Electric Miles A Different Kind of Blue

Publié le par Guillaume Lagrée

Electric Miles: A Different Kind of Blue

Eagle Vision. 2004.

Après des années de stabilité avec son quintette acoustique, Miles Davis bouleverse tout en passant à l'instrumentation électrique à partir de 1968 et surtout 1969. L'instrumentation change, les musiciens du groupe aussi. Surtout Miles Davis quitte le monde clos du Jazz pour devenir une Pop Star. Il joue au Fillmore East en mars 1970 (cf illustration sonore de cet article) et le 29 août 1970, il joue dans le dernier grand festival rock des années 60, sur l'île de Wight en Angleterre, devant 600 000 personnes. D'où la chanson française " Wight is Wight, Dylan is Dylan ".

Jamais aucun Jazzman n'avait joué devant autant de spectateurs. Cela ne s'est jamais revu depuis. Le concert dura 35 mn. Rien d'autre à ajouter. En sortant de scène, un journaliste demanda à Miles: " How do You call this music? " " Call it anything " fut sa réponse.

Le groupe était alors composé de Miles Davis (trompette), Gary Bartz (saxophones), Chick Corea (Fender Rhodes), Keith Jarrett (orgue), Dave Holland (guitare basse électrique), Jack de Johnette (batterie), Airto Moreira (percussions). 

Le premier intérêt de ce DVD est de voir et écouter ce concert dans son intégralité et de ressentir une part du choc des 600 000 spectateurs hypnotisés par la puissance de cette musique.

Le second est la contextualisation de cette musique grâce au témoignage de tous les musiciens du groupe sauf Miles, mort en 1991. Même Keith Jarrett parle! Pour dire qu'il détestait jouer des claviers électriques mais que, pour Miles, il aurait fait n'importe quoi. La paie que lui versait Miles a dû compter aussi, même s'il ne le dit pas.

Il y a aussi les témoignages des musiciens qui jouèrent avec Miles, une confrérie comme dit Herbie Hancock (claviers). Il y a là Pete Cosey (guitare), Mtume (percussions) et  Dave Liebman (saxophones) qui jouèrent ensemble avec Miles de 1972 à 1975 pour les premiers, de 1972 à 1974 pour le troisiième. Ils parlent et jouent pour Miles.

Il y a de plus le témoignage de Joni Mitchell qui jouait et chantait à l'île de Wight qui explique en riant que Miles ne savait quoi faire avec une femme, à part l'emmener dans sa caverne.

Il y a enfin Carlos Santana qui, guitare en main, explique cette musique, l'influence réciproque entre Miles Davis, le rock et la pop à cette époque. Et puis le souvenir de Betty Marbry devenue Betty Davis par mariage, chanteuse et actrice qui introduisit Miles Davis à Jimi Hendrix et au rock'n roll, Betty Davis à côté de qui Madonna ressemble à une chanteuse de salon mondain. Le seul regret mais celui là est dû à Miles, c'est que Jimi Hendrix joua lors de ce festival mais pas avec Miles. Une semaine après, Jimi Hendrix était mort.

Pour la somme de beauté, de musique, d'anecdotes, d'émotions, d'instruction que ce DVD contient, cela vaut vraiment l'investissement.

Et maintenant, place à la musique. Vous êtes en Angleterre, sous le soleil de l'île de Wight, le 29 août 1970, il est 5 heures de l'après-midi, l'heure du thé et le septet de Miles Davis entre sur scène. Attention, c'est parti!

 

 

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