Ben Wendel & Dan Tepfer " Small constructions "

Publié le par Guillaume Lagrée

 

 

 

Ben Wendel

&

Dan Tepfer

« Small constructions »

Sunnyside Records. 2013.

 

Ben Wendel : saxophones, basson, Melodica, piano (12)

Dan Tepfer: Piano, Fender Rhodes, saxophone alto (12)

 

Dan Tepfer et Ben Wendel

 

Le portrait de Dan Tepfer et Ben Wendel est l'oeuvre de la Vibrante Hélène POISSON. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

 

La beauté est désarmante. Que puis-je bien vous dire sur Dan Tepfer et Ben Wendel pour vous convaincre de les écouter attentivement, lectrices sceptiques, lecteurs dubitatifs? Que je vous ai déjà chanté les louanges de leurs concerts de juillet 2012 et mars 2013 à Paris ?

Que ces hommes sont jeunes, beaux, intelligents, talentueux, créatifs, cultivés, sympathiques, fiers mais pas orgueilleux ? Certes mais encore ?

 

De quoi jouent-ils au juste ? C’est ce que m’a demandé un collègue de bureau (j’écoute leur musique pour stimuler mon cerveau. Ca marche) en voyant la pochette de l’album. De tous les instruments qui figurent sur la photographie sauf de la guitare sèche qui est là pour faire joli. Eux ne sont pas là pour faire joli mais pour faire beau.

 

Comment y arrivent-ils ? En jugulant la multiplicité de leurs talents pour suivre le même chemin intérieur par mille détours et surprises. Ils jouent leurs compositions, de l’un ou de l’autre, pas des deux ensemble curieusement, du Monk (Pannonica et Ask me now avec des versions qui donnent envie d’un album entier de Monk à leur façon), du Handel d'une façon qui me rappelle les expérimentations de Lenny Popkin en 1971. Comment jouent-ils ? De plusieurs instruments mais pas en même temps. Grâce aux possibilités des technologies d’enregistrement, ils enregistrent leurs morceaux par petits bouts, les assemblant au final. D’où le titre de l’album «  Small constructions ».

 

Tout s’enchaîne logiquement. Du premier morceau parfaitement maîtrisé et entraînant «  Still play » au 12e volontairement maladroit et enfantin, particulièrement touchant, « Oblique strategy » puisque chacun y joue de l’instrument privilégié de l’autre, Dan du sax alto, Ben du piano. En passant par un hommage bouleversant à des amis de Ben « Jean and Renata » (n°3) musique qui n’avance pas, qui se trouve bien là où elle est comme chez Esoterik Satie, à Gary Peacock avec qui a joué Dan « Gratitude » (n°7) sans omettre un standard du Jazz « Darn that dream » (n°10) dont l’interprétation me fait oublier momentanément celles de Martial Solal

 

Pour faire la fine bouche, je dirai que je n’aime toujours pas le Melodica, « Line » (n°5) mais que cette mauvaise impression est aussitôt effacée par l’élan irrésistiblement romantique et entraînant de « Nines » (n°6).

 

Evidemment si vous préférez le bruit et la fureur, cette musique n’est pas faite pour vous, lectrices sceptiques, lecteurs dubitatifs. Ce n’est pas grave. Ecoutez la tout de même. Elle ne peut vous faire que du bien.

 

Voici ces deux jeunes gens jouant " Jean and Renata "  qui figure sur l'album (3e morceau). Profitez en pleinement, lectrices sceptiques, lecteurs dubitatifs.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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