirée, nostalgique à souhait. Un temps de dégustation avant d'applaudir.

Un peu de percussions sur le piano. Des impulsions de la contrebasse. Des bruitages de la batterie. La contrebasse tourne en boucle, fournissant le point de repère. Le quartet s'énerve avec un violon strident, un piano dissonant, un batteur fracassant. Pas mon truc.

Bruno repart sur une musique de film romantique. Les adieux émus des amants sur un pont. Le violon fait la péniche qui passe doucement sur le fleuve. La musique s'anime comme le vent qui remue les arbres au bord de l'eau. Beau solo de piano qui coule comme l'onde. Le pianiste accélère progressivement. Basse funky. Le batteur tapote plus vigoureusement. Le violon commence à lancer des éclairs. 

" He left and You stay ", un morceau dédié par Bruno à Max, un ami décédé. Cela parle de la permanence des sentiments, en amour comme en amitié. Les morts ne le sont vraiment que lorsqu'aucun vivant ne pense plus à eux. Une ballade. Son prenant de la contrebasse. Edward Perraud reste aux baguettes alors, qu'à mes oreilles, les balais s'imposent. Solo bien impulsé de contrebasse, souligné par la batterie, ponctué par le piano. Solo de violon avec un effet électronique qui donne un son continu d'orgue. Retour à un duo piano violon tout en douceur. La contrebasse ronronne. Décidément, le batteur reste aux baguettes. Dommage. La respiration de cette composition appelle les balais. Une onde pure nous porte jusqu'à la fin du concert.

Il y eut un rappel. Voilà, c'est fini. 

 

La photographie de Bruno Angelini est l'œuvre de l'Incontournable Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette œuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales

Bruno Angelini par Juan Carlos HERNANDEZ

Bruno Angelini par Juan Carlos HERNANDEZ

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Blue Giant. Tenor Saxophone Myamoto Dai. Volume 3

Publié le par Guillaume Lagrée

Blue Giant

Tenor Saxophone Myamoto Dai

Volume 3

Un manga de Shinichi Ishizuka

Glénat Manga. Grenoble.

Sortie le mercredi 19 septembre 2018

 

Bienvenue au 43e abonné de ce blog. Que les Dieux et les Muses le protègent!

 

Lectrices savantes, lecteurs experts, mon ignorance du Jazz  est immense. Pour le Jazz nippon, elle est même abyssale. C'est ainsi que je vous conte les aventures de l'apprenti saxophoniste japonais Myamoto Dai, au fil des 10 épisodes de l'excellent manga de Schinichi Ishizuka. Après avoir lu les volumes 1 et 2, et avant d'en recevoir le 3e volume, objet de cette chronique, j'ai découvert le saxophoniste japonais Dairo Miyamoto (1957-2016), après sa mort. L'homonymie presque parfaite entre ce saxophoniste réel et le héros de ce manga ne peut être un hasard. Dairo Miyamoto était un Blue Giant qui fera prochainement l'objet d'une chronique dithyrambique sur ce blog.

Revenons à notre héros. Il poursuit son apprentissage de la vie de musicien. Il prend des cours avec un saxophoniste passé par la Berklee School of Music, comme le saxophoniste français Jérôme Sabbagh, mais qui n'a pas percé. Son maître vit de ses leçons de Jazz et de musiques de réclames (pour des fayots, en l'espèce). 

Notre héros ne progresse guère avec l'autre moitié du Ciel. Il est toujours ébloui par une belle nageuse, littéraire dans l'âme, mais reste innocent comme l'agneau pascal.

Côté musique, il continue de faire ses gammes au bord de la rivière mais, grâce à ses leçons, il apprend à varier les tonalités. En bon Japonais, il a toujours le plus grand respect pour les Anciens comme la professeur de musique avec qui il joue un duo endiablé sur la chanson du lycée lors d'un festival.

Il est toujours fan de Sonny Rollins (cf vidéo sous cet article). Il copie même sa coupe de cheveux iroquoise des années 60 alors que, comme le lui fait remarquer son professeur, le signe distinctif de Sonny Rollins, c'est la barbe. Barbe que notre héros est trop jeune pour porter.

