Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

En 2020, Boris Vian aura 100 ans, et Vian!

Publié le par Guillaume Lagrée

Lectrices Pataphysiciennes, lecteurs Pataphysiciens, adorateurs de la Grande Gidouille, les 100 ans de Bison Ravi, alias Boris Vian (1920-1959) ne peuvent vous échapper.

Centralien, ingénieur de l'AFNOR, trompettiste, guitariste, compositeur, parolier, poète, traducteur, critique, producteur musical, écrivain, inventeur, dessinateur et j'en oublie certainement, Boris Vian a vécu plus de vies en 39 années que bien des centenaires.

En 2020, il aurait eu 100 ans et son humour mord toujours.

Diverses activités seront organisées tout au long de l'année 2020 pour célébrer l'Equarisseur de Première classe, Satrape et Promoteur Insigne de l'ordre de la Grande Gidouille, en France (spécialement au 6 bis cité Véron, 75018 Paris, dernier domicile connu de Boris Vian vivant), mais aussi en Belgique, en Suisse et au Canada. 

Voici le Programme. Faites la fête avec Boris Vian tout l'an 2020, lectrices Pataphysiciennes, lecteurs Pataphysiciens. 

Dans la vidéo ci-dessous, enregistrée au Tabou, fameux club germanopratin des années 1950, les 3 frères Boris (trompette), Alain (batterie) et Lelio (guitare) Vian, jouent un standard du Jazz des années 20, " The Sheikh of Araby ". 

Partager cet article

Repost0

" Rien n'est grave dans les aigus " . Michel Legrand fêté à la Maison de la Radio

Publié le par Guillaume Lagrée

Lectrices mélodieuses, lecteurs harmonieux, retrouvez vous à la Maison de la Radio, 116 avenue du président Kennedy, 75016 Paris, France, pour célébrer Michel Legrand (1932-2019), pianiste, compositeur, chanteur, chef d'orchestre, arrangeur, directeur musical français de classe internationale. 

D'abord avec l'exposition " Rien n'est grave dans les aigus "  jusqu'au jeudi 30 janvier 2020. Entrée libre. 

Puis pour 3 jours de fin de semaine consacrés à Michel Legrand en janvier 2020.

Vendredi 24  janvier, 20h, Paris, Maison de la Radio: Le cinéma de Michel Legrand. Avec l'orchestre philharmonique de Radio France dirigé par Frank Strobel et un septet de Jazz.  Concert diffusé en direct sur France Musique. Michel Legrand, ce sont 3 Oscars pour la musique de film sur 3 décennies: un dans les années 1960 pour l'Affaire Thomas Crown  ( " The windmills of my mind " ou " Les moulins de mon coeur " est un standard du Jazz actuel) , L'Eté 42 dans les années 1970 ( " Summer 42 " est un autre standard du Jazz),  Yentl dans les années 1980.

 Samedi 25 janvier, 20h, Paris, Maison de la Radio: Michel Legrand Jazz. Orchestre dirigé par Fred Pallem (guitare basse électrique). Le titre de la soirée est un hommage à son fameux album de 1958 " Legrand Jazz " où il dirigeait un orchestre composé notamment de Miles Davis, John Coltrane, Paul Chambers, Ben Wbester, Hank Jones, Phil Woods, Georges Duvivier et Bill Evans.

Dimanche 26 janvier, 16h, Paris, Maison de la Radio: Michel Legrand, la musique en-chantée. L'orchestre philharmonique de Radio France dirigé par Bastien Stil, un quintette de Jazz & 2 chanteuses: Nathalie Dessay (classique) & Camille Bertault (Jazz). 

Puisque Michel Legrand était un homme orchestre, le voici s'amusant avec " Trombone, guitare et compagnie " . Cf vidéo ci-dessous.

Partager cet article

Repost0

Sélection de concerts de Jazz pour janvier 2020

Publié le par Guillaume Lagrée

Sarah Murcia par Juan Carlos HERNANDEZ

Sarah Murcia par Juan Carlos HERNANDEZ

Respectables lectrices, Honorables lecteurs, fidèles abonnés au Jazz et à l'électricité, tous mes voeux de santé, de félicité et de prospérité pour la nouvelle année. En 2020, la flamme du Jazz ne s'éteindra pas!

Armé de mon mauvais goût et de ma mauvaise foi habituels, je vous propose la sélection suivante de concerts de Jazz pour janvier 2020 en France. 

