Donald Byrd, Barney Wilen and their group " Jazz in camera "

Publié le par Guillaume Lagrée

 

 

Donald Byrd, Barney Wilen and their group

Jazz in camera

Sonorama Records. 2012 

 

 

Donald Byrd: trompette

Barney Wilen: saxophone tenor

Jimmy Gourley: guitare électrique

Walter Davis: piano

Doug Watkins : contrebasse

Al Levitt : batterie

Enregistré à Paris en juillet 1958.

 

Lectrices avisées, lecteurs avertis, vous savez qu’avant de partir explorer l’Afrique et ses musiques au début des années 70, Donald Byrd et Barney Wilen se retrouvaient à Paris, à la fin des années 50 pour jouer du Be Bop. En 1957, Barney jouait avec Miles Davis la musique du film Ascenseur pour l’échafaud de Louis Malle. En 1958, Donald Byrd ravi de son séjour à Paris enregistre sur place deux albums  en studio «  Byrd in Paris », « Parisian thoroughfare » plus un " Live at the Olympia ". Cette même année 1958, Sandro Boccola et Denis Bailey trouvent un généreux mécène, François Peyron, pour tourner un film où des musiciens de Jazz moderne jouent en direct. Boris Vian, qui avait supervisé pour Philips l’enregistrement d’Ascenseur pour l’échafaud, trouve un studio. Les musiciens jouent, sont filmés et enregistrés quand, patatras, le mécène fait faillite. Tout est dans les boites et le film n’est jamais sorti.

 

Par contre, la bande son demeure. Sandro Boccola et Denis Bailey se la gardent pour eux, ces égoïstes. 50 ans plus tard, en 2008, Patrick Wilen, fils de Barney, à la recherche de tous les enregistrements de son père, les retrouve, écoute la musique et la fait éditer en 2012 par le label allemand Sonorama, spécialiste de la réédition de trésors cachés du Jazz et du Funk made in Europe des années 50 aux années 70.

 

A lire la liste des musiciens, l’auditeur averti, l’auditrice avisée, sait déjà que ce sera du sérieux. Ca l’est et, en plus, à part des variations sur « Night in Tunisia » de Dizzy Gillespie, il n’y a que de l’inédit, de l’inouï, des musiciens qui laissent courir leur fantaisie tout en restant carrés, précis. C’est du Be Bop, pas du Free Jazz.

 

6 morceaux, 35mn de musique plus riches que bien des bavardages sonores bien plus longs et plus prétentieux. Ca commence par un morceau rapide et énergique lancé par Donald Byrd, ca enchaîne avec un blues lent introduit par Barney Wilen. Je vous laisse découvrir la suite. A cette époque, le Be Bop était encore un art de vivre, pas seulement un genre musical. C’est vivant, parlant. Nous n’avons que quelques images de la séance, pas le film. A chacun de se le faire en écoutant cette musique. Partants pour un petit voyage à Paris en 1958 avec la crème du Jazz américain amarré sur les bords de la Seine (cf en 1959 « Jazz sur Seine » de Barney Wilen) ? Alors, cet album est fait pour vous.

 

Prochaine surprise prévue par Sonorama. Comme l’avait annoncé Caroline de Bendern dans son interview sur ce blog, la sortie le vendredi 25 janvier 2013 de « Moshi too », des enregistrements inédits de Barney Wilen en Afrique de 1969 à 1971. Je ne manquerai pas de vous en faire part en temps voulu, lectrices avisées, lecteurs avertis.

" Jazz in camera ", bande IV. Moteur! Action!

 

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