Myamoto Dao apprend que, pour composer, il faut avoir vécu, aimé, souffert. Ce ne sera donc pas son 18e anniversaire qui l'inspirera mais la mort d'un chien, Barnum. Ce morceau fera pleurer le maître de Barnum. Alors, il sait qu'il a atteint son but. Transmettre des émotions par le son. Sans cette émotion, la musique ne serait qu'un exercice de style.

Myamoto Dai, apprenti saxophoniste, prend conscience que vouloir devenir musicien de Jazz est un risque énorme. Des heures et des heures de travail et être quasiment certain de ne jamais devenir une Pop Star, riche et célèbre.

A ce propos, lectrices savantes, lecteurs experts, connaissez vous la différence entre un guitariste de Rock et un guitariste de Jazz?

Un guitariste de Rock, c'est 3 accords pour 10 000 spectateurs. Un guitariste de Jazz, c'est l'inverse.

Chaque chapitre porte un nom de standard du Jazz. Cela commence par " Think of one " de Thelonious Shere Monk (cf extrait audio sous l'article).

Qu'est ce un Blue Giant au fait? La Géante bleue est une étoile très brillante, très chaude et très lumineuse. Sonny Rollins est un Blue Giant. Myamoto Dai poursuit son chemin pour le devenir. Lisez le 3e volume de son aventure pour le suivre dans son parcours. 

Si vous êtes inscrits sur Spotify, vous pourrez suivre la liste de jeu (play list in english) concoctée par Jérôme Badini, saxophoniste, producteur et animateur de Jazz sur France Musique, pour accompagner votre lecture de ce manga, lectrices savantes, lecteurs experts.

Jazzoo est parfait pour faire découvrir le Jazz aux enfants, Blue Giant pour coller le virus du Swing aux adolescents. C'est grâce à des créations de ce genre que le Jazz aura encore des musiciens intéressants et un public intéressé dans 20 ans. 

La photographie de Manhattan est l'œuvre de l'Indémodable Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette œuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales

Manhattan par Juan Carlos HERNANDEZ

Manhattan par Juan Carlos HERNANDEZ

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Et les vainqueurs des Trophées du Sunside pour 2018 sont...

Publié le par Guillaume Lagrée

Trophées du Sunside

Le Sunside

Paris du mardi 4 au jeudi 6 septembre 2018

 

Lectrices exigeantes, lecteurs sélectifs, voici les vainqueurs des Trophées du Sunside pour l'an 2018. Ces Trophées récompensent les jeunes pousses du Jazz en France pour les aider à croître encore.

Groupes:

1. Enez

2. Dexter Goldberg & Robin Mansanti

Solistes:

1. Robin Mansanti (trompette)

2. Volodia Lambert (contrebasse)

Composition:

1. Wilfried Touati

Mon instinct d'ancien juré (édition 2012) m'avait poussé à aller écouter le duo Dexter Goldberg & Robin Mansanti.

Je n'ai pas influencé le jury mais je n'étais pas loin du compte: 2e prix de groupe, 1er prix de soliste pour ce duo qui clôturait l'édition 2018 jeudi 6 septembre à partir de 22h30.

En voici la chronique.

Dexter Godberg: piano

Robin Mansanti: trompette, chant, compositions. 

L'intro du piano, c'est Lush Life de Billy Strayhorn. Allegro maestoso. La trompette enchaîne, voilée, héritée de Chet Baker (1929-1988). Les notes sont distillées et distribuées avec goût. Solo de piano. Ca joue, nom de Zeus! Maîtrise technique. Ca, les jeunes pianistes l'ont tous. Mais ici, la technique est au service de l'histoire et de l'émotion. C'est bien plus rare. Après l'intro, le duo est parti sur une composition originale, Burgundy's night, un hommage à la Bourgogne, région de France qui m'est chère.

Intro en solo de trompette. Rapide. Staccato. Un morceau vif, joyeux mais toujours avec un léger voile de brume. Les trilles du piano nous remuent les neurones. Ca swingue en plus. Un duo piano & trompette pas loin de celui de Michel Graillier & Eric Le Lann " Trois heures du matin ". Moins tourmenté et plus lumineux.