Pour une sélection exhaustive sur l'Ile de France, voyez Paris Jazz Club. Pour la France et l'Europe, voyez Citizen Jazz et Jazz Magazine

Si vous ne pouvez assister aux concerts, écoutez les sur France Musique avec les émissions Jazz Club (pour le présent) et Les légendes du Jazz (pour le passé) et sur TSF Jazz avec Jazz Live

Pour l'actualité du Jazz, écoutez sur la Toile Couleurs Jazz Radio où l'auteur de ce blog sévit dans une émission mensuelle intitulée, notez l'originalité, " Le Jars jase Jazz ". Diffusion le vendredi et le dimanche à 1h du matin et 18h (heure de Paris). Pas de podcast. Audible dans le monde entier avec une connexion à l'Internet. De décembre 2019 à mars 2020, les 4 émissions seront centrées sur le BRASIL. Stan Getz, Joao Gilberto & Antonio Carlos Jobim seront évidemment à l'honneur. Le chanteur et guitariste brésilien Vitto Meirelles, dont l'album " Da Hora ", est louangé sur ce blog m'a octroyé un entretien de 30mn qui est diffusé à la suite de l'émission de janvier 2020. Couleurs Jazz Radio est une radio associative, garantie sans réclame. Elle vit de contributions volontaires. Pour les contribuables imposables en France, les dons sont déductibles de l'impôt sur le revenu et de l'impôt sur les sociétés. 

Si vous voulez assister depuis la Toile aux concerts à New York, USA, dans Greenwich Village, pour les clubs Small's et Mezzrow, suivez ce lien. C'est payant certes mais toujours moins cher qu'un séjour dans la Grosse Pomme.

L'exposition " Music Migrations. Paris-Londres. 1962-1989 " est visible et audible au Palais de la Porte Dorée, à Paris, jusqu'au dimanche 5 janvier 2020. Ce sont les derniers jours pour en profiter. Visite vivement recommandée.

Exposition " Rien n'est grave dans les aigus " consacrée à Michel Legrand à la Maison de la Radio , à Paris, jusqu'au jeudi 30 janvier 2020. Entrée libre. 

Albi Jazz Festival à Albi (81), en Occitanie, du jeudi 16 au dimanche 19 janvier avec Henri Texier (contrebasse) , maintes fois célébré sur ce blog, le vendredi 17 janvier. 

13e festival Au fil des Voix à Paris (75) du lundi 20 janvier au vendredi 7 février 2020 avec Macha Gharibian (piano, voix) le jeudi 23 janvier. Le rendez-vous des grandes voix du monde. 

Festival Sons d'Hiver dans le Val de Marne (94), en Ile de France, du vendredi 17 janvier au vendredi 8 février 2020. Samedi 18 janvier, 20h30, Vincennes: Claudia Solal & Benoît Delbecq (sortie d'album) + Fred Frith Eye to Ear ensemble (création). 

Europa Jazz Festival au Mans (72), en Pays de la Loire, du dimanche 26 janvier au dimanche 2 février avec Tricia Evy, chanteuse marraine de Couleurs Jazz Radio, le mercredi 29 janvier à 19h au Chorus.

Jeudi 2 & vendredi 3 janvier, 20h30, Paris, Le Sunside: " Les manoirs de mes rêves " par Philip Catherine (guitare électrique) . Hommage à Django Reinhardt mais aussi à Michel Berger. Cf extrait audio au dessus de cet article.

Vendredi 3 janvier, 19 h30 & 21h45, Paris, Le Duc des Lombards: Sacha Boutros (chant) invite Michele Hendricks (chant) très favorablement connue de nos services.

Mercredi 8 janvier, 20h30, Paris, Studio de l'Ermitage: Sarah Murcia " Eyeballing " + Stéphane Payen Worshop. Esprits frileux, s'abstenir. Cf photographie au dessus de cet article.

Lundi 13 janvier, 20h, Paris, Le Pan Piper: Jean-Marie Machado (piano) en solo, duo & quartet. 

Mardi 14 janvier:

- 20h, Paris, Galerie Hus: Benoît Delbecq en piano solo. 

- 21h, Paris, Le Sunside: Or Baraket quartet.

Mercredi 15 janvier, 21h, Paris, Bab-Ilo: un trio de Magiciens plusieurs fois loué sur ce blog. Michel Edelin (flûte), Peter Giron (contrebasse) & John Betsch (batterie). 

Jeudi 16 janvier, 20h30, Paris, Studio de l'Ermitage: Hono & Brady Winterstein (guitares). Oncle et neveu unis pour le meilleur du Jazz manouche. 

Vendredi 17 & samedi 18 janvier, 21h30, Paris, Le Baiser Salé: Roger Biwandu Bordeaux Quartet. Groovy, forcément groovy!

Samedi 18 janvier:

- 20h30, Paris, Maison de la Radio: Cecile Mac Lorin Salvant (chant).

- 21h, Auvers sur Oise (95), Maison de l'Ile: le trio de Mathias Levy. Entre Europe de l'Est et Amérique du Nord en passant par la France, ce trio tisse les liens avec couleur et vigueur. 

Mardi 21 janvier:

- 21h, Eaubonne (95), Salle de l'Orangerie: " Wild Poetry " de David Patrois.

- 21h30, Paris, Le Baiser Salé: " Tony " par Elie Martin-Charrière. Elie Martin-Charrière est batteur. Je suppose donc qu'il s'agit d'un hommage à Tony Williams (1945-1997)  mais je peux me tromper. 

