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Eric Le Lann & Paul Lay " Thanks a Million "

Publié le par Guillaume Lagrée

Eric Le Lann & Paul Lay

" Thanks a Million "

Gazebo Production. 2018

Eric Le Lann: trompette

Paul Lay: piano

Lectrices Swing, lecteurs Hot, ce blog vous a maintes fois chanté les mérites de Louis Armstrong (1900-1971), le seul et unique Roi du Jazz (quand Louis apprit que Benny Goodman se faisait appeler King of Swing, il voulut le tuer) et d'Eric Le Lann (1957), le plus émouvant trompettiste de Jazz français depuis 40 ans. 

Eric est le fils d'Hervé Le Lann, dentiste de profession, trompettiste de Jazz New Orleans par passion qui lui communiqua son amour de Louis Armstrong dès le départ. 

" A la trompette, même dans les trucs les plus modernes, vous ne pouvez rien faire qui ne vienne pas de Louis " (Miles Davis qui se fit chanteur dans un chœur avec Ornette Coleman pour  l'album " Louis Armstrong and his friends " en 1970). 

En hommage à son père et à son Maître, Eric Le Lann a donc décidé de travailler le répertoire de Louis Armstrong (interprète inoubliable mais fort peu compositeur comme Chet Baker à qui Eric Le Lann a déjà rendu hommage) . 

Louis Armstrong a enregistré le premier duo piano & trompette de l'histoire avec Earl " Fatha " Hines ( Fatha parce qu'il est le Père des pianistes de Jazz). " Weather Bird " (1928), un chef d'œuvre évidemment.

Nonante années après, c'est en duo avec le pianiste Paul Lay qu'Eric Le Lann rend hommage à Louis Armstrong. En concert, cela sonne du feu de Zeus. En studio, le charme fonctionne aussi comme le prouve cet album.

Eric Le Lann a déjà enregistré deux duos avec des pianistes. En studio avec Michel Graillier " Trois heures du matin ". En concert à Jazz à Vannes avec Martial Solal " Portrait in Black and White " (1999). Deux décennies plus tard, Paul Lay ( ne pas confondre avec le pianiste américain Paul Bley qui donna son nom à Carla ) succède à deux chevaliers des touches. 

Le Blue est joué à son essence. Cf la version de Saint James Infirmary (8) en extrait audio au dessus de cet album. Bien entendu, ces musiciens sont assez créatifs et pas assez fous pour copier Louis Armstrong & Earl Hines. Copie t-on les cathédrales gothiques d'Ile de France ou les pyramides d'Egypte? Si mais cela ne donne que des copies, pas des créations.

Il suffit d'écouter l'attaque au piano de " Dinah " (1) pour comprendre l'esprit de cette musique. Il s'agit de rendre hommage à Louis Armstrong et d'en tirer une source d'inspiration. Son répertoire était d'une telle modernité pour son époque qu'il passe l'épreuve du temps.

" J'essaie de mettre toute ma vie dans chaque note que je joue " (Louis Armstrong). Le brillant de la sonorité de Pops ( son surnom pour le peuple noir américain, Satchmo pour le reste du monde)  est intouchable mais Eric Le Lann s'emploie à jouer cette musique avec l'énergie nécessaire. Cf " Jubilee " (3) et " Tight like this " (4). Louis Armstrong, c'est aussi un art de jouer lazy, en retard volontaire par rapport au tempo. Surtout sur les ballades. " Sleepy time down South " n'est pas joué mais il y a  " Azalea " (6) superbe thème de Duke Ellington qui figure sur un album culte qui réunit ces deux Géants du Jazz, " The Great Summit " (1961), tout simplement. 

Comme Louis Armstrong est la source d'inspiration de ce duo, chacun des musiciens lui dédie un thème.

Pour Paul Lay, c'est un " Farewell to Louis " (10) qui, en toute logique, clôt l'album.

Pour Eric Le Lann, Breton et Jazzman, c'est un " Louison " (7) que je me plais à imaginer comme un hommage simultané à Louis Armstrong et à Louison Bobet, triple vainqueur du Tour de France (1953-1954-1955) et champion du monde de cyclisme sur route (1954).

A votre tour, lectrices Swing, lecteurs Hot, dites " Thanks a Million " (5) à Eric Le Lann & Paul Lay pour cet hommage élégant et émouvant à Louis Armstrong. 

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Sélection de concerts de Jazz à Paris et en Ile de France pour janvier 2019

Publié le par Guillaume Lagrée

Martial Solal par Juan Carlos HERNANDEZ

Martial Solal par Juan Carlos HERNANDEZ

Splendides lectrices, resplendissants lecteurs, fidèles abonnés au Jazz et à l'électricité, belle et heureuse année 2019 à vous et à ceux qui vous sont chers. Que les Dieux et les Muses vous protègent! 

Pour une sélection exhaustive sur l'Ile de France, voyez Paris Jazz Club. Pour la France et l'Europe, voyez Citizen Jazz et Jazz Magazine

Si vous ne pouvez assister aux concerts, écoutez les sur France Musique avec les émissions Jazz Club (pour le présent) et Les légendes du Jazz (pour le passé) et sur TSF Jazz avec Jazz Live

Si vous voulez assister depuis la Toile aux concerts à New York, dans Greenwich Village, pour les clubs Small's et Mezzrow, suivez ce lien. C'est payant certes mais toujours moins cher qu'un séjour dans la Grosse Pomme.

Michel Petrucciani, pianiste et compositeur français, est mort le 6 janvier 1999 à New York. Divers hommages lui seront rendus. Notamment sur la radio TSF Jazz

A New York City, USA, du  vendredi 4 au samedi 12 janvier 2019, aura lieu le Winter Jazz Festival. Des musiciens français seront au programme dans le cadre du French Quarter dont Florian Pellissier, déjà célébré sur ce blog.

Après consultation des plus hautes autorités civiles et militaires, voici ma sélection de concerts de Jazz pour le mois de janvier 2019 à Paris et en Ile de France.

Le concert du mois aura lieu à Paris, salle Gaveau, le mercredi 23 janvier 2019 à 20h30 avec Martial Solal (piano) en solo. Cf photo au dessus de l'article. Martial Solal n'a plus joué à Gaveau depuis ses fameux concerts en trio avec Guy Pedersen (contrebasse) et Daniel Humair (batterie) en 1962 et 1963. C'est dire le caractère unique de ce concert. Jouera t-il sa " Gavotte à Gaveau " ? 