Une nouvelle composition dont le titre m'échappe. Leurs compositions sonnent comme des standards. Evidentes et émouvantes. " I spend my days ". Robin Mansanti chante, en héritier direct de Chet Baker. Après quelques secondes, tant de pureté et de douceur imposent le silence. A ce niveau, ce n'est plus de l'imitation, c'est de la réincarnation. Robin Mansanti passe à la trompette et, là encore, le souffle de Chet Baker semble passer à travers lui. J'espère pour ce jeune homme qu'il a l'esprit moins torturé et une vie plus équilibrée que celle de son idole. Le pianiste prend seul la main. Personne n'applaudit. Nous restons concentrés pour la note qui suit le silence précédent. 

Une autre composition. " I never know what to say ". L'intro du piano nous transperce. Tempo medium. Eux savent ce qu'ils ont à dire. 

Une chanson sans titre pour l'instant. Une chanson d'amour en anglais. Tout en douceur. Romantique à souhait. Ce n'est pas un grand piano mais c'est du grand piano. 

Le duo redémarre sur un tempo plus rapide. Nom de Zeus, que c'est beau! 

Un morceau dédié à l'album " Trois heures du matin " d'Eric Le Lann & Michel Graillier que j'ai évoqué dès le deuxième morceau de ce concert. D'où le titre du morceau " Trois heures du matin " justement. Au cadran de ma montre, il n'est que 23h15 mais, dans mon esprit, par la magie de la musique, il est 3h du matin, au plus profond du cœur de la nuit. Quelques gouttes de pluie rebondissent sur le trottoir (le piano). Les bruits feutrés de la rue endormie (la trompette). Ambiance digne de Francis Scott Fitzgerald (1896-1940). 

" One for Russ and Chet ", un hommage à Russ Freeman (piano. 1926-2002) et Chet Baker (trompette). Ecoutez leurs enregistrements pour Pacific Records à Los Angeles dans les années 1950. C'est l'essence du Cool. Un morceau joué avec la sourdine Harmon. Incident technique. Un piston coincé. Tempo allegro ma non troppo. Ca swingue élégamment. Les jeunes Japonais présents dans la salle apprécient eux aussi. La musique est un méta langage.

Pour écouter ces musiciens séparément, vous pourrez retrouver, lectrices exigeantes, lecteurs sélectifs, Dexter Goldberg en trio (cf. extrait audio sous cet article), à Paris, au Sunside vendredi 14 septembre 2018 à 21h30 et Robin Mansanti en quartet avec Dexter Goldberg à Paris, au Baiser Salé, mercredi 18 septembre 2018 à 21h30.

Je ne connais pas les prochaines dates de concert de ce duo (cf. vidéo sous cet article) mais rien ne vous interdit de l'organiser, lectrices exigeantes, lecteurs sélectifs.

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Saison 2018-2019 de Jazz sur le Vif à Radio France

Publié le par Guillaume Lagrée

Lectrices Swing, lecteurs Hot, réjouissez vous car la nouvelle saison de Jazz sur le Vif à Radio France arrive.

Les parties sont toutes jouées à domicile, au studio 104 de la Maison de la Radio, 116 avenue du Président Kennedy, 75016 Paris, France, le samedi à 20h30, à l'exception d'un concert le dimanche 24 février 2019 à 18h. 

L'offre est alléchante. Deux concerts pour le prix d'un. Succombez y sans vergogne. 

Si Paris vous ennuie, pas de souci. Les concerts sont diffusés en différé sur France Musique.

Vous avez demandé le programme? Le voici.

Samedi 22 septembre 2018, 20h30

The Recyclers puis Michel Portal Quintet. Des artistes déjà célébrés sur ce blog.

Samedi 13 octobre 2018, 20h30

Richard Galliano (accordéon) sous deux formes différentes, récital puis New Musette.

Samedi 17 novembre 2018, 20h30

Gaël Horellou & Ari Hoenig Quintet puis Aziza avec Dave Holland, Lionel Louéké, Chris Potter et Eric Harland.

Samedi 22 décembre 2018, 20h30

Amaury Faye trio puis André Ceccarelli Quartet.

Samedi 19 janvier 2019, 20h30

Bwa puis Bobo Stenson trio

Samedi 2 février 2019, 20h30

Stéphane Kérécki " French touch " (cf extrait audio sous cet article) puis Riccardo del Fra Quintet. Un Maître et un Maestro de la contrebasse tous deux déjà louangés sur ce blog.