Vendredi 24 janvier:

- 20h, Paris, Maison de la Radio: Le cinéma de Michel Legrand. Avec l'orchestre philharmonique de Radio France dirigé par Frank Strobel et un septet de Jazz.  Concert diffusé en direct sur France Musique. Cf vidéo sous cet article.

- 20h30, Paris, Le Bal Blomet: Violaine Cochard & Edouard Ferlet mêlent cordes pincées du clavecin et cordes frappées du piano pour un jazz baroque. 

- 20h30, Les Lilas (93), Le Triton: Benjamin Moussay & Francesco Bearzatti trio. Explorations et explosions sonores au programme. 

- 20h30, Bischeim (68), Alsace, Le Cercle, le chanteur, guitariste, auteur compositeur et interprète brésilien Vitto Meirelles qui figure dans mon émission BRASIL sur Couleurs Jazz Radio en janvier 2020. Diffusion le vendredi et le dimanche à 1h et 18h (heure de Paris). Emission d'1h suivie d'un entretien de 30mn avec Vitto Meirelles.

- 21h, Paris, Le Sunside: " Spirabassi ". Stéphane Spira & Giovanni Mirabassi. Un duo de créateurs. 

Samedi 25 janvier:

- 20h, Paris, Maison de la Radio: Michel Legrand Jazz. Orchestre dirigé par Fred Pallem (guitare basse électrique). 

- 21h30, Paris, Le SunsideStéphane Spira & Giovanni Mirabassi. Un duo de créateurs. 

Dimanche 26 janvier, 16h, Paris, Maison de la Radio: Michel Legrand, la musique en-chantée. L'orchestre philharmonique de Radio France dirigé par Bastien Stil, un quintette de Jazz & 2 chanteuses: Nathalie Dessay (classique) & Camille Bertault (Jazz). 

Lundi 27 janvier, 20h30, Paris, Studio de l'Ermitage: Christophe Panzani. Du sax, du sax, oui mais du Panzani! En duo avec 5 pianistes différents sur la même scène.

Mercredi 29 janvier, 20h30, Paris, Le Baiser Salé: Ray Lema, Felix Sebal-Secco, Irving Acao. Congo & Cuba unis sur scène. Chaud devant!

Jeudi 30 janvier, 20h30, Boulogne-Billancourt (92), La Seine Musicale: Richard Galliano

Vendredi 31 janvier:

- 20h, Paris, Le Pan Piper: Louise Jallu Quartet + Mathias Levy Trio. L'Argentine et l'Europe centrale en version française. 

- 20h30, Paris, Le Bal Blomet: Hollywood Moscou New York. Laurent Naouri (baryton-basse) , Guillaume de Chassy (piano), Arnault Cuisinier (contrebasse) & Thomas Savy (clarinette) jouent avec Serge Prokofiev et Kurt Weill. 

La photographie de Sarah Murcia est l'oeuvre de l'Inaltérable Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales. 

" Bach, Mozart ou Ravel, c'était ma langue maternelle; le Jazz, ma première langue vivante " . Michel Legrand

Dans l'extrait ci-dessous de " Bande à part ", film de Jean-Luc Godard (1964), Claude Brasseur, Sami Frey et Anna Karina dansent sur une musique de Michel Legrand. Film qui est l'inspiration majeure de " Reservoir Dogs " de Quentin Tarantino dont la maison de production se nomme " A Band Apart ". 

Partager cet article

Repost0

Nuzut Trio " The Bowhopper "

Publié le par Guillaume Lagrée

Nuzut Trio

" The Bowhopper "

Album Da Vinci. 2019.

 

Le Nuzut Trio est composé de

Flavio Perrella: contrebasse, compositions, direction

Simon Martineau: guitare électrique

Thomas Delor: batterie

 

Lectrices Italiennes, lecteurs Français, je vous ai déjà chanté les louanges urbi et orbi du Nuzut Trio, petit ensemble franco-italien, en concert à Paris, le 15 décembre 2019.

Après plusieurs écoutes attentives, il est temps de parler de l'album " The  Bowhopper " de ce trio. D'abord le titre de l'album. Il y a beaucoup d'archet dans le jeu du contrebassiste. D'où l'archet sautillant qui donne son titre à l'album ainsi que la sculpture qui orne la pochette de l'album et ressemble beaucoup à un personnage d'Alberto Giacometti (1901-1966). Une sculpture sur bois d'Antonio Padovani nommé " The Bowhopper " justement. Si le trio est majoritairement français, le chef et compositeur est italien. D'où le nom du trio Nuzut et des titres comme " Povero Spirito " (3) et " Un po Zut " (9).

Le contrebassiste  et compositeur Flavio Perrella a obtenu ses diplômes de musicien classique en Italie avant de se consacrer au Jazz en France.  D'où sa prédilection pour le jeu à l'archet plutôt que le pizzicato comme disent les Classiques (slap disent les Jazzmen). Son trio reprend la formule classique du trio du Rock'n Roll, guitare électrique, basse, batterie. Sauf qu'il s'agit d'une contrebasse, pas d'une guitare basse électrique et d'un musicien venu du classique disais je. 