Mercredi 2 et jeudi 3 janvier, 19h30 & 21h30, Paris, Le Sunside: un trio qui ne manque pas d'air! Giovanni Mirabassi (piano), Flavio Boltro (trompette) et Glenn Ferris (trombone). 

Vendredi 4 janvier:

- 19h30 & 21h30, Paris, Le Sunside: un All Stars quartet avec Peter Bernstein (guitare électrique), Sullivan Fortner (piano), Darryl Hall (contrebasse) et Léon Parker (batterie).

- 21h, Paris, Le Sunset: Médéric Collignon et le Jus de Bocse " Moovies ". Cf extrait audio sous cet article. Médéric, c'est de la dynamite!

Samedi 5 janvier:

- 19h, Paris, le Baiser Salé: Sylvain Beuf & Alain Jean-Marie. Un duo pour réviser ses classiques. 

- 21h, Paris, Le Sunset: Médéric Collignon et le Jus de Bocse " Moovies ". Cf extrait audio sous cet article. Médéric, c'est de la dynamite!

Lundi 7, mardi 8 et mercredi 9 janvier, 19h30 & 21h30, Paris, le Duc des LombardsFlorian Pellissier Quintet, déjà célébré sur ce blog.

Mercredi 9, 16, 23 et 30 janvier, 19h, Paris, le Baiser Salé: Mario Canonge & Michel Zenino. Un autre duo pour réviser les standards. 

Jeudi 10 janvier, 21h, Paris, Le Sunside: Alain Jean-Marie trio invite Noé Codjia (trompette) et Neil Saidi (sax alto). 

Vendredi 11 janvier, 20h45, Fontenay sous Bois (94), Musiques au comptoir:  La Chaloupée invite René La Caille. Jazz et maloya.

Samedi 12 janvier, 20h30, Paris, Bal Blomet: Les 1001 nuits du Jazz. Duke Ellington Orchestra. Un spectacle ludique et pédagogique de Raphaël Imbert

Mercredi 16 janvier, 21h, Paris, Café Laurent: le duo enchanteur Robin Mansanti (trompette, chant) & Dexter Godlberg (piano). Entrée libre. Boissons et vivres en vente sur place. 

Jeudi 17 janvier:

- 19h, Paris, Le Baiser Salé: Sylvain Beuf Power Trio avec Fabrice Moreau (batterie). 

- 20h, Boulogne-Billancourt (92), Seine Musicale: Mélanie de Biasio

Vendredi 18 janvier, 20h30, Les Lilas (93), Le Triton: Louis Sclavis " Characters on a wall " invite Magic Malik (flûtes). 

Samedi 19 janvier:

- 19h, Paris, le Sunset: Arnotto, duo d'accordéons

- 20h30, Paris, Maison de la Radio: Programme Jazz sur le Vif. Concert diffusé en différé sur France Musique. Quartet Bwa puis Bobo Stenson trio. Voyagez des Antilles françaises à la Suède sans quitter Paris.

Mardi 22 janvier, 20h30, Paris,  Studio de l'Ermitage. Eric Séva déjà louangé sur ce blog. 

Mercredi 23 janvier 2019, 20h30, Paris, salle GaveauConcert du mois avec Martial Solal (piano) en solo. Cf photo au dessus de l'article. Martial Solal n'a plus joué à Gaveau depuis ses fameux concerts en trio avec Guy Pedersen (contrebasse) et Daniel Humair (batterie) en 1962 et 1963. C'est dire le caractère unique de ce concert. Jouera t-il sa " Gavotte à Gaveau " ? 

Jeudi 24 janvier, 21h30, Paris, Le Baiser Salé: Rick Margitza Quartet. Une valeur sûre qui ne décote pas.

Vendredi 25 janvier, 21h30, Paris, le Sunset: Ludivine Issambourg Antiloops. Flûte + électronique. 

Samedi 26 janvier:

- 20h, Paris, New Morning: Mario Canonge pour son album " Zouk out " où il ajoute du Jazz, donc de la liberté, au Zouk antillais. 

- 21h, Paris, le Sunset: Christian Escoudé (guitare) & Stephy Haïk (voix). Tout en finesse. 

Mardi 29 janvier:

- 20h30, Parly 2 (78), Jazz au Chesnay . Oboman (hautbois)+ Didier Irthussary (accordéon). Paris by song. Un programme parisien en banlieue.

21h30, Paris, Le Baiser Salé: Robin Mansanti & Crew. Le Cool Jazz n'est pas mort! 

Mercredi 30 janvier, 19h30, Paris, Cercle suédois : Manuel Rocheman joue Michel Petrucciani

Jeudi 31 janvier:

- 20h, Paris, Le New Morning: Henri Texier Sand quintet, déjà célébré sur ce blog. Cf vidéo sous cet article.

- 20h30, Paris, Bal Blomet. Jeudi Jazz Magazine avec Daniel Humair (batterie) en trio avec Jérôme Regard (contrebasse) et Pierre Durand (guitare électrique). A l'aventure!

- 20h30, Les Lilas (93), Le Triton: Print. Le quintette de Sylvain Cathala et Stéphane Payen (saxophones).

La photographie de Martial Solal est l'œuvre de l'Incontournable Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette œuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales

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Leila Olivesi emmène le Sunside dans sa " Suite Andamane "

Publié le par Guillaume Lagrée

Manu Codjia par Juan Carlos HERNANDEZ

Manu Codjia par Juan Carlos HERNANDEZ

Suite Andamane

Leila Olivesi Nonet

Le Sunside

Paris

Jeudi 20 décembre 2018. 21h

Le Nonet de Leila Olivesi était composé de

Leila Olivesi: piano, compositions, direction

Yoni Zelnik: contrebasse

Stéphane Adsuré: batterie

Manu Codjia: guitare électrique

Baptiste Herbin: saxophone alto, flûte

Jean-Charles Richard: saxophone baryton

Adrien Sanchez: saxophone ténor

Quentin Ghomari: trompette

Philippe Georges: trombone

Invitée

Chloé Cailleton: chant

Lectrices généreuses, lecteurs munificents, je vous ai déjà invité à phynancer l'enregistrement de la " Suite Andamane ", œuvre de la pianiste et compositrice française Leila Olivesi. Pour vous en faire une idée, il vous fallait être à Paris, au Sunside, jeudi 20 décembre 2018 à 21h. Ca a commencé comme ça.