Dimanche 24 février 2019, 18h

Daniel Yvinec, œuvres de Nino Rota (le compositeur favori de Federico Fellini)

Samedi 9 mars 2019, 20h30

Mark Turner quartet puis Fred Hersch solo (cf photo et vidéo de cet article). Fred Hersch est le pianiste des pianistes, plus apprécié des musiciens que du grand public. Ne le manquez pas.

Samedi 20 avril 2019, 20h30

Roberto Negro solo puis Louis Sclavis Quartet, Characters on a wall, un hommage au peintre mural Ernest Pignon Ernest.

Samedi 18 mai 2019, 20h30

Orbit - Trio Oliva/Boisseau/Rainey puis Paolo Fresu Devil Quartet.

Samedi 15 juin 2019, 20h30

pAn-G puis Moutin Factory Quintet.

La photographie de Fred Hersch est l'œuvre de l'Imprévisible Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette œuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

Fred Hersch par Juan Carlos HERNANDEZ

Fred Hersch par Juan Carlos HERNANDEZ

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Jazzoo accorde mineurs et majeurs à la Philharmonie de Paris

Publié le par Guillaume Lagrée

Jazzoo

Oddjob

Festival Jazz à la Villette

Philharmonie de Paris

Samedi 1er septembre 2018.16h

 

Oddjob est composé de

Goran Kajfes: trompette

Per " Rusktrask " Johansson: saxophone alto, flûte, clarinette basse, guimbarde

Daniel Karlsson: piano et claviers

Peter Forss: contrebasse et guitare basse électrique

Lars Skoglund: batterie

Je me souviens de mon premier concert de Jazz. J'avais 6 ans. Du boogie woogie au TNB à Rennes. Mon père Michel Lagrée m'y avait amené. Ca m'a collé le virus à vie. 

Aujourd'hui, le concert est ouvert aux spectateurs âgés de 3 ans minimum. C'est une obligation légale violée allègrement par certains Jazzfans qui apprennent encore à marcher mais sont déjà complètement zazous. Il faut dire que le groupe suédois Oddjob (rien à voir avec le méchant de James Bond pour les cinéphiles) leur a concocté un programme aux petits oignons. Chaque morceau de Jazzoo est inspiré d'un animal qu'il soit petit (la mouche) ou gros (la baleine). Pour l'écoute à domicile, l'album est accompagné d'un livre d'images. Sur scène, le concert est accompagné d'un dessin animé racontant l'histoire de chaque animal joué.

Pour une meilleure interaction avec leur public de mélomanes en herbe, chaque musicien se présente en français après avoir joué quelques notes de son instrument. " Bonjour, je m'appelle Goran et je joue de la trompette " dit avec l'accent suédois, cela charme l'auditoire. Il y a aussi une jeune femme qui, depuis son ordinateur portable, contrôle les images et les bruitages mais je n'ai pas compris son prénom. 

Le programme comprend des morceaux tirés de Jazzoo déjà disponible et de Jazzoo 2 à paraître en octobre 2018. Ca commence avec le ver de terre qui part en promenade pour trouver à manger. Le souci pour lui ce sont tous ces oiseaux qui veulent en faire leur manger. Nous partageons les angoisses existentielles du gentil lombric (Manger ou être mangé, telle est la question) mais il s'en sort et retrouve son amie la chenille pour manger en paix.

Le singe joué par la guitare basse. Le héros, c'est un jeune éléphant qui a décidé de faire la fête alors que toute la jungle a envie de dormir. La trompette barrit comme un jeune éléphant en goguette. Avec le clavier électrique et la basse, ça groove comme un éléphant qui danse. Sauf que danser tout seul c'est ennuyeux surtout quand tous les animaux de la jungle vous disent " Chut! ". L'éléphanteau finira par rentrer dans le moule et dormir comme tout le monde. Les enfants écoutent sagement sans danser alors qu'il y a de la place pour. Personne ne leur a dit qu'ils pouvaient danser. Ni leurs parents, ni le personnel de la Philharmonie de Paris. Enfants, au prochain concert de Jazzoo où vous traînerez vos parents de gré ou de force ( ne leur laissez pas le choix, c'est pour leur bien), dites leur que vous avez le droit de danser avec la musique. Cela fait partie de l'esprit Jazzoo.