Le ton général est donc à la puissance contenue. Energie du Rock, liberté du Jazz, sens mélodique venu du Classique, ce mélange est irrésistible à mes oreilles.

Pour que la musique respire mieux, 3 interludes sont placés dans l'album en 2e, 5e et 7e position. Cf l'interlude 1 mis en extrait audio au dessus de cet article. 

Le Nuzut Trio a le sens du jeu. Il sait retenir notre attention avec humour et légèreté. Ecoutez " Un po zut " (9) par exemple avec ses éclats de Blues. Il y a tout de même une chanson triste, une ballade grave mais sans rien de pesant, " X Time " (8).  Le Blues final " Zoldog " (10) progresse lentement dans une transe contenue qui monte en puissance, vous saisit dès le départ et vous emmène loin à l'arrivée.

Mon seul reproche sur cet album est que mon morceau préféré, celui que j'ai envie d'écouter en boucle, en me passant de la suite, est placé en ouverture. " The grasshopper " (1). La sauterelle (Grasshopper in english) . L'invasion des sauterelles fait partie des Dix plaies d'Egypte dans le livre de l'Exode (Bible, Ancien Testament). Ici, c'est bien plus pacifique et entraînant, irrésistible à mon goût avec cette tension dès le départ et ce lâcher prise à l'arrivée. De manière sage tout de même car le Premier de ces trois Consuls, le Latin Flavio Perrella, vient du classique, ne l'oublions pas. A chaque écoute de ce morceau, je ne peux m'empêcher de hocher la tête avec un sourire béat et de chantonner. Un instant de Grâce passe. Cf vidéo sous cet article.

Ordre et mesure caractérisent cette musique. Les mélodies sont simples et efficaces. Le jeu est élégant et raffiné sans démonstration technique. L'interaction est permanente. Ni la guitare électrique, ni la batterie, instruments à fort volume sonore, ne couvrent jamais la contrebasse. Grâce au Français Henri Texier, au Portugais André Carvalho, la grand-mère (surnom affectueux de la contrebasse chez les musiciens) poursuit son émancipation avec l'Italien Flavio Perrella. Chacun d'eux sait nous raconter de belles histoires. Profitons en sans modération, lectrices Italiennes, lecteurs Français. 

Que les Dieux et les Muses fassent jouer le Nuzut Trio sur scène en France, en Italie, dans tout l'Imperium romanum et même au-delà! 

Partager cet article

Repost0

Nuzut Trio en escale à la Péniche Marcounet

Publié le par Guillaume Lagrée

Nuzut Trio

Péniche Marcounet

Paris, France

Dimanche 15 décembre 2019. 18h.

Concert de sortie de l'album " The Bowhopper "

Le Nuzut Trio est composé de

Flavio Perrella: contrebasse, compositions

Simon Martineau: guitare électrique

Thomas Delor: batterie

Lectrices curieuses, lecteurs fureteurs, sachez que j'ignorais tout du Nuzut Trio avant ce concert. Le guitariste  Simon Martineau m'avait écrit & envoyé un lien. Quelques secondes d'écoute suffirent à me convaincre de me déplacer un dimanche de grève à Paris. Ni remords, ni regret. Une chronique de l'album " The Bowhopper " suivra. 

Belle pulsation de la contrebasse pour commencer. Le batteur ajoute du volume aux baguettes. La guitare vibre en fusion avec les tambours. C'est puissant, doux et lent. La péniche Marcounet se balance au rythme de la Seine. La musique est en phase. C'est hypnotique. La guitare tourne en boucle, la contrebasse et la batterie assurant les variations. Puis le guitariste se lance. Tout en maintenant le thème en arrière-plan, il attaque et la rythmique suit. Vibration de la contrebasse en solo sous l'archet. Une ambiance méditative s'installe. Le bruit de fond de la climatisation nuit à l'écoute mais mon cerveau finit par en faire abstraction. 

La guitare enchaîne sur un autre thème. Pas d'applaudissement. C'est une suite. Ballade. Batteur aux balais. Douce montée en tension. Le public écoute religieusement. Pas même un chuchotement. Une belle musique inspire un silence respectueux à ceux qui en sont capables. La pulsion se fait plus forte puis redescend calmement. Dehors coule la Seine éclairée par les projecteurs. Je la vois par les hublots de la péniche. La musique, art liquide, est en phase avec le décor. 

Il me semble que le guitariste, en solo, introduit un nouveau thème. Toujours dans le silence attentif de la salle. Le trio va t-il jouer son concert d'une traite? Il repart sur un morceau bien secoué. Batteur aux baguettes. Rythme haché, saccadé. Breaks de batterie très secs, très vifs aux baguettes pendant que les cordes maintiennent la pulsation. Intéressant. 

3 morceaux enchaînés en 30 mn. Tout s'est bien passé. Flavio Perrella nous remercie d'être venus si nombreux, malgré les problèmes logistiques. Ils ont joué " Zoldog " suivi de " Povero spirito " & " Clacsong ". 