" Acacia Tree " (cf vidéo sous cet article pour une autre version avec un autre groupe de Leila Olivesi au Nubia). Leila Olivesi est d'ascendance corse et mauritanienne. Justement, le poème de Karine Ancellin, mis ici en musique, est inspiré du paysage mauritanien. Ca sonne africain. La contrebasse joue comme un guembri. Le batteur tapote doucement aux baguettes. Le fluide sympthique circule entre les musiciens. Trompette et ténor ajoutent de la force. Le vent du désert souffle sur la salle. Solo de piano cristallin. L'eau coule dans le désert. Bassiste et batteur, aux baguettes, ponctuent élégamment. Voix et souffles refont passer le vent. Manu Codjia se fait entendre, avec ce son métallique et tendre qui lui est propre. Retour au petit air africain pour le final.

" Black widow " une chanson sombre pour le jour le plus court de l'année, le 20 décembre. Leila entame un Blues bien grave, bien charpenté. Breaks de guitare. La rythmique enchaîne tranquille avec le batteur aux balais. Le Blues à la Codjia nous vrille en douceur. Le batteur passe aux baguettes pour donner plus d'énergie. Solo de piano, un peu désaxé, un peu à la Monk. Leila revient vite à ses grandes amours ellingtoniennes. Thelonious Monk a consacré un album à Duke Ellington. Pas l'inverse. Ni sax ni trompette sur cette chanson.

Chloé Cailleton quitte la scène. Arrivée de Jean-Charles Richard, Baptiste Herbin et Philippe Georges. La quinte majeure de souffleurs est au complet. La scène du Sunside n'est pas faite pour un nonet. Risque d'accident entre le trombone à coulisse et le spectateur en face au premier rang. Le risque fut maîtrisé, j'en suis témoin. 

Premier mouvement de la Suite Andamane: aurore sur la Mer d'Andaman, mer tributaire de l'Océan indien. Des voix s'élèvent sur la plage, avec le soleil. C'est cela. La musique donne cette sensation d'aurore, d'éveil et de joyeux babil sur la plage. Ca monte doucement comme le soleil sur la mer. La tradition ellingtonienne est revivifiée avec cette suite inspirée par un voyage. . Ca balance doucement. Batteur aux balais. Très orchestral. Le groupe joue soudé. La chaleur monte doucement avec la lumière. Le batteur hache finement le temps aux baguettes. Trompette bouchée. 

Deuxième mouvement: un chemin monte dans la montagne à travers la jungle. Basse et batterie installent le groove. Les souffleurs barrissent joyeusement. A priori, ils montent le sentier à dos d'éléphant. Sur les rives de la mer d'Andaman, c'est jouable. C'est toujours ellingtonien mais bien personnel. Ni copie, ni imitation, juste de l'inspiration. Les souffleurs massent bien nos cerveaux. Trompette et trombone avec sourdine. Solo d'alto sans accompagnement. Bien dynamique avec de grosses prises de bec. Final groupé.

Troisième mouvement: au sommet de la montagne. C'est l'heure de la sieste. Une jeune fille pleure. Plusieurs spectacteurs sont prêts à la consoler. Baptiste Herbin à la flûte. Le sax ténor chante la tristesse de la demoiselle. Solo de trombone avec sourdine. C'est triste mais bien chaud tout de même. Quentin Ghomari au bugle pour plus de rondeur. Au son du ténor, la jeune fille me semble déjà plus joyeuse. Retour vers l'Afrique. Avec la contrebasse qui pulse, le cliquetis des baguettes sur les bords de caisses et les chœurs des souffleurs qui chantent. Décidément, la chaleur monte. le sax ténor est de plus en plus en verve. La jeune fille va de mieux en mieux, rassurez vous, lectrices généreuses, lecteurs munificents.

" Satin Doll " (Duke Ellington). Chloé Cailleton revient sur scène. Sur cette chanson, personne ne peut faire oublier Ella Fitzgerald. Quand je vous écris que Leila Olivesi est une ellingtonienne, sapristi! Elle gagna le concours Ellington Composers 2013 ne l'oublions pas. Trompette et trombone bouchés pour jouer en douceur. Jean-Charles Richard dans le rôle d'Harry Carney. Il peut le faire, Mesdames et Messieurs! Baptiste Herbin à la flûte. Chloé Cailleton le chante bien. Séductrice mais pas aguicheuse. Beau solo de baryton porté par la rythmique et porté par les autres souffleurs. S'ensuit la trompette sans sourdine. Jolies vocalises à l'unisson avec le cinq majeur de souffleurs. Solo de flûte sans accompagnement. Après le sax alto, Baptiste Herbin nous conduit de nouveau vers un final groupé.

PAUSE

Un hommage à la pianiste et compositrice américaine Geri Allen, source d'inspiration pour la pianiste et compositrice française Leila Olivesi. " Geri " tout simplement. Quentin Gomari au bugle accompagné par la rythmique. Un air chantant, envoûtant. Le son de Quentin Gomari est impressionnant. Ce jeune homme est déjà un Maître. Batteur aux baguettes. Une belle vague nous emporte. Beau dialogue entre le tranchant de la guitare et la rondeur du bugle.

Poème écrit par Djemila Olivesi, la mère de Leila. " Les amants ". Rythmique + chanteuse. Leila dit d'abord le poème de sa mère. Trop subtil pour moi. Je n'y comprends rien. C'est chanté en douceur avec le batteur aux balais. Solo de contrebasse souple, bondissant, délicatement ponctué par le reste de la rythmique. La contrebasse reprend un air africain. Le batteur devient percussionniste. Bonne vibration de la guitare. Vocalises blanches. Le piano ajoute un groove en plus.

Un autre poème de Karine Ancellin. " Skype tears " raconte une histoire d'amour malheureuse via les réseaux sociaux. Elle figurera sur " Travel Songs " prochainement enregistré. Retour du sax ténor. Vibrato. Son velouté du ténor. Batteur aux balais. Pas de guitare. Leila Olivesi mène de main de maîtresse la rythmique. Un blues énergique. Ca s'énerve entre chanteuse et sax ténor bien secoués par la rythmique.