Le kangourou. Son ami koala veut bondir comme lui. Comment faire? Vous le saurez en regardant le film sous l'article et en allant voir Jazzoo sur scène. La musique bondit, tombe, rebondit joyeusement.

Clarinette basse pour jouer le dialogue entre un coq paresseux et une poule dynamique. Cette musique vient de l'expressivité de Charles Mingus

La musique devient planante pour décrire le vol de l'aigle au dessus des montagnes. Petits et grands décollent avec le Roi des airs. 

Contrebasse et batterie racontent la marche lente d'un crocodile qui a faim. Contrairement au lombric, rien ne l'arrête. Il finit même par dévorer un pique nique mais pas les convives partis à temps. 

Le rythme dandiné du canard. Selon une vieille tradition du Jazz, c'est la trompette qui fait ses coins coins. Attention, Oddjob ne fait pas de canards! Un peu de Free Jazz qui a fait peur à un enfant dans la salle. Un pour une centaine c'est peu. Le reste est prêt pour Ornette Coleman

Un frottement de balais sur les tambours évoque la marche de la famille hérisson. Elle doit traverser une route dangereuse, où passent des voitures, sans se faire écraser, pour trouver à manger de l'autre côté. Le groupe joue les voitures, les klaxons, la peur, les avancées, les reculs et la satisfaction finale des estomacs remplis. La flûte joue la marche du petit hérisson. 

Les claquettes du pingouin. Peut-être un hommage à Prince qui écrivit  " Song of the heart " pour le film " Happy feet " (2005). Ca swingue tellement qu'une petite fille de 3 ans, à vue d'œil, se met à danser. Seule et heureuse. 

RAPPEL

Le gorille. Très démonstratif. Clavier et basse électrique. Trompette et sax alto. Le gorille prend le plus de fruits possibles car le gorille est un gourmand. Un luron aussi selon Georges Brassens. 

RAPPEL 2

On reste dans le brutal avec l'hippopotame prêt à tout pour échapper à la canicule avec un bain frais. Gare à l'hippopotame! Clavier et basse électrique. Ca charge. Cf extrait audio au dessus de cet article.

Ce soir, Oddjob n'a pas joué mon morceau préféré, la baleine. Je n'ai ni pleuré  ni trépigné pour le réclamer. Les enfants étaient sages comme des images. Moi aussi. 

Enfants, vous dont les parents croient que le Jazz est une musique ringarde, pour les grands-parents, emmenez les écouter Jazzoo. Ca leur décrassera les oreilles et le cerveau.

Organisateurs et programmeurs de  festivals de Jazz, si vous voulez avoir un public dans 20 ans, investissez sur Jazzoo dès maintenant. Cela vous sera rendu au centuple.

L'abus de Jazzoo est recommandé pour la santé physique et mentale. A consommer sans modération.

La vidéo ci-dessous contient 2'08 d'extraits de ce concert. Régalez vous.

Enfants, piratez l'agenda électronique de vos parents, écrivez dans l'agenda papier de vos grands-parents et inscrivez dedans les concerts suivants de Jazzoo.

  • Jazzoo 1 + 20 Years - 12 au 17 novembre 2018 - Théâtre du Beauvaisis-Scène Nationale, Beauvais (60) - 9 concerts
  • Jazzoo 1 +  20 Years - 10,11, 12 et 13 décembre 2018 - Théâtre Paul Eluard, Bezons (95) - 8 concerts 
  • Jazzoo 2 - 14 décembre 2018 - L’Etincelle, Rouen (76) - 3 concerts
  • Jazzoo 2 - 16 décembre 2018 - Théâtre Sorano, Vincennes (94) 1 concert
  • Jazzoo 1 & Jazzoo 2 - 18,19,20 décembre 2018 - La Méridienne, Lunéville (54) - 6 concerts
  • Jazzoo 2 +  20 Years 2 et 3 mai 2019 - l’Agora, Boulazac (24) 5 concerts
  • Jazzoo 2 - 23 au 26 mai 2019 - Elphilharmonie, Hambourg (RFA) 8 concerts

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