Un morceau qui ne figure pas sur l'album " The Bowhopper ". " Lettre à Poussin " ou " Poussin 2, 3 " . Est-ce un hommage au peintre classique français Nicolas Poussin (1594-1665) qui passa l'essentiel de sa vie à Rome où il mourut et est enterré? Batteur aux balais. A pas lents. C'est équilibré, posé comme un tableau de Poussin mêlant réel et idéal. Une certaine idée du classicisme. Solo de contrebasse calme et tranquille conforté par le jeu des balais sur les tambours et les ponctuations raffinées de la guitare. Thomas Delor bat ses tambours à mains nues. Cela ajoute de la chaleur au jeu. La pulsion remonte en trio. Glissendo final très élégant.

Je n'ai pas compris le titre. Solo de contrebasse pour commencer. Le batteur ajoute une pulsation vive et douce aux baguettes sur les cymbales et les bords de caisse. Guitare au son liquide. Ca roule pour nous. La péniche Marcounet est amarrée mais nous partons en voyage. Belle impression de grands espaces. Comme si la grand route s'ouvrait devant nous. Y a une route. Tu la prends, qu'est-ce que ça te coûte? Ca avance vraiment. D'un pas rapide. Et s'arrête d'un coup comme s'ils étaient arrivés.

Un nouveau morceau, sans titre pour l'instant. Ne figure pas dans l'album " The Bowhopper " évidemment. Un air étrange, inquiétant. Grosse pulsation de la contrebasse. Le batteur décompose le temps aux baguettes. Coups tranchants de la guitare. Thomas Delor nous reproduit même les coups des fantômes sur les portes avec des baguettes. Nous sommes plongés dans un château hanté. Ca repart avec un solo de contrebasse à l'archet. Rapide. La guitare reprend le thème. Le batteur tapote de ses mains. Nous quittons le château pour chevaucher dans la lande et la brume. Solo de contrebasse à l'archet. Flavio Perrella utilise beaucoup l'archet sur sa contrebasse, d'où le titre de l'album " The Bowhopper ". Peut-être vient-il de la musique classique comme le contrebassiste français Jean-Philippe Viret, lui aussi grand manieur d'archet. 

Le premier titre de l'album, " The  Grasshopper ". Cf extrait audio au dessus de cet article. Est-ce un hommage aux sauterelles, au club de football de Zürich ou à JJ Cale? Flavio Perrella parle français avec un charmant accent italien et un humour délicieux. Batteur aux baguettes qui reproduit une boite à rythmes. Sec, répétitif mais pas mécanique. Le morceau pulse bien. Là encore, les défricheurs avancent. Le son de guitare est plus mordant. Ils envoient dans le final comme un coureur de 1500m dans la dernière ligne droite. Finish irrésistible. Pas besoin de photo. Energie du Rock, liberté du Jazz. Bref, de la bonne musique. Ils restent sur le thème en jouant mezzo voce, en ralentissant progressivement vers le final. Ca, c'est bon!

RAPPEL

Puisqu'ils sont tristes de nous quitter, un morceau triste, " X Time ", annonce Flavio Perrella. Je ne suis pas triste car je sors d'un bon concert et que je vais pouvoir désormais savourer l'album " The Bowhopper " en espérant que le Nuzut Trio joue en concert en France, en Italie et partout où des esprits comme les vôtres sauront l'accueillir, lectrices curieuses, lecteurs fureteurs. 

Partager cet article

Repost0

" Tell me something new " Dexter Goldberg Trio

Publié le par Guillaume Lagrée

Dexter Goldberg Trio

" Tell me something new "

Un album Jazz & People. 2018

 

Dexter Goldberg: piano, compositions

Bertrand Beruard: contrebasse

Kevin Lucchetti: batterie

Lectrices rigoureuses, lecteurs sérieux, mes bonnes résolutions de la fin de l'an neuf 2019 se poursuivent. Après " Zouk Out " de Mario Canonge (piano), " A l'air libre " du trio Paloma, me voici à vous parler d'un album déjà sorti que j'avais négligé jusqu'ici, " Tell me something new " du trio de Dexter Goldberg (piano). 

J'ai déjà chanté les louanges de ce trio pour un concert à Paris, au Sunside, le jeudi 15 août 2019. J'ai aussi célébré sur ce blog le duo de Dexter Goldberg avec Robin Mansanti (trompette, chant) et avec son père, Michel Goldberg (saxophones). 

Revenons à ce trio. Dit -il quelque chose de nouveau comme il l'affiche dans le titre et le morceau d'ouverture, " Tell me something new " (1)? 

Dans l'instrumentation non puisque le format piano, contrebasse, batterie est aussi classique dans le Jazz que le format guitare, basse, batterie dans le Rock'n Roll. Dans le jeu non plus car le pianiste est clairement le leader, contrebassiste et batteur les accompagnateurs. 