Reconstitution du nonet et reprise de la Suite Andamane dans ses trois mouvements. Nous avons le privilège de tester cette nouvelle musique. Les musiciens sont plus chauds qu'au premier set. Les services sont plus rapides, les volées plus tranchantes, le jeu de fond de court implacable. 

Je suis parti à la reprise de " Satin Doll " car il n'était pas loin de minuit et que j'avais école le lendemain. 

Les Dames m'ayant abandonné ce soir, j'étais accompagné de trois hommes féministes. Le Modern Musical Express composé de MM. M, M et E. Les couleurs du nonet les ont ravi. La qualité des musiciens a emporté leurs suffrages. Seul bémol: la chanteuse les a moins convaincu. 

La photographie de Manu Codjia est l'œuvre de l'Inévitable Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette œuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales. 

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Jazzoo 2 remplit l'Espace Sorano de joie et de couleur

Publié le par Guillaume Lagrée

Jazzoo 2

Oddjob

Espace Sorano

Vincennes (94)

Dimanche 16 décembre 2018. 17h

Oddjob est composé de

Goran Kajfes: trompettes

Për " Rukstrask " Johansonn: saxophone alto, flûte, clarinette basse; saxophone électronique, guimbarde.

Daniel Karlsson: piano, orgue

Peter Forss: contrebasse, guitare basse

Lars Skoglund: batterie, percussions

Helena ? à l'ordinateur pour les bruitages

Honorables lectrices mères de famille, respectables lecteurs de famille, je vous ai déjà chanté les louanges de Jazzoo du groupe suédois Oddjob pour transmettre la flamme du Jazz à la génération montante. Premier album (2016), deuxième album (2018) et concert (2018). 

Comme le plaisir de déguster Jazzoo ne doit pas être réservé aux enfants, j'ai convaincu Madame F de m'accompagner à ce concert. 

Chaque morceau raconte une histoire d'animaux. Sur scène, un dessin animé colle à la musique. Ainsi les enfants comprennent mieux et s'amusent plus. Les adultes aussi. De plus, en France, les musiciens se présentent et commentent les morceaux en français avec un charmant accent suédois. 

D'abord, le ver de terre qui veut manger sans être mangé. La trompette suggère sa reptation. Ce sont des contes pour enfants. Ca finit forcément bien. Le lombric échappe aux poules et retrouve son amie la chenille pour savourer une délicieuse salade.

Vient le jeune éléphant qui a envie de faire la fête le soir et qui réveille toute la forêt. La trompette barrit joyeusement. Clavier et basse électrique. Tous les animaux de la forêt lui disent: " Chut! " . Les enfants aussi même s'ils sont partagés car ils ont envie de faire la fête avec ce jeune éléphant. A force, l'éléphant finit par céder et dormir comme tout le monde. 

Retour au piano et à la contrebasse pour le kangourou. La guimbarde joue ses sauts. Son ami le koala aimerait bondir lui aussi mais comment faire? Après plusieurs échecs, marqués par la batterie, il trouve le truc. Piano et contrebasse soulignent ses sauts. 

Sax alto pour jouer le vol de l'aigle (cf extrait audio au dessus de cet article). Il plane au dessus des montagnes, sous le soleil exactement. La rythmique joue le vent qui le porte. 

Les amours du canard sont compliquées. Quand le coup de foudre le frappe, le groupe joue Free Jazz. Mais, quand ça marche, ça joue Swing en souplesse. 

Viennent les claquettes du pingouin. Le pianiste ponctue avec la contrebasse alors que le batteur marque les pas. Sax alto et trompette soufflent le Swing. Quand les manchots essaient de suivre et chutent, c'est du Free Jazz. Mais quand le pingouin danse et que tous suivent, c'est Swing. 

Il y eut aussi la famille hérisson qui traverse la route pour se nourrir en évitant les voitures jouées par l'archet sur la contrebasse. 

En rappel, le gorille qui fait beaucoup de bruit pour montrer qu'il est le plus fort et s'écroule sous le poids des fruits qu'il a accumulé. Puis une très jolie morale: une musique vive, légère, rapide pour deux écureuils qui cherchent en catastrophe à faire leurs provisions pour l'hiver. Chacun vole l'autre puis comprend qu'en s'unissant la réserve sera plus importante et plus sûre. L'union fait la force. Belle morale pour les enfants et les adultes, musiciens et mélomanes.

La salle était pleine à craquer, chantait, dansait, applaudissait, toutes générations confondues. Madame F était ravie elle aussi. Vive le Jazz! Vive Jazzoo!

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Le Sunside dit " Thanks a Million " à Eric Le Lann & Paul Lay

Publié le par Guillaume Lagrée

" Thanks a Million "

Eric Le Lann & Paul Lay

Le Sunside. Paris.

Samedi 15 décembre 2018. 21h30

Eric Le Lann: trompette

Paul Lay: piano

Lectrices Hot, lecteurs Swing, nous avions laissé Eric Le Lann & Paul Lay en quintet vivre leur " Life on Mars ". C'était en 2015. Nous sommes en 2018 et les deux musiciens rendent hommage en duo à Louis Armstrong avec l'album " Thanks a million " qui sera prochainement chroniqué sur ce blog.

Eric Le Lann a déjà enregistré deux duos avec des pianistes. " Trois heures du matin " en studio avec Michel Graillier (1996) et " Portrait in Black and White " en concert avec Martial Solal (1999). C'est dire si ses goûts sont raffinés. Paul Lay succède à des Maîtres.

Le pianiste pose l'ambiance. Un Blues lent. Le Blues, forcément pour le Roi du Jazz, Louis Armstrong. Paul Lay accélère, fait tintinnabuler le piano. Je reconnais " Dinah " (cf extrait audio au dessus de cet article). Ca chante même si Eric ne chante pas. Sa trompette chante pour lui. Le jeu de trompette est plus classique que celui de piano. Deux générations dialoguent autour du Grand Ancien. Belle attaque. Ca pince fort sur l'embouchure. Eric & Paul sont pris dans la danse qu'ils créent mais en restent maîtres. Solo de piano chantant. Ca swingue, sapristi! Eric vient ajouter de l'émotion, de la déchirure.

