Dan Tepfer&Ben Wendel livrent leurs petites constructions au Sunside

Publié le par Guillaume Lagrée

 

  

Dan Tepfer&Ben Wendel

 

Paris. Le Sunside.

Jeudi 21 mars 2013. 21h

 

Dan Tepfer: piano

Ben Wendel: saxophone ténor, basson.

 

Concert de sortie de l’album “ Small Constructions “ (Sunnyside Records). 

 

Dan Tepfer et Ben Wendel

 

 

Le portrait de Dan Tepfer&Ben Wendel a été réalisé lors d'un précédent concert du duo par la Passionnée Hélène POISSON. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

 

Dan commence grave, swinguant. Ben au sax ténor pour un classique deMonk. Ce n’est pas aussi âpre que lorsque Monk le jouait avec Johnny Griffin. Mais il y a le swing, la surprise, l’humour à la Monk. Leur éducation classique s’entend mais elle n’édulcore pas le thème. Le dialogue est riche. Le thème est bien là. Ils se l’approprient avec la maîtrise et la fougue de leur jeunesse. C’était « Pannonica » le morceau hommage à la baronne Pannonica de Koenigswarter chez qui moururent Charlie Parker en 1955 et Thelonious Sphere Monk en 1982.

 

Dan démarre dans un roulement continu, puissant que Ben prolonge. Cela sonne comme une fuite, une course. Ces deux oiseaux volent haut. Le piano représentant la Terre, le sax ténor l’Air, les deux éléments se mélangent, chacun empruntant à l’autre, l’un la force, l’autre la légèreté. C’était « Nines » de Dan Tepfer.

 

« Jean and Renata » composé par Ben Wendel en hommage à un couple parisien de ses amis. Jean étant Français, il s’agit du prénom masculin. Une ballade. Ces gens doivent être charmants, absolument charmants, ouï ce que j’entends. Ben joue tout en douceur, le souffle long alors que Dan soutient derrière. Ils nous bercent de voluptueuses volutes sonores. Cette musique est un baume pour l’âme. A la fin du morceau, une dame se lève et serre Ben Wendel dans ses bras pour le remercier. Logiquement, c’est Renata.

 

Solo de ténor pour commencer. Ca monte et ça descend. Dan arrive avec une pompe puissante. Ca enchaîne. Puis la musique devient légère, cristalline, aérienne. Un swing à la fois subtil et puissant s’élève. Comme j’ai la chance d’être ici et maintenant à ce concert. Ca invente et vibre de partout. Bel élan jusqu’au final paroxystique et conjoint. « Still play » (Wendel).

 

Ce sont les deux derniers concerts (jeudi 21 et vendredi 22 mars au Sunside) d’une tournée commencée fin février sur la Côte Pacifique des Etats-Unis d’Amérique (la West Coast pour les amateurs de Jazz Pacifique). Ils sont donc parfaitement rodés mais pas lassés de jouer leur musique. L’album se nomme « Small constructions » parce qu’à deux, en jouant chacun plusieurs instruments, en utilisant les possibilités techniques de l’enregistrement, ils ont construit leur œuvre, morceau par morceau, avec des morceaux dans les morceaux, le tout s’emboitant pour former un ensemble cohérent.

 

Ben Wendel passe au basson pour jouer « Come tu mi vuoi » (Nino Rota) qui ne figure pas sur l’album. Grand-père Basson se met au Jazz et il swingue. Musique d’une élégante nostalgie, bref du Nino Rota. Ca s’anime, s’agite. Le basson grogne et berce. Le piano frétille joyeusement.

 

« More bassoon soon » lance un spectateur au premier rang. Dan lui répond « Sooner or later ». Pour l’instant, Ben revient au sax ténor pour jouer « Gratitude » de Dan Tepfer. Lorsque Dan Tepfer a joué avec Gary Peacock (contrebasse) il est allé le voir chez lui. Gary Peacock vit seul dans une maison isolée, en forêt, dans l’Etat de New York. Il a expliqué à Dan qu’à son âge (il est né le 12 mai 1935), lorsqu’il joue, ce qu’il ressent d’abord, c’est la gratitude de pouvoir encore jouer et à haut niveau. De retour chez lui, ayant pris des notes pendant cette conversation, Dan a composé « Gratitude ». Comme avec Lee Konitz, Dan Tepfer sait tirer profit du savoir de ses aînés. C’est une de ses qualités. Dan commence seul une ballade. Ben enchaîne avec la plainte du saxophone. Il y a aussi dans cette musique la grandeur de la forêt, son silence, son murmure, la communion de l’homme avec la Nature comme chez Edvard Grieg. Un silence d’approbation avant d’applaudir.

 

« Solar » (Miles Davis), un morceau qui ne figure pas sur l’album. Je reconnais la mélodie mais décortiquée par Dan Tepfer. Un peu de jeu dans les cordes du piano et c’est fini.

 

PAUSE

 

Honorables lectrices, estimables lecteurs, j’espère que vous voudrez bien m’excuser mais cette chronique s’arrête à la première pause du concert. La musique était magnifique, j’ai senti les progrès accomplis depuis le concert de ce duo à Paris en juillet 2012. Malheureusement pour moi, je n’étais pas assez éveillé pour en profiter. Je suis donc rentré me coucher. Une chronique de l’album « Small constructions » chez Sunnyside Records  sera bientôt publiée sur ce blog.

 

 

Voici Dan Tepfer&Ben Wendel jouant " Solar " de Miles Davis lors d'un précédent concert parisien. Régalez vous à votre tour honorables lectrices, estimables lecteurs.

 


 

 

 

 

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