Dans les compositions, oui, puisqu'elles sont toutes neuves et oeuvres du leader. Dans les thèmes et les émotions aussi car Dexter Goldberg n'est pas que gentil, dans la lignée de Bill Evans et ne semble pas narcissique comme Keith Jarrett. 

En fait, il semble que Dexter Goldberg, sans jouer les standards, en crée de nouveaux, tant ses mélodies sont claires et élégantes. En pleine période de grève des services de transports publics en lle de France, RATP et SNCF, j'ai choisi comme extrait audio , " RER B " (3) qui décrit bien les mouvements de ce train qui traverse l'Ile de France du Nord au Sud, de l'aéroport de Roissy Charles de Gaulle ou Mitry Claye à Robinson ou Saint Rémy les Chevreuses C'est ce train , sous un autre nom, que prenait déjà Paul Léautaud pour venir travailler à Paris au Mercure de France. 

A ces mouvements brusques succèdent la douceur de " Rainbow " (4) et " Osmose " (5). Son père, Michel Goldberg, saxophoniste, vit à Saint-Malo, beau port de mer. Peut - être en souvenir du vent sur la plage du Sillon, le souffle puissant de " Waves of Sand " (8) nous emporte. Cf vidéo sous cet article.

Ne vous inquiétez pas pour Dexter Goldberg, lectrices rigoureuses, lecteurs sérieux, c'est bien parti pour lui. C'est ce qu'il joue avec le morceau final, " I'll be OK " (9). 

Des albums en trio piano, contrebasse, batterie, il en tombe comme la pluie en novembre à Paris. Mais de ceux qui nous disent quelque chose de neuf, d'intéressant, de touchant, de stimulant, il y en a peu. J'en ai repéré deux dans la génération des trentenaires, Dan Tepfer et ses " Eleven Cages " (2017), Dexter Goldberg et cet album " Tell me something new " (2018). La génération précédente de pianistes, celle d'Alain Jean-Marie et Mario Canonge reste aux avants-postes avec " Tropical Jazz Trio " et " Pensativa " pour AJM et " Zouk Out " pour MC. Dexter Goldberg est né en 1987. Son jeu est déjà bien en place mais je gage qu'il va mûrir et nous offrir mieux encore dans l'avenir. 

 

Partager cet article

Repost0

" A l'air libre " Trio Paloma

Publié le par Guillaume Lagrée

Trio Paloma

" A l'air libre "

 

Le Trio Paloma est composé de

Chloé Cailleton; chant, percussions & compositions (2, 7 & 8)

Leonardo Montana: piano, compositions (3, 4, 5, 6, 8 & 9)

Joan Eche Puig: contrebasse, composition (7)

Lectrices sérieuses, lecteurs rigoureux, dans mes résolutions de fin d'an neuf 2019, figure celle de vous faire part d'albums déjà sortis que je n'avais pas pris le temps de chroniquer jusqu'ici. Après Mario Canonge et son concept " Zouk Out ", voici venir la chanteuse Chloé Cailleton à l'Air Libre avec son trio Paloma. 

J'ai découvert ce trio en concert au cinéma Balzac à Paris en 2019. D'enthousiasme, j'ai acquis l'album en sortant. Avec une formule aussi restreinte, un trio sans tambour ni trompette (il paraît qu'il y a quelques percussions), la musique est libre et fluide comme l'air. Légère sans autre ancrage que la pulsation de la contrebasse de Joan Eche Puig.

La citoyenne Cailleton, de nationalité française, chante en français, anglais et portugais. Puisque l'hiver approche dans l'hémisphère Nord, je vous recommande sa " Cold Season " (2). Cf vidéo sous cet article. L'ambition est tout de suite affichée avec le titre initial " Melody " (1). En effet, ce trio a le souci de la mélodie. La voix peut devenir un instrument chantant une romance sans parole comme dans " Entre deux jeux " (5), composé par le pianiste. Leonardo Montana est l'homme orchestre qui habille ces chansons. Joan Eche Puig y ajoute la touche finale qui fait que Chloé Cailleton n'a plus qu'à les porter pour être irrésistible. 

Sur les 9 chansons de l'album, une me bouleverse, me renverse, me touche en plein coeur. Une sur 9, c'est déjà beaucoup. Je passe le stade de la sensation agréable pour atteindre celui de l'émotion forte. Une chanson d'amour libre comme l'air, " Et voguent " (7) à laquelle ont contribué la chanteuse, le contrebassiste et une 3e personne que je n'identifie pas (B.Laurent). Je souhaite que l'homme pour qui cette chanson a été écrite la mérite vraiment. Cela fait partie des très rares chansons (il n'y en a pas 10) qui me donnent un frisson dans l'échine à l'écoute ( " Saint Louis Blues " par Bessie Smith & Louis Armstrong en fait partie aussi). Bref, je place " Et voguent " du Trio Paloma très haut dans mon Panthéon personnel de chansons. 