" Mack the knife ". Sourdine Harmon. Eric introduit ce fameux thème sur lequel Louis Armstrong a marqué sa griffe à jamais. Version lente. Solo de piano bluesy à souhait. Dès qu'Eric joue, il y a plus d'émotion. 

Le duo attaque sur un air vif. Je ne connais pas ce thème mais ça balance bien. Solo de piano rapide, bien charpenté. Ca repart en duo endiable jusqu'au final. C'était " Jubilee ". 

" Tight like this ". Intro au piano. Un solo grave. Le Blues, toujours le Blues. Ce sont les morceaux de Louis Armstrong mais Paul Lay et Eric Le Lann se les approprient ne copiant ni Earl Hines, ni Louis Armstrong. Copierait-on les pyramides d'Egypte ou les cathédrales gothiques d'Ile de France? Eric & Paul se nourrissent de cette musique et nous la restituent neuve et différente. Ca accélère serré. " Tight like this ". Le titre est clair. Le pianiste accélère en solo. Retour au thème. Un Blues lent, méditatif.

Un Blues lent. Thème inconnu de mes services. Le jeu du pianiste, en solo, augmente la taille du piano. Bref, Paul Lay sort le grand jeu. Je ne suis pas le seul à hocher la tête, pris par la musique. Solo de trompette final poignant. Direct au cœur. Au fait, c'était " Body and Soul " un standard joué des milliers de fois mais si bien revisité que j'ai eu bien du mal à le reconnaître.

" Louison " (Eric Le Lann). Eric Le Lann, Breton et Jazzman rend hommage en même temps à Louis Armstrong et Louison Bobet, triple vainqueur du Tour de France (1953, 1954 & 1955). Un petit air vif, enflammé. Jeu à flux tendu entre piano et trompette. Solo magique du pianiste. Comme une transe fraîche et tranquille. Cette antinomie s'accomplit sous les doigts de Paul Lay.

PAUSE

A la pause, un jeune Américain enlaçait sa bien aimée tout en lui détaillant les notes jouées: B flat (si bémol), C sharp (do dièse). Charmant. 

" Thanks a million ", le titre album. Le duo repart. Un air tranquille. Eric Le Lann vise toujours aussi précis. En plein cœur. Solo planant du piano. Un arrangement modal, façon années 60

" Farewell to Louis " (Paul Lay). Un Blues lent. Superbe attaque de la trompette. Ca mord. Un peu de vibrato. Final en piano solo pour dire au revoir à Louis.

" Saint James Infirmary ". Un des premiers thèmes que l'on apprend quand on joue New Orleans explique Eric Le Lann. 1er enregistrement par Louis Armstrong en 1928. Version française par Eddy Mitchell en 1965 (" J'avais deux amis "). Eric Le Lann l'apprit de son père, dentiste de profession et trompettiste Nouvelle Orléans par passion. C'est l'histoire d'un type qui retrouve sa chérie à la morgue. Un Blues poisseux et puissant. Joué avec l'intensité nécessaire.

Solo de trompette véhément en introduction. " The man I love " en version rapide. Le pianiste enchaîne. Toujours touchant. Solo de piano musclé, charpenté avec des trilles de notes distillées avec goût. Il y a une descendance de Martial Solal qui interprète ce standard comme personne. 

" Azalea " une ballade qui figure sur le fameux album " The Great Summit." (1961) qui réunit Louis Armstrong & Duke Ellington. Indispensable dans une discothèque. Sourdine Harmon. Une ballade. Le pianiste doit succéder à Duke Ellington. Le trompettiste à Louis Armstrong. Ne pas se laisser intimider. Une belle ballade en effet, fleurie à souhait.

" Just one of those things " (Cole Porter). C'est bien ça. Air enflammé. Une chanson d'amour vache. " Pour toi, notre amour était juste une de ces choses ". Le duo reste bien soudé sur le thème.

Lectrices Hot, lecteurs Swing, suivez le duo Paul Lay & Eric Le Lann jouant Louis Armstrong. Vous vous régalerez sans modération et, à votre tour, vous direz " Thanks a million ". 

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Bartok Impressions imprime sa marque au Triton

Publié le par Guillaume Lagrée

Bartok Impressions

Le Triton

Les Lilas (93)

Vendredi 14 décembre 2018. 20h30

Bartok Impressions est composé de

Mathias Lévy: violon

Matyas Szandaï: contrebasse

Milklos Lukacs: cymbalum

 

Lectrices passionnantes, lecteurs passionnés, j'avais manqué un concert du trio Bartok Impressions lors du festival Jazzycolors 2018 à Paris. Cette erreur est désormais réparée grâce à ce concert au Triton

Ca tapote, gratte, grince. Puis le violon lance la danse. La contrebasse installe un tempo souple. Dialogue entre violon et cymbalum. Dans l'esprit du Mikrokosmos de Bela Bartok (1881-1945), des fragments de musique se succèdent, s'entrechoquent. C'est une beauté originale.

La contrebasse gémit sous l'archet. Le cymbalum installe une vibration mystérieuse. Le violon agace à volonté, ardent, aigu, vibrant. La tension monte. Elle se brise et repart aussitôt dans une autre direction. Solo de cymbalum. Ambiance château des Carpathes. Un petit conte léger s'élève entre les cordes pincées du violon et de la contrebasse et celles tapotées du cymbalum. Happés par la fraîcheur de la musique, des spectateurs toussent en rythme. Les notes du violon s'étirent doucement sous l'archet. C'est beau et calme comme des pas sur la neige dans la campagne. 

Le premier morceau vient d'un duo pour violons. Le deuxième est d'origine inconnue. Le 3e est le " Romanian Dance Christmas Carol ". Toutes les compositions sont de Bela Bartok comme le nom du trio, Bartok Impressions, l'indique clairement. 

Une œuvre tirée du " Mikrokosmos " (les exercices pour piano de Bela Bartok), cahier n°6 (donc d'un niveau déjà élevé puisque la difficulté des exercices va crescendo au fil des cahiers). Morceau très dansant, vif et festif. Ca sent la fête paysanne et la chevauchée dans la puszta. La machine se dérègle avec le cymbalum alors que la contrebasse garde le tempo. Retour à une mélodie commune pour le final.

