Edouard Ferlet " Think Bach " avance au Café de la Danse

Publié le par Guillaume Lagrée

 

 

Edouard Ferlet

«  Think Bach »

Paris. Le Café de la Danse.

Mercredi 24 octobre 2012. 20h.

 

Edouard Ferlet : piano, recompositions

Edouard Ferlet

 

 

La photographie d'Edouard Ferlet est l'oeuvre du Tonique Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette photographie sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

 

Impitoyables lectrices, inflexibles lecteurs, j'ai retranscrit dans cette chronique les explications d'Edouard Ferlet sur l'art et la manière dont il a déconstruit et reconstruit l'oeuvre de Johann Sebastian Bach pour construire ce programme. Toutes les erreurs et imprécisions sont miennes.

Ca commence par une ballade. A moins que ce ne soit du Jazz ou plutôt du Bach transformé par Edouard Ferlet. A mon goût, c’est un peu trop joli pour être honnête. 

 

Plus intéressant. Il commence par taper dans les cordes. Une troupe marche en cadence dans les cordes du piano. Main gauche sur le clavier, main droite dans les cordes. Ca balance, ça danse, c’est beau. La fusion de Bach et du Jazz prend corps alors qu’Edouard remet ses deux mains sur le clavier. Une pompe baroque à la main gauche, une fantaisie jazzy à la main droite. Il revient plus près de la mélodie de Bach qui swingue terrible. Il y met un peu de chaos tout en gardant l’ordre implacable du rythme bachique. 

C’était « La Passion selon Saint Matthieu » suivie de « Analecta » (basée sur un Prélude en ré majeur). 

 

« Dictame », prélude de Bach déconstruit puis reconstruit par Edouard Ferlet. Le prélude est reconnaissable dès les premières notes. 

 

Une jolie ritournelle travaillée dans l’aigu de l’instrument. Il décale l’air vers le medium. Ca plane tout de suite. Je commence à reconnaître un thème de Bach. C’est devenu plus sombre, plus orageux. Retour à la jolie mélodie qui surgit comme la lumière d’une bougie dans les ténèbres (prochain défi pour Edouard Ferlet, mettre en Jazz « La leçon de ténèbres » de Marc Antoine Charpentier avec les bougies évidemment).

 

« A la suite de Jean » tiré du premier prélude pour violoncelle seul. Edouard explique qu’il a lu la partition dans un miroir. Il la joue donc à l’envers. 

 

«  Jésus que ma tristesse demeure » (« Jésus que ma joie demeure » joué en mineur). L’idée est opposée à l’esprit même du morceau ce qui me semble gênant. Edouard Ferlet nous explique qu’une partition de JS Bach est belle à voir sans même la jouer. Il a osé prendre les partitions, les griffonner, les gribouiller, les décaler, les travailler pour refaire Bach à sa manière. Jolie ritournelle plutôt joyeuse malgré le titre du morceau. Ca y est, le thème d’origine apparaît. Sonny Rollins le jouait lors d’un sublime solo en concert à Paris, à la Mutualité le 19 janvier 1963 (je n’étais pas né mais l’enregistrement existe). Maintenant, ça swingue très efficacement sur un ton grave. 

 

Utilisation d’un bidouillophone électronique dans les cordes du piano pour prolonger des sons. Edouard se remet au clavier avec une vibration de sitar dans les cordes du piano. C’est curieux mais où veut-il en venir ? C’était une « Suite française ». 

 

Un Prélude en do mineur joué main droite Bach, main gauche Ferlet. Il commence en tapotant le corps du piano des paumes. Cela en fait un grand instrument de percussion, ce qu’est le piano d’ailleurs même si Claude Debussy estimait que « le pianiste doit faire oublier que le piano est un instrument composé de marteaux qui frappent des cordes ». Prélude de piano joué très vite à la main gauche. Ca va et vole au vent.

 

Une ballade. Ca plane.

 

« Round about midnight ». Ce n’est pas de Johann Sebastian Bach mais de Thelonious Sphere Monk. Edouard fait dériver Monk vers Bach tout en demeurant totalement contemporain. Ca brille de mille feux, c’est du Bach.

 

Un extrait des Variations Goldberg. A comparer avec la version d’un autre pianiste de Jazz, Dan Tepfer. Tempo trop lent à mon goût.

 

Edouard fait sonner son bidouillophone électronique dans le piano tout en faisant tourner une boucle rythmique à la main gauche. Curieux mais pas essentiel. Il s’assoit au piano, joue sérieusement qui tourne à la main gauche alors que la main droite part en ballade. Ca c’est du piano et de la danse. Ca sonne même un peu Caraïbes. Il allège tout à coup en jouant plus haut sur le piano. Cela devient une danse d’elfes mais pas celle de Puck déjà écrite par Debussy. Ca s’envole tout en revenant à Bach. Superbe. 

 

RAPPEL

 

Après les remerciements d’usage, un petit morceau de Bach à peine trafiqué cette fois-ci explique Edouard Ferlet. Effectivement, ce tempo lent est très connu. Il le joue de façon romantique ce qui horrifierait les puristes baroqueux. Bien joué !

 

Face à l’enthousiasme général, un deuxième rappel s’imposait. Le voici.

 

Un tempo rapide. Bach est bien le swinguant des compositeurs classiques. C’est un Bach passé par la plage de Copacabana. Ca le rajeunit. Il regorge de vie et de soleil.

 

Mademoiselle A fut enchantée de ce concert au point d’acheter l’album " Think Bach " et d’obtenir un autographe de l’auteur. Pour ma part, je conserve quelques réserves sur cette musique qui m’emporte moins que les Variations sur les Variations Goldberg de Dan Tepfer. C’était tout de même une belle soirée. Je n'appelerai pas Edouard Ferlet Jean Edouard car, grâce aux dieux et aux muses, il ne jouera pas Bach dans le Loft.

Trêve de sornettes et de billevesées. Laissons Edouard Ferlet expliquer et jouer son projet sur Bach. 

 

 

 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article