Le trio Paloma sera en concert à Tarbes (Hautes Pyrénées, Occitanie, France) le vendredi 24 avril 2020.

C'est tout, lectrices sérieuses, lecteurs rigoureux.

Partager cet article

Repost0

" Zouk Out " Mario Canonge

Publié le par Guillaume Lagrée

Mario Canonge

" Zouk Out "

Aztec Musique. 2018

Mario Canonge: piano, percussions, choeurs, compositions, arrangements, direction musicale

Michel Alibo: guitare basse électrique, percussions, choeurs

Arnaud Dolmen: batterie, percussions, choeurs

Adriano Tenorio: percussions

+ 13 invités détaillés dans l'album " Zouk Out ".

 

Bienvenue au 49e abonné de ce blog. Que les Dieux et les Muses le protègent!

 

Lectrices Afro, lecteurs Caribéens, en 2019, je vous ai chanté les louanges de deux albums en trio du pianiste Guadeloupéen Alain Jean-Marie: " Tropical Jazz Trio " & " Pensativa ".

Je vous ai aussi chroniqué un concert du programme Zouk Out du pianiste Martiniquais Mario Canonge. C'était en trio à Paris, au Sunside, fin août 2019. 

Il est temps de vous vanter les mérites de l'album " Zouk Out " sorti le 2 novembre 2018. A un quartet percutant (piano, basse, batterie, percussions), s'ajoutent au fil des morceaux 13 musiciens et chanteurs différents. 

Mario Canonge est Martiniquais donc Antillais, Caribéen, Américain, Français, Européen, avec des ancêtres Africains. Ses identités multiples se reflètent dans sa musique. En partant du Zouk, musique populaire antillaise, il l'enrichit, l'affine, le sculpte à la flamme du Jazz. 

Le Zouk s'entend dans la pulsation de la basse et de la batterie. Le Jazz  et la Biguine dans le jeu du pianiste. Le Brésilien Adriano Tenorio ajoute d'autres couleurs aux percussions. Pas de Zouk sans chanson sucrée (au sucre de canne, bien sûr!). Ralph Thamar s'en charge pour les chansons 5 & 8 avec Annick Tangorra. Pas trop mon truc. Après écoute, un ami Martiniquais estime aussi que cette voix ne colle pas avec le raffinement de cette musique.

Comme le titre l'indique, Zouk out, le zouk n'est que le point de départ de cette musique. C'est ainsi que Mario Canonge et ses hommes créolisent le thème " Shaft " du Black Moses, Isaac Hayes (1942-2008), grand classique de la Soul Music, avec " Shaft Zouk " (6). 

Je suis particulièrement charmé par le morceau d'ouverture " Yekri " (1). Auquel répond celui de clôture " Yekri Elwa " (11) en version chanson. La puissance du " Karnaval Blues " (3) & l'élégance des " Murmures rebelles " (4) ne manqueront pas de vous séduire, lectrices Afro, lecteurs Caribéens. 

Vous pouvez danser enlacés sur le " Zouk Out " ou l'écouter sagement, selon votre bon plaisir, lectrices Afro, lecteurs Caribéens. Espérons retrouver ce programme sur scène en formation élargie mais, même en trio, cette musique vaut d'être savourée en concert

Partager cet article

Repost0

" Pensativa " Alain Jean-Marie Trio

Publié le par Guillaume Lagrée

Darryll Hall par Juan Caros HERNANDEZ

Darryll Hall par Juan Caros HERNANDEZ

Alain Jean-Marie Trio

" Pensativa "

Let my music grow. 2019.

Alain Jean-Marie: piano, compositions (9, 11)

Darryll Hall: contrebasse

Lukmil Perez Herrera: batterie & percussions

 

Lectrices rêveuses, lecteurs penseurs, sachez que c'est en hommage à la rêverie féminine qu'Alain Jean-Marie a pensé son nouvel album en trio " Pensativa ", composition de Clare Fischer (4). D'abord, celle de sa compagne Morena Fattorini , auteure de la vidéo sous cet article. Je vous ai déjà chanté les louanges de ce trio en concert , à Paris, au Sunside, en novembre 2019 avec le Français Donald Kontomanou à la batterie. Sur l'album, c'est le Cubain Lukmil Perez Herrera qui officie. Alain Jean-Marie est Français, natif de Guadeloupe. Darryll Hall, citoyen des Etats Unis d'Amérique.

Comme vous l'avez deviné, lectrices rêveuses, lecteurs penseurs, si cet album est plus Jazz que celui du Tropical Jazz Trio où rayonne aussi Alain Jean-Marie, avec un pianiste Gwada et un batteur & percussionniste Cubano, les rythmes caribéens sont bien présents dans cet album. Dès le départ, avec le traitement spécial réservé à " We'll go alone " ( 1) du Canadien Kenny Wheeler. Plus encore avec la " Calypso " (3) de l'Américain Kenny Barron. Cf extrait audio au dessus de cet article. Même Charlie Parker est créolisé avec " Bongo Bop/Cheryl " (2). Pour faire honneur au batteur, le trio joue un standard absolu du Boléro cubain, " Dos gardenias " (8) d'Isolina Carrillo. 