Solo de contrebasse en introduction. Belle unisson du trio. La contrebasse impulse, le violon décolle et le cymbalum scande. Solo de cymbalum. Miklos Lukacs explore des sons neufs sur un instrument ancien. La contrebasse relance. 

Solo de violon. Lui aussi cherche des sons. Du pizzicato à l'archet. Il amène quelque chose de plus doux sur lequel le trio enchaîne. En glissant, en vitesse. Duo percutant entre contrebasse et cymbalum. Le violon revient dans la danse. 

Un extrait des " Danses roumaines ", de Bartok bien sûr. Mathias Levy nous explique le concept. Ils se sont intéressés à Bartok, pionnier de l'ethnomusicologie. D'abord à ses compositions; puis aux rythmes originels tziganes amenés par Miklos Lukacs. Tout d'un coup cela devient plus brutal, plus campagnard, plus libre aussi bref, plus tzigane. Ce trio devrait jouer avec Rick Margitza, saxophoniste ténor américain, résidant à Paris, descendant de Tziganes hongrois, dont le morceau fétiche se nomme " For the Gypsies ". La musique explose comme un feu d'artifice toujours plus haute, plus brillante, plus lumineuse. 

Une ballade. Solo de cymbalum qui sonne comme la guitare électrique de David Gilmour. La contrebasse ronronne sous l'archet. Le violon vient ajouter sa douce plainte. Duo entre le cymbalum et la contrebasse à l'archet. Grave et profond. Tout à coup, le trio démarre. Violon et contrebasse en pizzicato alors que le cymbalum installe l'ambiance étrange de la pièce. 

C'était une nouvelle pièce du Mikrokosmos. Le but est de se noyer dans l'univers de Bartok explique Mathias Lévy. 

Un arrangement sur le 4e mouvement du concerto pour orchestre de Bartok. " Enfin! " s'exclame un spectateur taquin. Gageure que de jouer en trio une œuvre pour orchestre symphonique. La grâce et la majesté sont là. Mélodie jouée finement en solo par le cymbalum. Belle envolée du trio qui atterrit puis repart en douceur sur une mélodie orchestrale.

RAPPEL

Si nous n'avons pas tous compris à la première écoute, nous pouvons passer à la deuxième et plus si affinités grâce à l'album nous explique Mathias Lévy. Effectivement, il le mérite et sera prochainement chroniqué sur ce blog. Le trio Bartok Impressions est à savourer sur scène et en studio sans modération. 

L'intégralité de ce concert peut être vue et écoutée à volonté pendant 31 jours moyennant 2€. Voici le lien idoine. Cf extrait dans la vidéo ci-dessous.

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Martial Solal " Histoires improvisées "

Publié le par Guillaume Lagrée

Martial Solal par Juan Carlos HERNANDEZ

Martial Solal par Juan Carlos HERNANDEZ

Martial Solal

" Histoires improvisées "

JMS. 2018.

En concert à Paris, salle Gaveau, mercredi 23 janvier 2019 à 20h30

Martial Solal: piano.

Lectrices adorées, lecteurs adorables, à 91 ans, l'âge actuel de Martial Solal, il est temps de faire son bilan avant de fermer définitivement le couvercle du piano. C'est ce que lui a proposé de faire, sous forme de jeu, son vieil ami Jean-Marie Salhani, fondateur des disques JMS. 

La règle du jeu, la voici. 52 petits papiers dans un chapeau. Sur chaque papier, un nom propre ou commun, au maximum une phrase. Martial tirait au sort, à l'aveugle et jouait s'il était inspiré. Cela donne 19 morceaux au total.

Pas de répétition, pas de partition, pas de seconde prise. Des " Histoires improvisées " comme le titre l'indique. Chaque morceau est précédé de quelques mots de Martial Solal qui explique ce que cela lui inspire avant de le jouer.

Martial Solal explique sa démarche dans cette interview pour Culture Box du 28 novembre 2018.

" Martial Solal, compositeur de l'instant ", tel est le titre de son livre d'entretiens  avec Xavier Prévost, journaliste (DVD joint où Martial parle et joue). Un titre dont cet album découle. 

De ces " Histoires improvisées " ressortent d'abord sa famille: " Claudia " (16), sa fille Claudia Solal, chanteuse très favorablement connue de nos services; sa petite-fille Amalia " Chanson pour Amalia " (14) pour qui il revisite des comptines; " Eric " (4) non pas son fidèle complice depuis 1981, Eric Le Lann mais son fils, Eric Solal et pour son épouse, Anna, une " Marche nuptiale " (18). L'amour d'un père, d'un grand-père, d'un mari joué en quelques minutes d'improvisation.

Puis ses Maîtres. A commencer par " Count Basie " (1). Martial Solal s'emploie à relever une gageure. Evoquer la fameuse section de cuivres et de vents de la Swing Machine avec un piano. Il s'en sort honorablement. Après le Comte de Basie, vient nécessairement le Duc d' " Ellington " (5). L'emprise du Duke sur le Jazz est telle, comme l'explique Martial avant de jouer, que ses thèmes apparaissent sous ses doigts avec la force de l'évidence. Il y a aussi Charlie Parker avec " Be Bop " (3) joué dans le style mais citer un thème précis. Sur le piano de Martial Solal, à son domicile, figurent toujours des partitions de Franz Liszt comme exercices. Il lui rend hommage avec " Liszt " (2) joué à la manière de mais sans parodie.  Pour " Le guitariste " (13), Martial a pensé logiquement à celui dont il fut le dernier pianiste, Django Reinhardt. D'où les évocations de " Nuages ". 

Et puis il y a les Maîtres qui sont ou furent des amis, Kenny Clarke, le roi des batteurs pour Martial Solal a droit à un percussif " Kenny " (10). La rythmique Martial Solal, Pierre Michelot, Kenny Clarke fit les bonheurs du Club Saint Germain à Paris de la fin des années 50 au milieu des années 60. De même pour Dizzy Gillespie, qui inspire un joyeux " Dizzy " (15). Martial Solal a enregistré en duo avec deux violonistes français, Stéphane Grappelli et Didier Lockwood. Ils lui inspirent l'élégant " Il était une fois un violon " où il s'inspire, au piano, des notes étirées propres au violon. Et, forcément, son complice depuis 1968, Lee Konitz, avec " What is this, Lee ? " (17) sans rien jouer qui rappelle le standard qu'ils explorèrent durant des décennies, " What's this thing called love? ".

