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Couleurs Jazz, naissance d'une radio associative

Publié le par Guillaume Lagrée

Couleurs Jazz

Naissance d'une radio associative

Lectrices Cool, lecteurs Hot, vous lisez déjà le magazine Couleurs Jazz dans lequel vous avez pu retrouver quelques articles tirés de ce blog qui vous réjouit ou vous désespère, selon les cas. 

L'aventure se poursuit avec la création de la radio associative Couleurs Jazz à laquelle vous pouvez contribuer par vos dons, lectrices Cool, lecteurs Hot. Cette bonne action sera récompensée ici-bas puisque, pour les citoyens assujettis à l'impôt sur le revenu des personnes physiques en France, les versements sont déductibles. 

Don Médéric Collignon parraine cette nouvelle radio. Voir vidéo sous cet article.

La photographie de Médéric Collignon est l'œuvre de l'Imputrescible Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette œuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

Médéric Collignon par Juan Carlos HERNANDEZ

Médéric Collignon par Juan Carlos HERNANDEZ

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Jean de Aguiar " Acoustica "

Publié le par Guillaume Lagrée

Jean de Aguiar

" Acoustica "

Sole Mio Records. 2018

Jean de Aguiar: guitare acoustique, compositions sauf " Fables of Faubus " (4) de Charles Mingus.

Marc Buronfosse: contrebasse

Arnaud Biscay: batterie

Gérard Hababou: percussions

En concert à Paris, à l'Espace Ararat, dimanche 18 novembre 2018 à 18h30. 

Lectrices rêveuses, lecteurs voyageurs, retrouvez vous sur la musique de Jean de Aguiar. Je vous ai déjà décrit l'effet prodigieux de cette musique sur le public du Sunset à Paris un soir de septembre. 

Il est maintenant temps d'en profiter en toute liberté en écoutant soit en ligne avec " Inner Sanctum " (1er morceau de l'album) soit avec le CD " Acoustica " édité à 100 exemplaires. Bien plus rare, bien moins polluant et bien moins cher qu'une édition limitée des automobiles Ferrari, cet album vous fera voyager plus vite et plus loin dans l'espace et dans le temps.

Jean de Aguiar est un Français avec des racines portugaises comme son nom l'indique, a une solide formation classique (l'école Cortot) et a composé de nombreuses musiques de films et de réclames. Bref, il aime l'image et le voyage et ses compositions en portent la marque.

Porté par une rythmique plus souple et plus ferme qu'un matelas dans une suite de palace, il nous emmène en voyage.

Evocation du chant sacré avec " Inner sanctum " (1), de Nelson Mandela " Madiba " (2. cf extrait audio sous cet article), d'une terre mystérieuse " Terra Umbra " (3. cf vidéo sous cet article), de l'Amérique de Charles Mingus " Fables of Faubus "(4), du Grand Nord " Amundsen " (5) et " The Northern Light " (8) , du soleil " Shining sunbeams " (7) et du vent " Vientos Alisios " (6). " Mica " (9) est-elle une pierre ou une femme? Ca brille comme la pierre mais c'est tendre comme une déclaration d'amour. 

Les deux premiers morceaux sont majestueux en toute simplicité, comme leurs sujets. Le 3e est mon préféré. " Terra Umbra " me trotte dans la tête. J'ignore de quel paysage il s'agit. Peu importe. Il me viendra désormais en tête quand je verrai un beau paysage ombragé (les collines de Toscane ou de Bourgogne par exemple). Les " Fables of Faubus " n'ont pas la passion de la version originale mais ce n'est pas la même histoire. " Shining sunbeams " éclaire comme une aurore aux doigts de rose. " Ventos alisios " respire le grand air, celui de l'Atlantique, à l'Ouest de la péninsule ibérique. 

Bref, vous l'aurez compris, lectrices rêveuses, lecteurs voyageurs, cette musique est faite pour vous. Profitez en pleinement.

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Martial Solal Solo piano " Unreleased 1966 Los Angeles Sessions " Volume 2

Publié le par Guillaume Lagrée

Martial Solal

Solo Piano

" Unreleased 1966 Los Angeles Sessions "

Volume 2

Fresh Sounds Records. 2018

Martial Solal: piano

Lectrices affutées, lecteurs affinés, vous connaissez les Leçons de ténèbres de Marc Antoine Charpentier (1643-1704). Martial Solal (1927) lui, nous donne des Leçons de lumières. 

J'avais été enthousiasmé par le premier volume de cette session solo piano inédite en studio, à Los Angeles en 1966. Grâce au travail du label espagnol Fresh Sounds Records, le volume 2 est arrivé et la session complète nous est offerte. Mon enthousiasme a de quoi de nouveau s'alimenter

Cette fois, Martial Solal quitte les standards du Be Bop qu'il avait exploré dans le premier volume. Il nous ballade de standards Old School dont il fait sa chose " Pennies from Heaven " (1), " Fig Leaf rag "  de Scott Joplin (3), " Ain't mishebavin " de Fats Waller (5) , " But not for me " des frères Gershwin (8), " Kansas City Stomp " de Jelly Roll Morton  (10) en compositions personnelles " Blues Martial " (2) où même ses détracteurs farouches devront reconnaître qu'il sait jouer le Blues et les marches militaires, " Ah non ! " (7) où il tourne en dérision les exercices de la méthode Hanon sur laquelle s'échinèrent tant d'apprentis pianistes en France (autres versions enregistrées en solo, en studio en 1971 et en concert pour France Musique en 1994), la " Suite 105 " (9), le morceau le plus long de l'album, 7'19 où Martial Solal prend le temps de développer son message sans s'étaler bien sûr. Pas du tout son genre. 

Dans les hommages aux Maîtres, deux sortent du lot: Jacques Offenbach avec " La chaloupée " (11) et  Bud Powell avec " Un poco loco " (13) qui clôt l'album par un feu d'artifice musical.

Si vous croyez que Martial Solal est un pianiste démonstratif, qui n'est à l'aise qu'à très grande vitesse, écoutez sa version de la ballade " Everything happens to me " (12) touchante mais pudique. L'immense maîtrise technique de Martial Solal est au service de sa pudeur. Si vous écoutez attentivement, l'émotion est voilée mais elle n'est pas absente. 

Si Martial Solal était Américain, il serait placé au dessus de pianistes de bars de luxe tels que Bill Evans et Keith Jarrett. Le premier dégage toujours une sensation de mal être profond, le second de prétention incommensurable.  Martial Solal lui dégage de l'ambition et de la Joie, celles de créer de la Beauté et de surprendre. Il est bien meilleur pour la santé de ses auditeurs. 

Cet album solo enregistré en studio à Los Angeles, en 1966, en est un exemple éclatant. Heureusement pour vous, lectrices affutées, lecteurs affinés, il est enfin édité grâce au label Fresh Sounds Records dont le travail inlassable de réédition de trésors disparus et de découverte de jeunes talents doit être salué.

Pour illustrer cet article, " Ah non! " tel qu'il figure dans cet album et tel que Martial Solal le jouait en concert à Munich en 1999. Bonne dégustation, lectrices affutées, lecteurs affinés. 

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