Joséphine Baker avait deux amours, son pays et Paris. Alain Jean-Marie en a deux, lui aussi, le Jazz et la Biguine. Il est le pianiste de Jazz français avec qui tous les grands solistes américains veulent jouer quand ils passent à Paris. Rôle que jouait à merveille avant lui Georges Arvanitas. Une sorte d'assurance tous risques pour le soliste. Le genre de pianiste qui vous rend le piano mieux accordé qu'il ne l'a trouvé comme me dit un soir un patron de club. Il suffit de l'écouter sur les standards pour s'en apercevoir. " You don't know what love is " (5), " You are my everything " (7) & " With a song in my heart " (10). Technique, toucher, sensibilité, sensualité, imagination, fraîcheur, tout ce qui fait un grand pianiste, Alain Jean-Marie le possède au centuple.

Deux amours, c'est le limiter. Il sait aussi jouer la Bossa Nova. Ecoutez sa version de " Ela e carioca " (6) d'Antonio Carlos Jobim. A ce propos, écoutez mon émission " Brasil " sur Couleurs Jazz Radio de décembre 2019 à mars 2020, lectrices rêveuses, lecteurs penseurs. Il y a aussi le Blues mais joué à la Guadeloupéenne avec " AJM Blues "  (9) d'Alain Jean-Marie. Un clin d'oeil à l'Italie et donc à sa compagne avec " Italian Sorrow " (11). Pour conclure en douceur mais de manière définitive, une courte ballade de 97 secondes, " Quiet now " (12) de Denny Zeitlin. 

Il ne s'agit pas d'un album solo mais bien en trio. Avec Darryll Hall à la contrebasse et Lukmil Perez Herrera, Alain Jean-Marie a choisi des partenaires de dialogue à son niveau. Légers, subtils, inventifs, dansants, caressants, émouvants sans jamais être mièvres, énergiques sans jamais être envahissants. 

En deux albums sortis en 2019, " Tropical Jazz Trio " puis " Pensativa ", Alain Jean-Marie renouvelle l'art du trio. Le premier dans un rôle d'accompagnateur , Patrice Caratini étant le leader, le second comme chef mais les deux dans un exercice démocratique de discussion libre et ouverte. Au sein d'un cadre clair structuré par les règles de l'harmonie, la voix est libre. Sans le vouloir ni le savoir, sa musique est devenue l'ange gardien d'une amie, Madame M-H. 

Merci pour tout, Monsieur Alain Jean-Marie. 

 

La photographie de Darryl Hall est l'oeuvre du Vertueux Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales

Partager cet article

Repost0

" Cuba Cuba ! " Manuel Anoyvega Mora

Publié le par Guillaume Lagrée

Manuel Anoyvega Mora

" Cuba Cuba ! "

Fo Feo productions. 2019.

Manuel Anoyvega Mora: piano, composition

Pierre Guillemant: contrebasse

Abraham Mansfarroll: batterie

Inor Solotongo: percussions

Guillaume Naturel: saxophone, flûte

Lectrices Afro, lecteurs Cubains, le premier album du pianiste Manuel Anoyvega Mora, " Cuba Cuba " ne saurait vous échapper. Né en 1960 à Cuba, il vit, joue et enseigne en France depuis 1995. Il lui a fallu 20 ans de réflexion avant de sortir son premier album en Lider. Il fut notamment le pianiste du grand orchestre de Ernesto Tito Puentes (1928-2017), trompettiste cubain installé en France depuis 1953. 

Manuel Anovyvega Mora a pris le temps de mûrir son projet, d'écrire les morceaux. Dans le style afro cubain mais pas dans le genre clinquant et facile. D'abord parce qu'il s'agit d'un quartet, pas d'un grand orchestre. Ensuite parce qu'il n'en avait pas envie. Bien sûr, ça danse  et chante mais en souplesse. Ecoutez par exemple " Ilduara Carrandy " (5). Guillaume Naturel serait-il le frère de Gilles Naturel (contrebasse)? Avec le saxophone ténor et la flûte, il est le seul souffleur du groupe, très percutant, puisque la rythmique est renforcée par les percussions d'Inor Solotongo, un autre Cubain de Paris. 

Le pianiste a manifestement beaucoup écouté de musique classique. Cela s'entend dans son morceau en solo " Soplos de Musas " (6). Après cet intermède méditatif, le groupe conclut en dansant avec les deux airs les plus entraînants de l'album " Cuba Cuba! Perla preciosa  " (7) & " Frescoson " (8).

Que vous vouliez danser ou écouter, " Cuba Cuba " de Manuel Anoyvega Mora est fait pour vous, lectrices Afro, lecteurs Cubains. Un ami Martiniquais, bien plus connaisseur que moi dans ce genre de musique, la qualifie de voluptueuse. A consommer sans modération.

Partager cet article

Repost0

1 2 > >>