Après ses Maîtres, un hommage à son disciple, son seul élève, Manuel Rocheman, avec " Manuellement " (6).

Martial Solal a aussi composé pour le cinéma, gagnant au Loto, comme il le dit lui même en composant la BO du film de Jean-Luc Godard, " A bout de souffle  " (7). Là, les thèmes composés pour le film reviennent. Cf vidéo sous cet article. Pour Jean-Paul Belmondo, aussi, " A bout de souffle " fut le jackpot qui lança sa carrière. Mais, lui, tourna de nouveau avec Jean-Luc Godard alors que Martial Solal n'a plus jamais composé pour lui. Belmondo et Solal se retrouvèrent chez Jean-Pierre Melville avec " Léon Morin, prêtre ". Il fallut à Martial composer une musique qui n'a rien à voir avec le Jazz. Cela donne ici, " Léon Morin " (11).

Enfin, à part la famille, les Maîtres, les amis, le disciple et le cinéma, Martial Solal a d'autres souvenirs personnels.

Les courses de chevaux avec " Au trot " (12), joué ni au pas, ni au galop mais bien au trot, justement.

L'improvisation la plus émouvante de l'album, à mon avis (avis partagé avec les critiques officiels de Jazz Magazine) est celle dédiée à sa ville natale, " Alger " (9).

Je ne connais Alger ni des lèvres ni des dents, j'avais repéré le titre de ce morceau mais pas sa place dans l'album. Pourtant, dès les premières secondes, Alger la blanche m'est apparue dominant ton bleu si bleu, O Mer Méditerranée.

Dans une interview de 2005, Martial Solal m'avait dit que son premier souvenir rythmique marquant, c'est, dans son enfance, la musique des Noirs musulmans descendus des montagnes dans les rues d'Alger. Avant les années passées à jouer de la musique de danse (Martial Solal a fait danser ma grand-tante Juliette à Alger), c'est de cette musique que Martial Solal a appris l'importance de la pulsation.

La première pulsation, c'est celle du cœur, bien sûr. C'est celle qui bat la mesure de ces " Histoires improvisées " de la première pour Count Basie à la dix-neuvième qui s'en va " N'importe où " mais pas n'importe comment. Cet album est comme un album photos. Du noir et blanc à la couleur, de 1927 (naissance à Alger) à 2018 (enregistrement de l'album à Meudon), elles sont toujours aussi vives.

" Une légende, c'est un vieil homme avec une canne, connu pour ce qu'il a fait . Moi, je le fais encore " (Miles Davis).

Martial Solal le fait encore. Avec cet album. Sur scène, à Paris, salle Gaveau, mercredi 23 janvier 2019 à 20h30. Là même où il réserva la salle pour son trio avec Guy Pedersen (contrebasse) et Daniel Humair (1962 et 1963), relançant une carrière qui stagnait alors. Jouera t-il la " Gavotte à Gaveau  " (cf extrait audio sous cet article)? Vous le saurez en vous rendant à ce concert, lectrices adorées, lecteurs adorables.

Demande personnelle: Martial Solal n'a jamais enregistré pour accompagner une chanteuse. Le rendez-vous avec Carmen Mac Rae fut manqué pour une sombre histoire de production. J'attends toujours l'enregistrement en duo de Martial & Claudia Solal. Depuis bientôt 15 ans. Je ne suis pas le seul et plus le temps passe, plus je crains que ce rendez-vous là aussi ne soit manqué. 

La photographie de Martial Solal est l'œuvre de l'Inimitable Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette œuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales

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" zagrajcie swoja muzyke " Witold Janiak Trio

Publié le par Guillaume Lagrée

" zagrajcie zwoja muzike "

Witold Janiak Trio

2015

Le Witold Janiak Trio est composé de 

Witold Janiak: piano, direction

Rafal Rezalski: contrebasse

Kamil Miszewski: batterie

Bienvenue au 45e abonné de ce blog. Que les Dieux et les Muses le protègent!

Lectrices polonaises, lecteurs d'ailleurs, je vous ai déjà raconté mon émerveillement à ma découverte du Witold Janiak Trio lors d'un concert à Paris pour clore l'édition 2018 du festival Jazzycolors.

Cet émerveillement se renouvelle à l'écoute de l'album " zagrajcie swoja muzyke ". Pour les lecteurs d'ailleurs, cela signifie " jouez votre musique ". 

Dans la pochette de l'album, Witold Janiak explique sa démarche. Un jour qu'il suivait un Master Class de Jazz à Varsovie avec des Jazzmen américains, après avoir travaillé les standards, un Américain leur dit: " Ecoutez, c'est de la musique des Etats Unis et son histoire est bien connue de tous. Nous la jouons tous et c'est cool. Mais nous adorerions mieux vous connaître, vous et vos origines. Alors jouez votre musique maintenant. "

Witild Janiak a retenu la leçon. Il s'est plongé dans la musique polonaise traditionnelle des campagnes, celle des mazurkas et des valses qui inspirèrent Frédéric Chopin (1810-1849). Plutôt que de rejouer les standards de Tin Pan Alley ou de créer des compositions hasardeuses, il vivifie la tradition. 

Certes Witold Janiak est Polonais et pianiste mais il ne vit pas à la même époque que Chopin. Il n'a ni la même expérience de vie ni la même formation musicale. Son idée de la vitesse, c'est la fusée, pas un cheval au galop. Il n'a pas besoin de s'exiler à Paris pour échapper aux Russes. Il n'imite pas les Juifs du ghetto de Varsovie (le numéro préféré de Chopin pour faire rire en société) car il n'y a plus de ghetto de Varsovie. 

Witold Janiak joue cette musique, en homme du XXI° siècle, avec un trio classique en Jazz, piano-contrebasse-batterie.

Le résultat n'est pas classique du tout. Ca chante, ça danse, ça vibre. Ca respire la joie et la vie. Sur tempo rapide ou lent. Cette musique évoque le grand air, l'herbe verte, les danses en groupe. Pas non plus de nostalgie réactionnaire là dedans puisque le trio réinvente cette musique.

Je laisse les lectrices polonaises expliquer aux lecteurs d'ailleurs ce que signifie " Owijas " (cf vidéo sous cet article), le titre et la musique. 

Régalez vous avec le Witold Janiak Trio, lectrices polonaises, lecteurs d'ailleurs. Ecoutez le et dansez ensemble. 

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Phynancons la Suite Andamane de Leila Olivesi!

Publié le par Guillaume Lagrée

Lectrices généreuses, lecteurs munificents, il n'a pu vous échapper que ce blog ne cesse de chanter les louanges de la pianiste et compositrice française Leila Olivesi.

Après son dernier album Utopia (littéralement, le pays qui n'existe pas) en 2015, voici que la Dame du temps présent, Leila Olivesi, nous emmène dans une nouvelle aventure musicale au gré de ses voyages et de sa créativité. 

Pour paraître au grand jour, la Suite Andamane a besoin de votre soutien phynancier lectrices généreuses, lecteurs munificents. Il reste 52 jours pour atteindre la somme minimale de 2500€ nécessaire à la publication de l'album sous toutes les formes possibles. C'est jouable.

Pour vous donner une idée plus précise de cette musique, voici le casting composé de musiciens dont plusieurs ont déjà été acclamés sur ce blog.

Au premier chef, la Citoyenne Leila Olivesi, bien sûr.

Ensuite Manu Codjia (guitare), Jean-Charles Richard (sax baryton), Yoni Zelnik (contrebasse), Donald Kontomanou (batterie), Chloé Cailleton (chant), Glenn Ferris (trombone), Adrien Sanchez (sax ténor), Baptiste Herbin (sax alto) et Quentin Ghomari (trompette). Bref, du beau monde pour faire de la belle ouvrage. 

Pour écouter cette musique sur scène, avant même la sortie de l'album, rendez-vous à Paris, au Sunside, jeudi 20 décembre 2018 à 21h.

 

Ci-dessous une version pour grand orchestre de la Suite Andamane de Leila Olivesi jouée à Paris en 2016 au conservatoire Maurice Ravel. Bien qu'elle soit née après la mort de Duke Ellington, Leila Olivesi en est une digne disciple. Elle mérite votre soutien lectrices généreuses, lecteurs munificents. 

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" Jazzoo Be Zoo Jazz ! " Oddjob

Publié le par Guillaume Lagrée

" Jazzoo. Be Zoo Jazz ! "

Oddjob

Le label dans la forêt. 2018.

Oddjob est composé de

Goran Kajfes: trompettes

Për " Rukstrask " Johansonn: saxophone alto, flûte, clarinette basse; saxophone électronique

Daniel Karlsson: piano, orgue

Peter Forss: contrebasse, guitare basse

Lars Skoglund: batterie, percussions

Concerts en France:

Enfants, rassurez vos parents. Ils ont le droit de danser pendant les concerts de Jazzoo. Qu'ils n'aient pas peur d'être ridicules. En avez vous peur, vous? 

- lundi 10, mardi 11, mercredi 12 et jeudi 13 décembre 2018 au théâtre Paul Eluard à Bezons (95)

- vendredi 14 décembre 2018 dans la chapelle Corneille de l'auditorium de Normandie à Rouen (76)

- dimanche 16 décembre 2018 à l'espace Sorano, Vincennes (94)

- lundi 17, mardi 18, mercredi 19 et jeudi 20 décembre 2018 à la Méridienne, à Lunéville (54).

Salut au 44e abonné de ce blog. Que les dieux et les muses le protègent!

Honorables lectrices mères de famille, respectables lecteurs pères de famille, passez la flamme du Jazz à la génération suivante grâce à Jazzoo

Je vous ai déjà chanté les louanges du premier épisode des aventures de JazzooEn concert, le charme de cette musique fonctionne sur toutes les générations, des Zazous de 2 ans aux Boppers de 77 ans en passant par les Swinging Ladies de 33 et les Cool cats de 47 ans. 

La magie fonctionne de nouveau avec " Jazzoo. Be Zoo Jazz! " le 2e épisode des aventures de Jazzoo. Rappelons le principe. Chaque morceau est inspiré par un animal. Le CD est accompagné d'un livre d'images. En concert, la musique se déroule sur fond de dessin animé. Sur scène, les Suédois d'Oddjob font l'effort de parler la langue du pays où ils jouent. En France, ils parlent français. En Allemagne, allemand. En Angleterre, anglais. En Chine, chinois mais toujours avec l'accent suédois. 

Les morceaux sont bref, l'album et le concert aussi. Il s'agit de ne pas dépasser les capacités de concentration d'un enfant de 3 ans. Sachant que les enfants sont le public le plus exigeant et le plus difficile. S'ils aiment, ils vous le montrent et le concert est un triomphe. S'ils n'aiment pas, ils vous le montrent aussi et vous n'avez plus qu'à quitter la scène, vaincu, la tête basse, comme un boxeur défait. Avec Jazzoo, pas de souci. Les enfants restent concentrés et passionnés du début à la fin et grondent les adultes s'ils se tiennent mal. 

Le plus amusant, est de deviner de quel animal il s'agit en écoutant le disque. Le papillon (cf extrait audio au dessus de cet article), c'est facile. Le gorille aussi. Mais l'orignal qui se baigne? La poule qui secoue le coq fainéant qui ne chante pas à l'aurore? Plus compliqué déjà. Le cochon (mon signe chinois) qui se baigne dans la gadoue, la gadoue, la gadoue me réjouit . L'aigle plane très haut dans les airs. Le crocodile a faim. Le paresseux glisse lentement, piano piano. 

Si vous êtes responsables de la programmation d'une salle de concert, d'un club ou d'un festival de Jazz et que vous voulez avoir encore un public dans 20 ans, misez dès aujourd'hui sur Oddjob et Jazzoo. Si vous voulez passer la flamme du Jazz à la génération montante, faites lui écouter Jazzoo. Si vous voulez passer un bon moment à écouter une musique savante et vivante, joyeuse et chatoyante, plongez dans Jazzoo.

L'abus de Jazzoo est recommandé pour la santé physique et mentale. A consommer sans modération. 

La vidéo ci-dessous, représentative de cet album, a été enregistrée à la Philharmonie de Paris le 1er septembre 2018 et non pas 2019 comme il est indiqué par erreur. Je le sais. J'y étais.

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